‹ La Nature 1873Chapitre 72 sur 171 · LES AIMANTS · texte numérisé non relu

LES AIMANTS

il; \\ vrx m: vi. .ta \u\.

L'action exercée par la pierre, d'aimant sur la limaille de fer, action qui se manifeste par 1 adhérence de celle-ci, est un phénomène qui depuis qu'il est

1 Voyez, pour plus amples rlé.inîls, te Tour du Monde, 1S75, pa^e 56(i.

connu, a appelé l'attention des observateurs qui ont cherché à étudier 1er lois auxquelles elle obéit. Mais cette action même, est restée sans application jusqu'à l'époque, actuelle. C'est une autre propriété des corps aimantés, celle de se diriger suivant une ligne déterminée en chaque point du globe, qui les fait employer dans les boussoles : nous ne citerons que pour mémoire les électro-aimants employés dans les télégraphes et les moteurs électriques, et qui se rattachent aux phénomènes produits par les courants plutôt qu'au magnétisme, puisque l'on sépare encore les ei'i'ets produits par ces deux agents malgré l' issinulation qu'en a faite. Ampère.

Mais si les attractions dues aux barreaux aimantés sont restées à l'élat. d'expériences de cours et n'ont point donné lieu à des applications pratiques, ce n'est pas à dire que. ces barreaux ne soient fréquemment employés; seulement c'est une tout autre propriété que l'on mol en jeu, celle de développer des courants d'induction dans des circuits métalliques voisins : ces courants peuvent servir à faire marcher des télégraphes, à décomposer des dissolutions métalliques, à produire tous les effets des courants des piles; niais c'est surtout à obtenir la lumière électrique qu'ils servent; nous rappellerons, à cet égard, les belles machines de la compagnie V AU lia lier, qui sont appliquées, entre autres, aux phares de la llèvo. Il est. facile do concevoir que les effets produits sont d'autant plus intenses que les aimants emploies sont plus forts.

Cette question des courants d'induction produits par des aimants n'est pas celle dont nous voulons nous occuper aujourd'hui : nous voulions montrer seulement l'intérêt qui s'attache à la production d aimants énergiques.

Jusqu'à ces derniers temps, la fabrication des aimants semblait abandonnée à la routine, et les divers pays de l'Curopc se trouvaient tributaires de la ville de Harlem, où l'on s'adressait invariablement lorsque l'on voulait avoir un aimant puissant. Malgré les belles recherches de Coulomb, de Biot... rien ne déterminait les conditions dans lesquelles nu devait se placer pour li forme à donner à l'aimant, les dimensions qu'il devait avoir, eu vue d'une puissance déterminée; on savait seulement qu'un bon aimant portait environ dix fois son poids. Quant au mode d'aimantation, c'était une question du tour demain.

Depuis quelque temps les travaux sur le magnétisme sont revenus à l'ordre du jour et plusieurs mémoires ont été adressés à l'Académie, des sciences sur ce sujet, : parmi ces recherches, il importe de citer spécialement celles de M. Jamiii, qui l'nnt conduit à la production d'aimants puissants.

Ce savant, dont le îioni est également connu du publie parisien comme celui d'un habile professeur, avait établi un appareil destiné à rechercher le mode de distribution du magnétisme : il évaluait l'intensité du magnéiisme eu un point d'un barreau, en mesurant la force nécessaire pour en arracher une petite sphère de fer doux. Armé de ce moyen d'investigation,

LA NATURI

M. Jamin «tendit les recherches auxquelles il s'était, d'abord hoi'iié ; it voulut S'' rendre compte de ce qui se pusse lorsqu'on approche un 1er doux d'un .dînant. Eu variant les conditions d'exp i iences, guidé d'ailleurs par des idées théoriques, M. Jarain arriva à mettre en évidence l'existence de ce qu'il appelle la condensation maqnétiijie: cette action, dans le détail de laquelle nous ne voulons pas entrer, serait analogue à celle que l'on observe dans la bouteille de I.cyde pour 1 électricité et permet d'augmenter dans des limites assez étendues la quantité de magnétisme développé Mi' un aimant.

