INTRODUCTION
L'étude pyschologique et médico-légale du mensonge et de la fabulation morbides a été mise au point récemment, dans une remarquable lecon d'ouverture du cours de Psychiatrie médico-légale, par notre maître M. le D' E. Dupré.
Cet auteur a isolé, sous le nom de Mythomanie (de : usb, récit imaginaire, fable), la tendance pathologique, plus au moins volontaire et consctente, au mensonge et à la création de fables imaginaires.
Vivement intéressé par cet enseignement nouveau, c’est, sur ses conseils et sous sa direction, que nous avons entrepris
l'étude de cette véritable entité morbide.
ÉTIOLOGIE. PATHOGÉNIE
Chaque individu traverse dans son évolution personnelle les divers stades organiques et psychiques parcourus par l'humanité dans le cours des âges. C’est en vertu de cette loi fondamentale de l’ontogénie que l’on retrouve les mêmes manifestations psychiques chez l’homme primitif et chez l'enfant. |
« L'enfant est un primitif. Il arrive au monde avec le dépôt ancestral des étonnements et des peurs qui assaillirent l’humanité aux prises avec un univers qu'elle parcourait sans le comprendre; et, par conséquent, il se montre à la fois curieux, Car il désire savoir, et craintif, car il a le souci de vivre. » . (E. Dupré.)
La curiosité et la crainte figurent parmi les principaux mobiles qui guident les actes de l'enfant. Ce dernier manque totalement, aussi bien dans le domaine sensoriel que dans le domaine psychique, des données de l’expérience; celle-ci lui apportera peu à peu des points de comparaison et de contrôle, sources naturelles et indispensables de Pesprit critique, seul capable de réduire à de justes proportions les produits fantasmagoriques de l'imagination.
L'enfant est donc : craintif parce qu'il a le souci de vivre, curieux parce qu'il marche d’étonnement en étonnement, imaginatif surtout par inexpérience et par absence de points de comparaison. Crainte, curiosité, imagination, en font un
être éminemment suggestible et disposé à donner libre
cours à une activité qui peut se traduire extérieurement de diverses facons.
L'altération de la vérité en est la manifestation la plus habituelle, comme la prouvé dans un travail récent Mile Marie Borst. Il s’agit le plus souvent d’exagération de faits réels, accompagnée parfois de leur déformation par erreur de perception ou d'interprétation.
Le mensonge, négation volontaire etconsciente de la vérité, ‘est fonction de causes occasionnelles banales : crainte des punitions ou des ennuis, appétition de tel ou tel plaisir et accessoirement autres motifs : orgueil, malice, etc... ; mais il reconnait pour véritable cause déterminante une aptitude mythique indéniable. C'est en vertu de cette tendance que tout devient alors prétexte à mensonge. Que les données de la suggestion interviennent, les faits, détournés de leur primitive signification, s'imposent, par la répétition de leur fausse interprétation, à la croyance sincère de l'enfant ét on arrive, par le mécanisme de l’autosuggestion progressive, à une aflirmation fausse, mais non volontaire comme primitivement. £
La simulation constitue un stade plus avancé ; mensonge plus complexe, mais cependant assez fréquent chez l'enfant normal, elle est le plus souvent simple, éphémère et banale dans ses fins.
Avec la fabulation on atteint la forme la plus haute et la plus intéressante de cette activité si spéciale du psychisme * de l'enfant. Cette tendance se traduit alors par l'invention spontanée d'aventures, narrées avec une assurance telle que la vraisemblance, plus ou moins respectée, est le seul élément qui puisse mettre à priori l'auditoire sur la voie d’une mysüfication. Aussi, le plus souvent intéressé par ces récits, dans lesquels l’enfant met une si grande puissance de suggestion, on encourage en quelque sorte, par l’atten-
tion et le succès qui accueillent le narrateur, cette activité
RRQ
fertile en inventions qui vont sans cesse en se multipliant.
