LA PLANÈTE MARS
D'AHlfti LES I>rHMÈllLS OBiJEhV^TIONS AhT[«ONOH]Ql - ES.
ÉTUDE DE SA GtOGHAI'H[Ë ET DE SES CONDITIONS l>'nAB[TAIÎII.nÉ.
La période d'observation qui vient île s'écouler, pour la planète Mars', m'a permis de compléter sur cette planète des études commencées pendant les oppositions de 1869 et 1867. C'est le 27 avril dernier qu'elle est passée juste derrière la Terri;, et que sa lumière était la plus vive. Dès les premières observations, j'ai constaté qu'elle nous présentait son pôle nord, très-ineliué vers nous et marqué par une tache blanche, peu étendue, l'urinant uti peint brillant à la partie inférieure du disque (image renversée dans laluncttuasl rononiique). Les taches oereuses qui représeutent les continents, cl les taches gris ventât re qui représentent les mers se dessinaient sous une forme plus ou moins accentuée, selon la transparence de l'air et selon les heures du soir.
l'our que l'observation de Mars puisse donner de bons résultats, deux conditions sont requises , outre sa proximité relative à l'époque de son opposition. 11 faut que l'atmosphère de la Terre
soit pure dans le lieu de l'observation, et il faut aussi que l'atmosphère do Mars ne soit pas chargée. En d'autres termes, il faut que le temps soit au beau pour les habitants de cette planète. En effet, Mars est enlouié comme la Terre d'une atmosphère aérienne, qui de temps eu temps se couvre de nuages aussi bien que la nôtre. Or ces nuages, en se répandant nu-dessus dos continents et des mers, forment un voile blanc qui nous les cache totalement ou partiellement. L'élude de la surface de Mars est, dans ce cas, difficile ou même impossible. Il serait aussi stérile de chercher à distinguer cette surface, quand le ciel de Mars est couvert, que de chercher à distinguer les villages, rivières, routes ou chemins de fer de la France, lorsqu'on la traverse en ballon au-dessus d'une opaque couche de nuages. On voit par là que l'observation de cette planète n'est pas aussi facile qu'on le supposerait à première vue. De plus l'atmosphère terrestre la plus pure, la plus trauspa-
1 Yoy. [i. 3.
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rente, est ordinairement traversée de fleuves d'air, chauds ou froids, coulant en différentes directions audessus de nos tètes, si bien q tic par la nuit la plus calme, il est presque impossible d'arriver à faire un dessin passable d'une planète telle que Mars, l'image vue dans la lunette étant ondulante, tremblante et diffuse. Je suis persuadé que si l'on comptait rigoureusement les heures pendant lesquelles l'observation de cette planète a été parfaite, quoique sa période d'opposition arrive tous les doux ans et que les lunettes soient inventées depuis plus de deux siècles et demi, on formerait peut-être à peine, une semaine d'observation constante.
Malgré ces lâcheuses conditions, la planète de la guerre est la mieux connue de toutes (l'art infâme qu'elle symbolise a été, il est vrai, le plus cultivé et le plus honoré sur la terre, mais cette innocente planète n'eu est pas responsable).
