‹ La naissance de la république en février 1848Chapitre 15 sur 38 · GARN1ER FRÈRES, LIBRAIRES- ÉDITEURS · texte numérisé non relu

GARN1ER FRÈRES, LIBRAIRES- ÉDITEURS

Palais-National.

ET CHEZ TW* 1XM LIBRAIRES,

Ces Mémoires sont les souvenirs d'un homme qui s'est trouvé fatalement mêlé aux événements qu'il entreprend de retracer avec la plus scrupuleuse exactitude.

Les persécutions sans nombre, les infâmes calomnies qui ont été dirigées contre lui n'ont point aigri son caractère au point de le rendre à son tour calomniateur. Il a été attaqué dans son honneur, qui est celui de sa famille; il veut se réhabiliter aux yeux des honnêtes gens. Mais, plus habile à manier le marteau que la plume, il sera heureux si son inexpérience dans l'art de bien dire lui permet d'atteindre le but qu'il s'est proposé. C'est sur

cette inexpérience qu'avaient compté ses ennemis, et pourtant il espère leur prouver qu'une volonté déterminée sait vaincre tous les obstacles.

Indépendant aujourd'hui, sans fiel au cœur, il oublie les souffrances passées ; mais tout en vengeant son honneur outragé, il croit, en faisant connaître l'ingratitude et les projets de ceux dans les rangs desquels il avait fait abnégation de sa vie, vendre un service à la société, et empêcher peut-être les nouveaux désastres que nous préparent eûcore les éternels fauteurs des révolutions; Avec le titre saint d'amis du peuple dont ils couvrent leur ambition effrénée, ils entraînent des milliers de malheureux, les égarent par leurs doctrines subversives et de brillantes promesses; puis, après s'être fait un marchepied de leur folie, il les rejettent avec dédain, trop heureuses encore leurs victimes si elles n'ont qu'à gémir de l'ingratitude de leurs anciens amis devenus leurs maîtres. Souvent, pour se dé-

ferarç^er <fc complices incommode», ces homgjp3 sans pour les couvrent de boue et d'in*» fapie.

Que leur fopt,en effet, ]e3 pleurs et le dés* espoir des fapulleq ! r\e sont-ils pas arrivés au PBHYQÎr sans s'arrêter w instant à l'idée que GJbaçtyn de leur» pas laissait une trace de sang !

C'est en vous voyant de près que l'auteur a Sypri? à yqus connaître, vils exploiteurs ! Il pçut ypus demander où sont vos promesses d'autrefois, vos écrits, vos discours. Vos ac-r tippsî chacun les connaît maintenant ; ne vous |-lr fl pas yus à l'œuvre? Qu'ayez-vous fait? RipRÎj. a^! si fait; vous avez travaillé, mais pour vous, à vous enrichir. Voilà tout ! Égoïstes! qjiçYOus ft-tril mapqué pourtant? Vous çti^% g même de remplir toutes vos promesses : rftdrpuiistrptiûn, le trésor, l'armée, le peuple, tout enfin vous appartenait. En ayez-vous prpfité pQur relever aux yeux du monde entier la gloire et le prestige dq qoqi français tfaîaés dans la boue, disiez-vous, pendant un

règne honteux de dix-huit ans ? Non ! comme vos devanciers» vous avez accrédité vos ambassadeurs auprès de la Sainte-Alliance; vous avez laissé subsister les traités de 1815; vous n'avez pas même protesté contre ces traités ; et cependant vous n'aviez pas assez d'expressions pour les flétrir quand vous faisiez de l'opposition.

Une fois les maîtres, vous avez trouvé commode de gouverner la République avec les vieux rouages de la monarchie. Vous n'avez rien imaginé de sérieux, de durable. Votre passage aux affaires a été déplorable et sera une des pages funestes de l'histoire de notre pays.

Les hommes éminents que la crainte de l'opinion vous avait forcés de vous adjoindre n'osaient rien proposer de grand et de vraiment démocratique, car ils craignaient de lâcher la bride à vos imaginations déréglées.

Mais que vous importait le peuple ! Vous meniez un train de princes, messeigneurs ! vous

vous faisiez servir par la valetaille des châteaux royaux. démocrates ! comme ils étaient doux vos loisirs, et que vous deviez bénir la baguette magique du peuple qui était venue changer vos sales mansardes en splendides palais !

Il est délicieux, n'est-ce pas, de se faire traîner en brillant équipage, d'avoir une garde du corps, des acclamations sur son passage, une livrée, des maîtresses dans tous les théâtres de Paris et de l'or à pleines mains ; de l'or quand on n'a jamais eu que des dettes? quel contraste avec votre vie passée ! . .

Mais ceci est un tableau qui doit tenir sa place dans le cours de ces mémoires, et l'auteur pourrait paraître avoir conservé le souvenir des maux que vous lui avez fait souffrir après Février, prison, exil, diffamation, tandis qu'il n'écrit que pour se justifier, et qu'il ne se souvient de vous que pour vous plaindre.

Les rôles sont bien changés, d'ailleurs; vous si puissants et si terribles naguères, vous

3Y83 à votre tour la prison et Pexil pour partage, Vous avez donc droit à sa pitié, & lui qui a repris sa vie paisible et laborieuse d'autrefois. C'est avec une véritable douleur qu'il se voit

QdfttF$int p^r la force des choses de dévoiler le ridicule et l'odieux de vos actes. Puis il désire rentrer dans son humble sphère de travailleur, 4qnt il n'aqr^it jamais dû sortir.

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