LES ŒUFS DE POULPE
La récente incubation des œufs do l'Octopus, que possède l'aquarium de Briahtorr et dont nous avons précédemment parlé (p. 95), est actuellement surveillée avec avidité par plusieurs naturalistes. M. Lee a publié dans I.and and Waler de curieux détails sur la maternité de cet être bizarre connu vulgairement sous le nom de pieuvre,
L'Octopus balance doucement sa grappe d'eeufs, comme eu un berceau, dans la membrane en forme de bateau ou d'auge, d'un de ses bras. 11 leur prodigue les plus grands soins, les quittant rarement même pour un instant, si ce n'est pour prendre la nourriture qui serait hors de sa portée s'il n'abandonnait pas sa position. L'antique naturaliste de Sfagyre n'avait donc pas de notrons exactes, lorsqu'il affirme que la femelle ne prend aucune nourriture pendant l'incubation, et qu'elle s'affaiblit, s'épuise maigrit. Dans le bassin où se trouve l'Octûpus que nous étudions, il s'en trouve sept autres de la même e-pèce ; on leur jette'chaque jour pour leur nourriture environ 2f> crabes vivants (carcinus menas). Bien que la femelle quitte rarement son nid, elle eu obtient cependant généralement sa part, et je l'ai vue saisir avec trois de ses bras, et attirer vers elle trois crabes à la fois. Leur test est bientôt écrasé et broyé par sou bec puissant; et, lorsqu'elle a dévoré le contenu, les débris du lest sont rejetés hors de son antre.
Si Aristote s'est trompé en supposant que l'Oclopus femelle ne prend pas de nourriture pendant la période de développement de ses œufs, je pense qu'il a eu raison d'admettre que. l'anxiété de la mère pour sa progéniture et ses soins incessants agissent défavorablement sur sa santé. Lue poule qui couve maigrit, et je m'imagine quelquefois que notre poulpe donne des signes de dépérissement. Sa respiration semble parfois pénible. Lorsque l'eau est inhalée (j'emploie ce mot à dessein, car l'animal respire 1'oxvgène qui v est contenu) à la partie ouverte du manteau-sac, le tube-siphon, à son orifice, est souvent tiré puissamment au dedans, et lorsque la paire de soufflets du corps se ferme, la même ouverture du tube est distendue à l'extrême par la sortie de l'eau exhalée. L'Octopus femelle tourne souvent l'orifice de son tube, comme le pompier fait de la lance de sou tuyau, de façon à diriger un jet de l'eau qui sort, sur ses œufs ; dans quel but, je suis incapable de le dire. Mon opinion est qu'une incubation réelle n'est pas nécessaire, et qu'elle n'a pas lieu. Je crois que la mère veille sur ses œufs pour les protéger et les empêcher d'être dévorés par les poissons ou par d'autres poulpes, peut-être même par leur propre père.
Jusqu'à ces derniers temps, aucun des naturalistes vivants ne connaissait les œufs de l'Octopus ni leur incubation; mais, depuis bien des années, J'ai recueilli de temps en temps des œufs de Sepia et du
LA NÀTURK.
Loligo à différents états de développement, et ja les ai fait éclore sans le secours de leur mère, simplement en les suspendant dans un bassin nu un baquet dont je changeais l'eau fréquemment. La même chose a été faite par feu mon ami .lolm Keast Lord, l'année dernière, à l'aquarium de IJrighlon, où cette éducu- -ion se fait maintenant, avec les œufs des deux espèces. Dans quelques-unes des grappes d'eeufs de la Sepia, apportées il y a quinze jours, les jeunes Seiches se sont considérablement approchées de. leur forme parfaite. D'abord, le petit animal a la tête et les yeux démesurément larges, mais graduellement il arrive à ressembler davantage à ses parents. Si l'on écarte le tégument noir, connue on enlèverait ia pelure d'un grain de raisin, on peut voir l'eiubrvoti se mouvant dans le fluide qui remplit l'œuf. Épluche/: sous l'eau ce petit pepiu de raisin vivant, et il se mettra à nager avec pleine connaissance et eu possession de toutes ses facultés, aussi libre et aussi dégage que s'il connaissait le inonde depuis longtemps. 11 voit les obstacles et les évite ; et si vous le retirez de l'eau et le prenez dans votre main, le précoce petit giul- . ard, qui n'est pas ne depuis une minute, vous tachera les doigts de sou encre. Vous pouvez dompter un vieux poulpe, il apprendra à vous reconnaître comme un ami, qui ne lui veut, pas de mal ; mais les jeunes sont aussi timides que nos bébés, et regardent tout le monde, leur mère exceptée, comme ennemi. [Société linnc'cnnc.)
