I.'Amiuour. à èoii omlioiti hum
et mettent une entrave à la navigation. Parmi les plus grands rafts ou îles flottantes, nous devons mentionner celui d'un des bras du Mïssissipi, l'Afchafalaya, qui emporte constamment dans son cours une grande quantité de bois amenés du Nord. En 40 années, ce fleuve a accumulé sur un même point une quantité de débris flottants tellement considérables, qu'il a formé une île énorme de 12 kilomètres de long sur 220 de large, et 2"',oO de profondeur, lui 1810, eetLe masse s'abaissait et s'élevait avec le niveau du fleuve, ce qui n'empêchait pas les progrès de lu végétation de la couvrir d un manteau de verdure ; à l'automne, des fleurs en égayaient l'aspect. En 18Ô5, les arbres de l'île flottante avaient atteint (Kl pieds de hauteur, et des mesures durent être prises par l'Etat de la Louisiane, pour anéantir ce rafi. immense qui opposait un insurmontable obstacle à la navigation.
Sur la rivière Rouge, sur le Mississipi, sur le Missouri, on rencontre fréquemment des amas de même
nature, ot le cours de ces fleuves est ainsi entravé par des amas d'arbres déracinés et par les débris trop abondants des naufrages ; « unis par des lianes, cimentés par des vases, ces débris deviennent des îles flottantes ; des jeu nés arbrisseaux y prennent racine; le pislia et le nénuphar y étalent, leurs roses jaunes; les serpents, les caïmans, les oiseaux viennent se reposer sur ces radeaux fleuris et verdovants qui arrivent quelquefois jusqu'à la mer, où ils s'engloutissent. Mais voici qu'un arbre plus gros s'est accroché à quelque banc do sable et s'y est solidement fixé; il étend ses rameauxeomme aulautde crocs auxquels les îles flottantes ne peuvent pas toujours échapper; il suffit souvent d'un seul arbre pour en arrêter successivement des milliers ; les années accumulent les unes sur les autres ces dépouilles de tant de lointains rivages: ainsi naissent des îles, des péninsules, des caps nouveaux qui changent le cours du fleuve 4 . »
1 Malle-Brun.
Dans le cours do l'Orénoque fiLdaus celui <!c quelques autres fleuves américains, lu nature se plaît à colorer les eaux des nuances les [dus diverses; il en est de bleues, de vertes et de jaunes ; i! en est de brunes comme le cale, i! eu existe enfin qui sont aussi noires que de l'encre. Les eaux de l'Atabapo, dont les bords sont tapissés de caroliuées et de niélastomes arborescents, celles du Terni, du Tuaniini et de la (luainia, ont la teinte brune du chocolat; à l'ombre des palmiers, elles prennent une couleur complètement noue ; emprisonnées dans des vases transparents, elles sont d'un jaune doré. Ces colorations, dues sans doute à une dissolution abondante
de matières organiques, l'ont de l'eau un véritable miroir ; c'est ainsi que, lorsque le soleil a disparu sous l'horizon, hOréuoque l'orme une masse opaque où se reflètent, avec une admirable clarté, la lune et les constellations méridionales.
Les eaux de l'Orénoque, comme celles du Nil et d'un grand nombre d'autres fleuves del'AfViqufi onde l'Asie, teignent eu noir les rivages et les rocs granitiques qu'elles arrosent depuis des siècles; il s'ensuit que la coloration des rochers et des pierres qui s'élèvent en amphithéâtre sur leurs rives marque eu toute évidence leur ancien niveau. Sur les bords de l'Oréuoque, dans les rochers de Kéri, à l'etnbou-
Formaiion il'iks (louantes sur lu Missouri
ebure du ,lao, on remarque des cavités peintes en noir par l'action du fleuve; et ces cavités sont cependant situées à plus de 51) mètres au-dessus du niveau de la surface actuelle des eaux. Leur existence nous enseigne et nous démontre un fait déjà constaté par d'autres preuves analogues dans tous les lits des (leuves européens, à savoir que les courants dont la grandeur nous frappe d'étoimement ne sont que les restes modestes des masses d'eau gigantesques qui traversaient les continents dans les temps géologiques, alors que l'homme n'était pas né '.
CiASTOÏ TlSSAMUFH.
CHRONIQUE
L'rnst-i£iicim;nt en AlleiiiaK™*- — Lu journal d'outre-Rhiu, lu Gazette de Vos, vient de faire paraître
* Humboldt,
une statistique que nous non; empressons de publier : un ne saurait trop montrer la richesse de l'instruction en Allemagne, dans un pavs comme le notre où, sous ce rapport, la misère est si grande.