D'autre part, M. Jamin étudiait les différences dans Sa force magnétique que l'on peut communiquer à un pouls donné de 1er suivant la foi me sous laquelle on Se prépare : il put ainsi se rendre compte de l'avantage qu'il y a à composer un barreau aimanté de plusieurs lames minées superposée*. La nature de. l'acier, sou degré de trempe, inlluent Çur la forée d un aimant ; mais jusqu'à présent o/ ne savait rien de positif sur les conditions dans lesquelles ou devait se placer. Les travaux que nous analysons sommairement ont mis en évidence ce fait remarq able que le degré de trempe, de revenu ou de recuit que l'on doit chercher à al teindre n'est pas uniforme et qu'il dépend de l'espèce d'acier employé : ainsi sont expliqués les incertitudes des constructeurs, les insuccès des nus et les réussites des autres. Ou saura actuellement, par la nature du barreau employé, le degré île Irempo le plus convenable.

On peut se rendre compte, parce qui précède, de l'intérêt qui s'attache aux recherches de .11. .lamin. Nous terminerons en disant que tous le- détails de la fabrication des aimants lurent ravaillés avec- som et que M. Jamin put présenter dernièrement à l'Académie des sciences un aimant, construit d'après les indications fournies par ses travaux et qu'il estime être le [dus fort qui ait été construit jusqu'à ce jour : cet aimant est capable de supporter un poids de îiOO kilogrammes et lui-même ne pèse, que 50 kilogrammes,

Sera-t-il possible d'obtenir des barreaux aimantés d'une [dus grande puissance? Nous l'ignorons et nous ne voyons pas, dans les conditions actuelles, quelle en serait l'utilité, au moins 1 utilité directe et immédiate : il nous parait au contraire fort intéressant de savoir que désormais, par suite des travaux de M. Jamin, on pourra construire rationnellement des aimants produisant le maximum d'odeî dont ils sont susceptibles, et que les machine- d'induction seront, plus énergiques sous un même poids, ou plus légères pour une même énergie.

Il faut espérer que le savant membre de l'Institut continuera ses recherches et qu il dépassera le but qu'il a atteint, car si nous ne voyons pas l'utilité immédiate de la production de très-'orts aimants, nous savons que les recherches théoriques qui sembbiieiit d'abord les plus abstraites, non-seulement ont souvent provoqué des nouvelles découvertes théoriques, mais ont aussi été le point de départ

d'applications pratiques dont quelques-unes ont eu une influence considérable sur le développement do la civilisation, (lui peut prévoir toutes les conséquences que bon pourrait déduire de la production d'aimants d'une énergie illimitée !

L'ASSOCIATION FRANÇAISE

pour l'avancement d lis SCIENCES, S- session, — Congre* lie I.vcm. — »oiit l«)l.

L'Association française pour l'avancement des sciences, fondée en 187:2 par un groupe de savants l , qui désiraient concourir au relèvement intellectuel île noire pays, en faisant naître sur tout le tenitoire une salutaire agitation scientifique, a obtenu dès la première année un véritable succès. Le congrès tenu à bordeaux du fi au H septembre 1*7*2 réunissait près de ,":iû membres ; les travauxet lescouiniunieations présentés ont été nombreux; des conférences, faites par des hommes chez quila science n'en lève rien an charme de la parole, ont réuni, eu même temps que les nieuibrcsdiicongrès,rélitcde lasoeiélébordelaiser.des excursions dont quclqnes-tmes fort importantes (stations préhistoriques des Eyzies, travaux de défense des rivages de la pointe île lirave, hauts fourneaux de Laboulioyre et mines de la Hidassoa) ont servi à établir des relations amicales entres les savants français et étrangers qui y ont participé, ot ont fourni au plus grand nombre des notions exactes sur des sujets d'un intérêt incontestable.

La ville de bordeaux avait tenu à honneur de recevoir dignement les licites qui arrivaient de la France entière et de l'étranger, pour assister à ces grandes assises scientiliques, et malgré quelques détails peu satisfaisants, dont Sa cause se trouve dans les difficultés d'une installation et d'une création, on peut dire que le congrès a contenté, à tous égards, les membres qui y mit pris part.

Le congrès n'a eu, il ne pouvait avoir, qu'une durée limitée, une semaine; mais indépendamment des séances mêmes qui le composaient, il aura produit des résultais utiles. Parmi ceir-ci, il faut compter, en première ligue, la création, à Bordeaux, d'un groupe girondin, dépendant de l'Association française tout en ayant sa vie propre, et dont le but est d'entretenir, à bordeaux et dans la région avoisiuante, le mouvement intellectuel qu'a fait naître le congrès. Le groupe girondin a choisi pour président le docteur Aza.ii, qui, comme secrétaire du Comité' local, avait préparé, avec un zèle si intelligent. et si dévoué, la session de Bordeaux; tout fait espérer que cette association prospérera. Il est à souhaiter qu'il s'en forme une semblable dans chacune des villes où se tiendront des congrès scientiliques.