Tels les faits cités par Duprat dans son travail sur le mensonge >
Un enfant de six ans de Dinard (Ille-et-Vilaine) raconte fréquemment, avec une extraordinaire animation, des faits invraisemblables. « Il croit ce quil dit, écrit son instituteur, il voit ce qu'il dépeint; il parle avec chaleur, ne rit jamais. Aussi l’écoutons-nous volontiers sans le détromper! C'est notre petit poète, et nous ne voulons pas tuer en Jui l'inspiration ! »
Une enfant de quatre ans, assistant au départ du bateau de Royan à Bordeaux, se met à conter en détails, avec une précision et une abondance surprenante, un voyage qu’elle prétend avoir fait en bateau jusque dans le centre de la France. \
Cette activité mythique de l’enfant normal varie dans son mode d'extériorisation selon la formule psychique du sujet. C'est ainsi que chez les uns l'appétit de gloriole, de louanges est la cause occasionnelle de ces manifestations, tandis que chez d’autres c’est l’affectivité par besoin de tendresses. Tels les deux exemples cités encore par Duprat:
Une fillette, fréquentant l’école de la rue Quinault, narra avec complaisance un acte de probité qu'elle affirmait avoir accompli au cours d'une promenade au champ de Mars.
Une petite fille de neuf ans de la même école imagina la mort d’une petite sœur (qui n'existait pas) pour avoir le plaisir d’être consolée.
Il est aussi un facteur de la plus haute importance dans l’étiologie de la fabulation chez l'enfant, c’est la suggestion étrangère qui alimente et enrichit les produits de limagination du petit sujet. Les questions que provoque tel ou tel récit entraînent des réponses qui en dépendent étroitement et viennent encore ajouter leur élément au thème déjà si riche en manifestations mensongères. Nous verrons plus loin par quel mécanisme ce facteur entre en jeu d’une
façon d’autant plus puissante qu’il intervient dans certaines
AU
conditions psychiques du plus haut intérêt au point de vue médico-légal.
L'enfant est donc normalement et primitivement sous: l'empire de cette activité mythique dont nous avons vu les causes prises dans les lois mêmes de l’évolution. Cette évolution suit-elle son cours, sous l'influence des données de l'expérience, l'enfant contrôle ses sensations, interprète justement ses perceptions ; le contact de la réalité apporte incessamment à ses premières impressions et aux premières créations de son esprit des éléments d'éducation.
La tendance mythique peut devenir pathologique par l’excès de durée et d'intensité, par le caractère anormal de ses manifestations. La mythopathie représente un stigmate majeur de dégénérescence mentale et elle se montre toujours dans l'expression clinique qu'elle revêt étroitement associée à d’autres marques de déséquilibration psychique.
L'influence du sexe, l'hérédité directe ou atavique et souvent similaire, peuvent constituer aussi des éléments de modification de l’évolution normale,
Dans l’immense majorité des cas, les déséquilibrés mythomanes, même doués d'intelligence, sont des débiles intellectuels qui présentent des lacunes et des défaillances dans leurs jugements et leurs associations d'idées; frappés d’infantilisme psychique ils raisonnent, comme le dit M. Dupré, à la manière des enfants et font preuve, dans leur esprit comme dans leur conduite, de manque de réflexion, de critique et de maturité; les produits de leur activité mythopathique se ressentent de -cette insuffisance intellectuelle : caducs et fragiles, comme des monuments mal construits, les romans imaginés par eux péchent toujours par quelque endroit ets’écroulent facilement aux premiers efforts de la critique. Aucune fable durable ne saurait être édifiée par leurs seules ressources si n’intervenait pas toute une série de
suggestions et d'inspirations fournies par la lecture de
ts
romans ou de faits divers, les conversations et surtout les questions de l'entourage et de la famille,
L'activité mensongère, au lieu d’être une simple manifestation sans conséquence, un véritable jeu où se donne libre cours une exhubérance dans laquelle n'intervient pas encore d’élément réducteur, se met au service chez ces sujets anormaux des actes inspirés par les tendances vicieuses, perversions instinctives et morbides, produits d’une mentalité tarée.