D'après les derniers renseignements officiels, l'empire allemand compte 3S0 gymnases, pro-gymnascs et lycées ; tùlj écoles lutines (en Bavière et Wurtemberg), 270 rnalscliulcn ; 12 hautes écoles techniques et polytechniques. La Prusse possède, en outre, 26 écoles, provinciales des arts et métiers: la Saxe 5 écoles de commerce et 4 écoles des arts et métiers et écoles d'architecture; Saxc-Cobourg- Gotlia, 5 écoles de ces deux dernières catégories -, la villa de Hambourg possède une école des métiers pour les garçons et une autre pour lis filles. [,:i Bavière compte 33 écoles de métiers, de commerce et d'agriculture -, la l'russe ÏÏ'J croies agricoles avec -il écoles d'hiver d'économie rurale. Le reste de l'empire allemand possède encore ô(i écoles appartenant à l'une nu à lautre de ces catégories.
La ['russe compte 200 écoles publiques supérieures des fdles ; le reste de l'Allemagne en compte îit. 113 séminaires pour la formation d'instituteurs et pour leur perfectionnement sont en pleine activité dans l'empire aile-
LA NATL-UE.
maïul, pendant l'année (irùsenle ; l'instruction primaire est donnée dans fil), 1)00 écoles. Tous les Étals de l'Al'cmagne ont des écoles pour les sourds-muels et pour les aveugles. La Prusse en possède 3j pour les sourds-muets et 1 i pour les aveugles. A l'égard des écoles îles métiers artistiques, la llavièro occiqie le premier rang, mais le Wurtemberg et la Prusse ont fait deniiéremeiit du grands progrès dans cette direction.
Découverte île sareophages dan* le ttalvadoM.
— lin traçant à Bcucrville, près de Deauville, un eheiiiin littoral, on a trouvé, assez près de la surface du sol, trois (r.rrueils, dont la forme semble indiquer l'origine flanque, Deux sabres et quelques grands couteaux ont été recueillis dans un état de conservation remarquable ; ils offrent les caractères d'amies analogues, existant dans nos musées, clapparlciiaul d'une manière certaine à I époque (les premiers siècles de la monarchie. A côté de ces reliques précieuses, ou a encore rencontré une boucle de ceinture et quelques belles agrafes en bronze.
Ij expédition aérostatique de Ifl. Wise, — Les 5 journaux que nous recelons de Nevv-Vork continuent à nous donner de nombreux détails surin trarersée de l'Atlantique en ballon. Ce projet, bien [ligne d'un intrépide Yankee, excite l'admirahou des Américains, et leur s feuilles parlent longueuient des préparatifs de l'expédition. On parle de la couture du ballon, de la construction de sa riaceUe de sauvetage, dcl'approvisiotmement de vivres, etc. C'est le succès de feu le Géant de Nadar. Le Ss.it'nlt/ic American, qui n'est pas ennemi de la gaieté, conseille aux
]iassagers des paquebots transatlantiques ^l'emporter, || ■
la traversée de l'Océan, des parapluies en fer-blanc, afin d amortir le clioe du lesl que M. Wïse pourra jeter sur leurs têtes ! Au n in meut de ineltre sous presse, des feuilles iinglaises nous apprennent le départ de l'aréoslat. IL AVise a quitte Aev-joili dans Jes premiers jours de septembre, avec quidre passagers. Jamais semblable exemple de liardiesse ne s'est offert dans l'histoire de l'arrestation. Nous accompagnons de nos vieux sincères celte étonnante expédition.
liCS diamants de 1 Exposition de Vienne. —
C'est depuis fort peu de temps, que l'admirable collection de diamants exposés à Vienne s'est complétée par l'arrivée d'un merveilleux échantillon, le diamant du Cap, dit Steivtirt-Ditmwnt, le plus gros de son espèce qui ait été trouvé dans l'Afrique du Sud. Sa teinte est légèrement jaunâtre, mais il ne pèse pas moins de '2SS carats. On l'a estimé 700,000 francs, le lot de terre sur lequel ce diamant s'est trouvé, a été vendu 7,"il) francs à un Anglais, M, Spalding, qui l'a cédé bientôt à M. Antonie. Quand le propriclaire mit la main sur le Stewarl-Biamanf , il en resta pétrilié d'étunneiiicut et de joie. On le porta chez lui, car il était incapable de se tenir debout, et son émotion fut telle qu'il rcsla pendant deux jours sans pouvoir prendre de nourriture. Le diamant du Cap est placé, à Vienne, au milieu d'une constellation de pierres précieuses de la plus grande richesse, qu'entourent sans cesse une Joule, de visiteurs, attirés par les feux de ces pierreries, comme les alouettes par les reflets des miroirs.