Seule la lune, grâce à sa proximité et à sou absence d'atmosphère et de nuages, a été l'objet d'une étude plus particulière et plus assidue, de telle sorte que sa géographie, ou pour parler plus exactement, la siilénoqraplde , est aujourd'hui complètement déterminée. L'hémisphère lunaire qui nous regarde est mieux connu que la terre même; ses vastes plaines désertes sont estimées à un hectare près ; ses montagnes et ses cratères sont mesurés à dix mètres près, tandis qu'il y n, sur la terre, ôO millions de kilomètres carrés (60 fois l'étendue de la France), que le pied de l'homme n'a jamais foulés, que son regard n'a jamais visités. Mais après la lune, c'est Mars qui est le mieux connu de tous les astres. Aucune planète ne peut lui être comparée, Jupiter, la plus grosse, Saturne, la plus curieuse, toutes deux beaucoup plus importantes que lui et jilus faciles à observer dans leur ensemble à cause de leurs dimensions, sont envelojipc.es d'une atinosjihère constamment chargée de, nuages, de sorte que nous ne voyons jamais leur surface. L'ranus et Neptune ne sont que des points brillants. Mercure est presque toujonrs éclipsé comme les courtisans dans les rayonnements du soleil ; Vénus, Vénus seule, pourrait être comparée à Mars t : elle est aussi grosse que la terre, et par conséquent deux fois jdus large que Mars en diamètre, elle est plus proche de nous et peut même venir à moins de dix millions de lieues d'ici. Mais elle a un défaut, c'est de graviter entre le soleil et nous, de sortoqu'à
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sa plus grande proximité, son hémisphère éclairé étant naturellement toujours du coté du soleil, nous ne voyous que son hémisphère obsi-ur, horde d'un milice croissant fou pour mieux dire, nous ne le voyons pas). Il en résulte que sa surface est plus difficile à observer que celle de Mars. Ainsi, c'est Murs qui l'i;m.pnrlc, et c'est de toute la t.imille du soleil, le. personnage avec lequel nous louons le plus tôt connaissance.
Remarquons à et; propos (pie la Terre est pour Mars dans le même cas que Vénus pour nous, et pour Vénus dans le même ras que Mars pour nous. Nous connaîtrons plus tôt la géographie de Mars qu'il ne connaîtra k nôtre, et tandis que nous ignorons encore celle de Vénus, sans doute les astronomes de Vénus connaissent maintenant parfaitement la géographie de la terre.
Lu géographie de Mars, disons nous, ou, pour parler plus exactement, 1 aréfi'jmjihie, a déjà pu èlre étudiée et dessinée. Ce qui frappe le plus au premier abord dans l'examen de l'ensemble de la planète, c'est que ses pôles sont marqués comme ceux de la terre par deux zones blanches, par deux culottes de neige. Le pôle nord comme le pôle sud sont même parfois si brillants qu'ils paraissent dépasser le bord de la planète, par suite de cet effet d'irradiation qui nous montre un cercle blanc plus grand qu'un cercle noir de mêmes dimensions. Ces glaces varient d'étendue ; elles s'amoncellent et. s'étendent autour de chaque pôle pendant son hiver, îandis qu'elles iondent et se retirent pendant l'été. Dans leur ensemble elles s'étendent plus loin que les nôtres, et parfois descendent jusqu'au -i5' ; degré de latitude, e'est-àdire jusqu'aux contrées qui correspondent à l'emplacement de la France sur la terre.
Ce premier aspect de la planète, lui donne une analogie avec la notre, connue division de ses climats eu zones glaciales, tempérées et torrides. L'examen de sa topographie montre au contraire une dissemblance assez caractéristique entre la configuration de ce globe et celle du notre.
lin effet, sur la terre, il \ a plus de mers que de continents. Les trois quarts du globe sont couverts d'eau. La terre ferme est principalement composée de trois vastes lies, de trois continents, l'un «'étendant de long eu large, de l'ouest à l'est, et formant l'Europe et l'Asie, le deuxième, placé au sud de l'Europe, comme un V aux angles arrondis, et formant l'Afrique ; le troisième s'éiendalit sur l'autre face du globe, de haut eu bus, du nord au sud, et formant les deux grandes terres d'Amérique simulant aussi deux V superposés. Si l'on ajoute le polit continent d'Australie placé au sud de l'Asie, on a l'ensemble de la configuration du globe.
Il n'en est point de même à la surface de Mars. Il y a plus déterres que de mers, et au lieu d'être des îles émergées dit sein de l'élément liquide, les continents semblent plutôt réduire les océans à de simples mers intérieures, à de véritables mediterranées. Il n'y a point là d'Atlantique ni de Pacifique, et le tour du
monde peut presque s'y faire à pied sec. Les mers sont des mediterranées, découpée.'- eu golfes Taries, prolongés çà et là en un grand nombre de brus s'ékuiçant comme noire mer Rouge à travers la terre ferme : tel est le premier caractère de l'aréograjiliie.
