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le colon trouvera le revenu le plus sur et le. plus rapide. En effet, la nature, prodigue de ses dons, a gratifié cette terre vierge d'une fécondité que vient encore développer son climat exceptionnel.
Le blanc n'a pas à subir d'acclimatement dans ce pajsd'une salubrité extraordinaire, et malgré le grand nombre de marais que l'on a déjà commence d'utiliser pour la culture, les fièvres paludéennes sont rares et l'on n'a jamais signalé parmi nos travailleurs ni dyssenterie, ni maladie de foie, ni coliques sèches, fléaux habituels de ces climats. La chaleur modérée varieenlre ces deux points extrêmes, lu et
30 degrés centigrades. Le seul inconvénient du pavs, c'est la multitude des moustiques, dont on ne parvient à se débarrasser qu'en «'entourant d'épais nuages de fumée. L'année se partage en deux saisons : l'hivernage, saison des pluies et des grandes chaleurs, et la saison sèche et fraîche. A certaines périodes de l'année, d'immenses cyclones s'abattent sur l'ile; ces trombes de vent et de pluie brisent et emportent tout sur leur passage; les ruisseaux devenus torrents débordent sur les plantations riveraines, les bouleversent, les entraînent au loin ou les recouvrent d'une épaisse couche de sable et de cailloux.
IJuoi qu'il pu soit, les cultures les pi lis varJt'rs
poussent sans effort ; le riz, le maïs, la pomme ilt 1 . terre, la betterave, la patate douce et tous les légumes d'Europe se sont acclimatés facilement. La culture de. la vigne paraît également devoir réussir. Le pécher, le fraisier, l'ananas, l'oranger, le citronnier, le papayer, leponimier cannelle, lemango, le vanillier, le bananier, le cocotier, les piments sont des produits indigènes ou importés qui donnent des fruits excellents. La canne à sucre, l'igname, le taro, le ricin, le niaouli,ct le sandal, donnent des rendements toujours plusconsidérables , ainsi que le coton, dont la culture tend tous les jours à se propager.
Après la description générale du pays, après rémunération de ses richesses minérales et végétales, il convient de dire quelques mots de la race indigène. Les Néo- Calédoniens, dont l'on évalue généralement le nombre à 50,000, sont fortement constitués.
Beaucoup plus noirs que les Polynésiens, ils le sont moins que les nègres; leur barbe est fournie et leur chevelure épaisse et crépue.
Les femmes dans l'extrême jeunesse ont un moment d'éclat, auquel la laideur la [dus repoussante ne tarde pas à succéder.
Les guerres de tribu à tribu, causées par la jalousie des chefs ou le besoin do se procurer des prisonniers destinés à être mangés, ainsi que les affections de poitrine auxquels sont sujets les
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indigènes, le peu dr, fécondité des femmes, ainsi que l'usngc de la polygamie, sont les causes principales du peu de densité de la population. Les naturels possèdent en agriculture des connaissances assez avancées, savent étngcr leurs cultures sur les flancs des collines et détourner les ruisseaux pour les arroser, niais ils sont d'une telle imprévoyance, qu'à peine faite, la récolte est déjà consommée; de là ces famines fréquentes pendant lesquelles ils se repaissent d'une sorte- de stéalite qui endort l'estomac. Nous n'avons pu jusqu'ici les plier à notre civilisation ; ils viennent bien travailler quelques jours à la fabrication de l'huile île coco, mais ils disparaissent dès qu'ils ont gagné assez d'argent pour acheter une pipe et du tabac.
Le gouvernement, reconnaissant l'insalubrité de la Guyane, a envoyé à la Nouvelle-Calédonie en lSu'i, un premier convoi de 230 forçats, bientôt suivi de plusieurs autres, qui débarquèrent leur cargaison humaine au pénitencier de l'île de Non. Depuis cette époque, le nombre des ouvriers de la Iranspnrtathm s'est constamment élevé; i! était, au ~>l décembre 1871, de 27 ju; leur sort s'est amélioré en raison tic leur bonne conduite et 274 de ces égarés étaient, au 1 or janvier 1872, Idiérés, mais en surveillance.
Nos établissements se sont développés. Nouméa est devenue une ville, où l'eau est malheureusement introuvable; les bourgs de Nakcty, de Kanala, de Kouahoua, de llouagap, d'tlicnguene, de l'uebo, et de Balade se sont créés, les défrichements et les plantations se sont étendus, le commerce et, l'industrie ont pris une certaine activité, que vont sans doute développer les conditions nouvelles d'existence faites à la colonie par la loi du '23 mars 1871, oui affectait à la déportation certaines parties de la Calédonie et quelques-unes de ses dépendances.
Gabriel Marcel.