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Partie méridionale du .bailliage de Husum (paroisses de

Svabsted, Ostenfeld, Mildsted, Simonsberg, ville de *

Hûsum, îles de Nordstrand et de Pelworm 16,811

L'allemand et le danois sont parlés, l'un à côté de l'autre dans les vingt-six paroisses du bailliage de Gottorp, qui sont au nord du Danevirke et de la Slie, dans deux paroisses du bailliage de Husum (Svesing et Olderup), dans la ville et dans dix-sept paroisses dubailliage de Flensborg. Ces quarante-six localités, qui embrassent une superficie de 640 kilomètres carrés, avaient une population de 80,728 individus en 1860.

Le frison est la seule langue de la famille dans les îles de Sild, de Fœr (à l'exception de Vyk, où l'on parle aussi l'allemand), de JNordmarsch, de Hoge, de Grœde, de OEland; 3ur la côte occidendale, dans les paroisses de Bredsted campagne, Breklum, Bordelum, Langhorn, Okholm, Bjerrum, et Trelstrup (bailliage de Bredsted) ; dans celles de Foretoft, Stedesand, Lindholm, Risum, Dedsbœl, Dagebœl, Nybœl, Embsbœl, Horsbœl (bailliage de Tœnder). Ces six îles et ces seise paroisses, qui ont une superficie de 630 kilom. carrés, sont peuplées de 23,724 individus.

Le danois et le frison sont mélangés sur une superficie de 189 kilom. carrés , dans les paroisses de Klangsbœl, Nykirke, Rodenaes, Lsek et Enge (bailliage de Tœnder), qui renferment 5,875 habitants. Le mélange du danois et de l'allemand, n'a lieu que sur une médiocre superficie, dans les bourgs de Bredsted et de Vyk, qui ont 3,171 habitants. '

Enfin le danois est répandu dans tout le reste du duché, sur une superficie de 5,730 kilomètres carrés, qui étaient habités, en 1860, , par 177,332 personnes, il s'étend au sud-est, vers le district mixte, jusqu'aux paroisses de Fjolde, Hjoldelund, Vandrup, Store Vie, Hanved, Bov ; à l'est, jusqu'au pays des Frisons.

Ces limites sont certaines ; le professeur Allen, dans son Histoire de la langue danoise en Slesvig, a rapporté une foule de témoignages et de faits qui les mettent à l'abri de toute discussion. Cependant l'auteur du règlement des langues a commis la faute de sanctionner

d'anciens abus et d'unir au district allemand pur les quinze paroisses de Moldened, Nybœl, Tolk, Torsted, Kalleby, Brodersby, Lœit, Ulsnaes, Borne, Sœnderbrarup, Ravnkjaer, Arnaps, KappeL ville et campagne, Tœstrup, ayant 19,362 habitants, qui parlent tout à la fois danois et allemand. Les enfants n'apprennent que l'allemand â l'école, et les parents n'entendent que cette langue à 'l'église, dans les tribunaux. S'ils achètent une maison, il faut que l'acte de vente soit écrit en allemand. Le règlement des langues joint aussi au district allemand tout le pays où Ton parle exclusivement le frison, celui où l'on parle le frison et l'allemand, enfin la plupart des paroisses frisonnes. Ainsi l'on a augmenté sans raison de plus de 1,100 kilomètres le domaine de l'allemand, et soumis à cette langue plus de 40,000 individus qui parlent danois et frison. Feignant de croire que toutes les paroisses auxquelles on a imposé l'allemand comme langue officielle sont peuplées de purs Allemands, les écrivains allemands portent à 160,000 le nombre des Allemands du Slesvig. Remarquons en passant que, même en admettant ces chiffres, les Allemands seraient loin d'avoir la majorité dans le duché, qui comptait 409,907 habitants en 1860.

Le règlement des langues a aussi privé le district purement danois et augmenté le district mixte de dix-sept paroisses que les écrivains slesvig-holsteinois reconnaissent être danoises (1), malgré leur évidente partialité pour l'allemand. Même en 1848, pendant l'insurrection, Biernatzki, dans sa carte dédiée au Parlement de Francfort, avoue que le danois domine dans six de ces paroisses, à Bov, Valsbœl, Hanved, Store-Vie, Vanderup et Fjolde, et qu'il est l'unique langue des habitants dans les onze autres paroisses, c'està-dire à Hjoldelund, Nœrre-Haksted, Medelby, Ladelund, Karlum, Klaegsbœl, Brarupj Humtrup, Sœnder-Lœgum, Udbjerg et Aventoft. Ces dix-sept paroisses comptent 18,344 habitants, en les ajou tant à celles que le règlement de 1854 a laissées au district mixte, on a quarante-neuf paroisses rurales, qui ont pour langues officielles le danois et l'allemand.

Si l'on considère le règlement des langues, non pas dans l'application, mais dans les principes, on reconnaîtra qu'il a été dicté par l'esprit de justice et de tolérance. Voici ses principales dispositions.

(1) Voy. Uebersicht der Grcnzen der Volks-und KirchenSprachen im Herzogthume Schleswig, par F. H. I. Geerz, 1838; — Nationalitœten und Sprachenkarte des H. Schleswig, par H. Biernatzki ; toutes deux reproduites dans Y Histoire de la langue danoise en Slesvig, par Allen.