CHRONIQUE
Le Yolcuit J¥Iaun» Lna. — Il est actuellement eu pleine éruption. Son cratère comme on le sait, domine l'Océan, au milieu d'une des îles Sandwich, et les navigateurs qui ont pusse récemment dans ces parafes, affirment que lu ciel est embrasé à plus de 100 kilomètres à la ronde par les feux que vomit le gouffre béant. Une illumination, grandiose, incomparable, éclaire. l'Ile tout entière : on entend des mugissements lointains, des grondements sourds, qui forment le concert de cette effroyable fête du domaine de Plu tou.
Une grue colossale — Le Scientijic American donne la description d'un appareil flottant du genre des grues, mais do proportions colossales, dont il est l'ait usage pour la construction des nouveaux quais de Kcwlork. Cette puissante machine, pour laquelle son constructeur, SI. Bishop, a été breveté, a déjà été employée lors de la construction de l'aqueduc du tligh bridge, La partie flottante de l'appareil est de forme rectangulaire; un des côtés a (15 pieds de long, l'autre eu a 70. Sa profondeur sous l'eau est de 15 pieds, dette espèce de caisse est construite principalement ou bois de pins de Géorgie. Pour éviter tout jeu du bois et tout changement de forme, le tout est cerclé de 10 ligatures en fer. Une tour est construite sur cette caisse et supporte la grue proprement dite. La charpente de cette tour se compose de 12 madriers de 03 pieds de longs qui mesurent 14 pouces carres à leur extrémité inférieure et 12 à leur extrémité supérieure. Ces madriers, solideuienl fixés par le bas dans un cercle de fer, se réunissent par le haut et sunl liés ensemble par un
autre cercle de fer sur lequel il sont boulonnés. Sur ces madriers sont clouées des planches qui font de l'appareil une véritable tour conique creuse dans l'intérieur de laquelle est placé le moteur qui fait mouvoir une vergue de fer de Gii pieds de long placée sur le sommet de la tour cl dont un des bras peut manoeuvrer des blocs de bétons de 100,000 kilogrammes !
L» société de microscopîc tic Victoria. — Un
meeting s'est dernièrement réuni dans la salle des séances de la Société royale à Melbourne, dans l'intention de fonder une société de microscopie. Depuis longtemps, les personnes adonnées à ce genre d'études désiraient se réunir afin île comparer le résultat de leurs travaux et de se. donner réciproquement des conseils. I.n motion du docteur Rnbeitsou, « qu'il est désirable dans l'opinion du meeting'fia former une société qui recevra le nom de société de microscopie dc\ictoria », a été adoptée sans discussion, dette société sera divisée en deux classes : la première composée d'observateurs expérimentés qui en seront membres, l;i seconde d'amateurs et d'étudiants qui seront associés. Dans la même séance, un comité provisoire a été constitué pour étudier les règlements et statuts de la société et les soumettre à la prochaine réunion, qui a dû avoir heu le 2!) août.
