‹ La nation canadienne [microforme]Chapitre 25 sur 78 · L: 4 1 | jh LL UN: | ei | l · texte numérisé non relu

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$ : (1 He: | Comme toujours, le clergé prit la direction de ce l'édi | le patriotique mouvement, et tout prêtre canadien pro- voir l posa à ses fidèles la conquête de la terre comme le lem. 4 j plus sûr moyen de gagner le ciel. Le prêtre coloni- de 1 | il Î sateur est un des types caractéristiques du peuple d’'ea | | k canadien. Mgr Labelle en a été l’une des figures les pous | { plus accomplies. Sa réputation est venue jusqu’en cule! ji Q Î France, où sa brusque franchise et sa rude parole vastc LE | lui ont attiré de chaudes sympathies. Considérant la Onta | [4 colonisation à la fois comme une œuvre patriotique à la | | et comme une œuvre religieuse, c'est lui qui-s’écriait d’att: 1 il un jour dans nn sermon : « Il y a bien des manières avan | 1 « d’offenser Dieu, mais une des plus communes et des de fi | [l « plus graves, c’est de ne pas tirer parti des ressources amét | à | « que la Providence a mises ‘à notre disposition ; elle To I Il « nous a donné une terre féconde, des mines, des Labe | 1e « forêts ct des cours d’eau. Eh bien, sous peine d’in- depu | j « gratitude envers Dieu, il faut labourer la terre, com | lt « exploiter vos mines et vos forêts et ne pas laisser lac T h | « sans emploi la force motrice de vos rivières. » la fo | 1 | | Mgr Labelle avait voué sa vie à la noble tâche de prêtr | f: ll (- conserver les Canadiens à leur pays. A lui seul, il a les te | | ll | | fondé plus de quarante paroisses dans la province de égal 4 | | ( |! Québec. A la fin de sa carrière, la grande popularité tuelle | | | (l dont il jouissait l'avait fait rechercher des partis po- pitto | |. Lu litiques, et il avait accepté la direction du départe- moul 11 il ment de la colonisation dans le gouvernement pro- Et | a vincial de Québec. chent 1 Quel merveilleux enthousiaste et comme il savait rage ‘I | vous faire partager sa foi ! C’est dans son bureau de cana( dl dl

l'édifice du Parlement, à Québec, qu'il fallait le voir, son crayon à la main, devant tout un amoncellement de cartes et de plans, crayonnés de rouge et de bleu. Comme :l franchissait du doigt les cours d'eau, comme :il remontait les vallées, comme :1l poussait en avant ses chers Canadiens et faisait reculer les Anglais ! Puis, finalement, indiquant d’un vaste geste circulaire le domaine qui doit, du lac Ontario. au fleuve Saint-Laurent, appartenir un jour à la race canadienne-française, avec quelle sûreté d’attitude, de ton et de geste, il l’y établissait par avance, et, de sa voix prophétique, la montrait pleine de fierté, projetant sur tout le reste du continent américain le flambeau de la civilisation française!

Tout prêtre canadien a la noble ambition d’être un Labelle, et partout où la colonisation à pénétré depuis cinquante ans, dans les cantons de l'Est comme au lac Saint-Jean, sur le Saguenay comme au lac Temiscamingue, le nom d'un prêtre est attaché à la fondation de chaque village. Partout c'est un prêtre actif et patriote qui a exploré la forêt, reconnu les terrains favorables à la culture, et qui, prenantun égal souci de l’existence matérielle et de la vie spirituelle de ses futurs paroissiens, a choisi sur quelque pittoresque détour de la rivière l'emplacement du moulin à côté de celui de l'église.

Et quelles vaillantes troupes que celles qui marchent derrière ces chefs dévoués! Quoi de plus courageux, de plus persévérant et plus fort que le colon canadien! Il faut l'avoir vu sur une terre nouvelle,

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