‹ La nationalité polonaise détruiteChapitre 2 sur 16 · DE L'IMPRIMERIE DE LACHEVARDIERE · texte numérisé non relu

DE L'IMPRIMERIE DE LACHEVARDIERE

BUI BD COLOMBIB^, «• 3p, A PAEIS.

LA

Messieurs,

Votre dernière session a offert à tout ami de l'humanité le spectacle intéressant d'une lutte entre les convictions d'hommes généreux et la difficulté des circonstances qu'ils avaient à surmonter. C'est le cri de guerre' poussé par la Pologne qui y donngidieu ; de cette Pologne qui se leva , comme paÇmiracle , pour la défense de ses droits méconnus, et des libertés du monde menacées par le géaiVt du Nord. N'ayant pas pu snnxer ï indépendance de la Pologne, vous avez du moins tâché de garantir sa nationalité. Ce n'est qu'à ce prix, Messieurs , que vous renon-' rates à voler au secours d'un peuplé brave et malheureux, qui se sacrifiait en première ligne pour le salut de votre^patrie. Cette résolution solennelle , proclamée par vous à la face de l'Eu-

votre

conscience , par une noble indignation contre cette politique infernale qui ne cesse de s'opposer au bonheur de la Pologne, mais encore par le désir de maintenir la paix, enfin, par une modération poussée jusqu'à sa dernière limite , celle au-dessous de laquelle il n'y aurait plus eu que faiblesse et honte, et, ce qui est synonyme, péril inévitable pour votre propre liberté. Aussi la France eptière, toute peinée qu'elle fut de ne pouvoir Êiire davantage , applaudit-elle à votre détefpiination; votre roi même la partagea , et votre gouvernement ne craignit point de donner l'assurance que vos vœux seraient accomplis. On vous avait dit et répété que l'intérêt de la France lui imposait la stricte obligation de respecter les traités existans; vous hésitâtes long-temps à le croire, n'ignorant point que ces traités n'avaient été imposés à la France que parla force, qu'ils, sacrifiaient les intérêts des peuples à ceux de quelques familles, qu'enfin ils répugnaient aux principes sur lesquels repose actuellement le bonheur de votre pays; ipais des protestations rassurantes, exposées ^yec (imaléoret défendues avec courage , l'emj^ortàrçDt stable sentilent de vos couvictipusi; ypus abandoniilt^

des hommes investis de vos pouvoirs, et votre dernier mot fut: Soii, — mai* la nalionatité polonaise , consacrée par ces traités , ne périra

pas

La parole d'un grand peuple n'est jamais vainement engagée; les députés de la France, fidèles à leur mission, ne manqueront certainement pas, à la session qui s'ouvre, de demander compte à leur gouvernement de ce qu'il a fait pour la Pologne, et de s'enquérir de l'état actuel de ce pays. Mais afin que vous puissiez vous-mêmes en mieux juger, et pour vous épargner des recherches trop laborieuses, j'ose offrir à vos yeux un tableau succinct des dernières dispositions de l'autocrat^ , dans leur rapport immédiat avec la nationalité polonaise , cet objet particulier de votre plus vive sollicitude, dispositions qui, d'après les intentions de l'autocrate , doiventflxer désormais les destinées de notre pays. Vous y verrez. Messieurs , ce que beaucoup d'entre vous ont prédit, ce que les Polonais ne cessaient de répéter, ' qu'un langage de paix, de loyauté, de modératio» /n'est d'ftUGiin poî^s auprès d'un conquérant hai^are quiia jijiré l'extermination d'un )euple qu'il abhorm^yi insulte à la voix de la

l'Europe, aux cris de l'humanité entière, et qui ne sera satisfait que quand la nationalité polonaise aura expiré/ * ' '—

C'est le' fatal statut organique du 26 février i832, qui détruit le dernier gage de ia sécurité de l'Europe, qui tend à accroître la monstrueuse puissance de la Russie , de douze millions de nouveaux esclavp. Pour bien apprécier ce statut , objet des doléances universelles,

. et pour vous mettre au f^it des résultats qu'il entraîne, je vais jeter un coup d'œil rapide sur ce que le Congrès de Fienne a statué en faveur de la nationalité polonaise, démontrer en quoi elle consiste réellenient; j'indiquerai, enfin , les diverses dispositions de ce statut qui y ont rapport. v . i

Le congrès de Vienne '{ art. 1 du traité du 9 juin i8i5) fonde le ijnaintien de la nationalité polonaise sur trois t)bligations à observer de la part des puissances copartageantes: \° Sur l'obligation imposée à l'empereur de

' Russie, de n'exercer sa souveraineté dans le duché de Varsovie, érigé e^ royaume, qu'en le considérant comme État sépafé de ses autres possessions , et cela en maintenant :

A. Sa constitution.

B. $Jon adminUtrehiovy^^a^He.

a** Sur l'obligation imposée à toutes les trois puissances ensemble, à la Russie, à l'Autriche et à la Prusse,

« D'accorder auxau^r^s Polonais, leurs surjets respectifs, , ,

»A. Une représentution.

»R. Des institutions nationales réglées d'après le mode d'existence politique , que chacun djBs gouvernemens auxquels ils appartiennent , jugera utile et convenable de leur accorder. » 1

3° L'obligation prise par la Russie, et consentie par les autres puissances,

« De donner au royaume de Pologne l'ex- » tension intérieure qu'elle jugera convenable, » par la réunion à cet état des autres provinces polonaises antérieurement acquises.

1-es obligations 2 et 3 n'ont, de la part de . la Russie, pqs même reçu un commencement d'exécution , et il est d'une vérité incontestable que la Lithuanie, la Volhynie j la Podolie , et rUcraine , n'^pnt reçu ni représentation ni institution quelconque, qu'elles n'ont pas été réunies au royaume, et que des privilèges dans

fouissance desquels elles se trouvaient avant

le traité de Vienne , leur ont été arrachés depuis (*).

* La nationalité de ces provinces , sans avoir été définie avec précision , a néanmoins eu des caractères à elles propres, que le traité de Vienne a voulu assurer et garantir en les plaçant soqs l'égide protectrice d'une représentation et d'institutions nationales. A quoi ont abouti maintenant toutes ces ilipulations, et à quel excès de misère ces provinces sont réduites ? Rien ne le prouve noîieux que le document et les rcnseignemens authentiques suivans qui viennent à li venir, et qui prescrivent la des cinq mille familles nob province polonaise {la Podoliç) pour être colonisées dans le Caucase.

instant môme de nouspar-

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