1 MM. Onmbi's , Claude Demavd, Itrrea, Cocnu , Delauii.iY, d'Eichlbal, de, Oimtrel'iiKCs, Winl?.

L'Association française, créée pour aider au développement du mouvement intellectuel en franco, compte distribuer chaque année dos encouragements, des subventions à des savants, bien que les frais d'installation aient atteint un chiffre assez considérable, et quoique les ressources ne. fussent pas, dès lors, co que l'on espérait, par suite de retards dans les versements, l'association a tenu à consacrer ce principe dès sa naissance, et une somme de 1 ,000 IV. a été répartie par les soins du bureau; il faut espérer que d'ici quelque temps il sera possible de décupler ce chiffre, pour le moins.

Enfin, les Comptes rendus dit congrès de Bordeaux, qui viennent d'être terminés et. qui forment un magnifique volume, seront pour les membres de l'Association, en même temps qu'un souvenir du Congrès, on ouvrage dans lequel On trouvera des travaux importants qu'ils auront à consulter souvent, sons aucun doute. Nous rr.gret.lons que nous no puissions parlerplus longuement de ecvolumedont la publication fait grand honneur, à tous égards, au bureau de l'Association française '.

L'Association française va tenir à Lyon, le 21 de ce mois, une nouvelle session. Tout fait espérer que la réunion sera fort brillante ; la ville de Lvou a voté un crédit de 20,000 francs pour les frais occasionnés par le Congrès, et a mis à la disposition de l'Association le, palais Saint-Pierre et l'hôtel de ville. Lu Comité local, qui réunit toutes les notabilités lyonnaises, s'est constitué pour préparer la tenue de la session, s'occuper de l'ioslallation matérielle, des excursions, et concentrer tous les travail", de la rémon ; nous savons, dès à présent, qu'il s'est tenu à la hauteur fie cette mission, et nous ne doutons pas de l'excellence des dispositions qui auront été adoptées.

Le bureau de l'Association 2 , de son côté, a du se préoccuper de fout ce qui, dans cette préparation de la session, n'est pas exclusivement local, et nous

1 Ce volume est distribué, e.bvpie an^ée, à tous les membres île. l'\<sni:intion.

y te bureau [le. r\ss::ciiti:in est composé ainsi qu'il *uit pour l'année 1K73 :

Président : M. in.: OrvnuMu.s: , membre de l'Instiliit, professeur au Muséum il'liistniie naturelle.

Vice-Prési'lt'llt : M, YViri,! mên'lllre de t'hislitul, doyen de la [acuité île médecine de l'aris.

Secrétaire qt'ucrtd : }\. t^vAsscun, membre de. l'Instilut, professeur ;iu CnlIéVe de trame.

Vicr-Seerrlairc général: M. Jai'ssi:mt, lieulenaiit-eulonel du gi'nic.

Trésorier : M. G. Masso*.', libraire-éditeur.

Archiviste .' M. t'iiienr.i., conservateur des collections scienti!ii|ties à l'École des mines.

Secrétaire du conseil: îtl. C. }I. Garikl, ingénieur îles ponts et chaussce-s piufes-soLir agrégé à la faculté do médecine do Paris.

Le président pour l'année 1874 sera M. *\urlz; le secrétaire général, M. Laussedat. te vice-président et le. vice-secrétaire seront nommés à l'élection au Congrès de I.von ; ils devront èlre. choisis de telle sorte, que le bureau contienne un membre apparlcu.int à chacun des groupes de. sciences suivants :

1°' groupe : Sciences ■i!tulkernalit[itts ;

L 2° groupe : Sciences phifs/t/iici et chimiques ;

3" groupe : Sciences naturelles;

4 e gioupe : Sciences économiques.

croyons savoir que ia deuxième session de 1875 sera brillante; on espère que les assistants seront nombreux, que les travail*, seront intéressants, et l'on sait qu'un certain nombre de savants étrangers ont pi omis leur concours effectif.

