LES PÈCHES DU CHALLENGER
(Suite. — Voy. p. ÏÏO et 22:;.) CXATHOPHAASIA «CAS ET C. ZOEA.
Ois singuliers eruslucésSchizopodes ont été dragués
le 50 juin 1875, par 1,000 brasses do fond à 114 milles à l'ouest de Madère.
Il est très-curieux de constater qu'ils offrent une grande ressemblance avec les Lopho'jastres, autres Schizopodes découverts par Surs, dans son exploration des parages océaniques voisins des îles Lol'oden. Leur
CiiuLliypliaïuia ^i^ui, vu de dus
Cnal
lliophansia gigas, vu de profil.
taille est très-grande, gigantesque même, si on considère que les proportions de leurs congénères sont
1 Sous continuai» à énumiirer les magnifiques résultats obtenus par la belle expédition du Cliallentjer, grâce au concours de 31. K. Lockysr, directeur de Nature, qui nous communique les documents Ct les gravures relatifs aux belles invalidations de M. W. Thompson.
très-faibles. Ou les a représentés de grandeur naturelle.
L'espèce gigantesque que nous représentons de dos et de profil semble très-abondante, car un second spécimen a été pris ultérieurement à iOO^milles à l'ouest de Madère, par une profondeur un peu plus du double de la première, à 2,200 brasses. Dans la pre-
LA NATUP.I
mière station, In boue, retirée du fond de la mer, était mélangée de sable verdàtre. Dans la seconde, les globii/erum, animaux microscopiques qui semblent, le premier degré de l'épanouissement de la \ie, étaient en nombre immense. L'habitat, des rjna- Ihophamia paraît donc être une vaste province.
Le (jmillwphansia zoea, trouvé dans des circonstances analogues, ne dilfère pas seulement par sa faille, qui est moindre, mais par la partie postérieure de sou bouclier, rj ui est armé d'une poiufeqim l'on ne retrouve pas dans son plus robuste congénère.
Dans les deux espèces, le bouclier sternal est eurasiens ' par un rostre ti-ès-lons et épineux. J.in outre, ce tégument est, embelli par dus sculptures très-curieuses, des espèces d armoiries naturelles lort étranges. Le bouclier des cruslaeés analogues à 17/jws de uns eaux marécageuses, à la crevette de nos cotes, est. la pièce osseuse du squelette tégument aire que l'on peut surtout considérer comme caractéristique. On ne sait pas très-exactement comment ce bouclier se forme, et par la fusion de quelles parliez il est eu réalité produit. L'anatomie du qnalliOjilifinsin vient donner, à cet égard, d'utiles renseignements. En effet, il est facile de voir que cette pièce importante n'est formée que par un repli de la peau, qu'elle ne tient au corps que par la partie antérieure, et que tous les segments tboraciques en sont indépendants. La liberté des mouvements de la pui tie postérieure du corps est donc très-grande.
Les antennes, les écailles, les différents organes de la bouche nlfrent beaucoup de ressemblance avec ceux des laphoyastm de Michel Sus, ce qui indique que les habitudes des Sehizepodes sons-marins des Açorcs ressemblent beaucoup à celles des îles Lolbden, par des pro'ondeurs trois ou quatre fois moins grandes.
Les pattes-mâchoires ne sont point toutes pareilles comme chez les limules. La division du travail physiologique, a déjà commencé à se produire. Tontes les pattes de la région céphalo-thoracique ne sont point chargées de ou mu 1er la triple fonction de préhension, de mastication et de locomotion. Nonseulement les pattes-mâchoires sont terminées par des appareils bifides, servant de pince, mais ou rencontre de véritables pattes maxillaires, comme chez les lophogastres. La seconde de ces pattes maxillaires offre mémo une disposition étonnamment surprenante. Au bout de chaque maxillaire u° 2, il a. poussé un œil. Cette disposition semble indiquerque la nature a organisé l'animal pour vivre dam; des ténèbres si épaisses qu'il faut un moyen spécial pour reconnaître la nourriture avant de la broyer. L'œil étant placé sur la dent, on comprend qu'il est difficile de mieux faire pour que l'animal voie bien clair.
