‹ La Naissance de la Vision: Chez une Aveugle-née Opérée Avec SuccèsChapitre 13 sur 24 · OPÉRATION DU SECOND OEIL · texte numérisé non relu

OPÉRATION DU SECOND OEIL

Le 27 avril, Marthe M... s'étend à nouveau sur la table d'opération et le professeur Teulières discisse la cataracte de l'œil gauche. L'aiguille à discission pique mal un cristallin très dur, et l'intervention, ainsi rendue plus difficile, fait un peu souffrir notre jeune malade, qui est ensuite rainenée à son lit.

Il ne saurait être question de reprendre immédiatement après les séances d'observation; Marthe reste au lit. Les jours suivants, nous constatons que la discission a fortement irrité l'œil gauche, douloureux el enflammé. Quand nous soulevons le bandeau pour l’examiner, le globe, très rouge, se porte en haut et en dedans de la fente palpébrale. Les gouttes d'atropine sont multipliées les premiers jours, sans que la pupille se dilate franchement.

Le diagnostic d'iritis traumatique est posé. La jeune malade souffre, son œil lui fait mal, des douleurs périorbitaires et occipitales surviennent par accès, mal calmées par des cachets d'aspirine. Un larmoiement intense apparait qui durera très longtemps. Le globe est rouge, un cercle périkératique intense entoure la cornée et signe l’inflammation profonde. L'iris a perdu son brillant, il est grisâtre, la pupille ne se dilate que fort mal, des synéchies postérieures se sont formées et résistent à l'atropinisation intense ; la pommade à la mydriasine vient aider l'atropine dans son action dilatatrice, mais sans parvenir à rompre les adhérences déjà formées entre le bord pupillaire et la face antérieure du cristallin, à la partie inférieure de la

pupille,

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Cette crise d’iritis va empêcher tout travail. Devant son intensité, nous nous sommes demandé si elle n'évoluait pas sur un terrain imprégné par la spécificité. Ni les antécédents de Marthe M..., ni son examen somatique ne nous portaient à le croire. Nous avons cependant fait faire des réactions de Bordet-Wassermann, qui se sont montrées négatives.

IL nous a fallu attendre six semaines avant de voir rétrocéder l'iritis, et ce n'est que deux mois après la seconde opération que le larmoiement ayant enfin cessé, ainsi que tous les autres phénomènes inflammatoires, nous pümes reprendre l’observa tion de notre malade.

Chabrillat 3

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