LES NAVIRES CIRCULAIRES
»[■; l'amiral i>OPOFF.
L'idée des navires à flottaison circulaire n'est pas absolument nouvelle. Il y a quelques années, un projet de bâtiment de ce genre, soigneusement étudié, fut présenté par 31. John Itlder à l'amirauté anglaise, mais sans succès, Quoi qu'il en soit d'ailleurs do l'originalité de l'invention, c'est à l'amiral Popnlï, de la marine impériale russe, qu'appartient l'honneur de l'exécution du premier navire de celle forme étrange. Ce type de garde-côte, sur lequel les Russes fondent de grandes espérances, est jusqu'ici fort peu connu, et on ne lira pus sans intérêt, croyons-nous, les détails suivants sur ces deux navires (le Kiew et le Novogorod), dont la mise à l'eau s'est effectuée il y a quelques semaines à Nikoliûef.
Ces bâtiments, d'un diamètre de j0 1,1 ,'2j, sont construits en fer et bordé en bois et doublage en cuivre ; leur tirant d'eau est dû o"',70 environ, et le pont supérieur se trouve en abord à IL1 ,C5 au-dessus de l'eau. Le déplacement, à c-e tirant d'eau est de '2,5ô0 tonneaux. Les fonds sont complètement plats, au lieu de présenter une arête saillante comme sur
les premières batteries circulaires de M. Elder; leur muraille est verticale et forme à la partie arrière un portc-à-faux abritant le gouvernail. La stabilité dans lu mouvement de propulsion est assurée au moyeu de douze quilles de 0"',08 de hauteur environ.
Au milieu du navire est fixée, une tourelle de mètres de diamètre et de 2 lu ,iES de hauteur, renfermant deux canons de H tonnes eu acier (probablement canons de 8 ponces) se chargeant par la culasse et tirant en barbette. Au milieu de la tourelle se trouve un axe creux, servant au passage des munitions , autour duquel pivote le châssis de chacun des canons; ceux-ci peuvent par suite être pointés eu dehors île la direction même de l'axe du navire, sur un angle lulal de 30° à 53". Les batteries doivent , eu outre, recevoir des tubes portetorpilles.
La partie inférieure de la l'arène est constituée par une double coque, dont les tôles sont espacées de ()"\90; la tôle inférieure a \7> millimètres d'épaisseur, l'autre (i millimètres ; le fond est divisé eu un trèsgrand nombre de compartiments élauebes.
Parallèlement au pont supérieur et à une distance de l'",8u au-dessjus, se trouve le fauxpont : l'un et l'autre sont, réunis entre eux et avec la coque inférieure par un certain nombre de cloisons étanclies. .Sur
l'avant de la tour est une superstructure légère servant, d'une part, à la protéger contre la mer, de l'autre à fournir un logement pour le commandant et un carré pour les officiers, qui doivent être au nombre de onze. Le faux-pont comprend : à l'avant, le logement de l'équipage, qui comprendra quatrevingt-cinq à quatre-vingt-dix hommes; sur l'arrière, eu abord, les soutes à charbon et les chaudières (chacune d'elles porte sa cheminée) ; au milieu, les chambres des officiers et un puits pour le passage des munitions; à Tanière, 6 machines à vapeur de quatre-vingts chevaux, svstèmc Woolf, actionnant chacune une hélice indépendante. Machines et chaudières ont toute 1,100,000 francs. Au-dessous du poste de l'équipage sont les soutes de toute espèce;
Le nouveau lia
Coupe U-;ui-v*t£u.î;.
les soutes à poudre et à projectiles sont au-dessous dos chambres des officiers. Deux roues de gouvernail sont placées dans ce faux-pont.
La cuirasse est formée, pae deux virures de plaque de 0",0 1 de largeur; la virure supérieure a 22!) millimètres d'épaisseur, la virure inférieure 178 millimètres. Ces plaques reposent sur un matelas en teak de 178 millimètres pour la plaque supérieure et 229 millimètres pour la plaque inférieure.
La tourelle est constituée, de la même manière; mais les plaques ont toutes 229 millimètres. A ",00 environ à l'intérieur de la muraille règne une cloison étanehe formée par des tôles de 19 millimètres, divisant la batterie en deux parties , du telle manière qu'une voie d'eau dans un des compartiments extérieurs soit sans aucune influence sur le salut même du navire.
Le grand-duc Constantin, grand-amiral de Hussie, s'étant rendu il y a quelques semaines à .\ikolaïcf, on a profité de cette circonstance pour faire en sa présence uu premier essai du -SoiOijorod, bien que le navire ne fût pas entièrement prêt à prendre la mer. Avec une pression
. circulaire ru^se. — flan du pouL.
de vapeur de 2 k ,3 ( J0,
Coupn longitudinale.
vide de u ifi millimètres, et à l'allure de 62 tours, on a obtenu une vitesse do 6 nœuds (la vitesse prévue est de huit à neuf nœuds) ; le bâtiment s'est comporté à la mer d'une manière surprenante. Le ISovogorod obéit très-bien à son gouvernail, et à la même vitesse de 6 nœuds, il a tourné pour ainsi dire sur lui-même, dès que l'on a stoppé ou seulement ralenti les trois machines d'un bord. Avec les machines de tribord, marchant ou avant, et celles de, bâbord en arrière, le navire a fait un premier tour en 2 minutes et un second en 1 minute 19 secondes sans presque changer de place. Ko renversant la marche des machines, le bâtiment s'est arrêté en quelques secondes et a commencé à tourner dans l'autre sens, sans changer davantage de place. L. R.
Le Prvjiriêiaire-Gëraut ; G. Tissamaeiu
j'AHia. — nir. siMOfl HAçoy ït «j»'., nui; d'epfuhtïi, 1.