Ces yeux accessoires existent dans d'autres familles déjà décrites et connues, mais ces animaux n'ayant rien de commun avec les lophogastres, ce précédent ne doit pas diminuer notre admiration pour une aussi grande merveille.
On voit que certaines pattes de ces gnathophamias
sont pourvues de poils (voy. le g. gigas de dos), dette circonstance montre que ces animaux sont pourvus, comme leurs congénères, de pattes qui leur servent à respirer plutôt qu'à se mouvoir.
La forme de la queue indique bien, en effet, que c'est eu agitant celle partie du corps que l'animal progresse, et non en se servant des pattes, qui, malgré leur état constant d'agitation, sont réservées plus particulièrement à d'autres usages.
— La ïiiiLo j>rochainoini?nt - —
LES PLIjS fiH AMIS TELESCOPES
DU MO-NDi:.
(Suite et ttn, — Vyy. p.i^ iïl, 5^7 )
LU ÏLI.F.SCOI'F, FOUCAULT, I.KS l'I, US PUISSA.MES
LUNKTTF.S DES OnSOVATOIHF.S.
Le ])lns grand télescope qui existe, avons-nous dit, e>l. celui de lord Piosse. Le meilleur paraît être celui île Foucault, construit par l'Observatoire de Paris et installé sous le ciel plus privilégié de Marseille. Ou sait que le laborieux et regretté physicien a imaginé de remplacer le mêlai dos télescopes par du verre, ce qui diminue le prix de construction et facilite considérablement le travail. Un disque de verre, du diamètre voulu et d'une épaisseur proportionnelle, est creusé sur l'une de ses faces suivant une courbure déterminée, el forme un miroir sphérique. Par des retouches locales, longues et délicates, on amène ensuite cette courbure à l'état parabolique et à sa plus grande perfection optique; la distance focale est raccourcie et la lumière est augmentée. On ardente cette surface et l'on obtient ainsi un excellent miroir de télescope. C'est le système newton ien qui a été employé. Les rayons réfléchis: par le miroir sont reçus sur un primie, et ou étudie l'image à l'aide d'un oculaire qui traverse le tube du télescope. Le miroir du grand télescope Foucault a fit) centimètres do diamètre et 4'", 80 de distance focale, La longueur totale do l'instrument est de ,"> mètres, le diamètre du c rele huraire est de 2 mètres. Il n'a coûté :pie, .00,001) francs.
Il a été construit en 18G4 par la maison Secrétan. Monté en équatorial et muni d'un mouvement d'horlogerie de la dernière précision, il peut être dirigé vers tous les points du ciel et suivre les astres dans leur cours. Au jugement des astronomes des différents pays qui l'ont vu à l'œuvre, c'est le meilleur des télescopes construits jusqu'à ce jour. Si certaines difficultés, dont j'ai entendu parler par Foucault luimême, ne l'avaient [ias empêché de terminer le grand télescope de '1 IU ,2Û de diamètre qu'il avait commencé à l'Observatoire de Paris, nous aurions en France un instrument véritablement lion ligne, qui rivaliserait avec celui de lord liosso pour les grossissements dont il serait susceptible, et le dépasserait au centuple en
LA NATL'HK.
précision clou netteté; le disque du verre, de (l.'it) ktlog., a éléfondu àSatut-Cobaiu, dégrossi et débordé, pur Sautter. [1 est là depuis dix ans, Kspcrons qu'on le tei 'minera un jour.
Secrétau construit actuellement, pour Toulouse, uo télescope Foucault de 80 centimètres. Celui de .Marseille a déjà donné de brillants résultats : découvertes de nébuleuses, d'étoiles doubles, de variables,
I." grand léïmcopt! FouuauH, île l'Ohsorviiloirc <lc .llarscillt.
eomttes et planètes, entre les mains de MM. Stephau, Coggia et Borelli. Il n'est pas douteux qu'à Toulouse, M. Tisserand ne suive les traces de son collègue le directeur de Marseille , et ne nous prépare des travaux digues de la science française.
