CHAPITRE XVI
POPULATION CANADIENNE-FRANCAISE DANS TES PROVINCES DE QUÉBEC ET D'ONTARIO.
La merveilleuse multiplication de la population canadienne est devenue presque proverbiale. Tout le monde a entendu parler de ces familles de quinze ou vingt erfants qui fleurissent sur les bords du Saint-Laurent. Tout le monde connait aussi cette curieuse coutume qui veut que le vingt-sixième soit élevé aux frais de la commune. Ces faits sont dans toutes les bouches, ont été relatés dans tous les récits de voyage, et reproduits par tous les journaux.
En 1890, l’Assemblée législative de Québec vota une loi accordant une certaine quantité de terres à tout chef de famille père de douze enfants vivants. L'année suivante, plus de 1,500 demandes étaient déjà enregistrées (1). Dix-sept avaient pu être émises dans une seule paroisse !
Inutile d'insister sur un fait si universellement
(1) Rapport du commissaire des Terres de la Couronne pour
tra né cs
connu. ” ‘uffira de donner ici quelques chiffres pour montrer que non seulement la population canadienne augmente, mais qu’elle augmente d’une façon bien plus rapide que celle de tous ses voisins, anglais, américains ou autres.
Dans la province de Québec, les Canadiens, que
nous avions laissés, en 1763, au nombre de 68 à.
70,000, s'élèvent aujourd’hui au chiffre de 1,200,009. La population totale de la province étant de 1,500,000 habitants, le chiffre laissé poür les Anglais n'est pas bien fort, on le voit. Et cependant, si faible qu'il soit déjà, chaque recensement décennal indique, d'une façon continue, une diminution constante de leur nombre relativement à celui des Canadiens.
En 1851 les Anglais formaient les 25,49 p. 100 de la population.
En 1861 si pe 23,68 x En 1871 ee de 21,93 pe En 1881 ee es 20,98 > En 1891 gi En 20,00 sh (1)
Ces chiffres se passent de tout commentaire. Il
(1) Voici les chiffres tirés des rencensements décennaux : ,
} ANGLAIS POPULATION ANNÉES CANADIENS et IRLANDAIS