Après une aimée d'existence, ù peine, l'Association française compte près de 1,000 membres et possède outre les souscriptions annuelles (20 francs par membre), un capital qui rapporte 8,300 francs de rente, c'est une véritable puissance; mais il faut (dus encore, et nous souhaitons à l'Association française une prospérité au moins égale à celle de sa sœur aînée, tlie Britisli Association ; nous voulons espérer qu'avant quelques années elle comptera 10.000 membres et pourra dépenser annuellement 130,000 à 200,000 francs. 11 y a sans aucun doute eu France, plus de 10,000 personnes qui s'occupent de science pure et qui s'intéressent à ses applications si nombreuses : toutes peuvent et doivent faire, partie d'une association dont le but est éminemment .patriotique. Elle, a pris pour devise, ces mots : Par la Science, pour la Patrie, qui sont de nature à lui concilier toutes les sympathies sans exception.

LE SFECTÏiOSCOPE TOTALISATEUR

DE M. SOttJIAN-LOCKYEn.

L'approche de, l'époque où les préparatifs du passage de Vénus seront rendus publies donne un grand intérêt d'actualité à In description d'appareils analogues à celui que nous représentons. Le télescope de il, Lockyer a été employé en décembre 1871 pour observer la grande, éclipse qui, on s'en souvient, avait attiré l'attention du monde savant tout entier.

Pour comprendre le jeu de ce, speetroseopo totalisateur, il faut d'abord saisir la marche du télescope monté équatonalemeiit sur lequel jl était placé. Cet iiist.rimie.nt, ayant été orienté suivant un plan méridien, il a fallu donner à l'axe A une direction parallèle à celle de l'axe du monde, qui fait à Pont de Calls (Cevlan), un angle d'environ 81" avec le zénith. Cette opération a été effectuée à l'aide, du limbe-gradué C et d'un pignon caché par la glissière B. Des vis cahutes ont permis de donner à l'axe A une situation inébranlable.

i/apparei! porte deux cercles gradués, l'un, pour les ascensions droites, et l'autre perpendiculaire au premier pour les déclinaisons. Lue fois le télescope mis en place, on le met en mouvement autour de l'axe A avec une. \itesse, réglée sur le ternj s sidéral. Ce mouvement, est donné par l'horloge I), qui est mise sous la surveillance d'un régulateur à force centrifuge, système, Foucault, représenté à la droite de notre, gravure. Le mouvement se communique par les tringles et les roues d'angles qui aboutissent à l'axe [.'. La série de ces mouvements est facile à comprendre.

Iù7

Les rayons venant île l'astre sont réfléchis par un miroir parabolique fin verre argenté (système l'oucau!t) do pouces lj'2 de diamètre et 6 pieds soument de distance focale.

Cette distance focale est Lieu inférieure à celle que devrait avoir un instrument de cette foire, mais, duos le cas qui nous occupe, on cheicluut surtout à obtenir une image très-vive du soleil, La pièce K est

Télescope i;niCtrU5C[>jiiL|iic (le M. LOfkyur.

l'oculaire construit de manière à ce que tous les ravons reflétés par le miroir argenté soient reçus en un faisceau unique de 1/8 de pouce de diamètre. C'est l'ensemble de cette lumière que M. Loekyer

s'est propose de soumettre à l'anal j se spectrale. L'observateur, pour des raisons qu'il serait hors de propos d'énumérer et d'apprécier, voyait donc un champ c'rculaire rempli de raies et de couleurs

spectrales, lorsqu'il adaptait à son télescope l'équipage que nous donnons on coupe et on plan (fig. 1 et 2). La pièce G rcpiésente uji simple prisme, et la pièce, 15 une série de prismes servant à tendre la dispersion plus grande,

Ces deux pièces, C et 11, équilibrées l'une par l'autre, étaient ajustées, comme on le voit dans la ligure eu coupe, de manière à ce que l'on puisse amener à volonté l'une ou l'autre devant l'oculaire du télescope A', et avoir, par conséquent, deux degrés différents de dispersion.

Toutes ces modifications spéciales avaient été faites en vue d'une observation unique; celle du disque solaire pendant un instant très-court, cinq inimités à peine. L'argent employé à de grandes observations n'est jamais perdu pour la cause de l'Iiunianité. Itst-ee que, notre (dus bel apanage n'est point l'étude de la nature? A quoi sommes-nous bons sur la terre, si nous restons inditférents aux merveilles que le ciel nous montre 1 .'

CHRONIQUE

1,'pxpnsitînn russe n Vienne, — La Kussie s est particulièrement l'ait remarquer à Vi nue par une exhibition formidable d'engins île guerre. INuus décrirons prochainement le canon qu'elle a envoyé dans la capitale auli'ii'hienne, et qui dépasse en puissance et en grandeur, lu célèbre canon Krupp. Le gonvernerueiil russe s'est appliqué à étaler aux yeux des visiteurs des fusils de toute sorte, des pièces il artillerie et des mitrailleuses.

