SCENE IX
ANNA, CHATENAY, puis édouabd.
Anna , tnlrant. Ils n’y sont plus!.. Mon Dieu! que s’cst-il passé?.. André est si vil!.. Ali! M. de Clialciuy, vous roiLù, VOUS ne savez rien?
chatenay. Le voilà! le voilà!.. Allons, du calme, mon enfant.
anna, voyant entrer Edouard. Edouard!
Édouard, à Chatenay. C’est vous, mon cher ami, permettez...
chatenay. De grand cœur.
Ils s'embrassent.
Édouard. Que je suis heureux de vous voir ( Aperevant Anna.) Madame, je vous
salue.
anna . saine froidement, et dit à part. Il embrasse son ami... et moi!..
Édouard, à part. Elle ne dit rien... elle parait bien résignée!., in'aurait-on dit vrai? [Haut.) Madame, vous savez le motif qui m’amène à Turly... M. de Chatenay est-il dans le seeret ?
anna. Oui, monsieur.
Edouard. En ce cas, nous pouvons nous expliquer devant lui. J’approuve voire projet, et vous remercie de me l’avoir proposé.
anna. J’ai supposé, monsieur, que tel était voire intention, et que vous n'osiez peut-être pas me la faire connaitre.
éduuard. Yous avez deviné juste, madame.
anna, à part. Quelle froideur!
Édouard. Je ne reslerai ici que quelques heures; je veux les employer à nous entendre, à savoir ce que vous exigez de moi.
anna. Je nVxige rien, monsieur.
xdocard. En mo séparant de vous, je Vous dois un sort honorable, voilà le seul motif qui m’amène... ( Voyant Aiwa qui baisse latite .) Ainsi, madame, je vous en prie... point de scènes conjugales... point de Urines.
anna, artc fierté. Je n’en verse pas, monsieur, votre conduite me dicte assez la mienne. Yous le voyez, je suis calme comme vous.
chatenay. Ab! malheureux enfans!..
Tous parlez sérieusement et de gailé de cœur, de votre séparation, et vous ne comprenez pas...
Édouard. M. de Chatenay, ma résolution est irrévocable.
■en sa. La aiienue aussi.
cnATENAT. Soit; mais pour vous séparer, il faut donner des motifs aux juges...
vous n'en avez pas!..
Édouard. Au fait, c'est vrai ! je n’y avais pas songé.
anna. Ni moi non plus.
chatenay. Croyez-vous qu’il Suffise de dire : Je veux me séparer de ma femme 7 Mais, monsieur, ta Ici est sévère et juste, elle n’accueille pas le caprice, I indifférente des époux, et les querelles de ménage ne sont pas un molif suffisant; elle veut des nfTeuscs personnelles, des...
anna. Mais, monsieur, t'ubandon, le mépris, u’esl-ce pas une offense?
Édouard. Eh! madame, il en est dont on ne veut pas traîner le scandale jusque devant les tribunaux.
anna. Que roulez-vous dire, monsieur?
Édouard. Je n’affirme rien encore; mais si j'en croyais certains bruits que j’ai entendu dans le peu d’ioslans que je me sois arrêté à Bourges. [André entre et s’arrlt * au fond.) Oh! alors, j’aurais des motif* graves., et si j’étais sflr que vous m’eussiez trompée. anna. Moi?