C oiKUlli'H de groseilles en Angleterre. — On
cherche a lotit améliorer en Angleterre, et les concours sont multipliés pour toutes espèces de produits. Dans le mois dernier, dil le Journal de l'agriculture, nous pouvons citer comme caractéristiques les concours qui ont eu
lieu pour les plus belles groseilles. 11 n'est, j r ainsi dire,
pas de petite ville du centre et du nord de l'Angleterre qui n'ait des exhibitions de ce genre. Les concours de Laiecaslure sont surtout célèbres, et à Manchester, on voit evposees des groseilles d'un poids énorme. A l'Exposition de N'evvark, le premier prix a éfé remporté par M. KgglrsLone, qui avait exposé des groseilles rouges du poids niDven île 41 "raïuiiies. D'autres récompenses ont été décernées, en grand nombre, pour des groseilles dont le poids dépassai! ôt) grammes.
CUIIRKSI'ONDANCG
.Nous avons donné des renseiguenieiifs nombreux sur les récentes explorations du savant explorateur SI. Nurdeiiskiold ; nous su m mes heureux d'apprendre, à nos lecteurs que des delails tout à l'ait inédits nous seront fournis par M. Aordenskiold lui-même sur ses prochaines expéditions, comme l'atteste une lettre qu'il vient d'adresser il notre eollaboraleur, M. W. de Fonvielle. Voici quelques extraits île celle lettre suivis Je la signature que nous avons fait aulograpbier :
" Votre, aimable lettre méritait une. réponse im-
<i médiate, mais à peine de retour, je suis très-occupé « par l'organisation de ma nouvelle expédition. Dès que « je serai arrivé à Stockholm, je proliler.ii de quelques « instants dejepos pour vous envoyer les renseignements « que vous me demandez.
a Je saisis celle occasion pour vous remercier de Chili térêt que vous avo< pris , ainsi que les hommes de « science et la presse de voire pais, à nos expéditions are- « tiques, intérêt, croyez-le bien, tnVapprécié en Suède, 1 où l'on a toujours eu de si vives svmpatliies jmnr votre « beau pays. »
Nos lecteurs seruut touchés, comme nous, de ces marques d'eslilue et d'affection, adressées :i la France par une des notabilités scieutiliques d'un des plus beaux et des plus sages pays de l'Europe.
ACADEMIE M S SCIENCES
Sùtnce dit M h'-pU'mbrc IStTIÏ. — Présidente de M. b utiiami.
JSowelle variété de. guano. — Poursuivant ses trèsintéressantes recherches sur le guano, JI. Chevrenl signale aujourd'hui une nouvelle variété de celle substance, qu'il désigne sous le nom provisoire de guano brun. C'est une matière en partie friable cl en partie compacte, qui a si mauvais aspect, qu'un agriculteur praticien, le vovant dans le laboratoire de l'auteur, n'hésita pas à dire qu'il avait été: mouillé et ne valait certainement rien comme engrais. Ce jugement, quoique porté par une ju-rsoinie Irèscompéteulu, est absolument erroné, car, et c'est là lofait le plus frappant de ces études, bien que la portion la plus active du guano consiste en sels solubles dans l'eau, l'on n'en débarrasse pas le guano. C'est Jà un nouvel exemple de celle affinité capillaire, découverte par M. Chcvreul dès les premières années de ce siècle, et qui se retrouve dans une foule de phénomènes. Le sel ammoniacal a contracté par alfiiulé capillaire, une combinaison si intime
avec la porlioii poreuse et insoluble du guano, qu'il faut des agents très-énergiques pour les détruire. L'eau mise eu contact de la matière se salure de sel soluble, et n'enlève rien de plus, ce qui est extrêmement intéressant au point de vue agricole, puisqu'il en "résulte que le guano déposé dans la terre peut dépenser petit à petit sa substance active, au lieu de l'abandonner tout d'un coup. En présence de l'importance des faits de ce genre, il y a lieu de s'étonner, avec M. Chevreul, que les chimistes aient jusqu'ici attaché si peu d'attention à V affinité capillaire, et l'on doit croire que son étude, réserve à la science Imite une série de découvertes. En passant, M. Chevreul signale l'état particulier dans lequel se trouvent les oiseaux qui se sont fossilisés au sein des couches de guano. A première vue, il semblerait que res oiseaux étaient rachitiques, pendant leur vie: leurs os, en présence de l'eau, s'écrasent, sous une baguette de verre, en grumeaux floconneux, et divers échantillons, plus ou moins transformés, ont permis de suivre les phases de cette modification particulière. Au microscope, ces os manifestent leur structure normale et se m mirent tout couverts de petits cristaux, qui rappellent ceux qui pràlment les libres des viandes salées. Ces cristaux sont encore formés du sel d'ammoniaque cité tant de l'ois dans ces recherches. Quant à la nature de ce se), M. Chevreul annonce qu'il eu a extrait l'acide sous la forme de magnifiques cristaux de plus de cinq centimètres de long ; toutefois, il ne veut pas s'avancer et remet à une autre communication de dire quelle est la composition de cette belle substance.