Le second, qui suffirait aussi pour faire reconnaître Mar> d'assez, loin, c'est que les mers sont étendues dans l'hémisphère sud, entre l'équateur et le pôle, d'une part; d'autre part, en moins grande quantité' dans l'hémisphère, nord ; et que ces mers australes et septentrionales sont reliées entre elles pur un filet de. m. Il y a même sur la surface entière de Mars Irois filets d'eau allant du sud au nord; mais comme ils sont fort éloignés l'un de l'autre, ou ne peut guère en voir qu'un à la fois d'un même côté du globe martial. Ces mers et cette passe, qui les réunit forment un caractère très-distinctif île la planète, et il est rare qu'on ne l'aperçoive pas en mettant l'œil au télescope..
Les continents de Mars sont teintés d'une nuance rouge ocreuse, et ses mers se présentent à nous sous l'aspect de taches d'un gris vert accentuées encore par nu effet de contraste du à la couleur des continents. La couleur de l'eau martiale parait donc être la même que celle de l'eau terrestre. Quant aux 1 erres, pourquoi sont-elles rouges 1 .' Ou avait d'abord supposé que cette teinte pourrait être due à l'atmosphère de ce monde. De ce que notre air est bleu, rien ne prouve en effet que celui des autres planètes doive avoir la même coloration. Il serait donc possible de supposer celui de Mars rouge, Les poètes de ce pays célébreraient cette nuance ardente au lieu de chanter le tendre azur de nos cieux ; au heu de diamants allumés à la voûte azurée, les étoiles y seraient des feux d'or, ilambovant dans 1 éeai'late ; les nuages blancs suspendus dans ce ciel rouge, les splendeurs des couchers de soleil centuplées, ne laisseraient pas de produire des effets non moins remarquables que ceux que nous admirons sur notre globe subluuaire.
Mais il n eu est rien. La coloration de Mars n'est pas due à son atmosphère, car, quoique ce voile s'étende sur toute la planète, ses mers ni ses neiges polaires ne subissent pus l'influence de celte coloration, et Arago, en prouvant que les borda delà planète sont moins colorés que le centre du disque, a montré que cette coloration n'est pas due à l'atmosphère; cardans ce cas, les rayons réfléchis par les bords de la planète pour venir à nous, ayant plus d'air à traverse!' que ceux qui nous viennent du centre, seraient au contraire plus colorés que ceux-ci.
Cette couleur caractéristique de Mars, visible- à l'uni nu, et qui sans doute esl cause de la personnification guerrière dont les anciens ont gratifié celte planète, serait-elle due à la couleur de l'herbe et des végétaux qui doivent couvrir ses campagnes '! Aurait-on là-bas des prairies rouges, des forêts rouges, des champs longes? Nos bois aux douces ombres silencieuses y seraient-ils remplacés par des arbres au feuillage rubicond, et nos coquelicots éearlates seraient-ils l'cm-
blême de la botanique martiale? On peut remarquer eu effet qu'un observateur placé sur la Lune ou même sur \éuus, verrait nos continents fortement teintés de la nuance verte. Mais eu automne, il verrait cette nuatioe s'évanouir sous les latitudes où les arbres perdent leurs feuilles : il verrait les champs variés de nuances, jusqu'au jaune d'or, et ensuite la neige couvrir les campagnes pendant des mois entiers. Sur Mais, la coloration rouge est constante, et on la remarque sous toutes ses latitudes, aussi bien pendant leur hiver que pendant leur été. Elle varie seulement suivant la transparence de son atmosphère et de la nôtre. Cela n'empêche pas cependant que la végétation martiale ne doive entrer pour une part dans cette nuance générale, qui est due dans sou ensemble a la couleur même des terrains de cette planète. Maïs ces terrains ne peuvent pas être dénudés partout comme les sables du Sahara. Us sont trèsprobablement recouverts du ne végétât ion que hinuque et connue ce n'est pas l'intérieur des terrains mais leur surface que nous vovous, il faut que le revêtement de cette surface, que la végétation, quelle qu'elle soit, ait pour couleur dominante, la couleur rouge, puisque toutes les terres de Mais offrent ce curieux aspect.
