‹ La Nation et le Droit des GensChapitre 3 sur 42 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Depuis près d’un siècle, on est amené à donner un sens assez spécial au mot « nation » dans le langage du droit des gens. Des influences nouvelles, les événements, la politique, ont tout à coup appuyé sur ces syllabes, que chacun croyait bien entendre, une lumière si persistante que l’on fut tenté d’exagérer et d’altérer peu à peu l’idée et le rôle de la Nation, en cherchant à les préciser. Au fait, l’on ne s’enquit jamais bien sérieusement de la place juridique de la Nation dans le droit international. Les guerres des nationalités qui échauffèrent l’Europe au dix-neuvième siècle, et qui, de l’avis de tous, ne sont pas encore achevées, invitaient les publicistes à édifier une doctrine que Napoléon avait enrichie d’une étrange puissance d’enchantement. Ici encore, selon l’image qu’emploie Joseph de Maistre, « les confesseurs et les martyrs ont précédé les docteurs », mais il semble que les magnifiques élans de ces annon-

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