‹ La Nature 1873Chapitre 34 sur 171 · AMÉRICAINS · texte numérisé non relu

AMÉRICAINS

Il existe aux États-Unis plus de 100,000 kilomètres de chemin de fer. La locomotive y franchit des distances prodigieuses, puisque, de Nc\v-\ork à Chicago, il y a 1,600 kilomètres, et de New-York à San Francisco, près de H, 000 kilomètres. Les voyages sont donc de, longue durée, bien que la vitesse des trains soit presque aussi grande qu'en France, Cela étant, les Américains, qui n'aiment guère la gène, ont voulu avoir des wagons où les habitudes de la vie ordinaire

L\ iXATi'Iîi:.

fussent le moins possible interrompues. Voici conimcnt ils v sont parvenus.

I,o wagon américain est uni": eai-se ili: 15 mètres île long environ avec dos paliers et dis escaliers à chaque boiil. Il n'v a pas de portes latérales; on

entre, ri l'on sort par les extrémités. A l'intérieur règne au milieu un eouloir de 00 à 70 eenlnnrtres de largo, mer, des banquettes à deux plaees de chaque cet' 1 . Les do-siers de ees banquettes sont mobiles autour d'un ave horizontal ; le voyageur pont s'asseoir

\\ :ivo;i orilimùi c Liméric

à volonté le visage tourné vers la locomotive ou à reculons.

Ces wagons sont très-éirvés. La hauteur intérieure est de 2 1 ", 50 contre les parois, et de 5 mètres dans l'ave du wagon, en

sorte que les voya- ï«j K . v , - ■*>geui's peuvent e r- **« 4 j; n

euler dans le cou- ;,, ; ,

loir central, le eha- '',,C.\

peau sur la tôle, $'''<'■ !i*fej- -'■'

sans se heurter à \ ,f '',?,.. \'S:; j

aucun obstacle. : '*■>.>.

Pour le chauf- ;, ';■■''■'" .'. .

f.ige, il y a des poêles * i ''-,:-' ,;.,',,

au (haihon de terre qinTonallumenni]- ! /.{] * seulement en lover, ■■■; ''■?; ,■:

mais qiielqmd'ois i '...;jj .' ■>•. : :xfi^!^i<:/rî

aussi peiiilaut les \- : jj '[ ; ■

nuits d'été, notam- '> <\ : ;

meut sur la ligne : v- *f!

do Paeifiqui 1 , où les § railss'élèvent à plus | j .

de iiOlK'l mètres au- ■"

dessus du niveau de l'Océan.

L'éclairage au mnvciule lampes on g de bougies iiedomie qu'une lumière insuffisante. Quelques compagnies emploient le gaz comprimé,, qui produit au contraire une vive clarté. Cela est fort apprécié, dans un pavs où l'on estime le. temps à sa jusle valeur. Les vovageurs peuvent consacrer à la lecture les longues soirées qu'il passent en chemin de fer.

(iliaque wagon est pourvu d'un cabinet d'aisances et d'une fontaine d'eau glacée avec un verre, un seul

1 I.e.s gravures île cet erticle seul, rppmiluili"! il'npir-; le lie! nuvriifrft de M. ïbili'yicux suc lia travaux jnlilics iiu\ Mals-l'iin. Durant, 1,S73,

Vue in

verre, il est vrai, qui fort à tout le monde. Quelquefois il y a de plus un lavabo.

Du reste, le plan ci-enulre montre comment ces divers accessoires sont disposés à l'intérieur d'un \\a-

gon-hùlel du A'ew-

o^ss j.',-, MW rnMtran Vork central.

Taudis que le

■ train est. eu marche,

' * ''..:"■''}' on peut passer d'un

wagon à l'autre ou

■ ', : se tenir sur les pa-

,•*'""' $-„ hors extérieurs. Le

. " ":'/ ' , palier d'arrière du

■■■;■ -.' : 'i dernier wagon sur-

: p : ■ ;|i tout est une sorte

'' ; ; : : :: t : ' ■ ■!' d'observatoire d'où

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| ï| e, : ,. ■.:'';,'.:! jiiodément le pav-

f ■■ ; i jjP'?'" i: sage, 1 étal delavoie,

y ! f* «É ; lestravau\(i'arl,efe.

