AVANT-PROPOS
Lorsque, jeune étudiant, il nous arrivait de prêter à l'un de nos anciens, pour sa thèse, une aide dont nous nous exagérions alors volontiers l'importance, nous ne comprenions guère le soin minutieux qu'il apportait aux dédicaces de son premier travail. Mais quand nous avons voulu, dans les pages précédentes, inscrire les noms de ceux qui, pour bien des raisons, nous sont chers, nous nous sommes aperçu que ces dédicaces n'étaient pas, sous leur apparence austère et classique, des mots froids et sans vie. En les rédigeant, le souvenir des années passées est revenu intense, et l’intime et profonde émotion qui nous a alors envahi, nous a permis de mieux connaître les sentiments d'amour, d'affection et de reconnaissance qui y sont enfermés.
Longtemps nous avons soupiré vers la fin de nos études médicales. Elles semblent se terminer aujourd'hui et nous paraissent maintenant avoir été trop courtes. Des années écoulées, il nous reste le regret de devoir quitter ceux qui ont été nos maîtres, qui nous ont pris par la: main pour nous conduire jusqu'ici, qui nous ont si souvent donné avec affection leur science, leurs conseils. II nous est doux de pouvoir leur dire toute notre gratitude.
Nos premières années d'étudiant se passèrent à Limoges. Nous ne saurions oublier les petites salles de conférence de l'École de Médecine, et bien moins encore l'Hôpital Général
si attrayant. Les heures fuyaient très vite à la salle de garde.
Nous y avons beaucoup appris et nous remercions nos maîtres — en médecine, MM. les docteurs Thouvenet et Cubertafon; en
2e: Note
chirurgie, M. le docteur Descazals et M. le docteur Vouzelle, dont nous fûmes l'interne — pour leur enseignement si instructif et si familier. M. le docteur Durand, dans la petite pièce dont il disposait, nous initia au travail paisible, absorbant et comme « intérieur » du laboratoire; qu'il nous laisse l'en remercier encore.
Le désir de faire partie du Corps de Santé de la Marine nous fit entrer à l'École de Santé navale. Sa discipline ne nous a jamais pesé. M. le médecin-chef -Fourgous nous secouait bien quelque peu, mais sous une apparente rudesse, 1l cachait — très mal — une profonde affection pour nous tous. C'est avec regret que nous l'avons vu nous quitter; son souvenir sera fidèlement gardé par nous.
Un jour, en quête d'un petit coin de labo pour y travailler, nous allâmes frapper à la porte de M. le professeur Mandoul. Il répondit favorablement à notre demande, nous accepta comme travailleur et nous désigna pt la suite pour la place de préparateur adjoint au laboratoire de Parasitologie. Au risque de blesser sa modestie, qu'il nous permette de le remercier ici de son amabilité toujours si grande et de sa bienveillance.
Nous ne saurions non plus oublier les longues séances de travaux pratiques passées en l’agréable compagnie de M. le professeur agrégé Raymond Sigalas ; près de lui, nous avons trouvé en toutes circonstances un maitre respecté et un ami souriant et plein d'indulgence. s
Le cours normal de nos stages hospitaliers nous dura il y à quinze mois, à la Clinique Ophtalmologique. Le stage commencé ne s'est pas terminé. Les leçons reçues nous firent goûter l'ophtalmologie. M. le professeur Teulières acheva de nous la faire aimer.
Nous ne savons comment l'assurer aujourd'hui de la grandeur de notre reconnaissance.
Vous savez, mon cher Maître, créer entre vous et vos élèves de puissants liens. Nous admirons votre science si sûre, votre enseignement patient et si courtois, votre dextérité opératoire, mais c’est le sentiment d'affection déférente que nous sentons
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en nous qui vous rend notre « patron ». Vous êtes ainsi devenu celui auquel on s'attache, pour qui et auprès de qui il est agréable de travailler et dont nous voudrions être un élève point trop indigne.
Nous ignorons encore où nous conduiront les jours à venir ;
s'ils doivent nous éloigner de vous, ce ne sera jamais que matériellement.
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