‹ La Nature 1873Chapitre 154 sur 171 · DONATI · texte numérisé non relu

DONATI

Donati (Jean-Raptiste) est né, en décembre 182(1, à P.ivie, du docteur Pierre Donati et de Louise Cunliai. C'était quelques mois après la mort du célèbre Piazvi, de Païenne, illustre astronome que Donati peut èlre considéré comme ayant remplacé. Il n'avait encore que 2j ans lorsqu'il fut attaché à l'Observatoire de Florence que dirigeait l'illustre Amici de Modène, célèbre surtout en France, par les perfeelioimenieuts qu'il a introduits dans la construction des microscopes, et très-populaire en Italie par les elïorls patriotiques qu'il a faits pour naturaliser à Florence la belle industrie de la construction dtis instruments de précision . Deux ans après, le jeune Donati était nommé astronome adjoint et professeur d'astronomie à l'École supérieure de Florence, et il découvrait la cinquième comète de 1855, dont il envoyait la description à l'Académie des sciences de Paris. A cette époque, ses communications avec cette grande assemblée étaient fréquentes et importantes.

Il venait d'être nommé astronome titulaire lorsqu'il découvrit, en juin 181)8, la merveilleuse comète qui devait rester visible jusqu'en janvier 1859, et dont les immenses proportions devaient si vivement frapper le vulgaire. Par un bonheur mérité, dent les hommes supérieurs savent seuls profiler, le

nom de Donati devenait tout d'un coup populaire. Cette comète, dont nous retraçons un des aspects, semblait bien faite pour ramener les astronomes aux sages théories d'IIévélius et de Gergonne. Donati se consacra à la décrire et à l'observer avec un soin admirable. 11 reçut de l'Académie des sciences de Pans, le prix de la fondation Lalande pour 1851), partagé avec M. Goldsniidth et plusieurs autres observateurs. Peut-être fut-il peu satisfait de n'avoir point été distingué par un prit unique, car depuis cette époque ses rapports avec l'Académie devinrent rares. Il ne les reprit plus que peu de temps avant sa mort. La lettre de remerciements qu'il écrivit à l'Académie fut tardive. Il paraît qu'une première lettre avait été égarée, c'est au moins ainsi que l'on explique son silence. Une circonstance bizarre se produisit à cette époque. Le nom de Donali est estropié dans les tables académiques, on l'écrit Batta-Dunati, et ou le range sous la lettre B.

Donati, qui appartenait au parti national italien, applaudit aux événements qui s'aiY.'a^.plirent bientôt dans la haute Italie, et aux annexions qui, agrandissant Pieuvre interrompue parle traité de Villafranca, étaient autant d'étapes vers la constitution de Yllalia iina. Fin 180 4, il succéda à Amici, et le transport Florence de la capitale de l'Ilalie vînt accroître considérablement l'importauee de l'observatoire dont la direction lui était confiée. Décidément l'astronome semblait né sous une heureuse étoile. Il profita de celte circonstance pour obtenir du gouvernement italien des crédits suffisants et pour mettre son observatoire au niveau des grands établissements astronomiques des capitales de premier rang. Il fut aidé dans cette tâche nouvelle par l'enthousiasme que suscita la célébration du centenaire de Galilée, et parla résolution prise de transporter l'Observatoire de Florence dans les jardins d'Aroelri, où le fondateur de l'astronomie moderne était mort victime de la plus odieuse persécution. L'inauguration solennelle eut lieu en 1872. Donati, qui s'était foulé le pied quelques jours auparavant, ne put y assister. Il fut obligé de faire lire par un de ses amis le discours qu'il devait prononcer.

Malgré tout sou génie, Amici n'avait pu parvenir à créer à Florence un centre de fabrication d'instruments de haute optique, digue de lutter avec les grands ateliers de précision de Paris et même de Munich. Son successeur fut plus heureux, grâce au gloi ieux anniversaire que nous venons de rappeler. 11 parvint à faire fabriquer, à Florence, une grande machine parallactique, et un antre appareil du même genre, mais de dimensions moindres, qu'il transporta à Palerme, pour l'observation de l'éclipsé de 1870, malheureusement perdue à cause des nuages. C'est encore à Florence, dans l'atelier placé sous l'invocation du grand nom de Galilée, que DonaLi fit construire un grand spectroscope à 25 prismes, qui fut exposé à Vienne en 18775, et qui devint la cause de sa mort.

En 1SGG Donati publia un mémoire posthume de llassotti, sur la détermination des orbites a l'aide de

trois observations. Il possédait si bien cette théorie | la constitution physique des astres. Le mémoire qui

qu'il se vantait tic pouvoir calculer l'orbite d'une lui assure l'honneur d'avoir inventé cette nouvelle

comète en moins de trois jours de travail. | brandie si féconde d'as'roiiomie physique a paru dans

Dès que les méthodes de l'analyse spectrale furent | le Ntmva Cimento, en 18G0. connues, Douai! songea à les appliquer à l'étude de ! Ces id' ! es nouvelles mirent quelque temps à se

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