‹ La Nature 1873Chapitre 127 sur 171 · LES CRIQUETS DÉVASTATEURS · texte numérisé non relu

LES CRIQUETS DÉVASTATEURS

(Suite. — Voy. p. 230, 258.)

Les migrations dos criquets ne se produisent pas à des époques fixes et périodiques comme celles des

oiseaux. Elles paraissent l'effet d'une véritable volonté, et, suivant l' entomologiste Amyot, qui aimait beaucoup les recherches d'érudition, ce motif les aurait l'ait ranger par Salomon au nombre des quatre animaux auxquels il accorde la sagesse. Un ancien compilateur d'entomologie, Moufct, que nous citerons plusieurs fois 1 , en donne, sans y entendre aucunement malice, une autre raison : « Elles (les sauterelles) vivent entre elles avec concorde, sans qu'il soit besoin du secours d'un roi OU d'un empereur. Elles volent même (Salomon, Proverbes, 50) ensemble sans roi, et conservent mutuellement la bonne harmonie. Aussi l'Église a dit : « Tes gardiens seront, comme les sauterelles, et tes enfants comme les sauterelles des sauterelles, c'est-à-dire non-seulement grands par le nombre, majs en accord et en confirmation par le consentement des âmes. » Ce qui étonne le plus dans les apparitions des criquets migrateurs, c'est leur nombre incroyable, dépassant tout ce qu'on peut imaginer et justifiant le nom nrbeh (multiplication) donné par les Hébreux à la septième plaie d'Egypte (Exode, liv. X). Leurs nuées obscurcissent le ciel dans leur passage, au point, disent certains rapports, qu'on ne pourrait lire dans les maisons, line multitude de ces insectes, blessés ou tués par la pression, tombent de ces légions sinistres. Nous prendrons quelques exemples aux époques les plis récentes, garantie d'authenticité. Après sa défaite à l'ultawa, et en retraite dans la Bessarabie, l'armée de Charles XII se trouvait dans un défilé, lorsque les hommes et les chevaux furent contraints de s'arrêter, aveuglés par une grêle vivante sortie d'un nuage épais interceptant le. soleil. L'approche des criquets fut annoncée par un sifflement pareil à celui qui précède la tempête, et le bruit des ailes et, des corps eritre-choqués surpassait celui des flots se brisant sur les rivages. Quelques citations donneront une idée de l'étendue énorme de ces essaims de désolation. Le général Levaillanten a vu à Philippeville un nuage de 5 à 4 myriamètres de longueur former sur le sol, en s'abattant, une coudiedeS centimètres de hauteur. A la tin de 18t>4, au Sénégal, les plantations de cotonniers furent détruites, et on observa un nuage vivant, qui passa du matin au soir; la vitesse lui donnait quinze lieues de longueur, et ce n'était qu'une avant-garde, car au coucher du soleil la portion terminale paraissait sous forme d'un nuage encore plus épais. Le voyageur anglais lîarrow rapporte que, dans l'Afrique australe en 1797, ces insectes couvrirent le sol sur une étendue de deux milles carrés, et que, poussés vers la mer par un vont violent, ils formèrent près de la côte un banc de plus d'un mètre de hauteur, sur une longueur de cinquante milles ; puis, lorsque le vent vînt à changer, l'odeur de putréfaction se fit sentir à cent cinquante milles de distance. Les famines produites par la voracité des acridiens ne sont pas les seules causes de la mort des hommes et des animaux domestiques ;

1 înzectùrum sive minimorum anlmaHurn (Iteatrurtl. — Londres, 1(>M, p. 125 et suiv.

il s'y joint souvent une épidémie pestilentielle due aux émanations putrides. Les invasions de criquets sont de vraies calamités nationales. En 18Ô5, la Chine 'ut ravagée par les acridiens, dont les nuages cachaient le soleil et la lune. Partout où ils s'arrêtaient, les moissouslesplus belles et les plusabondantes étaient en un instant dévorées entièrement, et les champs mis à nu ; les récoltes à l'abri dans les granges furent aussi consommées en grande partie. Les habitants terrifiés fuyaient de toute part sur les montagnes. Dans les pavs inondés, où il n'y avait pas de récoltes, les acridiens pénétrèrent dans les maisons et détruisirent les vêtements. Les ravages, commencés en avril, continuèrent sans interruption jusqu'à la gelée et à la neige.

