‹ La Nature 1873Chapitre 66 sur 171 · CITRON [QUE · texte numérisé non relu

CITRON [QUE

I,<- niêtôorïlr. tl'IIiiEI, — |,e 7 juilIcL dernier, la ville d'Itull, ilile aussi K'niijaloii-upim-HiiU, silure en Angleterre (York), au continent île l'Ihimher el de l'Huit, a été- mise, en émoi par le passade flans le firmament d'un météore d'un éclat inusité. L'aérulillie a décrit dans le ciel une courbe majestueuse, s'éteudanî sur un arc de deux ou dois degrés; malgré l'heure avancée de la nuit (I li. 10), un grand iioinljre d'habitants mil pu observer cet imposant phénomène. La lumière projetée par le météore était d'une Uuicïlé extraordinaire; cite a l'ail sentir son action pendant plus de cinq minutes. La trace lumineuse, d'un titane éblouissant, paraissait traverser le carré des étoiles de la constellation de lu petite Ourse.

I.tn torpilles pi-iiM^it-nncs. — Nous avons récemment parlé des r.onslrrjctions navales de fa Prusse (voyez p. ib). lui des derniers numéros de la Gazette d'Augs- Iwttry nous donne des renscigncuiriilK sur une nouvelle, torpille offensive, quia été expérimentée d'après les ordres du gouveruementimpérial. Celle torpille est tancée par une chaloupe canonnière dans la direction voulue, cl fait explosion ii un moment donné quand elle a été dirigée vers te navire ennemi qu'il s'agit d'atteindre. Do nouvelles expériences vont être exécutées en pleine nier, et la division de.s torpilles de la marine pensionne attend un plein succès de ces essais.

Ascension** siéoriistatïifues. — Dans le courant des mois de juin el juillet, M. Eugène- Godard a fait une série de campagnes aéruslatiqiics fort intéressantes. Le il) juin, le célèbre aéronaute a exécuté une fort belle ascension ii bijou, avec son ballon le Métt'ure. 11 est descendu tout près de la gare de Langées, après avoir atteint l'altitude de 5, (ICI) mètres, hauteur à laquelle les vovaguurs ont contemplé un admirable coucher du soleil; l'astre disparaissait majestueusement dans un océan "de brumes aussi rouges que le sang, et dent l'éclat étail tellement intense qu'on eût dil des plaques de fer incandescent. — Le G juillet, M. Eugène Godard s'élevait dans les airs devant les habitants de. ïroyes, et le lii, il recruiuneiiçail une troisième, ascension il lîeims. — L'aérostat dans ce dernier voyage a été saisi à 2, SOU incires d'altitude par un vent violent <p.u l'a cubaine avec une. vitesse de 1,001) mètres à la minute. Le ballon, en effet n'a pu rester en l'air qu'une demi-heure, et il est descendu à 30 kilomètres de Reims à Saint-Gerniainmout, canton d'Asfeld, arrondissement de Hethel.

ACADÉMIE DES SCIENCES

Séante lia 21 juillet IS73. — Présidence de M. de QiuTnr.iïAGKS.

Tout chemin mène à Rome. M. Ferdinand de Lcsseps arrive à l'Institut par le canal de Sue^. La première classe s'est honorée en s'adjoignant le célèbre ingénieur qui a fait de la plus grande traversée du monde

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une exeursiun de cabotage ; aussi, malgré la chaleur lorride que nous subissons, tous lis membres valides de l'Académie ont— ils eu à c.cur de prendre pari au scrutin. La place que se disputaient les candidats, d'ailleurs nombreux, était celle A' académicien Libre, laissée vacante par le récent décès de M. A. de Verneuil. Le nombre des votants étant de 60, 33 voix se sont portées sur ,\l. de Lesseps ; M. Bréguet a obtenu ai suffrages, et M .M . du Sloncel, .lacqmm et Sédillot, chacun 1 .

Après une communication de M. lîouillaud sur la suite de ses études du cerveau, la nitrilication de la terre arable occupe le savant et sympathique directeur de l'École d'application des tahics. L'acide azotique, on le sait, se l'orme aux dépens de l'air contenu dans la terre, mais ce que M. Schlœ-iug démontre, c'est que la quantité d'acide produit n'est pas proportionnelle à celle do l'oxygène que cet air contient.

La terre étant imprégnée d'air normal, le phénomène de la nitrilication en opère en quelque socle l'analyse et ne s'arrête qu'au moment où la proportion d'oxygène est. descendue à 1 1/2 p. 0/0. De plus, on constate que l'énergie de la îiitriticatiun va en croissant quand cette proportion passe progressivement de zéro à 16 p. 0,(1. Mais de '16 à 21 p. 0/0 (qui est la proportion normale) elle diminue très-sensiblement. C'est là un fait très-inattendu et d autant plus intéressant, qu'il trouve son analogue exact dans la combustion spontanée, des matières organiques dans la terre arable.

— Même, si vous n'étiez pas disposés à suivre M. le général Didion dans l'analyse mathématique à laquelle il se livre, rien ne tous sera plus facile que de. répéter la curieuse expérience qu'il fait devant l'Académie. Placez horizontalement un miroir et déposez-y (la convexité en dessous) un verre do montre très-bombé. Interposa/, une goutte d'eau entre le verre et le miroir, puis inclinez le dernier peu à peu.

Au Heu de glisser le long du plan comme on aurait pu s'y attendre, le verre se met à rouler de droite ù gauche, ou inversement le long d'une ligne qui semble sensiblement horizontale : l'expérience est très-intéressante, et l'effet observé s'explique très-simplement... par des calculs très-compliqués.

— Les intéressants articles, publiés ici même par M. Vignes, sur le terrible parasite, le phylloxéra vastatrix, permettront à nos lecteurs d'apprécier l'importance du fait que signale aujourd'hui M. Dumas au nom de M. Cornu. Un sait que deux sortes très-distinctes ii: phylloxéra ont été signalées : celui des racines et celui des feuilles, qui est incomparablement plus rare. M. Cornu a placé une feuille infestée de ce dernier dans un vase où se trouvait un cep jeune et absolument sain, comme le montrait la terminaison régulièrement conique de. ses radicelles. En très-peu de temps, cette vigne fut attaquée, et les radicelles se recouvrirent des gihbositcs caractéristiques : le phylloxéra des feuilles est donc le même que le phylloxéra des racines.

— « Tout cela est bel et bon, interrompt JI. Le Verrier, mais voilà bien des communications mrle phylloxéra, et en définitive ses ravages continuent toujours. Y a-t-il dans les travaux faits, quelque chose qui ressemble à un remède? car c'est là le point... »

M. Dumas l'ait observer qu'à côté de la question pratique, il y a lo problème scientifique. — D'ailleurs, on peut ajouter que, dans le Midi où l'on a fait comparativement l'essai des innombrables méthodes proposées, toutes ont échoué... sauf une : celle qui consiste à arroser la vigne avec de

l'urine contenant un peu de sulfure de potassium. L'ammoniaque est à la fois un poison pour l'insecte et un engrais pour la plante ; il y a peut-être lieu de fonder quelque espérance sur ce procédé. — Cela serait d'autant plus désirable que les cultivateurs sont dans la plus profonde consternation, bien que la récolle actuelle se présente, trèsbien. Leur opinion unanime est que si nn remède efficace n'est trouvé proiiiptcment, lu vigne est destinée à disparaître de France dans un très-petit nombre d'années !

SïAsisiAs Meunier.

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