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On constate en effet, comme nous l’avons vu dans plusieurs des observations citées, des rapports étroits de coïncidence ou de suecession entre les manifestations de la mythomanie et les accidents de l’hystérie. Ces deux syndromes ont pour caractère commun la simulation provoquée ou spontanée d'un fait inexistant en lui-même. Chez l’hystérique le fait simulé appartient le plus souvent à l’ordre pathologique, il s'objective avec la complicité synergique de l'esprit et du corps sous forme d’un syndrome névropathique ; chez le mythomane le fait simulé, d’ordre beaucoup plus général, s’objective de préférence par le langage, mais avec la collaboration étroite de toutes les autres activilés organiques, sous forme d’une fable plus ou moins compliquée.
Il est difficile d'accepter la distinction cependant si communément admise, basée uniquement sur la conscience : la manifestation parait-elle inconsciente et involontaire, elle est dite hystérique ; dictée par un sentiment plus ou moins intéressé, paraît-elle consciente et volontaire, elle appartient à la simulation. Dans les deux cas intervient un processus d’autosuggestion où il est le plus souvent impossible de faire la part de la conscience et de la volonté ; aussi nous en tiendrons-nous au seul caractère émis plus haut,
fondé sur la qualité des faits.
Ce caractère, qui parfois peut donc être considéré comme un élément de diagnostic, ne permet cependant pas de dissocier d’une facon absolue les deux syndromes. Si la mythomanie peut en effet se rencontrer chez des sujets absolument indemnes des stigmates de la névrose, la réciproque ne saurait exister et, il n’est guère de phénomènes hystériques, dans lesquels l'élément mythopathique, tel qu'il a été défini, n'entre en jeu d’une facon indiscutable. L'hystérique est donc mythomane dans la plupart de ses ma-
nifestations.
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Quant à l’épilepsie c’est exceptionnellement qu’elle se tra= duit par des épisodes mythiques. En ce cas l'examen minutieux du malade mettra en présence des accidents de la névrose : crises, fugues ou équivalents morbides ; le caractère nettement inconscient des phénomènes, l’amnésie qui en est le propre, feront soupçonner l’épilepsie.
En Résumé nous reconnaîtrons comme mythomanes « les” sujets constitutionnellement enclins à organiser par leurs paroles, leurs écrits ou leurs actes, des fictions plus ou moins fréquentes ou prolongées, à tromper ainsi leur entourage sous l'influence de mobiles eux-mêmes pathologiques, el à traduire enfin par cette aplitude élective au mensonge, à la simulation et à l'invention romanesque, une tendance
d'action et une forme d'esprit que désigne le terme de mytho-
manie ou de mythopathie » (Dupré).