La vanité constitue un élément presque constant du caractère des débiles déséquilibrés. Tandis que le débile simple se tient à sa place, le débile déséquilibré au contraire est poussé à satisfaire, sous l'influence de certaines incitations paroxystiques, des appétits vaniteux et des tendances mégalomaniaques qui s’extériorisent par des actes le plus souvent absurdes : inventions de fables étonnantes, d'aventures sensationnelles où le narrateur joue un rôle extraordinaire, faits qui donnent bien la mesure du défaut d'intelligence et de l'excès de vanité de ces infirmes congénitaux. L'importance de la vanité comme élément pathogénique est surtout mise
-en lumière dans l’adolescence, âge où les facultés intellectuelles assez développées sont susceptibles de fournir des matériaux suffisants à l’activité mythopathique excitée par la fanfaronnade et l’appétit de notoriété.
A ce besoin pathologique de gloriole s'allie parfois un sentiment de malice, puéril dans son fond et dans sa forme, qui pousse le malade à mentir, non seulement pour occuper la galerie et capter l'attention, mais aussi pour tromper l’entouragé, les autorités, le médecin, lopinion publique, simplement pour faire des dupes et se réjouir intérieurement des effets de ses mensonges. C’est là un état d’âme pathologique, qui a les plus grandes analogies avec ce que Dally a jadis décrit sous le nom de délire malicieux.
Nous entrons ainsi dans le domaine pathogénique de la
LD tee
malignité, qui met en jeu une forme plus avancée de mythopathie. C'est l’instinct de destruction qui intervient icidepuis la simple malice jusqu’à la plus cruelle férocité. Eloignés des actes de violence par un tempérament essentiellement lâche, certains dégénérés traduisent leur perversion des instincts affectifs par des actes de médisance ou de calomnie ; ceux-ci aboutissent à l’hétéroaccusation ou à des œuvres complexes destinées à perdre la victime choisie par l’auteur de la fabulation. Ces sujets déploient dans l’organisation de leurs romans une richesse de ressources intellectuelles qui contraste étonnamment avec l’indigence foncière de leur esprit. Ici encore apparaît nettement l'influence de l’évolution qui leur confère ces qualités ancestrales : patience et ténacité dans la ruse et la dissimulation, spécifiques de la mentalité animale.
Enfin les appétits vicieux tels que la cupidité, la lubricité et, en général, toutes les formes de perversité morale sont autant d'éléments pathogéniques de ces états mythopatiques. :
Mais ces différents éléments : vanité, malignité, appétits vicieux entrent rarement isolés dans la pathogénie de la mythopathie et souvent, sur le fond commun de l’'égoisme et de la débilité morale, l'élément pervers s'associe à l’élément vaniteux et surtout à l'élément malin. :
À quelque ordre d'idées qu'il appartienne et quelles que soientses qualités’ de logique, de vraisemblance et par conséquent de vitalité, naturellement proportionnelles au niveau intellectuel de son auteur, tout roman mythopathique s'inspire à ses débuts de circonstances ou vraies ou très vraisemblables. Parti de cette base souvent empruntée à la réalité il se développe en contractant avec elle de multiples rapports. Grâce à la complicité, inconsciente mais active de l'entourage, le fantôme puise dans la vie d’autrui sa propre
vie et la fable prend corps. Ce processus peut-être rapproché
Er MO
de ce quise passe dans le domaine optique pour les dioramas, comme l’a sibien montré M. Dupré auquel nous empruntons celte comparaison imagée : « Le spectateur, en face des vastes horizons qui s'offrent à lui, ne peut dire où finit la réalité du sol qu’il touche du pied et où commence l’illusion du paysage qui s'étend devant ses yeux : l’art du peintre, en ménageant les transitions, a rendu impossible
la distinction entre la nature et le tableau. Et cependant,
limmensité artificielle des perspectives, sur la toile de fond
des dioramas comme dans le développement du roman mythopathique, commence à quelques pas du spectateur. Dans les deux cas, un peu de vérité dans Le cadre et beaucoup d’art dans le tableau peut suflire grâce à la science des transitions, à donner la vie à tout un monde imaginaire. » Par la conformité logique qu'ils apportent entre leurs paroles et leurs actes empreints d’une sincérité et d’une conviction absolues, les grands mythopathes captent la confiance des personnes de leur entourage qui deviennent par leurs témoignages écrits et oraux, leurs démarches de toute nature, des agents de propagation active. Le spectacle de cette foi sincère et agissante entraine les plus sceptiques et, l’auteur. même du roman, dont la suggestibilité est un des caracteres primordiaux, victime’de la suggestion générale, finit par croire à la réalité de son œuvre et il marche à la tête d’un mouvement qu'il a déchainé mais qu'il ne commande plus.