L'Association française pour l'avancement «le» science». — Le succès des deux premières sessions de l'Association française a engagé plusieurs villes à inviter l'Association à les choisir comme lieu de réunion pour les années suivantes : le Congrès de 1871 doit se réunir à l.ille, d'après le vote de l'assemblée générale; des propositions ont été bûtes pour 1875 par Toulouse, le Havre, la ltochelle, fiantes. Dans cette dernière ville, sur les instances de la Société académique de la Loire-Inférieure, le conseil municipal a volé une. somme de 10,000 Iraucs pour les frais de session si le Congrès se réunit à Nantes en 1875 ; dans cette somme il il été entendu que ne doivent pas être compris les frais de réception et les fêles s'il en est donné. D'autre part le conseil général a émis le vo:u que la session do l'Association eût lieu à liantes et a promis, dans ce cas, de voler une subvention. Les fonds mis à la disposition de l'Association sont loin d'atteindre les sommes votées par les villes anglaises pour les sessions de l'Association britannnique ; nous pensons cependant qu'il est intéressant de signaler ce fait qui prouve que l'on commence en France à so rendre compte de l'utilité générale qui s'attache au progrès delà science,
' Concours régionaux ngrlcolcs. — Les concours régionaux pour 1874 se tiendront clans les départements suivants: Aisne, Alpes-Maritimes, Indre, Landes, Loire- Inférieure, Lozère, Manche, Saône-et-Loirc, Deux-Sèvres, Tarn et Yonne; on s'occupe en ce moment de désigner les villes qui seront les sièges de ces solennités. Il faut pour cela le concours des municipalités. Dès aujourd'hui des décisions sont prises dans les six villes suivantes : Soissons pour l'Aisne, Cbàteaudnn pour l'Indre, Auxcrre pour l'Yonne, Albi pour le Tarn, Mende pour la Lozère, Nice pour les Alpes-Maritimes. Soissons est, dans ce nombre, la seule ville qui ne soit pas le chef-lieu du département.
tue baleine prise dans un cable télégraphique. — Le câble télégraphique du golfe Persiquc à dû être relevé au muis de juillet dernier, pour être soumis ides réparations urgentes. A mesure que cette opération toujours difficile s'exécutait, ou remarqua que le remon-
luge devenait de plus en plus dur ; la machine du treuil fonctionnait difficilement, quant on vit tout à coup apparaitiv à Heur d'eau une baleine qui se trouvait prise comme dans un nœud coulant. Les fils formant enveloppe étaient brisés, la gulla-pcrcha, déchirée. Il semble probable que cette haieine cherchant à s'emparer des parasites qui se ii n o Lit habituellement sur les câbles, s'est subitement trouvée enlacée dans le lil, pendant qu'on le remontait il la surface de la mer. En se débattant elle s'est enroulée à la naifsance de la queue. Comme le câble présentait des morsures fréquentes dans certains endroits voisins de celui où le célacé avait été pris, les ingénieurs ont supposé que des requins ou d'autres monstres marins ont été cause de la désagrégation qui avait intercepté le courant électrique,
Vitalité- des insectes aquatiques. — l.e docteur J.-H. Seliiucr rapporte, dans les Ycrhaiidlitngcn dur Kahei lith-KônhjIiclicu zuologi&ch-bokininclten Gcxellscltaft- in Wu'.n, un étonnant exemple de la vitalité des insectes aquatiques. Il avait laissé un aquarium complètement à sue, depuis h; mois d'août jusqu'au mois d'octobre 187 1- A son retour, il voulut leuiplirdc nouveau. Lorsque, au bout de quelques heures, l'eau fut devenue claire et transparente, il y vit, à sa grande surprise, s'agiter sis petits insectes : trois liait/plus, deux espèces de Pliilliydrus, et aaGolymbeks. Cependant, les fenêtres de l'appartement étaient restées fei'iuéts, et l'eau, puisée à la fontaine de la maison, était parfaitement claire, il faut donc admettre que les insectes avaient vécu dans une sorte d'engourdissement. Le dessèchement, même complet, d'un étang ne suffit doue pas a faire mourir ou émigrer tous les insectes parfaits qui y habitaient. {Société Linnéennc.)