Itans chaque train circule le conducteur qui vérifie les billets, unmarelruid qui offre au public des journaux, des fruits, des cigares; dans les wagons de luxe, il y a de plus un domestique toujours à la disposition des voyageurs.

Dos wagons [l'une telle dimension ne pourraient tourner dans les courbes s'ils n'avaient que des essieux rigides comme les wagons européens. Ils sont portés sur deux petits trucs à quatre roues auxquels les relie une cheville ouvrière. Ils franchissent ainsi sans nulle difficulté des courbes de 120 mètres de rayon, Ces grandes caisses sont d'ailleurs très-stables sur la voie et n'éprouvent guère le mouvement do lacet.

Sur les chemins de fer da^ i'itals-Lilis, il n'v u vu 1 1 dans le principe qu'une seule classe de \va-

ure il'iiii viiveai fi lir, ilil Silici' P<ilac<' (ai

I,A NATUIïE.

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IMan dii dijjLrjljiitinii d'un w^ou liôttjl du .V-w A itrk criitr;il.

llli. lianrjuettps à tlt^ux places.

— Jl lt'. Sii:£(^ pour 1rs amil'hni'^ du train ou les dol]]l^tiqncs. — C'0 r . Com[!:irliinrntsît trois places. — 111V.

E'aliiM-s i:\téri»:m>. — F, Comlini'limnnt dt i s liunriii-s. - 11.

t'niil.iino d>au daeôo. — L, J.avalio. — R. Ajijiaj-til do cliaulïnfxe. ■ V. Cuisine. — WW. Watei'-closet.

çons. Tous les vovafreurs étaient confondus, quelle que fût leur situation sociale. Quand les railwavs s'étendirent à travers tout 11: continent , les gens riches demandèrent, non point d'être isolés de la foule du public , niais d'obtenir , contre payement un peu plus de eomfort. (l'est ainsi que les compagnies établirent des wagons-hôtels et. des wagons-restaurants. Ces derniers ont eu peu de succès, car, après tout, les trains ont toujours des arrêts obligatoires d'assez longue durée, et la voyageur préfère en profiler pour prendre ses repas tranquillement assis devant «notable immobile.

Les wagons à lits sont adoptés au contraire sur toutes les grandes lignes.

Le jour, ils ne se distinguent des wagons ordinaires que par une installation plus luxueuse; le soir, les banquettes disparaissent pour faire place à des couchettes superposées deux à deux comme dans les paquebots, (le sont des lits avec draps, couvertures , oreillers et rideaux. Le matin, chacun va à tour de rôle faire sa toilette au lavabo commun. Puis le domestique du wagon remet tout en place pour la journée.

A certaines époques, tl y a eu de ces wagons-hôtels qui partaient deux fois la semaine de i\ew - York pour Francisco. On pouvait monter en wagon à New- York et ne descendre qu'à San Francisco, six à sept jours après.

Le lecteur se demande sans doute à quel point une pareille organisation devrait être imitée eu Europe. .Notons d'abord que le besoin ne s'en fait inière sentir. Pour les

voyages de courte durée, la forme du véhicule importe peu , pourvu que l'on v soit commodément assis et abrité contre la poussière. Pour les trajets très-longs, il n'est pas certain que les grands wagons américains, avec leurs chevilles ouvrières, se prêteraient aux vilesses de 00 à 80 kilomètres à l'heure qu'atteignent nos trains express. La réunion de tous les voyageurs en une seule salle contrarierait bien des personnes. Nos mœurs n'ont pas toujours la discrétion nécessaire à cotte vie commune , quoique nous soyons dans les relations sociales plus polis et moins rudes que d'autres. Assurément il n'y a pas de raison suffisante pour engager les grandes compagnies à transformer tout leur matériel à la mode américaine; mais il est désirable qif elles essayent pour les trains de nuit quelque chose d'analogue aux wagons-lits des Etats-Unis et que, pour l'hiver, elles trouvent, comme les compagnies américaines, le moyeu de chauffer avec des poêles leurs wagons de toutes classes.

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