Apparition du phylloxéra aux environs de Cognac. — Dans la précédente séance, M, Lecnq de lioisbaudranil avait adressé à l'occasion des échantillons du racines et de feuilles de vigne qu'il avivait atteints par le phylloxéra. M. Mihie Edwards, à qui ces échantillons avaient été renvoyés, vient confirmer les craintes de M. de Boisbauriraud. La vigne porte réellement le plivboséra sous ses différents états et présente, ces excroissances caractéristiques de la présence de. cet insecte. M. Cornu, pensant que les remèdes ont plus de chance de réussir sur un point où l'infection est localisée, se propose départir immédiatement pour Cognac, oii il répétera les expériences déjà faites aux environs de Montpellier, — A cette occasion, un ingénieur parisien, M. Delval, fait remarquer que, depuis près d'un an, il a signalé le sulfure de carbone (employé tout récemment avec succès par M. Monestier), comme devant donner contrôle phylloxéra, des résultats favorables. — Le secrétaire présente une sorte de tarière perforée dans toute sa longueur, et destinée à porter directement le liquide antiparasilaire sur les racines de la vigne. - Un auteur, dont le nom nous échappe, pense que le remède au phylloxéra consisterait dans l'injection, autour des racines, du gaz de l'éclairage : le gaz portatif pourrait servir à cet usage, l'eut-ètre cependant est-il certaines localités vinicoles où les voitures circuleraient fort malaisément. C'est il peu près aussi pratique que celte idée d'un anonyme qui propose, pour préserver l'ans du choléra, d'établir sur Montmartre, sur les buttes Chaumorii et sur le Trocadéro, d'énormes machines à vapeur qui puiseraient l'air par des hauteurs pour l'injecter sous forme de vent, plus ou moins viT, dans les quai-tiers populeux de la ville. — Toujours est-il qu'on peut voir par cette éniiuiératiou que la question du phvlloxéra continue à passionner les chercheurs.
Nouvelle méilwdr, du représentation <lcs observations môtéoroloijiques. — Le directeur de l'observatoire d'Alger, SI. Bulard, expose des tableaux destinés à rendre facilement visibles le résultat des observations météorologiques Pour ce qui est, par exemple, de l'état du ciel, il repré-
sente, par les chiffres de à 10, la quantité de nuages que contient le ciel depuis l'état île pureté jusqu'à l'état opposé, puis il affecte des teintes spéciales aux diverses formes de nuages : le blanc représente les cirrus ; le. gris les cumulus, etc. Grâce à ces conventions, il trace des lableaux extrêmement expressifs de l'élat du ciel, pendant mie tournée, un mois, \im\ année. Eu terminant, l'auteur exprime le désir de voir le gouvernement venir en aide à l'observatoire pour la publication des douze années d'observation, dès ce moment prêtes à paraître ; il se félicite d'ailleurs de l'appui qu'il ;i toujours trouve auprès de M. le général Chanzy, gouverneur de l'Algérie. — C'est ici qu'il faut mentionner la nouvelle communication de M. de Magus surla détermination cliionouiétriquedcs longitudes en nier. Les résultats, conformes à ceux déjà publiés, montrent que la méthode est extrêmement précise. Ceci est tellement l'opinion des astronomes, que l'auteur vient d'être, chargé, par la commission du passage de Vénus, d'exécuter toutes les mesures de luugitudes. — M. Emile Duchcniin adresse une petite boussole dont l'aiguille est remplacée par un cercle d'acier aimanté, dont chaque moitié correspond à un pêde. 11 parait que les corrections sont beaucoup plus faciles avec cet instrument qu'avec les autres.
Phénomènes volcaniques dans l'Archipel. — L'Ile de Mvsirns, dans l'Archipel, a été, le 10 juin, le siège d'une éruption volcanique. D'après M, Gorccix, le commencement de l'année avait été signalé par diverses manifestations volcaniques dans ces parages, et spécialement par des secousses de tremblement do terre. L'île est entièrement constituée par des laves; Stiabon parle de sa formation volcanique et beaucoup de voyageurs l'ont visité. Elle contenait deux solfatares dont M. Gorceix avait étudié chimiquement les émanations. Malheureusement ce chimiste n'était p;is sur les lieux ou moment de l'éruption et il demande que l'Académie lui facilite une nouvelle expédition. Sm'iSL.vs Muctif.k.