PR EE ET NS
toujours, il est pris pour un c ou un /; le r également. Son enthousiasme pour la lecture visuelle a baissé depuis qu'elle a fait connaissance avec ce genre de caractères.
Les deux jours suivants se passent encore en exercices de lecture, elle n'oublie rien de ce que nous lui avons appris, et
nous nous efforçons de lui faire lire des lettres de plus en plus petites.
Nous la conduisons devant un grand miroir et lui demandons de nous dire ce qu'elle voit; avant que nous ayons pu l'en empêcher, elle a porté sa main en avant et reconnu une glace, elle ajoute d’ailleurs devant notre protestation qu'elle s'en était rendu compte, parce que c’étaitelair comme une fenêtre, que, par suite, cela différait d’une affiche blanche et bien plus d’un tableau noir. Dans la glace, la jeune Marthe ne peut voir que le bout de son nez, le rond de ses yeux et la forme générale de sa figure.
Dans la collection des figures de cire servant à l’enseignement clinique, nous prenons un visage normal et le tenons devant notre opérée; elle regarde; sur ses traits nous voyons passer des sentiments d'interrogation et d’étonnement, puis elle se met à rire, elle a trouvé un nez, des yeux, une bouche et une moustache : « c’est un masque! »
Ce jour-là nous examinons encore ses facultés de reconnaissance des couleurs, des formes, et nous renouvelons l'examen à la chambre noire et au biomicroscope de chaque œil. Nous mesurons aussi son champ visuel au périmètre électrique.