1,'ne découverte archéologique. — Il n'est bruit à ISidau que d'une trouvaille merveilleuse. On aurait péché dans lu Tliielle une longue laisse de quatre pieds de long, marquée aux chiffres I d. I, toute bardée du fer et pleine de pièces d'or. Ou prétend, qu'en lôS.S, dit le Journal de Genève, les Bernois laissèrent chavirer sur la rivière, gimlléc par les eaux, une de leurs barques qui servaient au siège du château, et que, dans celte barque, se trouvait déposée la caisse en question. C'ét.iit à l'i poqueoù EugueiTaud IV, le dernier des sires de Coucy, avait reçu de l'Autriche le comté de iNidau comme apanage. Ce qui resta des biens du sire de Coucy fut cédé aux Orléans. On a également mis à découvert une butte lacustre dans laquelle on a trouvé toute une famille, dunt les squelettes sont assez bien conservés pour qu'on puisse encore voir lapeau et les cheveux. Le tout sera déposé incessamment au musée de Mdau,
ACADEMIE DES SCIENCES
Hiance du 15 octobre 1875. — Présidence de X. de 0uathi:imw;3.
Encore uu deuil ; M. Antoine Passy est mort cette semaine, L'Académie n'a pus pu se faire représenter il ses obsèques, qui ont eu lieu loin de Paris, mais une notice biographique sera rédigée par le doyen de la section à laquelle appartenait l'académicien décédé. — A cette occasion , signalons l'apparition d'un volume, déposé sur le bureau put' M, Dumas et qui sera lu avec le plus vif in-
térêt par tous les ainis des sciences. C'est la biographie complète de Rumfort. Américain de naissance, il fut longtemps ministre en Bavière, contribua puissamment à Londres à la fondation de l'Institution royal avec Davy et Faraday, enfin habita Paris pendant de nombreuses années et prit part aux travaux de l'Institut. Le volume présenté aujourd'hui constitue l'introduction aux œuvres complètes de Rumfort, dont l'éditeur est M. Ellis.
A.samnion scientifique. — Le secrétaire perpétuel résume avec le plus grand soin la relation que notre rédacteur en chef, H. Gaston Tissandier, adresse de son dernier voyage aérien. Les deux faits signalés spécialement par .M. Dumas comme particulièrement intéressants sont, d'une part, ks brusques variations observées par le voyageur, quant à l'état hvgrométrique de l'air des diverses couches traversées, el en second lieu l'apparition d'une magnifique auréole lumineuse autour de l'ombre portée par l'aérostat au manient où celui-ci passait au-dessus d'une prairie.
l.e climid des inoidatjnes. — Le sujet traité par M. le 11' Lombard sera une transition entre la communication précédente et les travaux absolument terrestres qui suivront : il s'agit du climat des montagnes considéré surtout au point de vue de l'hygiène et de la médecine . D'après l'auteur, les populations montagnardes sont presque complètement à l'abri de la phlhiaie pulmonaire ; seuleiuciil, comme il parait que les pneumonies sont 1rescoimiiimiîs chez elles, on peut regarder leur bénéfice comme fort douteux. Une remarque intéressante mais qui, semble-t-il, aurait du être faite, depuis longtemps, est rehitive aux malades auxquels on ordonne l'air des mont.igncs i elle consiste dans la nécessité, lors d'une pareille prescription, d'avoir égard il l'altitude que le malade habite normalement. Ainsi le séjour à 600 mètres fera le même effet sur un malade habitué à l'altitude de 300 mètres que celle-ci à un riverain de l'Océan,
Vu réactif de la galène. — Lu phénomène jusqu'ici mystérieux, mais qui n'en est pas moins propre à rendre dos services aux minéralogistes et aux chimistes, est signalé par JI. Jannettaï, aide— naturaliste au Muséum. 11 s'agit du dégagement très-nul de l'hydrogène sulfuré lorsque l'on broie le. sulfure de plomb ou galène avec le b sulfate de potasse sec. Les autres sulfures naturels essayés n'ont pas reproduit ce dégagement inattendu qui parait propre à faire reconnaître la galène jusque dans ses mélanges. Le fait est d'autant plus remarquable que le sulfure de plomb est l'un des composés les plus stables que l'on connaisse.