C'est avec l'aide des vents que des insectes médiocrement conformés pour le voïpeuvent entreprendre leurs immenses vovages. Ils sont souvent entraînés beaucoup plus loin qu'ils ne veulent et emportés dans la pleine nier. M. Kirhy rapporte qu'en 1811 un navire retenu par le calme à 20Q milles des îles Canaries, fut tout à coup, après qu'un léger vent de nord-est eut commencé à souffler, c'est-à-dire venant du nord de l'Afrique, enveloppé par un nuage d'acridiens qui, s'abattant sur le navire, couvrirent de leur multitude le pont et les hunes. M. Fischer de Fribourg (Orthcptera Europœa, Leipsig, 1853) cite le fait suivant. Au mois de septembre, sous 18° latitude nord, dans la mer Atlantique, au milieu de la tempête, de grandes troupes d'acridiens ont été observées pendant deux jours, à 450 milles du continent; dans l'après-midi du second jour, le ciel fut obscurci par leurs bataillons et comme couvert An nuées, et toutes les parties du navire où se trouvaient les observateurs en furent recouvertes ; pendant deux jours une masse considérable de ces insectes morts nagea sur l'Océan.

La France n'est pas à beaucoup près aussi souvent le théâtre de ces invasions redoutables que les contréesplus orientales et plus mLTidionalesdel'Europe. Cependant elles font aussi partie de l'histoire de ses calamités. Voici à ce sujet quelques renseignements anciens puisés dans les récits confus de M ou m t., En 181 après J. -G., enlllyrie, Gaule et Italie, pendant la guerre et encore après son apaisement, comme un châtiment supplémentaire aux nations coupables, des sauterelles, en nombre indéfini et plus grandes que les autres, dévastèrent toute la végétation. La France fut, dit-il, misérablement dépeuplée dans les années de l'ère chrétienne 455, 874, 1537, 1355, 1374;. Portés par les vents dans la nier et rejetés par le flux sur les rivages, les cadavres des acridiens infectaient l'air, et achevaient par la peste les populations de ces sombres époques, déjà épuisées par la ïamjue. La Franco ne fut pas épargnée dans les grandes migrations de 1747, 1748, 1749, qui envahirent l'Europe, Quelques détails précis ont été conservés sur des invasions partielles de la Provence par l'entomologiste Solier. (Ann. Soc. entom. deFr., P 8 série, t. Il, 1835, p.[486). Eu 1613, Mar-

srille dépensa 20,000 francs, et Arles 25,000 fr. de primes payées pour la destruction des acridiens, à raison de 25 centimes par kilogramme d'insectes et DO par kilogramme d'oeufs; dans cetti année furent recueillis 122,000 kilogrammes d'orthoptères et 12,200 kilogrammes d'oeufs. Le lléau reparut plusieurs fois dans notre siècle. Eu 1805, une chasse dans la petite commune de Chàteau-Gombcrf. produisit 2,000 kilogrammes d'crnfs. Le cricjuot italique (voir précédemment) fut l'espèce qui produisit cette année le plus de ravages dans les cantons de Saint-Mas lin, Saint-Servaii, Château- fîombc.rt, le plan des Caques et les Olives, du territoire de Marseille. C'est la même espèce qui, un peu plus tard, en 1800 et dans les années suivantes , envahit en grandes troupes obscurcissant le soleil les provinces méridinnalesdu royaume de Xaples, surtout la terre d'Olratite et la terre de [tari. En 1820 et 1822, les criquets ravagèrent les territoires d'Arles et des Saintes-Mariés ; «n 1824, ils reparurent plus nombreux dans les mêmes localités; ladepensefnt.de 5,51-2 francs pour 05,861 kilogrammes aux Saintes-Mariés, aux prix indiqués, et 0,000 kilogrammes à Arles. On en remplit dans ces deux localités 1 ,083 sacs à blé. Lu 1 825, le mal est pire, car les mêmes communes dépensent 0,200 francs, ce qui suppose 82,000 kilogrammes d'insectes. Eu 18"2, soixante et une personnes recueillirent aux Saintes-Mariés 1,07',) kilogrammes d'œufs et 5,808 en 1855, y compris, il est vrai, le poids de, la terre des coques ovigères. Les diverses espèces européennes que nous avons éiumiérées se partagent les dégâts.

Pour remédier au mal, on commence la chasse des insectes eu mai, et elle a lieu surtout en mai et juin. La plupart dos femmes et des enfants des Saintes- Mariés, d'Arles, de Saint-Jérôme, etc., y sont occupés une partie de l'été. On se sert d'un drap de toile grossière dont quatre personnes tiennent chacune un bout. Les deux qui marchent en avant font raser le sol par le Lord du drap, et les deux qui suivent tiennent élevé le. bord postérieur, de manière à ce que le plan de la toile fasse avec l'horizon un angle d'environ 45". Les insectes, forcés de s'élever pour fuir, sont ainsi recueillis par la toile qui s'avance au-dessus d'eux, et un les jette dans des sacs quand on en a ramassé une certaine quantité. On peut se faire une idée de la quantité prodigieuse de ces insectes quand on saura qu'un paysan en a pris, en un seul jour, jusqu'à 50 kilogrammes, eu ne se servant pour cela que d'un filet de toile analogue à celui des entomologistes. On peut évaluer à 1,600 coques à œufs le nombre qui est contenu dans le kilogramme, chaque tube contenant de 50 à 60 œufs; c'est donc environ 80,000 œufs par kilogramme. Un enfant e.nercé peut en récolter G à 7 kilogrammes par jour, et se les procure en piochant près des rocs et dans les parties où la terre a le moins d'épaisseur. On récolte les œufs en août, septembre et surtout octobre. Màumck (JIHA1U).