Nous parlons des végétaux de Mars, nous parlons des neiges de ses pôles, nous pailons de ses mers, de son atmosphère et de ses nuages, comme si nous les avions vus. Sommes-nous autorisés à créer toutes ces analogies? En réalité, nous ne vovous que des taches rouges, vertes et blaiehes, sur le petit disque de cett " plauèle: le ronge est-il bien de, la terre ferme, te vert est-il bien de l'eau, le blanc e.at-il bien de la neige?
Oui, maintenant nous pouvons l'affirmer. Pendant deux siècles on s'est mépris sur les taches de la lune que l'on prenait pour des mors, tandis que ce ne sont que d'immobiles déserts, plages désolées où nulle brise ne souille jamais et que nul mouvement ne saurait animer. Mais nous ne sommes pas dans le même cas pour 1 interprétation des taches de Mars. Voici pourquoi :
L'aspect invariable de la Lune ne nous montre .jamais le plus modeste nuage à sa surface, et les occullatinus d'étoiles ne décèlent pas lu plus légère trace d'atmosj hère L'aspect de Mars, au contraire, varie sans cesse. Des taches blanches se déplacent sur sou disque, nvdiliaiit trop souvent sa configuration apparente. Ces faciles ne peuvent donc être que des nuages. Les taches blanches de ses pôles, augmentent ou diminuent suivant les saisons, exactement comme nos glaces circumpolaires terrestres, qui offriraient précisément le même aspect et les mêmes variations à un observateur placé sur Vénus. Doue ces taches blanches polaires martiales sont, comme, les nôtres, de l'eau glacée. Chaque hémisphère de Mars est plus difficile à observer pendant sou hiver que pendant son été, étant souvent couvert de nuages sur sa plus grande partie : c'est précisément aussi ce qui se présenterait pour la terre ù notre observa-
teur do Vénus ; tout le monde sait que le ciel est plus souvent couvert un hiver qu'en été, et qu'il y a des semaines entières où les brouillards ou les nuages nous cachent à la vue du ciel. Mais les nuages de Mars, à quelle cause sont-ils dus ? Evidemment, comme les nôtres, à l'évaporalion de l'eau. Et les glaces? Evidemment aussi à la congélation de l'eau. Mais est-ce la même eau- qu'ici? 11 y a quelques ailnées, celle question fui restée insoluble. Aujourd'hui il est possible de la résoudre.
Les merveilleux procédés de la spectroscopie ont été appliqués à l'étude îles planètes, principalement par le savant physicien anglais lluggins'.
Les planètes réfléchissent la lumière qu'elles reçoivent du soleil ; lorsqu'on examine le spectre de leur lumière, on retrouve le spectre solaire, connue s'il était réfléchi parmi miroir. En dirigeant le spec^ troscope sur .Mars, on constate d'abord dans les rayons lumineux émis par cette planète une identité parfaite avec ceux qui émanent de l'astre central de notre svstème. Mais eu employant des méthodes plus minutieuses, M. Iluggins trouva pendant les dernières oppositions de la planète, que le spectre de Mars est traversé, dans la zone orangée, par un groupe de. raies noires coïncidant avec les lignes qni apparaissent dans le spectre solaire au coucher du soleil, quand la lumière de cet astre traverse les couches les plus denses de notre atmosphère. Or ces raies révélatrices sont-elles causées par notre propre atmosphère? Pour le savoir, on dirigea le spcclroseope vers la lune, qui se trouvait alors plus près de l'horizon que la plauèle. Si les raies dont il s'agit étaient causées par noire atmosphère, elles auraient dû su montrer dans le spectre lunaire comme dans celui de Mars, et même avec plus d'intensité. Or elles n'v lurent même pas visibles. Doue elles apparten ient évidemment à l'atmosphère de liars.