Le phylloxéra. — Le phylloxéra continue d'exercer ls sagacité et la patience des observateurs. Laissons de côté l'idée fort peu pratique de M. Pollet (1), qui consiste à combattre l'insecte par de la rnie de pain déposée au pied des ceps infectés. Nous avons aujourd'hui il analyser un nouveau travaii de M. Maxime Cornu. Cet infatigable observateur a voulu savoir comment, en définitive, lo phylloxéra des racines passe aux feuilles, et il y est parvenu. On pensait que le phylloxéra des racines, prenant des ailes à la suite de ses métamorphoses, allait se fixer sur des feuilles , où il délerminait le développement des galles. Wai s il parait que les choses se passent autrement. Lorsque les racines dont l'insecte fait sa nourriture de prédilection viennent à s'épuiser, le phylloxéra les quitte cl parvient à la surface du sol. Quoique pourvu seulement d'yeux ruilitnenlaires, il est très-sensible à l'action de la lumière, et
dans plusieurs expériences, il a paru même le rechercher avec empressement. L T ne fois sur le sol, il grimpe le Ion"; d'une tige, atteint les feuilles les plus jeunes et par conséquent les plus tendres, et la s'établit en déterminant les désordres déjà décrits. 11 faut qu'il soit en disposition convenable pour faire cette ascension, car le plus souvent, quand on le transporte sur la feuille, il se laisse tomber à terre pour regagner les racines.
Le phylloxéra du chêne. — Comme on sait, la vigne n'est pas le seul végétal soumis aux attaques du phylloxéra; trois autres végétaux sont dans lu même cas et chacun a son insecte particulier. I.e phylloxéra du chêne se présente dans des conditions spécialement favorables à l'étude, et M. Balbiani les a mises à profil. Mans son travail d'aujourd'hui, qui n'est qu'un commencement, l'auteur s'occupe surtout de l'anatomic et de la physiologie de l'insecte, et il montre comment le [curieux mode de reproduction dit parthénogenèse, qui s'étend à l'aide d'un seul mâle: h plusieurs générations successives de fcmellesjoue un rôle considérable dans la multiplication des parasites. Comme le remarque M. Dumas, ces faits sont d'autant plus intéressants qu'ils peuvent éclairer divers points de l'histoire du phylloxéra de la vigne.
Faune ornilhologiipie de l'île Rodritjues . — La séance est terminée par la lecture d'un très-intéressant mémoire de JI. Alphonse Miinc Edward, sur les oiseaux dont on trouve les ossements dans les dépôts les plus superficiels de l'He Rodrigue. Ces oiseaux, disparus complètement de la nature vivante actuelle, peuplaient l'île il v a moins de 200 ans, en 1091 , époque où le vovagcui' Léguât la visita. 11 y a dans les faits consignés au mémoire do nombreuses données du plus haut intérêt, nu point de vue général du renouvellement des faunes à. l'égard duquel il faut déplus eu plus renoncer à l'ancienne supposition de calarlysines faisant à chaque instant table rase de tout ce qui existait, pour le remplacer par quelque chose de nouveau.
Svance du 20 octobre tSi^J.
lie production du phylloxéra. — Lnoore aujourd'hui, le phylloxéra a les honneurs de la séance. Poursuivant ses études sur le phylloxéra du chêne, II. Balbiani donne des détails relatifs au mode de reproduction do ce parasite. Comme ou l'a vu plus haut, les femelles ailées, sont fécondes sans réclamer le concours d'aucun mâle. Les œufs qu'elles pondent sont de deux espèces différentes et rcconnaissablcs à leur aspect extérieur; des uns sortent des mâles et des autres des femelles. Presque au sortir de l'œuf ces nouveaux venus se recherchent et s'accouplent à la manière de. la plupart des animaux et tout à l'inverse de leurs parents immédiats.
