LI 12 LA NATION CANADIENNE
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pu : mot, c'était l’asservissement politique des Canadiens! C 1 } , . . . .
nu: Le projet de constitution soumis au Parlement Hi : mai:
[ anglais fut entièrement rédigé selon ces vues. Il dés {4 décrétait : L pr $ | É: , ° ° JR La réunion des deux provinces sous un seul gou- 1. | LH 1 | | vernement ; “bé .J} LME Egalité de représentation pour chacune d'elles a die D'ANLE . .
LUE: dans le Parlement provincial ; 188 (Hp > ï ë : .
q ; Partage des dettes; et usage de la langue anglaise ajout |! |: seul admis dans la procédure parlementaire. di : | Chacun des articles de cette constitution était une ils 1 | hr injustice voulue envers les Canadiens. « che ll \i Injustice l'égalité de représentation de deux pro- ae LIU! : vinces si inégales par le chiffre de leur population ! “det bn la province française comptant 600,000 âmes tandis dd | A 4 : A si , ni VF que sa rivale n’en avait que 400,000. «unf A Injustice encore cette proscription de la langue I HR à 401 | Il française dans une Assemblée dont la moitié des Æ qu'il { membres pouvait ignorer l'anglais. Punion { ? Q A * LE | Injustice suprême enfin, sous son apparence d’é- a côte) | . , TT .
{ quité, ce prétendu partage des dettes. Singulier eu- niques | À 2 , Q à Ut phémisme que ce terme de partage, quand la dette popul: HE de la province anglaise s'élevait à 27 millions de montr. | Ur francs, tandis que l’autre n’en avait aucune ! Parta- qu'il y | LE ger, c'était en réalité dépouiller la province fran- sure f JE çaise, c'était prendre l'argent canadien pour solder Î j} £| | | ê M me av En |: les dépenses anglaises (1). Ur | ITR contract URL ||! (1) En 18#0, le revenu du Bas-Canada s'élevait à 166,009 livres tœus: D | AA sterling ; il n'avait pas de dette. 1) Lo
h. | FA Le revenu du Haut-Canada était de 75,000 livres sterling seule- ét euly
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Ce projet inique fut voté par le Parlement anglais, mais non sans y rencontrer, surtout dans la Chambre des lords, de généreuses oppositions.
Lord Ellenborough trouvait que « c'était mettre « la grande majorité du peuple du Bas-Canada, sous « la domination absolue de la majorité des Haut-Cana- « diens; c'était punir toute une population pour la « faute d'une petite portion de cette population ». Il ajoutait : « Si l’on veut priver les Canadiens français « d’un gouvernement représentatif, il vaudrait mieux « le faire d’une manière ouverte et franche, que de « chercher à établir un système de gouvernement sur «une base que tout le monde s'accorde à qualifier « de fraude électorale. Ce n’est pas dans l'Amérique «du Nord qu'on peut en imposer aux hommes par «un faux semblant de gouvernement représentatif. »
Lord Gosford, qui connaissait les Canadiens, puisqu'il avait été leur gouverneur en 1836, considérait l'union des provinces, telle qu'elle était proposée, «comme un acte des plus injustes et des plus tyranniques ». Il lui reprochait «de livrer, en la noyant, la population française à ceux qui, sans cause, lui ont montré tant de haine ». Il déclarait enfin que tant qu'il vivrait il espérait «n’approuver jamais une mesure fondée sur l'injustice (1) ».
ment avec une dette de 5 millions #58 mille porLans, qu'il avait contractée en exécutions de grands travaux publics. Voilà le fardeau que le Bas-Canada était appelé à partager avec la province sœur, Partage vraiment fraternel en effet!
1 Longs extraits de ces discours, dans Ganneav, t. IT, p. 383 et suiv,
A: Telle était l'opinion des Anglais éclairés et justes di
Ji: sur la constitution imposée aux Canadiens. Avec pr
| }} ï quels sentiments ceux-ci pouvaient-ils accueillir cette
1} lé œuvre d'oppression et de vengeance ? Quels funestes d' | nl: résultats ne devaient-ils pas en attendre, et quelle tés Î 4. il devait être leur conduite ? got 1! ' s « L'avenir, dit un historien canadien, M. Turcotte, tar | 14 «se montrait à nos compatriotes couvert de sombres dés Il Un « nuages. Leurs institutions et leur nationalité sem- Hiès 1H « blaient menacées plus que jamais. Pour conjurer tiqu | ll « l'orage ils vont suivre l'exemple donné par leurs an- tair (UE « cêtres dans les moments critiques, ct resserreront C | | |! «entre eux les liens de l'union la plus parfaite. Ils s'en LA l « contraindront enfin leurs adversaires à leur rendre nouy hi f: « Justice. À mesure que la race anglaise viendra en téma | | | « contact avec les Canadiens, elle reconnaîtra la ma- vern If 1 « gnanimité de leur caractère, leur grandeur d'âme, angle | je « et ses préjugés d'autrefois disparaîtront peu à peu... donn | | 1! « La politique ancienne fera place à une politique qués 1 | « plus juste, plus modérée; les chefs de chaque l'insu ! H « parti, parmi les Canadiens etles Anglais, se donne- LE ax | | Î lil « ront la main et formeront des coalitions puissantes, — mi
‘1 Fi « On verra alors les descendants des deux grandes LE Les C:
| | ill « nations qui président à la civilisation du monde, jusqu
f E « fratérniser ensemble et réunir leurs efforts pour arriv JE ! || « procurer le bien-être et la prospérité au pays (1). » vraim I fil Tel est le résumé de l'histoire de l'Union. Elle À gouve | 1 | | nous montrera que les Canadiens surent reconquérir C'es I ll à ment.
jl | | F] (1) Tuncorre, le Canada sous l'Union. Québec, 2 vol. in-18. nistèrc IE 4
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un à un tous les avantages dont on avait voulu les priver.