— La auiti: prochainement. —

CARBONISATION ÉPIGK.MQUE DU DIAMANT

On croyait avoir épuisé l'histoire chimique du diamant au commencement de 1870, lorsqu'un accident de fabrication arrivé à MM. Laurier, riches joailliers de Marseille, vint ouvrir une nouvelle série de recherches auxquelles personne n'avait songé jusqu'à ce jour.

La guerre franco-allemande, qui éclata bientôt après, lit perdre de vue à nos savants ces horizons nouveaux et les faits remarquables que nous allons décrire passèrent presque inaperçus on France. Mais les Allemands ne les ont pas laissé perdre, ils s'en sont emparés; comme par droit de conquête, G. Ilose, de L'erlin, en fait l'objet d'un long mémoire qu'il publie triomphalement dans le numéro de mars des Annales de Poggendorf, pour 1875. Bon Allemand, ce pirate scientifique ne fait que citer M. Marrons du bout des lèvres, quoiqu'il n'ait rien ajouté d'essentiel à la communication originale qu'on peut lire dans les Comptes rendus de notre Académie des sciences.

Le seul service rendu par l'auteur allemand, e'esl qu'il a accompagné son travail de quelques figures. Nous avons fait copier la plus intéressante d'entre elles.

MM. Laurier avaient à éniailler le support en or de deux diamants d'un grand prix servant de boutons de chemise. Ils crurent que le diamant soustrait à l'influence de l'air et chauffé dans un moufle ne serait, point attaqué à la température relativement assez basse, suffisante pour exécuter l'opération de remaillage. Quelle ne fut pas leur surprise eu s'apercevant que la surface du diamant s'était couverte de taches noirâtres, semblant provenir de ce que le charbon dans lequel il avait été enfermé s'était soudé à la surface ! Passé à la meule, le diamant reprit sou éclat primitif. L'altération n'avait été que superficielle.

M. Marrens, consulté, choisit des diamants de belle eau et de taille régulière, qu'il lit chauffer et, qu'il soumit à l'action de l'air pendant un temps trèscourt. Puis il examina le diamant qui avait subi celte opération avec un microscope grossissant 500 fois.

Le phvsieien de Marseille aperçut sur les faces polies de la pierre de nombreuses petites facettes pioduites par l'apparition de triangles cquilatériaux. Ces triangles appartiennent à des octaèdres juxtaposés et orientés avec précision, de manière à envoyer à l'œil le reflet de toutes les faces triangulaires homologues. Lorsque l'action est exercée sur des diamants à facettes courbes, propres à couper le verre, les facettes se réunissent de manière à former do longs filaments affectant !a forme de véritables arabesques. En examinant ces filaments avec un pouvoir grossissant considérable, ou voit qu'ils sont formés de facettes triangulaires semblables à celles qui se montrent isolées dans les antres parties de la surface. La seule différence est que ces prismes sont fortement serrés

Aapeel d'un diauaiil diuul'lu, vu an microaLC-iJC *ous lii ^I■û^.^i^^cmtllL de Tjt](} JiurmHn^.

diamant est Lveréseiilé en vrfîie e/aiuleur dîin.-, le eftcLle noir lu hyul delà gravure.)

les uns cotil.ru lus autres. Munie aveu le grossissement ordinaire, il est déjà facile de voir que ces longs prismes sont terminés par des facettes triangulaires équilatéralcs. Ou peut comparer cette étonnante propriété à celle qui distingue certaines substances re- viàcU: : cevant des cicatrices cristallisées .,;;- ' ..,': I. I; quand ou les dis- • '^t ■■'.- V ..; ,',/p: '■■':>'' sont lunteznent *idans l'acide ehlorliydriquc. Nous ne nous chargeons point d'expliquer comment il se l'ait que la combustibilité du diamant offre une régularité si merveilleuse. Mais il nous parait que cette sorte de décomposition anatomitjue est de nature à mettre sur la trace de la constitution intime

de la gemme, dont la production naturelle est encore un des plus profonds mystères de la nature. Nous livrons lu fait brut tel qu'il a été donné par M. Mat'runs et tel que G. liosc, de Uerlin, l'a, par conséquent, laissé aux méditations des chercheurs.