Le télescope de lord liasse, en Irlande, celui de Lasse! ù Malte , de Melbourne en Australie et de Foucault à Marseille sont les quatre plus grands télescopes qui fonctionnent actuellement dans les observatoires. 11 y on a plusieurs autres de moindre puissance dont nous n'avons pas à nous Occuper ici, quoiqu'ils aient rendu des services à la
Coupe du télescope Foucault.
science. Mais notre exposé des plus grands instruments du monde serait incomplet si, après avoir considéré les télescopes, nous ne passions maintenant en revue les («nette*. En effet, ~*w~*>i quelles que soient
les dimensions prodigieuses et la perfection dos instruments précédents , il y a îles
lunettes astronomiques qui , tout en étant moins colossales, sont cependant égales, sinon supérieures à ces télescopes.
Aujourd'hui la question se pose entre les télescopes et les lunettes, et elle n'est pas encore résolue. Il est difficile de décider de quel coté est la
LA NATUUE.
supériorité. Il est plus facile de construire un grand miroir qu'une grande lentille, mais certainement, à égaillé de diamètre, mie bonne lentille est préférable à mi bon miroir.
Les \)\us grandes lunettes qui aient jamais existé ont été construites avant l'invention des verres achromatiques, et cela à l'Observatoire de Paris, il y a deux siècles. Pour éviter les couleurs diffuses qui se formaient sur le disque de l'astre observé, il fallait de faiblescourburesct des distances focales qui tiennent du fantastique. L'objectif était séparé de l'oculaire pur une distance de plusieurs centaines de [lieds, sans tube naturellement. Il fallait chercher les astres en tenant l'oculaire à la main.
C'est à propos de ces lunettes fantastiques qu'éclata en KiOu, entre Auzout et Jlooke, une grande querelle au sujet de la lunette monstre de 10,000 pieds de longueur, que ce dernier voulait construire (iaus le but d'apercevoir des animaux dans la lune.
Hoche trouvait la chose si réalisable, qu'il écrivait, à Auzout (Mém. de l'Acad, des Sciences;, t. Vil, p. 70), qu'en supposant les mandrins bien faits et d'une bonne longueur, et les verres travaillés et polis avec un grand soin, il ne voyait aucune raison qui empêchât de faire aussi facilement une lunette de 1,000 et de 10,000 pieds qu'une de 10.
Après avoir réfuté toutes les théories émises par l'astronome anglais sur Ja fabrication de sa lunette incomparable,, Auzout répondait une dernière fois : « .le vois bien que M. Ilooke veut, à quelque prix que ce soit, découvrir des animaux dans la lune, mais je crois qu'il doit se contenter s'il peut y découvrir quelque, ville ou quoique château, car on sera assuré, api'ès cela, qu'il y aura des animaux; et si les parties obscures que nous y voyons sont des mers, et qu'on fasse des flottes en cetteplauète-là pour se battre, comme l'on fait ici, ce serait une chose assez divertissante de voir quelque jour une flotte ou deux, de cent ou six-vingts vaisseaux chacune, voguer surleurs mers, comme les habitants de la Lune en pourraient voir présentement sur les nôtres. »
La plus colossale des lunettes qui aient été employées autrefois fut celle qu'Auzout lui-même avait travaillée; elle avait 300 pieds de longueur focale, el cependant elle ne grossissait que six cents fois. C'est avec un instrument de cette sorte que Dominique Cassini ht la découverte de plusieurs satellites de Saturne. Dans lebutd'eu tirer le parti le plus utile, il avait fait monter dans le jardin del'Obseivatoirede Paris de grands mâts et tout un énorme échafaudage en charpente qui avait servi à la cjiislruetiondo la machine de Marly. Cet appareil était destiné à porter les objectifs, et l'observateur devait pouvoir se placer, sou oculaire à la main, dans toutes les positions, à une distance convenable de l'image aérienne.
La découverte des verres achromatiques permit de construire des objectifs formés de deux lentilles de verre juxtaposées, complémentaires l'une de l'autre, qui réfractent les rayons de lumière sans les colorer.
La première de ces lunettes est biconvexe, et formée du verre ordinaire de nos glaces (c/WK-glass) ; la seconde est piano-concave et formée du cristal dans lequel entre une quantité notable do plomb f/h"u£-glass). Ou peut dès lors leur donner une grande courbure, qui rapproche le foyer, et évite ces longueurs désespérantes. Lue lunette d'un objectif de 30 centimètres, dont le grossissement normal e=l de 600 fois, n'a plus maintenant que 5 mètres environ de distance focale et de longueur.