Ce processus de psychopathie collective, si judicieusement analysé par Vigouroux et Juquelier dans leur étude sur la Contagion mentale, nous montre bien la pathogénie de ces faits sociaux qui représentent l’aboutissant dans ses formes
les plus complexes du syndrome morbide qui nous inté-
resse,
SYMPTOMATOLOGIE
Si le syndrome mythopathique reconnait chez lPenfant comme chez l'adulte la même étiologie, ses manifestations cliniques différent essentiellement avec l’âge. En effet, les conditions varient, tenant chez l'adulte à la nature et à l'importance des intérêts en jeu, à la complexité des situations sociales et surtout au plus haut degré de développement intellectuel du sujet s’alliant à la plus grande richesse des
associations morbides. Néanmoins pour éviter les répétitions nous ne scinderons pas la description de ces manifestations, nous réservant au contraire de montrer, par les observations que nous rapporterons, l’évolution de la maladie aux différents âges. j
La mythopathie, constituée, chez l’enfant comme chez’ l'adulte, par Pexcès de durée et d'intensité et le caractère anormal des manifestations physiologiques, se montre donc toujours comme nous l'avons vu, dans Pexpression clinique qu'elle revêt, étroitement associée à d’autres marques de déséquilibration psychique. Ce sont ces tares intellectuelles affectives et morales qui commandent lPévolution du syndrome, inspirent les actes et dirigent la conduite des sujets.
L'activité mythopathique revét chez l'adulte comme chez l'enfant plusieurs formes cliniques correspondant aux formes étiologiques.
La tendance à l’allération de la vérité par exagération, atténuation, déformation des faits réels ou addition de
faits imaginaires, se manifeste ici non seulement par linfidélité, plus ou moins flagrante quoique involontaire, dans la relation des faits, mais encore par les variations et contradictions considérables dans les récits successifs, obtenus à quelques jours d'intervalle, d'un même fait par la même personne. Ces variations Ont pour principaux caractères d’être involontaires, inconscientes, spontanées et généralement non intéressées. Si l’on attire sur elles l’attention du sujet on provoque de sa part d’énergiques dénégations et des discussions qui témoignent d’une amnésie partielle des récits antérieurs aussi bien que des faits observés. Ici interviennent l’insuflisance de perception, le manque d'esprit critique, l’'exhubérance, le désordre de l'imagination et enfin la grande suggestibilité du sujet, autant de marques d’infantilisme psychique.
Mlle Marie Borst, dans un travail récent, a pu établir entre autres conclusions, que chez l'enfant un témoignage entièrement fidèle est l’exception, que les petits témoins suppléent avec tendance à la dramatisation aux lacunes de leur mémoire, qu’enfin en moyenne un dixième des dépositions sont fausses.