CHRONIQUE

l'eche de marsouins dans le gulfc «lu Marseille. — Les entes de la Méditerranée voisines de Marseille ont été visitées, le mois dernier, pur une prodigieuse quantité de marsouins qui y ont fait leur apparition à la suite d'un violent mistral. Les pécheurs marseillais ont pu, en manœuvrant habilement leurs barques, rahaltrelus animaux marins sur le rivage, cn'i l'un un a fait un véritable massacre. De nombreux spectateurs se jetaient sur ces innocentes proies, qui faisaient retentir l'air de gémissements et de cris effroyables. Les marsouins sont les ennemis des pécheurs, parce qu'ils détruisent les poissons qui fréquentent les cotes, qu'ils les dévorent aves avidité, en faisant ainsi une funeste concurrence à cet autre mangeur qu'on appelle l'homme.

Revue aérostatique. — Ln événement dramatique a mis récemment en émoi la ville de San Francisco, lin uéronnute, M. Gruel-Buisky, en s'élevant de Woodvvards- Gardcn, alla se buter contre un poteau; son ballon se déchira, niais il n'en continua pas moins à s'élever. Il passa bientôt au-dessus du Loiig-llridge, ut se mit tout à cuup à descendre avec une rapidité vertigineuse. L'aéronnule, à <10 pieds de hauteur, se jeta dans l'eau, et comme, il est excellent nageur, il en fut quitte pour un plongeon; il revint sur le. rivage du fleuve, aux applaudissements de la ouïe, vivement émue par cet incident palpitant.

If'

— Nus lecteurs ont sans doute appris la mort de M, Godard père, âgé de 7 I ans : il était le doven des arrimantes français, et il mérite certainement une page dans l'histoire de l'aérostation. 31. Gmhu'd a conservé en France la tradition

des ballons par ses nombreux voyages aériens, à une époque où les savants ne. s'o e c u p a i e n t guère de l'art sublime créé par les Mnolgolfîer. 11 a élevé ses fils dans l'amour de l'aéroslatiou, et MM. Eugène, Jules et Louis Godard, ont suivi l'exemple paternel en popularisant tous les jours, par leurs innombrables ascensions, le goût des voyages atmosphériques.

— Le ballon captif de Vienne joue de m al heur. Après avoir été éventré par une bourrasque, il a été remplacé par un nouvel aérostat, qui n'a même pas pu être gonflé. Le gaz a littéralement iiltré à travers son étoffe, et l'aéronaule, pendant le gonflement, s'est trouvé dans la situation critique des Uauaides. Mais, contrairement aux cinquante fîtles de llauaiîs, c'est lui-même qui a fabriqué tout seul son tonneau sans fond.

Les animaux utiles. — Plusieurs instituteurs du département de Seine-et-Marne viennent de faire afficher dans leurs écoles une liste des animaux, des oiseaux et des insectes utiles il l'agriculture. Parmi les bestioles recommandées, figurent : la couleuvre et l'orvet, qui détruisent les limaces, les chenilles et lus sauterelles ; la taupe, qui se nourrit de vers blancs et de cuuitilières ; la fauvette ut le griiupcreau, qui tuent les guêpes et mangent les cloportes; les mésanges, qui dévorent par milliers des moucherons, des cousins et des insectes nuisibles; les chouettes , les étourneaux , les hirondelles , les martinets, etc., etc., qui font une guerre acharnée aux ennemis du laboureur. {Journal officiel.)

La traversée de l'Atlantique en lialloli. — Cette expédition, préparée avec tant de bruit, annoncée au son des trompettes de la réclame, a échoué de la façon la plus piteuse, Le gonflement du ballon de MM. Wise et Donaldson s'est exécuté par un temps magnifique et calme. Mais à peine l'aérostat fut-il plein qu'il se déchira sous la seule action de la pression du gaz. — Son étoffe n'avait aucune consistance et le reste du matériel était digne de l'enveloppe ridiculement mince pour un aérostat de proportion gigantesque. — Avant l'accident, M. Wise avait déclaré que le matériel était insuffisant et qu'il se retirait, ne voulant pas risquer sa vie dans un appareil grossier et mal construit ; SI. Donaldsou continua le gonflement jusqu'au moment où la déchirure s'ouvrit dans les flancs de l'aérostat, que l'un vit subitement s'affaisser connue une

loque do mauvais chiffons. N'avions-nous pas raison de nous tenir sur la réserve en parlant de ce ballon, qui, aussi gros qu'uni: montagne, n'a même pas accouché d'une souris?