Cet étalage militaire fait dire avec esprit à un journal américain que l'ours du Nord montre les dents 1

t'nc nouvelle lumière électrique à Londres.

— On fait actuellement de très-curieuses expériences d'éclairage public au moyen de la lumière électrique, à l'en-

droit où est pincé le magnifique cadran de Westminster. M. C. W. Coolie, inventeur il'un régulateur perfectionné, prujeLle au luiu ib s l'avons i: [crises, concentrés à l'aide de lenlilli s analogues à celles que l'on emploie dans les pliures. 1. 'intérêt de ces expériences est incontestable an point île vue scientifique, unis nous ilouUm- fort que la lumière produite par l'arc viltanme puisse pénétrer dans le domaine de la pratique, en raison de son éclat beaucoup trop vif.

Le l>n:i consdietor de Pnodooeottnh. — Le

Utiles des Indes anglaises nous apprend que les environs de PondoiicnUah étaient depuis quelque temps ravagés par un millième boa conslrielor, que les naturels considéraient comme un è're sacré.

In enfant, égaré dans les marais situés près de la ville fut mis en pièces et dévoré pur le m- nstre. Deux intrépides Angl is, tIM. lolins. nue et l'eiininglou, au risque des plus grands dangers, attaquèrent ce terrible bna-eonstrictor et parvini'eiit à le tuer à c ipis de fusil. La peau du serpent, déposée au muséum de Madras, ne mesure pas moins de li mètres 25 cent.

Curieuse utilisation de l;i elialeur solaire. —

Pendant la cous ruclinn récente d'un pont en Hollande, une poutre de ifiâ pieds de. long se trouva mal placée sur ses supports ; elle était à nu pouce de la place qu'elle devait occuper, et l'on se demandait quel moveii on pouvait eu pf'ïei- p air la remettre dans sa position vé> ilablc. lorsrpi'on pensa à utiliser la chaleur solaire. La différence entre le jour et la nuit at'ei^nait i.j u ; on jugea qu'elle était suflisante pour obtenir l'effet que l'on clu rchait. Dans ce but, l'extrémité qu'il s'agissait de remettre à sa place fut invariablement fixée le matin, taudis que l'autre extrémité fut laissée libre. Sous l'irillueuce de la chaleur solaire la poutre s'a longea, et son extrémité, libre s avança d'une certaine quantité. Vers le soir, et avant le couclicr du soleil, cette extrémité li re fut à Son tour fixée iuvni'iublennul, tandis que I exlréniilé opposer tut dégagée . par suite du fini 1 1 de la nuit, une cunlracliuri se produisit, et l'extrémité libre, se déplaçant, se rapproc a de la place qu'elle devait occuper : cette double opération fut répétée le lendemain, et les déplacements tilleul tels que, après ces d ux jours, la partie qu'il s'agissait de jnoiivuîi avait repris la place quelle devait occuper régulièrement.

C'est li, croyons-iions le premier exemple d'une application industrielle de la dilatation produite par la chaleur solaire. On sait qu'un procédé analogue fat employé au Lonservatoire des ails et métiers; mais la dilatation était due ù une source de chaleur arulicielle.

ttépnrt de In .luninta. — La htiûalû est partie de Terre-Neuve, If 9 juillet dernier, pouraller à la i echerclie du l'okiifs, Toute la pojuilatio = de Sainl-Jeao était réunie sur la jetée et n acclamé les hardis voyageurs. La Juniata doit toucher à" llisco pour établir un dépôt de provisions et à Lepcrniavik pour acheter des chiens et des traîneaux gracril.indaîs. Le navire a élé blindé en fer pour qu'il puisse résister à la pression des glaces ; il se dirige à toute vapeur vers le détroit de Smith. Lst-il besoin de dire que tous uns vœux accompagnent les explorateurs? Nous nous consolerons difficilement en songeant que la patrie de bus ave Lambert n'est point représentée dans celte expédition par un seul volontaire!