L. W. Stern de Berlin, dans une étude expérimentale sur la fidélité du témoignage, instituée sur une trentaine de sujets de 18 à 24 ans, arrive à des conclusions intéressantes à rapprocher de celles de Mile M. Borst : l'exactitude du souvenir est l'exception; le temps agit sur le souvenir non seulement en l’affaiblissant mais encore en le faussant ; des renseignements fournis sous la foi du serment 11% sont faux; les femmes jurent avec plus de facilité et dans les réponses jurées se trompent deux fois plus souvent que les hommes.
Ces constatations nous montrent, comme le dit M. Dupré, les formes embryonnaires et les manifestations originelles de la mythopathie, dans l’imperfection foncière des premières
assises de la certitude. Les troubles du jugement et l'instabilité de la croyance sont ici secondaires à l'insuffisance de la perception et de la critique. ss
Le mensonge, autre forme de mythopathie, négation volontaire etconsciente de la vérité, reconnaît, chez l'enfant comme nous l'avons vu, pour causes occasionnelles, des éléments le plus souvent d’une grande banalité : crainte des punitions ou des ennuis, appétition de tel ou tel plaisir, orgueil, malice, etc... C’est ainsi que la vanité, lamourpropre incitent souvent l'enfant à commettre des men-
songes 2 Une fillette de onze ans, Marie G..., commet des fraudes afin de se faire passer pour riche et de donner à ses compagnes une excellente opinion d'elle.
: Un garçon de sept ans, Baptiste B..., colporte des fausses nouvelles pour se rendre intéressant et paraître mieux informé qu'aucun de ses camarades. |
Les faux témoignages des enfants devant la justice, inspirés par un mélange de vanité et de malignité, et plus ou moins dictés sous l'influence de la suggestion étrangère, abondent dans la littérature médico-légale. Beaucoup d'enfants, interrogés avec insistance sur les raisons de leurs mensonges, montrent par leurs réponses qu’ils ne savent pas eux-mêmes pourquoi ils mentent. Ils répondent qu'ils mentent pour mentir ou parce qu'ils sont menteurs.
Chez l’adolescent, les tendances vaniteuses et malignes s'exagèrent, en même temps qu'apparaît le cortège des impulsions perverses ayant trait à la cupidité ou aux appétits sexuels. Ces éléments persistent chez l'adulte, avec leurs manifestations de vols et d’escroqueries, d’éréthisme sexuel et de lubricité.
Mais c'est surtout dans une manifestation d’un ordre plus élevé, la fabulation, que l’on peut suivre la marche du syndrome mythopathique à travers les divers stades de l’évolution de l'individu. Bien plus intéressante que les autres
OS ro L'ERE e 1() ME f is
NT 1, nt
par la richesse des symptômes, cette forme de mythopathie
) Ce: a a Q l’est encore par la gravité de ses conséquences médico-
légales.
Développée aussi sur un fond de vanité, de malignité ou de perversité, elle débute sous l'incitation occasionnelle
des mobiles les plus variés, souvent les plus insignifiants :
Observation I
Résumé d'un cas observé à Bruxelles par DEmoor et DanreL.
Une petite fille de 12 ans, arrive un jour en disant que sa mère est malade ; puis, elle donne chaque jour des détails sur la maladie. Sa mère va de plus en plus mal et meurt. La petite manque l'école un jour ou deux, y revient en pleurant et vêtue de noir. Quelque temps après son père se remarie et l'enfant donne des détails sur la noce, comme elle en avait donnés une première fois sur l'enterrement de sa mère... Enfin, quelque temps après, on apprend par hasard que la mère de l'enfant est en vie, habite avec le père et n'a jamais été malade. L'enquête montra que le seul mobile qui avait poussé la fillette à jouer cette comédie avait été le désir de se rendre intéressante, manifestation vaniteuse. La promesse d’une robe noire pour le jour de sa fête avait été la cause occasionnelle de cette fabulation en même temps qu'elle fournissait à l'enfant un élément de mise en