L'atmosphère de Mars ajoute dune ces caractères particuliers à ceux du spectre solaire, cu'actères établissant que celte atmosphère est analogue à la nôtre. Mais quelle est la substance atmosphérique qui produit ces lignes accusatrices? En examinant leur position, on constate qu'elles ne sont pas dues à la présence de l'oxygène, de f'a/ote ou de l'acide carbonique, uiaisà la vapeur d'eau. Donc il y a de, la vapeur d'eau dans t'atmosjihère du Marx, comme dans la nôtre. Les taches vertes de ce globe sont bien des mers, des étendues d'eau analogues aux eaux terrestres. Les nuages sont bien des vésicules d'eau comme ■ elles de nos brouillards, les neiges sont de l'eau sol difiée par le froid. Il y a plus, celle eau révélée par le spectroseopo étant de même composition ch niique que la mitre, nous savons qu'il y a là aussi de l'oxvgène et de l'hydrogène.
• Sous nions appris avec plaisir, que. lu Icclnrn de nus on vrages, la Pluralité tics mondes it 1rs Mondes imaginaires, a spécialement engagé cet illustre physicien à appl quer la spuclroseopi ■ à l'analyse des .iluiosphê.i-es planétaires et de leur coni.litu.iion chimique. (Cm redondance anglaise du Cosmos, octobre l^oi, p. 315 et 1807 pa&smt.)
Ces documents importants nous permettent (la former une idée de la météorologie martiale, cl de voir en elle mie reproduction très-ressemblante du celle de la planète que nous habitons. Sur Mars comme sur la lirn 1 ,, le soleil est l'agent suprême du mouvement et de lu vie ; là comme ici son action détermine des résultats analogues. Lu chaleur vaporise l'eau des mers et l'élève dans les hauteurs de l'atmosphère. Celle vapeur d'eau revêt une forme visible par le même procédé i|ui produit nos nuages, c'est-à-dire par îles différences de température et de saturation. Les vents prennent naissance par ees mêmes différences de température. On peut suivre les nuages emportés par les courants aériens sur les mers et les continents, et maints observateurs ont pour ainsi dire déjà photographié ees variations météoriques 1 .
Si l'on ne voit pas encore précisément la pluie tomber sur les campagnes de Mars, on la devine du moins, puisque les nuages se dissolvent et se renouvellent. Si l'on ne voit pas non plus la neige tomber, nu la devine aussi, puisque comme chez nous le solstice d'hiver, y est entouré île frimas. Ainsi il v a comme ici une circulation atmosphérique, et la goutte d'eau que le soleil dérobe à la mer y retourne après être tombée du nuage qui la recelait. Il y a plus. Quoique nous devions nous tenir solidement en garde contre toute tendance à créer des inondes imaginaires à l'image du mitre, répondant celui-là nous présente comme dans no miroir une telle similitude organique qu'il est difficile de ne pas allrr encore un peu plus loin clans noire description.