La difficulté de construire des lentilles de verre pures et transparentes, exemptes de stries, qui n'absorbent que peu de lumière et ne colorent pas les rayons en les réfractant a é'.é le grand obstacle qui a retardé la construction des grandes lunettes. Pour donner un exemple de la rareté des instruments d'optique au commencement de notre siècle, je rappellerai que nos lunettes astronomiques les plus répandues aujourd'hui, celles de 1"',00 de longueur, dont l'objectif a i pouces ou 11 centimètres de diamètre, que tout astronome a maintenant chez lui pour son usage quotidien, n'existaient pas alors en France. Eu 181M, Napoléon, projetant de se rendre au camp de Boulogne, fit venir Delamhre et lui demanda de lui procurer Mtw excellente lunette. « Sire, répondit l'astronome, nous pouvons vous donner la lunette de Dollond,qui est dans nos cabinets, et Votre Majesté ferait une chose agréable aux astronomes si elle voulait nous accorder en échange une excellente lunette de 4 pouces, que vient de construire M. I.erebours. — Llle est donc meilleure? — Oui, sire. — Alors, je la prends pour moi. » Cet objectif achromatique de 11 cent, est le premier qui ait été fait en France.
Cràce à la persévérance de Guinaud des Iîreuels, ouvrier du canton de Neufchàtel, de Frauenholèr, opticien bavarois, de Lerebours et de Cauchoix, opticiens français, de Mertz, de .Munich, on ne tarda pas à dépasser celte dimension. Seerétau , à Paris, établit ses ateliers de construction sur une base nouvelle, l'ondée sur les derniers progrès de l'optique, et donna à la France les plus remarquables instruments. Sou confrère Lichens s'est placé comme lui à lu tète des opticiens français. Voici , par ordre chronologique, quelles senties grandes lunettes astronomiques qui ont été successivement installées dans les principaux sanctuaires où l'on éLudie les cicux, loin des bruits et des tracas du monde vulgaire.
En 181b, Lerebours termina une lunette de 10 cent, de diamètre, qui fut achetée par le bureau des longitudes. C'était à cette époque le plus grand et le j ilas parfait réfracteur qui existât alors dans le monde. Les Anglais n'ont atteint cette même dimension qu'en 1827, et Frauenhofer n'a terminé l'instrument de Dorpat qu'en 182i. On aura une idée de la persévérance et des obstacles que rencontrent les opticiens dans la construction des objectifs à large ouverture, si l'on remarque que les difficultés croissent comme le cube du diamètre de l'objectif; autrement dit, un objectif do 20 centimètres est huit fois plus
difficile à réussir qu'un de 10, et un de 21 centimètres 27 fois plus difficile qu'un de 7.
Kn 1823, Li'ivliours acheva une lundi o de 21 cent, de. diamètre et de H 1 ", 52 de foyer seulement, qui lui uvaiL été commandée par Louis XV 111 pour l'Observatoire. L'année suivante, Frauenlioferterminaune lunette de même diamètre et de 4 n ',r>3 de foyer pour l'Observatoire de Dorjuit.
C'étaient alors les deux meilleurs inslnunents du monde. Yoiei ce qu'écrivait à cet égard J. llersclicl à Schumacher , dans les AstronomitchcNachrickt.en : « Les détails que m'a transmis M. Struvc sur le pouvoir extraordinaire de l'instrument construit parFrauenliolor ne doivent laisser aucun ', doute sur l'excellence d'une lunette capable de sé-carer les deux étoiles composantes de « du Lion et de donner la mesure de leur écartement. Je ne connais jusqu'à présent qu'une lunette au moyen da laquelle cette étoile ait été vue double; c'est celle de Le rebours , actuellement montée à l'Observatoire de Paris. » L'astronome South s'exprimait de son côté dans les termes suivants : s Les grossissements sont de 150, 153, 224, 420 et 5(30 ; avec l'avant-dernier, w du Lion présentait sur nu côté une étoile d'un bleu léger ; avec le dernier , les deux étoiles se voyaient admirablement bien. » Les, étoiles doubles sont, en effet, la meilleure épreuve, pour mesurer la puissance des lunettes.
En 182'J, on essaya à l'Observatoire de Paris, une
tv.
