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SÉANCE DES ASROCIATIONS APRÈS LE MANDAT ACCOMPLI

(6 mai 1849.)

« Un dernier mot, messieurs. Après vous avoir parlé comme à mes confrères, permettes que je vous parle comme à mes concitoyens. Je vous rapporte nn double * mandat, le mandat de président de l’Association que vous voulûtes bien, il y a un an, me confier à l’unamimité, le mandat de représentant, que vos votes, également unanimes, m'ont conféré à la même époque. Je rappelle cette unanimité qui est pour moi un cher et glorieux souvenir.

« Messieurs, nous venons de traverser une année la-

4. Dans une séance de l’Assemblée générale annuelle des auteurs dramatiques, tenue le 6 mal 1849, M. Victor Hugo prononça, en remettant à l'Assemblée son titre et ses pouvoirs de président de J’Asso-

ciation, un discours qui fut couvert d’unanimes et enthousiastes applaudissements.

” Voici la fin dn discours de M. Victor Hugo, qui rendait compte de la façon dont il avait rempli son mandat à l'Assemblée nationale.

borieuse, Grâce à la toute-puissante volonté de la nation, nettement signifiée aux partis par le suffrage universel, un gouvernement sérieux, régulier, normal, fonctionnant selon la liberté et la loi, peut désormais tout faire refleurir parmi nous : le travail, la paix, le commerce, l’industrie, l’art ; c’est-à-dire remettre la France en pleine possession de tous les éléments de la civilisation,

« C’est là, messieurs, un pas immense ; maïs ce pas ne s’est point accompli sans peine et sans labeur. Il n’est pas un bon citoyen qui n’ait poussé à la roue dans ce retour à la vie sociale; tous l’ont fait, avec des forces inégales sans doute, mais avec une égale bonne volonté. Quant à moi, l’humble part que j’ai prise dans les grands événements survenus depuis un an, je ne vous la dirai pas; vous le savez, votre bienveillance même se l’exagère. Ce sera ma gloire, un jour, de n’avoir pas été étranger à ces grands faits, à ces grands actes. Toute ma conduite politique depuis une année peut se résumer en un seul mot : J’ai défendu énergiquement, résolûment, de ma poitrine comme de ma parole, dans les douloureuses batailles de la rue comme dans les luttes amères de la tribune, j'ai défendu l’ordre contre l’anarchie, et la liberté contre l'arbitraire. (Oui! oui! c’est vrai! bravo!) |

« Cette double loi, qui, pour moi, est une loi unique, cette double loi de ma conduite, dont je n’ai pas dévié un seul instant, je l'ai puisée dans ma conscience, et il ane semble aussi, messieurs, que je l’ai puisée dans la vôtre! (Unanime adhésion.) Permettez-moi de dire cela, car lunanimité de vos suffrages il y a un an, et l’unani- ‘ anité de vos adhésions en ce moment, nous fait en quel-

que sorte, à vous, les mandants, et à moi, le manda- . taire, une âme commune. (Bravos.) Je vous rapporte mon mandat rempli loyalement. J’ai fait de mon mieux, J'ai fait, non tout ce que j'ai voulu, mais tout ce que J'ai pu, et je reviens au milieu de vous avec la grave et austère sérénité du devoir accompli. » (4pplaudissements.)

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