‹ La mythologie slaveChapitre 32 sur 32 · SUPPLÉMENT · texte numérisé non relu

SUPPLÉMENT

Philologie, IV, 412) suppose que Zuarasici, autrement dit Svarozicû, a tout simplement été importé par des étrangers et que sur cette forme patronymique ou aura construit une forme Svarogû.

L'hypothèse est assurément fort ingénieuse.

M. Jagié fait remarquer que Svarogû et Svarozicû ne figurent pas dans les anciennes chroniques russes, qu'ils n'apparaissent que fort tard. Il suppose qu'ils viennent de Novgorodû qui était en rapports constants avec les Slaves baltiques. D'autre part, le traducteur ayant à interpréter le nom de "Etfaiaroçy a pu penser au verbe russe svaritîj svarU vatîf forger. Cette hypothèse n'ôte rien à la réalité du Svaroziciou Suarasicide Thietmar et de Bruno.

M. Krek (p. 332) tient pour l'authenticité de Svarogû et lui donne une interprétation indo-européenne (sanscrit svarga, le ciel mouvant, le ciel nuageux). Mais on ne s'explique pas comment svarogû aurait donné Svarozicû. Nebo (en slave» ciel) donne un adjectif nebeskij, céleste, et non pas nebesicû. Svarogû, au sens de ciel, aurait dû donner Svarozskij. M. Syrku (Journal russe du Ministère de l'Instruction publique, mai 1887) signale un mot roumain st7arog qui veut dire sec, maigre, surchauffé. Ce mot n'est certainementpas d'origine latine. M. Syrku suppose qu'il a pu être emprunté aux langues slaves où ilavait le sens de soleil. M. Mikloâich (Dict. étym. sub voce svarogû) a relevé comme nom de localité chez les Kachoubes, Svarozeno. Il suppose une ra-

cine sûr, qu'il ne justifie point d'ailleurs. Il serait intéressantd'identifier la localité appelée Svarozcno ; mais Miklo^ich ne fournit aucune indication précise.

En somme il est certain qu'il y eut chez les Slaves de TElbe un dieu — très probablement un dieu de la guerre — qui s'appelait Suarasici. La terminaison ici parait patronymique. Mais nous n'avons, dans le peu que nous savons de mythologie slave, aucun exemple de famille ou de filiation de divinités. Nous ne savons qui est le père de Suarasici. Le Svarogû russe parait suspect. C'est dommage. Ce serait la clef de voûte du système mythologique russe baltique (1).

stribogO

L'idole de ce dieu figure à Kievû en compagnie de celles de PerunO, de ChorsO, de MokoSï (voy. les notices sur ces divinités) .

Son nom est formé, comme celui du Cernibog de Helmold, du Daîbogû des Chroniques russes. En dehors de la Chronique dite de Nestor, il ne se retrouve que dans des textes douteux tels que le Dit de la bataille d'Igorî. Or la façon môme dont il y figure est un des arguments que j'invoque pour contester l'authenticité de ce texte. Je n'admets pas

(1) Schafarik a consacré un travail spécial à Svarogù dans les Rospravy z oboru véd slovanekych (Prague, 1865).

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qu'un écrivain chrétien du xm* siècle puisse avoir eu ridée de désigner ses compatriotes et coreligionnaires comme petits-fils d'un dieu païen. Un peu plus loin l'auteur du Dit appelle les vents lespetits- Qls de Stribogfl. Si cette désignation était : 1* authentique; 2* exacte, elle pourrait nous éclairer sur le rôle et les attributs du dieu.

MikloSich renonce à expliquer ce nom. M. Jagié le fait venir d'un verbe atéréti^ lith. styrieti, starry steiffseirij erstarren, être raideou glacé. Ce serait un dieu du froid. Il n'a point d'analogue connu chez les peuples slaves en dehors de la Russie.

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