£è.XU is ratid équ;iturinl du l'OmcrvatLii
bonne luuetle de! S met. de long et 33 e. dediauiètre construite par Cauelioix. File fut refusée par Arago, qui n'aimait pas Cauclioix. Sir James Soutb l'acheta pour l'Angleterre, et en fit cadeau à l'Observatoire de Dublin. On l'a installée il y a seulement quelques
années, et le directeur de cet Observatoire , M. Hrunnow, déclare que c'est une des meilleures qu'il connaisse.
En 1855, Mort/ livra à l'Observatoire de Iîogcnliausen une lunette de 28 cent, d'ouverture et de 5 mètres de longueur. Le même opticien termina en 1838 un objectif de 58 cent, et de '7 mètres de distance focale pour l'Observatoire de Pulkowa.
C'est encore aujourd'hui l'un des meilleurs instruments qui existent et l'un de ceux auxquels on doit les plus brillantes découvertes : il est entre les mains de Struvo. Il supporte des grossissements de 1,000 et nu delà.
En 1810, Lerebours termina pour l'Observatoire de Paris un objectif de 38 c.
de diamètre et de 8 mètres de foyer. Les opticiens anglais construisirent à la même époque une lunette de mêmes dimensions pour l'Observatoire de Cambridge (États-Unis). Ces trois lunettes, de 11 pouces (Pulkowa, Paris et Cambridge), étaient les trois plus belles lunettes des ob' servatoires au milieu de notre siècle. Malheureusement, celle de Paris ne réalisa pas les espérances qu'on avait fondées sur elle. Le verre s'altéra, et elle ne put servir. Arago l'avait déjà représentée fonc-
ée Paris.
tionnaut sous l'immense rlnme tournant do uotrcObservatoire, le plus immense dômu qui existe, ut on la voit encore aujourd'hui dessinée dans V Astronomie, populaire. Mais le dôme e>1 resté solitaire, et sa plus grande curiosité en ce moment est d'être admïrahleriient constellé d'études jiar les innombrables balles de ebassepot qui l'ont criblé aux derniers jours d'agonie des convulsions de la Commune,
il y a aussi à l'Observatoire deux disques de Oint et rrowu pour un objectif, qui ne niesiireiil pas rnoiude 75 eentimètres de dîamètie, mais qui ne sont pas assez purs pour être travaillés. Ce sont les plu> grand;, c[ ni exisjlent.
La plus puissante luurlle de l'Observatoire de l'aris est le grand équatorial de la lourde l'ouest, coupole blancbe qui l'ait à peu près le pendant, du dénie dont nous venons de parler. Comme instrument de précision, c'est l'un des plus parfaits qui existent au inonde.. L'objectif est mie lentille île. 52 centimètres I d'ouverture et de 5 mètres de distance focale. Monté sur un pied parallaetique, un mouvement d'horlogcrie le fait tourner autour de, l'axe du monde, en sens contraire du mouvement de la terre, de sorte que, dirigé vers quelque point du ciel que ee soit, la lunette garde constamment l'astre, dans lu ebamp de la visini! ut le suit dans son cours apparent. La coupole tourne elle-même, et l'astronome semble faire exception à la loi universelle qui emporte le ciel, car il reste immobile comme si le globe tournait sous ses pieds sans qu'il participe à son mouvement. Ce magnifique équatorial a été construit par Sccrélan et inslallé eu 18(30. Il a coûté HO, 000 francs, prix auquel il serait impossible de le reconstruire actuellement.
La grande lunette méridienne, construite en 1805 par Secrétan au prix de 55,000 francs, est un autre chef-d'œuvre de piéeisiou. C'est la plus grande lunette méridienne qui existe. Son objectif est de '25 cent., sa longueur est de 5 ni ,S5.
L'équafori.d de l'Observatoire du Collège romain, à l'aide duquel le P. Seeehi a fait ses brillantes découvertes, acte construit en 185-i par Meitz, de Munich. Son objectif est de '21 centimètres et. sa longueur de ■i'",52. Les oculaires s'étendent jusqu'à 700 et 1 ,1)110. Le savant astronome romain lui a appliqué un puissant speetroscope pour l'étude spéciale du Soleil ; plusieurs fois à Homo j'ai été appelé à contempler les protubérances, jets de llanime de trente et quarante millu lieues de buuteur qui s'élancent constamment autour de cet astre gigantesque, comme les vagues colossales d'effroyables tempêtes.
