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en faire des saucisses

En tout 27.565 têtes de bétail, ce qui fait 3.470 têtes de plus •qu'au mois de juin.

D'après ces chiffres, on voit de quelle importance est la Bohême pour l'existence de l'Autriche et de son alliée — l'Allemagne. Innombrables sont les wagons de blé, de pommes de terre, de fruits, de bétail et de charbon qui passent la frontière de Bohême et aident à ravitailler la population et l'industrie allemandes. La Bohême est pendant ce temps en proie à une véritable famine. Il y a des contrées où l'on ne vit que d'eau chaude salée et de galettes de son. La viande se vend une fois par semaine à raison d'une demi-livre par personne. Ce qui rend surtout la vie dure, c'est le manque absolu de matières grasses. Il y a trois mois que la population du sud de la Bohême n'a reçu ni beurre ni graisse d'aucune sorte. A Prague, pour le mois de juillet, la population avait théoriquement droit à 580 grammes de -saindoux; pratiquement peu de personnes ont reçu cette quantité.

Ajoutons encore un tableau du prix de quelques articles, d'après lequel on verra que le renchérissement n'est pas inférieur à 500-600 0/0, sauf pour la farine et le sucre. Il ne faut pas oublier que la plupart des prix indiqués sont les prix de la taxe, auxquels on ne trouve que rarement l'article en question.

Couronnes Couronnes

Farine 0,42-0,48 1,20

Pain 0,27-0,34 0,57

Œuf 0,6 0,40- 0,60

Viande de bœuf 1,80-2,20 1 1,80

Sucre 0,80-0,88 1,16- 1,23

Viande de cheval 0,80-1,30 5,00- 8,00

Beurre 2,20-4,00 12,80-14,50

Saindoux 1,76-2,00 13,00- 16,00

Costume 80,00 400 -600

Paire de chaussures 24,00 90,00-100

Le danger dont les Tchèques ont été menacés pendant ces trois ^dernières années leur a appris une vertu qu'ils ne connaissaient guère — la concorde.

Après l'entente de tous les partis politiques et la fondation de « l'Union Tchèque », on a réussi à fonder « l'Union des Banques Tchèques ». Cette « Union » comprend toutes les banques tchèques et son importance n'est pas grande seulement au point de vue défensif contre l'invasion du capital allemand, mais elle l'est surtout pour l'après-guerre où il faudra d'un côté, réparer les dommages causés par la guerre et la sauvagerie autrichienne, et de l'autre, augmenter et rendre prospères les finances de la Bohême libre.

La crise du charbon commence à Vienne.

Comme la crise du charbon, encore que nous soyons en plein été, recommence à se faire sentir dans le peuple, un rédacteur de la Wiener Allgemeine Zeitung est allé rendre visite aux entrepôts de charbon de la ville de Vienne, situés derrière la gare ie l'Ouest, afin de se rendre compte de l'état des approvisionnements en charbon. Il y a trouvé des centaines et des centaines de femmes et d'enfants avec d.es véhicules de toutes sortes. Ces gens séjournaient là depuis jeudi soir à 6 heures afin de s'assurer une place pour la vente qui aura lieu samedi matin. Ils passent la nuit sur des sacs qu'ils ont apportés. Pour garder leur place, les membres de la famille se remplacent deux fois par jour. Il y avait hier, vers 7 heures, environ 420 personnes. Il est difficile à ceux qui n'en ont pas été les témoins oculaires, de se faire une idée des assauts tumultueux qui se livrent quand la vente commence. Il est également difficile d'exprimer l'impression que cause au passant la vue de ces enfants et de ces femmes qui dorment sur des sacs et qui pendant de longues heures organisent leur ménage à la belle étoile. (Extrait d'un journal tchèque.)

FAITS ET INFORMATIONS

Une manifestation franco-slave.

C'est devant un public nombreux où l'on remarquait de hautes personnalités politiques et littéraires françaises, serbes et tchèques, qu'a eu lieu, le 12 juillet dernier, la manifestation francoslave organisée par la Société « Groupe et action contre le délaissement des campagnes et d'étude des questions de politique extérieure ». Après une émouvante allocution de M. René Doumer, de l'Académie française, qui présidait, assisté de M. Edmond Perrier, de l'Institut, M. Albert Marchon a fait une savante conférence sur « La France et les Slaves opprimés », envisageant au point de vue français la solution des questions serbe et tchèque, et montrant le haut degré de culture de ces peuples, dont la libération porfitera tant à l'avenir de la paix qu'au progrès de la civilisation.

Ensuite, — après une courte allocution d'un orateurs serbe et polonais — , M. Kupka a pris la parole au nom des Tchèques et la manifestation s'est terminée par la représentation des Trois

Chevaliers, la nouvelle œuvre de M. Guy-Félix Fontenaille, qui, interprétée par les plus grands artistes de la Comédie Française, a provoqué les ovations enthousiastes du public. M. Guy-Félix Fontenaille a prononcé une très belle allocution, où il a •célébré l'héroïsme des Français, Serbes, Polonais et Tchèques et •où il démontra une fois de plus que la paix durable se fera par la libération de ces trois derniers peuples opprimés.

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