fin effet, l'existence des continents et des mers nous montre que cette planète a été comme la nôtre le siège de mouuanenls géologiques intérieurs, qui ont donné naissance à iL s soulèvements de terrains et à des dépressions. Il y a eu des tremblements ni. des éruptions modifiant la croule, primitivement ■unie du globe. Par conséquent, il y a des monta. lies ot des vallées, des plateaux, et des bassins, rtosrawus escarpés et des falaises. Comment les eaux pluviales retournent-elles à la nier'? Par les sources, les ruisseaux, les rivières et les fleuves. Ainsi il est difficile de ne pas voir sur Mars des scènes analogues à celles qui constituent nus paysages terrestres : ruisseaux gazouillants courant dans leur lit de cailloux dorés
1 Le 18 uelabru 18ti2, 11 g heures 13 iniiiule.-i du suii-, le P. Secclii ubiefvusur li planète M-n-s une t-elie en l'orme île tourbillon , qu'il dessina séiui.-o lennnle, el qui donne tout ù t'iit l'idée il un vasle cyclone. Le. la onlolire de Li munie année, àl. Lorkver, en Auf. r li lunv, reiii;il'i[ii;i ver* 10 heures ilu suir qu'une jiirlie du continent, qui mirait du cire, visible, était cachée pur un loue; voie lilaue, qui s'éleudil ensuite sur l' Océan voisin. Le munie soir, anri's mimai, M. t);o\es remarqua aussi cette traînée de ouates; qui occupait Eilnrs une place tisse» éloignée, au sud. î'eailiuit l'oiquisitiim de lSïii, j'ai souvent remarqué que, rln joui- nu lendemain, à lu même heure mulhule et dans les mêmes cniutillons optiques, l'aspect de la planète était smgutièrciueiil cha:-e:é, C'est ainsi que le '2 ; 2 juin, à 9 heures du soir, une vaste menée nuageuse, étendue vois l'équateur, lui donnait un certain air de ressemblance avec Jupiter.
par le soleil, rivières traversant les plaines en tombant en cataractes au fond des vallées, fleuves descendant lentement à la mer sur leur lit de sable fin. Les rivages maritimes reçoivent là comme ici le tribut dos canaux aquatiques, et la mer y est tantôt calme comme un miroir, tantôt agitée par la tempête ; seulement elle n'y est. jamais animée du mouvement périodique du flux el du reflux puisqu'il n'y a point de lune pour le produire. Du moins les marées causées par l'attraction du soleil n'y sont pas aussi sensibles que c -Iles qui sont déterminées chez nous par l'attraction combinée des deux astres.
Ainsi donc, voilà dans l'espace, à quelques millions de heues d'ici, une terre presque semblable à la notre, où tous les éléments de la vie sont réunis aussi hieuqu'auloiii de nous : eau, air, chaleur, lumière, vents, nuages, pluie, ruisseaux, vallons, montagnes. Pour compléter la ressemblance, nous remarquerons ■ encore que les saisons y ont à peu près lu même infi-nsité que sur la terre, l'axe de rotation du globe étant incliné! de 27 degrés (l'inclinaison est de 2." degrés pour la terre). La durée du jour y est de -10 minutes supérieure à la nôLre. Devant cet ensemble, es! il possible un instant de s'arrêter à la constatation de ces éléments et de ces mouvements, sans songer, uix effets qu'ilsonldîi et qu'ilsdoh'fint produire? Les conditions physico-cliimiques, qui ont donné naissance aux premiers végétaux apparus à la surface de notre globe étant réalisées là-bns comme ici, comment uuraienl-elles pu se trouver en présence sans agir d'une manière ou d'une autre 1 .' sous quel prétexte scientifique poinrions-notis imaginer un empè -heinent arbitraire à la réalisation de ces résultats'? Il faillirait en effet une interdiction incompréhensible un veto suprême, quelque, chose comme un miracle permanent d'anéantissement , pour empêcher les lavons du soleil, l'air, l'eau et la terre (ces quatre éléments devinés par les anciens) d'entrer à chaque instant dans l'évolution organique : tandis que la moindre gouttelette d'eau se peuple ici de myriades d'animalcules, tandis quel'Océau est le séjour de milliers d'espèces végétales et animales, quels efforts ne faudrait-il pas à la raison, pour imaginer qu'au milieu de pareilles conditions vitales, le monde dont nous nous occupons puisse rester éternellement à l'état d'un vaste et inutile désert.?.,.
Camille Fiaiijlvmox.
— La suite. pn> haiiiemerit. —