Do 1850 à J 800, plusieurs grandes lunettes ont été construites en France, par Porro et par Dieu ; deux d'entre elles mesiiraienljusqu'à 55 centimètres (Porro) et 52 (Dieu); leur longueur était de 15 mètres pour la première et. 15 pour la seconde. Mais elles n'étaient pas plus puissantes que l'équatorial de 52 centimètres de l'Observatoire do Paris.
L'équatorial de M. Ilutberfurd, à New-York, par lequel il a obtenu ses belles photographies de la lune,
a pour objectif une lentille de 55 centimètres d'ouverture. Il a été terminé en 1 8 G 9 .
En 1SG0, on a établi à l'Observatoire royal de Greenwich un grand équatoiial de 52 centimètres d'ouverture. On peut le mettre sur le. même rang que celui de Paris. Dans la description que le directeur de l'Observatoire d'Angleterre, M. Airy, a bien voulu m'adresser, il n'y a pas moins de 55 figures de précision sur les différentes pièces qui constituent cet instrument. Sa monture est toute différente de celle de Paris. Mais les deux instruments sont analogues et .servent aux mêmes usages.
L'Observatoire de Chicago s'est fait construire, par Alvan Clark, mie lunette dont l'objectif a un diamètre de 17 centimètres. L'Observatoire de Cincinnati possède une lunette équivalente. Nous ne pouvons encore rien dire de la supériorité de ces instruments, aucun fait astronomique important n'avant signalé leur usage.
fine grande lunette a été construite en 1800 par Cuok and Sous, fabricants d'instruments d'astronomie à York, pour nu commerçant qui fait le plus noble usage de sa lortmie, M. Ncwal, fabricant de câbles sous-marins, de Catesbead. Le tube, qui a la forme d'un cigare, a 52 pieds de longueur et 5 pieds (i pouces de diamètre au milieu. Le verre de l'objectif u 25 pouces (05 cent. 1/2). Le pilier en métal sur lequel il est porté a 20 pieds de hauteur, et environ [lieds île diamètre à sa base. Catesbead n'est pas le lieu où il est destiné à rester toujours; M. Ncwal a l'intention de construire à Madère un observatoire pour l'v établir.
Ajoutons encore que l'Observatoire national des l'ilats-L'nis vient de se faire construire la plus grande lunette qui existe. L'objectif a été fourni parCbance, de l'irmingliam. On l'a terminée et montée en Amérique. 11 a 20 pouces anglais, c'est-à-dire 00 centimètres. L'instrument, installé en 1872, donne des Images bien nettes avec, un grossissement de 1,500. La dépense totale a été; d'environ 50,000 dollars, ou 250,000 francs.
MM. Clark, de Cambridge (Massachusetts) ont entrepris, eu 1872, l'exécution d'une lentille de 09 centimètres pour le gouvernement des Ét.ats-L'nis, au prix de 50,000 dollars'. La lunette dont elle fera partie ne sera pas installée dans une ville, mais sur une nioulagne, sur les plateaux élevés de la Sierra-Nevada à une altitude do 2,700 mètres, qui se recommande par la pureté de sou. atmosphère et par un ciel presque toujours sans nuages. Le professeur Davidson ut le professeur Young ont étudié dans ce but la Sierra- Nevada et les montagnes Rocheuses.
C'est là le plus grand réfracteur construit jusqu'à ce jour. Si l'objectif est parfaitement réussi, on aura dans cet instrument la plus puissante lunette astronomique du momie. Sa longueur pourra ne pas dépasser 10 mètres. Les grossissements dont elle sera susceptible pourront atteindre 2,000.
Tels sont les plus grands instruments d'optique qui existent, télescopes et lunettes, réflecteurs et ré-
fracteurs, comme disent nos voisins d'outre-Manche. On voit que jusqu'à présent, les plus parfaits télescopes ne déplissent pas les grossissements de 2,000 et les lunetl.es employées l,;iÛ0. C'est donc saus raison suffisante que notre excellent miûtre Cabinet supposait qu'on pourrait voir dans la lime des objets de la dimension de Notre-Dame de Paris 1 .