Toutes les lois et les ordonnances royales, ainsi que les publications ministérielles concernant le Slesvig, sont promulguées en danois et en allemand ; les deux textes sont officiels.

A rassemblée des Etats du Slesvig, le commissaire royal et le président doivent répéter en danois les discours qu'ils ont prononcés en allemand et réciproquement. Les membres de la Diète se servent de la langue qu'ils veulent. Les protocoles sont tenus et publiés dans les deux langues, ainsi que les décisions, les adresses, les rapports de l'assemblée et des comités. 11 faut ajouter que, d'après la Constitution commune de 1855 et celle de 1863, les députés se servent à volonté du danois ou de l'allemand à l'assemblée commune du Danemark et du Slesvig, et que les protocoles sont tenus dans les deux langues.

Les autorités supérieures du Slesvig, la Cour d'appel, l'inspecteur médicinal, le comité d'hygiène publique, l'administration des ponts et chaussées, la direction de l'asile des aliénés et celle de l'établissement des sourds-muets, l'évêque de Slesvig, se servent des deux langues, d'après les mêmes règles que le ministère.

Les examens des candidats en droit, en théologie et en médecine, qui ont lieu dans le Slesvig, se passent dans les deux langues, de manière que la moitié des demandes et des réponses soient faites en allemand, l'autre moitié en danois. Les candidats doivent avoir étudié trois ans à l'une des Universités de Copenhague ou de Kiel, à leur choix.

Il y a deux écoles normales en Slesvig : l'une, à Tœnder, forme des maîtres d'école pour les paroisses danoises ; l'autre, à Ekernfœrde, forme les instituteurs du district allemand. Au collège de Haderslev, on enseigne en danois; à celui de Slesvig, en allemand ; . enfin, à celui de Flensborg, l'enseignement est mixte ; le professeur se sert à une leçon de l'allemand, à l'autre du danois.

Quant aux églises et aux écoles, le Slesvig est divisé en trois districts : 1° le district danois, au nord, séparé du district mixte par une ligne qui passe au sud de Hœyer, Abild, Hostrup, Burkal, Tinglev, Holbœl, suit le golfe de Flensborg, et englobe les îles d'Aïs, jErœ, Romœ ; 2° le district allemand, qui comprend, outre la contrée allemande, le pays frison pur, le pays frison allemand, quatre des paroisses dano-frisonnes ; enfin, quatorze paroisses au nord de la Slie, où le danois et l'allemand sont parlés l'un à côté 4e l'autre ; 3° le district mixte, qui comprend toutes les autres paroisses dano-allemandes et une paroisse frisonne.

Dans le district septentrional, le danois est la langue officielle de

l'église, de l'école, de l'administration, des tribunaux ; dans le district méridional, c'est l'allemand. Enfin, dans le district mixte, qui comprend les viljesde Flerisborg et de Tœnder, avec quarante-huit paroisses rurales, le service religieux se fait alternativement en danois et en allemand : un dimanche, le pasteur chante et prêche dans une langue, le suivant dans l'autre. Dans les écoles, l'instituteur parle danois,, mais il consacre quatre heures par semaine à l'enseignement de l'allemand. Les communautés et les particuliers peuvent employer, dans leurs rapports avec les prêtres, les magistrats, les «fonctionnaires, en un mot, avec toutes les autorités, la langue de leur choit, et les autorités doivent se servir de la même langue. Dans les. procès civils, chaque partie se sert d« l'idiome qu'elle préfère, et le tribunal doit adopter celui du défendeur. Dans les procès' correctionnels et criminels, on n'emploie que la langue de l'accusé. Les témoins déposent dans la langue qu'ils veulent, et leurs réponses ne sont pas traduites, mais transcrites au protocole. Dans les contrats, le notaire ou greffier rédige l'acte dans la langue dont les parties conviennent; en cas de désaccord, dans les deux langues.

Ces règles, on n'en peut disconvenir, sont parfaitement justes et raisonnables ; aussi la Commission flamande chargée de régler le rapport des deux langues de la Belgique, n'a-t-elle pas hésité, après avoir pris connaissance de ce qui se pratiquait en Slesvig, à écrire dans son Rapport officiel : « Le mélange des langues se présente aussi sur une large échelle dans le duché de Schleswig ; il est prouvé qu'on y observé à cet égard la plus parfaite égalité. » {Rapport, Bruxelles 4859, p. 133.) Ce témoignage est d'autant plus flatteur pour le gouvernement danois, qu'il émane d'une assemblée d'hommes indépendants, de citoyens d'un pays qui se connaît en liberté.

6° Résumé et Mnelusion

Le règlement des langues ne pouvait faire davantage pour l'allemand; il a même trop fait comme on l'a démontré, et c'est une faute de n'avoir pas établi que le danois serait enseigné à côté de l'allemand jusque dans les paroisses les plus méridionales du duché; car le Slesvig a été, de temps immémorial, une terre danoise; tous les habitants sont citoyens danois, sans excepter ceux qui parlent l'allemand. Ceux-ci ne peuvent se soustraire aux lois du pays qui les a adoptés, eux ou leurs pères. Dans leurs rapports avec le peuple qui les a accueillis et les traite en frères, ils sont tenus, en conscience, de se servir de la langue des indigènes, qui est jusqu'au-

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