‹ La nappe et le torchon dramevaudeville en trois actesChapitre 37 sur 38 · SCÈNE un · texte numérisé non relu

SCÈNE un

Lis Mènes, ANNA.

AttiA , entrant et à part. Il est là!..

Édouard. Approchée, madame, que je nevous fasse pas fuir. [A Georges.') sorlez. [Il tort.) Ce calme cette traquilli té?

Aitrâ. Cela ne doit pas tous surprendre ,

monsieur, je suis résignée.

io<>vi*D,àpart. Tantde charmes etlant de pe rfidie ! (Haut.) Cependant, madame, il me semble que lorsque j’ai foulé aux pieds tou* 1rs intérêts de famille, de naissance et de fortune , pour vous donner mon nom , vous élever ju-qu’à moi, vous prendre pour femme enfin , vous me devez du moins quelque reconnaissance et quelques

regrets.

assa. Ah! toujours de l’orgueil... Oui , vous auriez voulu me voir à vos pieds pour vous demander de vivre encore avec moi, vous dire que je préférais la mort i notre séparation... Votre amour-propre d’homme et de vicomte se révolte à l’idée de trouver une femme de rien, qui se sépare de vous sans pleurer., c’est que, monsieur, votre conduite, vos torts à moa égard, m’ont apprisce qu’est unefemme...

je n'avais pour vous que reconnaissance et qu’amour. Si vous aviez continué à m’aimer, comme vous l’avez Cuti un instant...

j’aurais passé ma vie à vous plaire, à voua rendre heureux... je n’aurais eu de volonté que la vôtre : voulant me rendre digne de vous . j’aurais acquis tous ces dehors brillans du monde qu’il n’est pas si difiieitede posséder, et peut-être quelque jour, à force de soin, d’amour et de tendresse, vous nurais-je fuit oublier que c'était dans la boutique d un menuisier que vuus aviez choisi votre compagne.

Édouard , i part Que dit-elle?

assa. Mais vous m'avez humilice, abandon!. ée, délaissée... vousm'avez rendue & moi-même... vous m’avez forcée à dire:

si le vicomte de G ussy m’a donné son nom, je lui a vais sacrifié , ce qui est bien plus encore, mon honneur!.. Nous ne sommez pas quittes... il me doit les égards qu’ou doit à une femme...

édodaed. Je u’ai jamais voulu en manquer envers vous... mais si vous connuisrsiez si bien mes devoirs, vous deviez connaître les vôtres, même pendant mon absence...

area. Ab! fi donc!., me parlerez-vous encore de ces bruits absurdes...

ÊDOCAED. Ils sont vrais, madame, je sais qu’un jeune homme .. on étranger...

ASHA, à part. Grand Dieu!

êdocaed. Ah ! vous voyez que déjà voua n’êtes plus aussi rassurée., oc jeune homme venait ici sou vent. .. tous les jonrs.. . ose» me dire que non.

assa. Monsieur...

EDocABD. Enfin, il vous faisait la cour; mais répondez donc 1 il tous faisait 1a cour. assa. Oui • ••

édouaïd. Et tous récoulici?.. et vous ne lui fermiez pas votre porte!., et vous ne pensiez pas que votiséticzmariée...

avva. à part. Ah 1 mon Dieu ! comment lui dire... Il ne me croira pas !..

Édouard, titrant le piano. Qo’est-ce que cela?., un album élégant .. ah ! sans doute , un cadeau de cet étranger.. (// prendt'album atec violence , il en tombe un papier. Un billet!., ams*. Un billet?..

Édouard. Aht direz-vous encore que vous n’en saviez rien?

aviva. Je puis l’attester sur ce que j’ai de plus cher au monde.

Édouard. Voyons cette lettre.... Elle m’apprendra enfin le nom... Elle n’est pas signée!.. ( Usant .) » Je me suis procuré la clé de la petite porte du paie. Ce soir, A la nuit tombante , je serai dans le

r avillon , et si vous ne vous y rendez pas, éclat que vous redoutez tant aura lieu. • (Haut ) Eh bien ! Madame?

aviva. Cette lettre prouve que je n’écoulais pas cet homme.

édui'azd. Cet homme!., toujours cet homme!.. Me direz-vous enfin son nom ?

aviva . Que voulez-vous fiire?

Édouard. Ce que je veux faire !. . Vous me le demandez !.. Je veux uller le trouver.:. je veux lui dire... je veux avoir sa vie ou qu'il ait la mienne!

avv a. Vous nesaurec pas von nom.

Édouard. Je ne le saurai pas?..

avva. Non ; rien ne pourra me forcer à le dire. Vous devez m’en croire quand je vous jure...

Édouard. Je n’en crois que l’évidence.

Parlerez-vous enfin ?. .

avva. A vous entendre, ne croirait-on pasqnevous êtes vraiment jaloui?Cominc l’amour-propre est plus fort que l'ainour !

Édouard. Eh bien! oui... orgueil!... amour-propre!... ce sera ce que vous voudrez. Je suis jaloux parce que vous portez mon nom ; parce que vous êtes ma femme; parce que j’ai conservé tous mes droits survou.-; parce que je ne veux pas qu’on vous trouve jolie; parce que je ne veux pas qu’on vous le dise; parce que, moi, je suis fou ! parce que, moi aussi , je tous trouve belle, je vous trouve aimable, jolie, charmante... Je suis jaloux parce que je vous aime encore. Voilé pourquoi je suis jaloux, avva. Il se pourrait !. .

éoouard. On vient! avva. O ciel!

ÉoorARi). "En effet, c’est l’heure... par U!., de re côté!.. Ah! maintenant je n’ai plus besoin que vous inc disiez son nom ; je l'apprendrai bien de lui-même...

avva. Edouard!,.

lZBtù

Édouard. Rentrez , rentrez, Madame.

avva. Je vous supplie!..

Édouard. (La jetant dans la chambre .) Rentrez, vous dis-je! je veux être seul avec lui. (Il ferme la poi te U clé.) Maintenant je saurai me veugerl..

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