Le» membres correspondants* de l'Association britannique. — fions donnerons prochainement des délai' s sur la session de l'Assiocation britannique; niais noua mettons dés à présent sous les yeux do nos lecteurs la liste des membres correspondants que le comité général de l'association scientifique anglaise vient de nommer, et parmi lesquels on remarquera le nom d'un de nos colla, borateurs. \oiei quelques unsdes savants choisis par Je comité : Mil. TiVurt/, Bergcnm (île Lausanne), le professeur Delvague (de Liège), E, Ooullebois, W r . de Fonvieille, Paul Cervais, Survev (de "Washington), von Riehtei (de Péfcrsbourg), etc.

la pèclie mi», liai-eiis",. — Elle donne cette année des résultais magnifiques sur nus rivages. A lioulogne-sur- Mer, quarante-quatre linteaux pécheurs ont débarqué an port plus de sept cents leasts de harengs, soit environ 7 millions île poisson-:. La pèche aux maquereaux n'est p,is moins miraculeuse. Douze ou quinze embarcations remplissent constamment leurs iilols, et cliaipio jour elles rn^iportcut à terre une innombrable quantité de poissons.

les récompenses à 1 Exposition de Vienne. —

Pour les 70,000 objets environ qui iigiirenl à Disposition universelle, il n'a pas été distribué moins de 20,002 récompenses, car tel est le chiffre, des diplômes d'honneur, des médailles de progrès et de mérite, des' diplômes de mérite, des médailles de bon goût, d'aï t et de coopération qui ont été décernées. Ces 20,002 récompenses se décomposent comme suit: 42 1 diplômes d'honneur, 5,024 médailles de progrès, 10,40') diplômes de mérite, S,&00 médailles île mérite, 8,52(1 médailles de bon goût, 078 médailles d'art, 1 ,008 médailles de coopération. Voici le nombre total dus récompenses reçues par chaque pays représenté à l'Exposition : Belgique 012, Biésil ï\Y'l, (iliine 128, Danemark 300, Allemagne, 5,060, Egypte 75, Angleterre et Colonies 1,100, France 5,142, Grèce 18"), Italie 1,008, Japon 217, Madagascar, etc. 10, Maroc, 'J'unis, Tripoli 20, Mexique. 1, Monaco 0, Pays-Bas 284, Étals- Unis d'Amérique du lA'ord 411, Autriche (sans la Hongrie) 5,001, Perse 20. Portugal i-il, Roumanie 258, Russie 1,018. îles Sandwich 8, Suède et Norwégo 4">i, Puisse 722, Siain 1, Espagne 1,157, républiques de l'Amérique centrale et méridionale 44, Turquie -470, 'i'ni'kestau 1, Hongrie 1 ,004. {Correspondance Havas.)

LE ROYAUME D' AT Cil IN

Le royaume d'Atchui, ou plutôt d'Aehecn, sur lequel une expédition malheureuse des Hollandais vieni d'attirer l'attention de l'Europe, est situé au nord-ouest de l'ile de Sumatra. Sa ville capitale occupe, à deux ou trois milles de la mer, le fond d'une vallée que foraient deux rangs de collines eu amphithéâtre. La rivière qui la traverse n'est pas large, mats elle se divise en un grand nombre de canaux et se jette à la mer au milieu d'un delta marécageux. « Imaginez-vous, dit un missionnaire français qui explorait le pays à la fin du siècle dernier, imaginezvous une forêt do cocotiers, do bambous, d'ananas,

de bananiers, au milieu de laquelle passe une assez belle rivière couverte de bateaux, mettez dans cette forêt un nombre incroyable de maisons faites de cannes, do roseaux, d ecorces, et disposez-les de telle manière qu'elles forment tantôt des rues et tantôt des quartiers séparés (Kamponyx) ; coupez ces divers quartiers do prairies et de massifs d'arbres fruitiers, el vous vous ferez une idée d'Acbeeu. » Les choses ont peu changé depuis celte époque, l'aspect du pays el de la villa est toujours le même, quelques constructions nouvelles se sont, élevées, mais elles sont toujours de même sorte, et les seuls monumeuls eu pierre que la ville possède sont le palais du sultan, ainsi qu'une citadelle, fondée eu 15'2! par le sultan Allah Oeddin, qui défend le cours de la rivière avec le concours de quelques bastions, fortins ou kratons armés à l'européenne.