Un jour sans doute, et sûrement même, on ira plus loin, et cela très-prochainement, si l'on en juge par les progrès laits en optique depuis un demi-siècle. 11 semble que l'Amérique est fortement disposée à pousser aussi loin que possible les tentatives de ce genre. Déjà on vient de proposer d'y fonder une société par aetion-de -10 dollars chacune dans le but de construire un télescope monstre. Le Scwntiftc American annonce qu'un Américain s'est engagé à payer 2.) dollars pour voir l'occultation de Mars parla lune, en s'eugugeant à se rendre dans n'importe quelle partie des Etats-Unis, a Ou ne doit pas, dit l'auteur de cette motion, demander pour cela de l'argent au gouvernement, qui a assez à dépenser déjà; mais les capitaux seraient promptement couverts si ce télescope monstre était placé à Philadelphie pour l'Exposition de 187t>; les actionnaires auraient sûrement un bénéfice de 200 pour 100, et la science en tirerait gratis un grand profit. » Oh parle aussi d'appliquer un million de dollars, c'est-à-dire plus de cinq millions de francs, à la construction d'un télescope gigantesque, qui serait à nos meilleures lunettes ce que le Great-Estem est aux canots. Faisons des vœux pour que d'aussi hardies tentatives puissent réussir, et que l'optique du dix-neuvième siècle rapproche enfin la lune à quelques kilomètres et nous permette enfui d'eu distinguer les habitants!
Je ne puis cependant m'empècher d'ajouter, eu terminant, que ce n'est pas tant la dimension des lentilles ou des miroirs que leur perfection, qui eon-
1 Grossir un olijet 5,000 fuis, c'est exactement connue si un e rapprochât d'autant. Or tu distance de la lune est de 00,000 lieues. Ol oculaire la montre donc, comme si elle était à 4H lieues. A celle distance, la meilleure vue serait loin de distinguer .Noire-Dame! On a sauvent répété qu'on la rapprochait ù 10 lieues, parce qu'un supposait applicable le grossissement de 6,000 du télescope île lurd Kosse; mais ce grossissement n'est pas net, cl quand on dépasse 2,000 pour la lune, un ne voit pas niieuï pour cela. Ainsi, 4S lieues, c'e^t.la distance minimum à laquelle un puisse étudier sérieusement la surface de notre satellite, et comme le télescope de loi cl ilosse n'est que rarement appliqué à eetle étude, c'est en gênerai avec des grossissements de 1,000, 80J et 000 qu'on examine celte suil'aee, c'est-à-dire à des rapprochements de 00, 1 L 10 et 100 lieues. C'est assez puur en lever le phm et en hiirc la topographie. On peut voir, du rc^le, que le diamètre de la loue étant de 3,3Si kilomètres, en sous-lendant à nos veux un angle de 51 minutes d'arc, une longueur appareille d'une minute correspond à 100 kilomètres, et une longueur d une seconde à 1,811) mètres. Or un gan.ssissemeut de 000, et même de 400, sul'lit pour distinguer une seconde. Oit distingue la demi-seconde, soit 000 mèlres environ, avec un grossissement de 800, et un qiuirl de seconde, soit 4o0 mètres, avec un oculaire de 1,000. Si te télescope de lord Bosse permet de distinguer nettement une lungueur de ô00 mètres, ou une surlute de 9 hectares, c'est tout.
dtnra aux résultatsdésiréa. On ne saurait croire quelle énorme différence sépare souvent des instruments de même puissance et de même prix. 11 faudrait que de tels appareils fussent "uniquement faits par amour de l'art, et, si l'on peut dire, parties astronomes. Ainsi je pourrais signaler à ce propos que deux jeunes astronomes de notre Observatoire, MM. Henry, à qui l'on doit la découverte récente de la comète qui porte leur nom, viennent précisément de réussir à merveille un petit télescope, de 4 8 centimètres de diamètre et de 1 mètre de distance focale, qui supporte nettement un grossissement de 400 fois, dédouble Gamma-deux d'Andromède, etc. Si tous les télescopes étaient aussi parfaits que celui-là, la question serait résolue en leur faveur, et les lunettes seraient détrônées. Camille Flamkamon.