Ces phylloxéras construits en vue exclusive de l'acte générateur sont sous tous les rapports extrêmement mal développés. On en jugera par ce seul détail : leur système digestif est complètement rudimeiilaiio ; ils n'ont ni trompe ni bouche et ils se nourrissent pendant les quelques jours de leur existence, aux dépens de la nialiérc vitelline qui remplit leur intestin. Tandis que les femelles fertiles par parthénogenèse sont extrêmement prolifiques, celles qui ont subi l'accouplement ne pondent qu'un ceuf, et celui-ci, au lieu d'éclore très-rapidement comme c'était le cas tout à l'heure, est le siège d'un travail trèslent d'évolution. Tout porte à penser qu'il est destiné à
passer tout l'hiver à mûrir pour donner au printemps une génération capable de se multiplier très- vile.
Le phylloxéra e/i Amérique. A son reloue d'une mission remplie aux États-Unis dans le but d'étudier lu phvlloséra dans sa patrie d'origine, M. Plaiichon expose il l'Académie qu'il existe dp. l'autre côté de l'Atlantique des collages absolument épargnés par le fléau. Ce sont spéciale-mont ceux où l'on cultive une espèce de vigne dont les racines sont acres au lieu d'être douceâtres, et il se pourrait que nos vignes greffées sur ce bois échappassent à l'attaque de l'insecte. Malheureusement des considérations de pïivsiologie végétale tirées de la diversité des bois qu'on observe entre nos vignes et colles d'Amérique, font craindre que la greffe ne roussisse pas.
Le remède au phylloxéra sera peut-être dans un petit animal que H. Planchiui rapporte (huis un tube et que les Vunkees désignent sous le nom de Catwjbalc de phylloxéra. C'est un iicarien qui vit sur les racines de la vigne mais qui loin de leur nuire les protège en faisant une chasse sans trêve ni merci au parasite. La manière dont celui-ci s'est acclimaté chez nous fait espérer que son ennemi se fera de même à notre pavs. M. l'bmcbon en va faire colore cet hiver afin de pouvoir tenter au printemps des expériences dans ce sens.
Planètes et étoiles doubles. — Les planètes parcourent, autour du soleil, une courbe fermée; ce faitsuflit ii.M. Bertrand pour découvrir à nouveau les lois de la gravitation. Si l'on veut, le savant géomètre montre que toutes ces lois découlent, comme conséquences forcées, de la première proposition. La chose est évidemment curieuse mais sans intérêt pratique, puisque le mouvement planétaire est aujourd'hui connu. 11 n'en est plus de même si l'on applique la démonstration, connue le fait l'auteur, an cas îles étoiles doubles. Ici encore il y a parcours d'une courbe fermée; mais c'est tout ce que peut indiquer l'observation. Cela suffit, d'après ce que nous venons de dire, pour démontrer que, dans ces systèmes éloignés, les lois de Newton ont toute leur force comme autour dul soleil. — « C'est gentil, » murmure M. Paye.
Ammoniaques composés de l'esprit de, bois. — Parmi les découvcrles considérables de la chimie organique, se place, au premier rang, celle des ammoniaques composés à laquelle est attaché le nom de notre compatriote, M. YVurlz. Tout ce qui se rapporte à la nature de ces corps complexes est digne du plus haut intérêt, et c'est à ce titre que nous mentionnons le travail de 11. Vincent. Ce chimiste s'est demandé d'où proviennent les ammoniaques composés qui accompagnent l'esprit de bois, avec une telle persistance, qu'il y a eu un notable progrès quand on a pu trouver à leur égard un] procédé de purification. Pour résoudre la question qu'il s'était posée,] M. Vincent a étudié successivement l'action de l'ammoniaque sur tous les corps (jui prennent naissance dans la distillation du bois, et il a reconnu que ni l'alcool méthyli me, ni les carbures d'hydrogène, ni l'acide acétique, ne donnent les produits cherchés. C'est un dérivé secondaire de la distillation, l'acétone, due à une modification spéciale de l'acide acétique, qui, au contact do l'ammoniaque et par voie de substitution, peut don. lier trois ammoniaques composés parfaitement distincts et parfaitement caractérisés.
Sïamsias jIkustïh.
Le Propriétaire-Gérant : G. Tissaxdiesi.
i-Aiiis. — ihp, Simon iiAçoa ei cour., nuis u'Knnarni, 1.