l.e royaume d'Acheen,qni, selon Barros, était une dépendance de l'Etat de Pedir, au moment où les Portugais débarquèrent à Sumatra, el qui devrait, au contraire, si l'on s'en rapporte au témoignage de certaines chroniques malaises, remonter connue Etat indépendant jusqu'au treizième siècle, a subi des fortunes diverses et s'est agrandi aux dépens de ses voisins les radjahs de Du va, de Laudiri, de Pedir, de Samoudra, de Perlak-Posei et d'Aiou. Mais il semble que la souveraineté du sultan sur ces pays soit plutôt nominale, qu'effective et certains d'entre eux pourraient bien profiter des circonstances actuelles pour secouer le joug et se déclarer indépendants. La pulatiou, estimée à plus don million d'habitants, parle le haut malais sur la côte et l'alchiiiais dans l'intérieur du pavs. Séparés au sud par une chaîne de montagnes des tribus Buttas, qui sont considérées comme aborigènes, les Atchinois n'eu diffèrent pas d'une manière sensible; ds sont cependant plus grands, plus Vigoureux, plus foncés de peau, plus actifs et plus industrieux que leurs voisins. Ils possèdent plus d'intelligence el de sens commercial, et les industries qui sont en honneur dans les autres parties de l'île ont atteint chez eux la perfection. Ils luisaient autrefois avec les naturels d'une partie delà côte de l'Indoustan, appelée Taliuga, un grand commerce d'étoffes t'qiaisscs de coton el de soie, et recevaient en échange de l'opium et du fer. LerIz,lepoivre et le bétel senties principales productions du pays qui s'exportent en quantités considérables, ainsi que le bois de sapan, la gutta-perelia, les rotins, le benjoin, le camphre, le soufre, tiré d'un volcan du voisinage, l'ivoire qui provient d'une espèce d'éléphants semblable à celle dedleylan et la poudre d'or. Certains de ces articles ont vu tour à tour leur production ou la consommation diminuer ; tels sont le camphre et la poudre d'or qui est ramassée dans les montagnes voisines d'Acbeeu, mais dont la plus grande partie provient des ports méridionaux de Malaboo et de Soosoo. Si l'on ne connaît de nos jours que d'une façon approximative l'importance des transactions auxquelles donne lieu cette dernière production, ou comprend qu'il est iuipusiblc île la déterminer

dans les siècles passés. On sait cependant qu'au dixseptième siècle, une quantité d'étrangers, Portugais, Hollandais, Danois, Anglaisou Chinois, se réunissaient chaque année à une foire tenue aux portes d'Aeheeu; c'était, pendant deux mois, le marché d'or le plus comidcrable de l'Orient. Depuis cette époque, les renseignements recueillis par les voyageurs sont assez incomplets et souvent contradictoires ; ainsi Crawibnl, en 1820, estimait l'exportation de l'or à 10,450 onces, tandis que six ans plus tard Audersotl l'évaluait an 2, 000 onces.

Marsden, qui a publié à Londres à latin du siècle dernier une Histoire de Sumatra, nous donne une assez triste idée des mœurs et des habitudes des Atebinois. Suivant l'importance du délit, dit-il, le Mil est chez eux puni de la porte d'un doigt ou du poing; si le vola été commis sur un grand chemin, le coupable est noyé et sou corps est exposé pendant quelques jours ; s'il a été pratiqué aux dépens d'un prêtre (lesALchinois sont musulmans et fanatiques), le sacrilège est brûlé vif. Tout homme convaincu d'adultère est livré à la vindicte des amis du mari outragé, qui se rendent dans une grande plaine, forment un cercle et placent le coupable au milieu. Une sorte de sabre, appelé gadoo-bong, lui est remis et s'il peut rompre le cercle de ceux qui l'entourent et s'enfuir, il échappe à toute poursuite ultérieure; hâtons-nous d'ajouter que le plus souvent c'est le contraire qui arrive et que le malheureux est mis en pièces sans pouvoir se défendre. On aurait tort du conclure de cette excessive sévérité des lois répressives, de la barbarie de cette législation draconienne, ajoute le voyageur, que les Atchinois soient un peuple moral et vertueux 11 n'eu est pas, au contraire, de plus vicieux, de plus rapacc et de plus sanguinaire. Les Hollandais ont eu souvent maille à partir avec eux, et la dernière expédition n'avait été entreprise que pour mettre fin aux attaques incessantes d'une multitude de pirates et d'écumeurs de mer, qui 1 * trouvaient, dans le royaume d'Acbeen, un refuge assuré.

L'expédition hollandaise du 2'2 mars dernier n'eut pas de grand résultat, mais une nouvelle campagne vient d'être organisée, et il y a lieu d'espérer qu'un des repaires importants des pirates malais sera détruit.

ACADÉMIE" DES SCIENCES

Séance du 29 septembre 1873. — Présidence 'de M. Ui:r.ii:iM>.

Le pouls redoublé. — Le pouls redoublé, que présentent cei tains malades, n'est que l'exagération de l'état physiologique récemment découvert, comme nous l'axons dit, par il. Bnuilïaud, et en vertu duquel le pouls doit être comparé à un instrument d'hydraulique à quatre temps. Laissant de côté, au moins pour le moment, l'explication de cette faculté nouvelle îles artères de posséder un vrai mouvement de systole, l'auteur étudie aujourd'hui les principaux traits des phénomènes qu'il signale. Il montre surtout comment ce phénomène jette du jour sur la varia-