Le gouvernement débutait pourtant contre eux d'une façon systématiquement hostile. Aucun nom français ne figurait dans le ministère que choisit le gouverneur, lord Sydenham. Injustice voulue qui ne tarda pas à être réparée; l’année suivante, le successeur de Sydenham, sir Charles Bagot, appelait au ministere un homme qui devait exercer sur la politique de son temps une influence prolongée et salutaire, M. Lafontaine.
C'était un premier succès, mais les Canadiens ne s'en tinrent pas là, et malgré le mauvais vouloir d’un nouveau gouverneur, lord Metcalfe, qui dirige systématiquement contre eux toutes les mesures gouvernementales, emploie en faveur de la province anglaise tous les fonds votés pour les travaux publics, donne aux protestants les revenus des biens confisqués aux Jésuites, accorde aux Anglais victimes de l'insurrection de 1837 des indemnités : «il refuse aux Canadiens, et écarte du ministère M. Lafontaine, — malgré toutes ces vexations et toutes ces injustices, les Canadiens ne cessent d'accroître leur influence, jusqu'au jour, resté béni dans leur mémoire, où leur arrive enfin un gouverneur vraiment impartial et vraiment généreux, l’un des plus illustres qui aient gouverné le Canada : lord Elgin.
C'est en 1847 que lord Elgin prend le gouvernement. Son premier acte est de faire rentrer au ministère M. Lafontaine; puis, à la session de 1849,
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4 prenant la parole en français, il annonce solennel- LC
ll: lement à l'assemblée le vote, par le Parlement | la
14 impérial, d’un amendement à la Constitution qui on Jll fi rétablit l'usage de la langue française comme langue foi 14 officielle. Les Canadiens cessent d'être ces parias tal | 18 qu'on veut « balayer de la surface de la terre ». Les | s'e | 1E | partis recherchent au contraire leur appui : ce sont cor 1 JE des alliés dont on a besoin et qu’on flatte. fra 1 Ce n'étaient pas là les résultats que leurs ennemis I UE avaient attendus. « Quoi donc, s’écriait en 1849, la r IE « dans l’Assemblée législative, sir Allan Mac Nab, qui | [Ê « l’Union a été faite dans le seul but de réduire les leur | Hit « Canadiens français sous une domination anglaise, à le Îl | L: «et l’on obtiendrait l'effet contraire! Ceux qu'on BR vant 4 « voulait écraser dominent; ceux en faveur de qui agits | l | il | « l'Union a été faite sont les serfs des autres (1)! » L | LE Cette Union, tant demandée, ne valait plus rien, Grit | IE et c'est aux cris de : Pas de papisme ! Plus de domina- Can | | | tion française ! que les plus fanatiques réclamaient D sessi IN 1: son rappel. à hé | l il La clause elle-méme de la représentation égale die (né des provinces, tant sollicitée autrefois, on la répu- x ét | WE diait aujourd’hui : les circonstances l'avaient rendue «l'E | RE favorable aux Canadiens français. L'inégalité de où u | EE population s'était en effet renversée. Une émigra- « au; LE ie | | tion considérable d'hommes de langue anglaise EE 4d'e [l [M s'était tout à coup abattue sur le Haut-Canada. u-#itté Il I || La seule année 1846-1847 y avait amené plus de « ye
f Lili (4) Tuoncorre, t. II, p. 98, (2)
mis 349, ab, les aise, u'on > qui 1) ly rien,
100,000 Irlandais fuyant en bloc les horreurs de la famine qui sévissait dans leur pays. Des clans entiers arrivaient aussi d'Écosse, conduits quelquefois par leurs seigneurs eux-mémes. Ce fut une véritable invasion; la population de langue anglaise s'en trouva tout à coup accrue dans des proportions considérables et dépassa le chiffre dela population francaise du Bas-Canada.
De ce jour, cessa l'enthousiasme des Anglais pour la représentation égale des provinces. Une mesure qui leur avait paru excellente quand elle était en leur faveur, leur sembla détestable quand elle tourna à leur détriment, et la devise : « Représentation suivant la population » , devint le mot d'ordre de toute agitation politique.
Les libéraux avancés du Haut-Canada, les Clear- Grits, se montraient les plus acharnés contre les Canadiens. L'un d'eux, M. Mac Dougal, durant la session de 1861, menaçait de « s'adresser au Parle- «ment impérial pour lui dire que les Haut-Cana- « diens gémissaient sous la domination d’une race « étrangère et d’une religion qui n’est pas celle de « l'Empire... » Il ajoutait comme un avertissement ou une menace à l'Angleterre : « Si à nos maux et «aux difficultés actuelles venait se joindre un re:us « d'être écoutés du gouvernement impérial, il n'y «aurait pas d'autre alternative que de porter les «“ yeux sur Washington (1)!»
(4) Tunconte, t. II, p. #12.