LA NOUVELLE-CALÉDONIE
La Nouvelle-Calédonie, l'une des îles les plus vastes de la Mélauésie, est comprise entre 20 et 25 degrés de latitude sud et les 101 et 101 degrés de longitude est méridien de Paris. Longue de 75 lieues et large de \ 5, elle présente une superficie de deux millions d'hectares, c'est-à-dire quarante fois l'étendue, du département de la Seine. Entourée à une distance, de vingt kilomètres par une ceinture de récifs madréporiques coupée seulement à l'embouchure dos grands cours d'eau, l'île est partagée par de hautes montagnes en vallées étroites, sauf celles du Diahot, où coulenl une multitude de rivières torontueuscs qui
répandent sur leurs bords la plus luxuriante fécondité. Telle est en peu de mots la grande terre autour de laquelle est semé à des distances peu éloignées un certain nombre d'îles et d'archipels. A l'est, ce sont : l'île Nou ou Duboir/ot, qui ferme le port de Nouméa, plus bas les trois îles Le Prédour, Ilugon, et Ducos dans la baie de Saint-Vincent, file Oucn aux carrières de Jade ascien, dont les naturels faisaient autrefois leurs plus belles haches ; au sud, l'île des Pins, la Kunié des indigènes ; à l'ouest, l'archipel des Loyal t.y, composé des trois grandes îles : Mare, I.jfou, et Cvéa, auquel se rattache [dus liant le groupe des lîelep; enfin au nord, l'archipel dos Neménas.
Découverte, le 1 septembre 1771, parCook, qui débarqua à Balade, elle fui, ensuite visitée à deux reprises par d'Knlreeasfeaiix. Des catéchistes protestants avaient déjà vainement essayé de convertir les indigènes, lorsque nosmissiomiairesydébarquèrenteu 1 8 13, Leurs tentatives ne furent pas beaucoup plus heureuses, car ils étaient quatre ans plus tard forcés par un soulèvement général des naturels de se réfugier à l'île des Pins, En 1831, une embarcation delà corvette l'Alcmène, montée par treize mateloLs et deux enseignes, fut surprise par les indigènes; nos malheureux compatriotes furent massacrés et leurs restes partagés entre ces cannibales, qui les dévorèrent. Les insultes répétées infligées à notre pavillon, les rapports des commandants de navires de guerre qui s'étaient avancés dans l'intérieur de l'île on en avaient reconnu les côtes, les discussions à la Chambre sur le choix d'une colonie pénitentiaire, déterminèrent le gouvernement à prendre possession de la Nouvelle-Calédonie, et, le 1 er mai 1853, le pavillon français y fut solennellement planté. Depuis cette époque, nous avons eu maintes fois maille à partir avec les indigènes, mais les châtiments répétés que nous leur avons infligés, ainsi que l'importance croissante de nos établissements et l'ouverture de nombreuses voies de communication à travers le pays, leur ont montré l'inanité de la résistance, et nous sommes aujourd'hui les maîtres incontestés d'une magnifique contrée qui pourra devenir, si le gouvernement persévère dans la voie inaugurée par le commandant actuel, JJ. de la Pêcherie, une de nos colonies les plus prospères.
Bans cette île montagneuse les sommets les plus élevés atteignent 1,1100 mètres, les pentes sont douces et cultivables et les eûtes sont découpées en criques d'un accès difficile, mais d'un excellent mouillage. Notre gravure, qui représente le port d'Oubatche, donne une juste idée de la magnificence des rivages de la Nouvelle-Calédonie, où des coteaux riants et luxuriants encadrent de véritables oasis de verdure.
Les ressources minérales sont d'une richesse prodigieuse. Ce sont : le grès, la pierre calcaire, les marbres gris, roses, blancs ouveits, l'ardoise, souvent d'assez mauvaise qualité, l'argile commune, dont on fait à Nouméa des Iniques et des tuiles, le kaolin, le fer qu'on ne pourra malheureuse-
ment songer de longtemps à exploiter, à cause du Lan marché des fers travaillés de l'Australie et la tourbe extraite en abondance des marais de la eùte. Des affleurements considérables de houille ont été déeonverls dans le voirinage de. Nouméa, mais le charbon (ju'on eu extrait, peu chargé de biLume, semble être d'une qualité inférieure. C'est l'exploitation de l'or qui a donné jusqu'ici les plus beaux résultats. En -1871, dans une salle rlu musée de. Nouméa étaient
exposés deux énormes morceaux d'or amalgamé d'une valeur de 17,000 francs, et ù la même époque l'or du Diuhot valait, à Sidnev 90 francs l'once. Au reste, dans toute la partie septentrionale de la colonie, dans l'ile de Palm, ou trouve presque partout des terrains aurifères et l'on exploite aujourd'hui les carrières de quartz aurifère de Mauglihie.
Cependant ce n'est pas dans l'exploitation des mines, si nombreuses et si riches qu'elles soient, que
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