tion que présente la circulation chez les divers sujets où on peut l'étudier. Ces variations, connues depuis longtemps se rapportent à la vitesse, à la force et au rhythme. — Ou sait qae la vitesse des pulsations est extrêmement différente chez les diverses personnes; mais il y a lieu de remarquer combien ces différences doivent être prises eu considération dans le diagnostic des maladies. Pur exemple, ou peut trouver des malades atteints de fièvre Uphiude et n'offrant cependant que 72 pulsations, c'esl-idire la vitesse uormide moyenne. Or on reconnaît qu'à l'état physiologique, ces sujets ne représentent que 40 pulsations, parfois beaucoup moins, comme ce meunier, cité par.il. floiiillaud, et dont le pouls ne battait que 3'2 fois par minute. — Ces mêmes variations se retrouvent par la force des pulsations, et la cause eu est la même que précédeujineiit, c'est-à-dire qu'elle tient à 1 hypertrophie des artères. — Enfin, le rhylliiuo offre des modifications qu'on ne peut expliquer sans supposer certaines lésions du système nerveux, il. Bouillaud va même plus loin et admet l'existence d'un centre nerveux spécial affecté à la coordination des mouvements circulatoires.

Aelhu de la chaleur sur le virus charbonneux. — Puur arriver, d'une manière rationnelle, à un traitement propre ii la guérisuii de la pustule maligne, M. Davaine étudie d'abord l'influence île divers agents sur le virus charbonneux. Il commence par la chaleur et, comme réactif, il emploie un lapin dans les veines duquel il injecte du sang infecté et préalablement additionné d'eau. Après avoir constaté l'action toxique d'une pareille injection, l'auteur soumet le. liquide virulent à une température progressivement croissante. A 52 degrés, les propriétés actives du la substance sont absolument anéanties et l'injection peut se faire, sans danger. Ce résultat est d'autant plus intéressant qu'il ne se répète | as à l'égard de certains autres virus analogues. Ainsi le virus septicémiquo peut être soumis à une érudition prolongée sans perdre quoi que ce soit de sou activité. Quoiqu'il en soit, et pour en revenir au charbon, on voit que la cautérisation peut être remplacée par réchauffement à un degré tout à fait supportable. Ainsi II. Davaine, ayant inoculé le virus dans l'oreille d'un lapin, a pu le détruire en soumettant cette oreille, dans 1 eau, ù. une température de è2 degrés ; mais pour que le succès se produise, Il faut que la circulation soit arrêtée dans la partie cm traitement, car elle s'opposerait à un échauffement suffisant, et dans ce cas on s'expose à voir périr la région privée du liquide nourricier. Peut-être lus observations de M. Davaine conduiront-elles à certaines prescriptions (huis les cas de rage.

Le ijoîlre et le sulfate de chaux. — lin régiment arrivant à Saint-Etienne,' 2oÛ hommes sont subitement pris de goitre. Le docteur Bergeret, témoin du fait, l'étudié et arrive à des conséquences extrêmement dignes d'intérêt si elles sont légitimes. Il faut dire que ce praticien a antérieurement étudié le goitre dans sa patrie d'élection, c'està-dire en Valais ; et il a cru reconnaître que cette, cruelle maladie est due à la présence du sulfate de. chaux dans les eaux. A Lyon, les eaux sont très-séléniteuses. A Saxon, il y avait beaucoup de goitre tant qu'on puisait l'eau audessous d'une certaine couche de gypse; depuis qu'on la prend au-dessus la mala lie a disparu. — Ceci étant constaté, revenons à Saiiit-Elienue : ici pas de plâtre dans l'euu, celle-ci est si pure qu'on peut la comparer à de l'eau distillée. Mais M. Bergeret n'en trouve pas moins la confirmation de sou svstème ; suivant lui, en effet, l'urine des soldats malades renferme une quantité inusitée de sulfate, solublc et la proportion d'acidu sulfurique suit trèsexactement la marche de la matière, croissant et diminuant

avec elle. Que conclura de là? D'après l'auteur, que, sous l'influence de k fatigue, les militaires ont fabriqué du sulfate de chaux aint dépens du soufre contenu dans les tissus de leur corps et que, cela fait, ils subissent l'action malfaisante de ce plâtre qu'ils ont fabriqué à si grand' peine , comme ils subiraient celle de gypse apporté par de l'eau. - Corinne ou voit, cela est très-joli. Mais M. Larrey déclare avoir maintes lois assisté à ces épidémies de goitre dans l'année, et cela, non pas sous l'iritluence de certaines eaux, mais tout simplement sous l'action mécanique d'un col d'uniforme très-dur qui détermine l'inflammation du corps ttlvroïde. Le général Marin raconte, à sou tour, un cas dont il a été à la fuis j acteur et spectateur et qui confirme pleinement cette conclusion; de façon que l'épidémie stérihanaise, malgré les savantes théories de M. liergerel lui-niènie, ne parait pas concerner le goitre, proprement dit, mais une affection beaucoup moins grave, que l'on guérit en dcs.seirant sa cravate et que l'un peut désigner sous le nom de llivroïdite. St.i.vislas Meumeh.

L'KXPLOITATION DE LA TOl'IUlU

EN ECOSSE, l'Ol'lt liEMl't.ACLU LE tllAliBOS.

Les grèves qui ont dernièrement jeté la perturbation dans les mines de charbon de toute l'Angleterre viennent d'avoir pour résultat direct une recherche plus active de la tourbe, combustible abondant sur le sol écossais, Le prix. du charbon est doublé depuis un au et l'industrie souffre de la rareté de ce pain quotidien. La tourbe des marais : peut, a été dédaignée jusqu'ici, à cause de sa consistance insuffisante et de. sou caractère pulvérulent. Celle que l'on extrait en France, dans la vallée de la Somme, est filamenteuse ; elle s'extrait facilement eu mottes qui, séchées à l'air libre, sont transformées en briquettes compactes, consommées en partie clans le pays pour différents usages, en partie il Pans pour le chauffage du bitume des trottoirs.

La nature de la tourbe d'Kcosse ne permet pas un mode d'exploitation aussi simple ; il faut avoir recours à des procédés mécaniques pour transformer cette terre spongieuse on une briquette solide et résistante, d'abord afin de faciliter la manutention préalable et le séchage, et ensuite, dans le but de laisser une libre circulation d'air dans la masse incandescente du foyer. Depuis à peine un an que l'industrie écossaise s'occupe de résoudre ce problème, plusieurs machines ont été inventées. Elles préparent la tourbe, comme les déchets de charbon de terre, qui étaient restés inutilisables avant qu'on les transformât en briquettes. Le système Eicborn, déjà appliqué avec succès en Allemagne et en Suède, où il y a aussi beaucoup de tourbières inexploitées, est celui qui semble être le point de départ de la réforme future de cette industrie. Avec ces machines on obtient des briquettes de différentes formes du poids de i 00 à 500 grammes.

On commence par malaxer la tourbe humide comme une pâte molle, jusqu'à ce que ses divers

éléments soient bien amalgamés ensemble. L'appa" reil consiste en une hélice tournant dans un cylindre avec une vitesse qui est eu rapport avec la résistance de la matière et la densité que l'on veut donner au combustible; ainsi réduit à l'état de pulpe, il passe, par l'extrémité inférieure du cylindre, dans une ouverture de a ',12 de diamètre. Le cordon que 1 ou obtient ainsi est ensuite recoupé comme la terre dans les machines à fabriquer les briques. On obtient ainsi des cylindres, que l'on fait passer dans un tambour agitateur dont l'axe subit, une déviation constante ; ceci a pour but de leur donner une forme sphérique bien préférable dans la combustion, parue que l'air passe à travers tous les interstices laissés libres entre les petites boules. La tourbe est ensuite placée sur des planchers mobiles dessiccateurs formés de lattes juxtaposées ; ou les dispose sur des voitures spéciales destinées au transport jusqu'à l'endroit où ils doivent être exposés à l'air. En été, il faut seulement trois ou quatre jours de dessiccation. La tourbe préparée par ce procédé ressemble en apparence au charbon de terre et brille avec une Humilie brillante; le degré de chaleur que Fou obtient, est à peu près le même ; la seule différence consiste dans un peu pins de lenteur pour l'alluma ge .

On admet que l'appareil d'Eicborn est celui qui réunit les conditions les plus avantageuses pour la labricatiou des briquettes. Leur forme globulaire est un grand progrès par rapport à la combustion. Comme la machine se prête à toute compression et à tout modèle des briquettes, il est facile de l'approprier à telle nature de tourbe, que l'on exploitera; par conséquent, ou n'est pas réduit, comme, dans le travail à l'emporte-pièee, à choisir uniquement les couches les plus avantageuses ; en les amalgamant, un aura nu combustible de bonne qualité. 11 est également facile de régler le degré de compression, suivant la nature de la matière travaillée.

On s'occupe activement en Ecosse de passer de la théorie à la pratique ; une compagnie vient de se former à cette intention. Les matériaux ne lui manqueront pas, car tous les fonds des vallées en contiennent des amas abondants. H y a eu récemment à Inverness mi meeting où la question a été discutée; une machine a été mise en construction pour faire des essais dans les environs de Nairn. Deux foyers d'expérimentation avaient été allumés; l'un à la tourbe, l'autre au charbon, avec quantité égale de combustible. La chaleur développée par la tourbe fut aussi intense que celle du charbon de terre. Les gaz du charbon donnèrent une flamme brillante, tandis que, d'autre part, il n'y eût qu'une incandescence uniforme, mais le degré du calorique développé fut équivalent, sinon supérieur.

J. GlIlARD.

luvcniess, août 1873.

Le PropriitaÏTc-Gêranl : G. Tissanmer.

PAII14. — 1ÏP. S1H0K UAÏOS KT COUP., IIL'E D'tKFCfira, 1.

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