Hérodote et sir Baker. — Les journaux anglais ne révoquent point, jusqu'à ce moment du moins, lu réalité

de la découverte attribuée à sir Baker par le télégramme du Daily Xews annonçant son arrivée à Kartoum. Si cette nouvelle est exacte, le lue ïanganyika. découvert |iar Livingslonc el le lac Albert .\yanza, découvert par sir 11; ker dans son premier voyage, ne font qu'une seule et mon le mer intérieure, dont la longueur n'est pas moindre de trois cents lieues, dis fuis celle du lac de Genève. Dans son enthousiasme, le Daihj Xeum s'écrie que c'est la première fois qu'on a entendu parler d'une pareille merveille, malheureusement pour notre confrère, la mer intérieure d'Afrique, d'où soit le Ml, a été décrite par Hérodote. Strahon ajoute même qu'il y a dans cette mer intérieure une grande île, dont différents peuples, les Ethiopiens et 1rs Mumides, se disputent la possession. Ce géographe, parle d'un second lac, qui serait le lac Victoria Aiiuiza, découvert par les capitaines Spoeke et tirant, et dont h- eaux se jettent dans le lac Albert parla cataracte Jlurchison, comme sir Baker j l'a observé dans sou premier voyage. Les explorations actuelles ne surit donc qu'un retour ans aucienins idées des Grecs, que l'on uvait dédaignées pendant près de quinze siècles ! Il va sans dire que nous rapportons l'opinion d'Hérodote, à titre de docuinenL historique du plus liant inlérèt, sans vouloir retirer à sir Baker la moindre parcelle, de la gloire qui lui est due.

tforrihle naufrage aérien. — M. La Mountain, bien connu aux Ëluts-lJnis par ses nombreuses ascensions, et principalement par un voyage aérien des plus émouvants, où il avait failli être englouti dans les eaux du lac lîrié, vient de périr au milieu des airs, de la façon la plus dramatique, la plus épouvantable. La Mountain s'est élevé en montgolfière à Sonia dans le Michigan, loi juillet date célèbre de l'anniversaire de l'indépendance des Mais-Unis. Des milliers de spectateurs assistaient au dépait de 1 aéronaufe. L'infortuné La Mountain avait eu l'idée funeste, de suspendre sa nacelle non pas à un iilct entourant le globe aérien, ruais à une série do cordes indépendantes les unes des autres et attachées à un cercle de bois placé à la partie supérieure de la montgolfière.

Ces cordes ne tardèrent pas à se rapprocher les unes des autres, et à une grande hauteur, elles se réunirent de manière à laisser ressortir la plus grande partit: du globe aérien; le cercle de bois supérieur fut arraché; le ballon s'échappa! L'aérouaute fut précipité du haut des airs, avec su nacelle et les cordes pendantes On le vit s'accrocher convulsivement à l'esquif aérien, et tomber vers le sol avec une vitesse indescriptible. Il lâcha prise à oit mètres environ au-dessus du niveau de la terre, et sou corps vint brusquement s'écraser dans un champ, en présence de plusieurs milliers de spectateurs! Ce drame épouvantable arracha des larmes aux assistants, el Ja plupart des femmes s'évanouirent ! Le corps de La Mountiui s'incrusta dans le sol, et y produisit une cavité de lo centimètres environ de profondeur. Les médecins constatèrent que les os de l'aérouaute avaient été broyés par lo choc, quelques-uns même étaient littéralement pulvérisés. La tète de l'infortuné était écrasée d'une façon horrible, sa mâchoire inférieure, complètement détachée, était couverte d'une épaisse concile de sang '. La Mountain était renommé par son grand courage, qu'il avait souvent déjà poussé jusqu'à la témérité.

Les urngvN de snmcdî, ÎO juillet, À Paris, —

Deux orages ont successivement éclaiê sur Paris, le premier vers 1 heure, il a seulement attaqué les régions occidentales; le second vers six heures s'est précipité, avec beaucoup de fureur vers les régions orientales , On n'a pas

constaté moins de 18 cas de foudre à Belleville, la Chapelle et i. éiiiliunntant. Malgré ce grand nombre de sinistres, une seule victime paraît avoir été frappée mortellement. IJncore n'a-t-elle pas succombé sur le coup. Cil .arbre a été foudroyé dans le jaruiu du Luxembourg. La nuée ora.euse était de dimension très-faible, et elle avait une marche en apparence u-sez lente à cause de la grande hauteur à laquelle elle planait Une violente ondée a séparé les deux orages. Mais à peine quelques gouttes de pluie ont- elles précédé la reprise de six heures. Les foudres des orages secs sont les plus redoutables et les plus énergiques, parce que l'électr'eilé reste concentrée, ce qui n'arrive point dans les orages humilies. Alors, la majeure partie de l'electri. ité se disperse mois l'orme insensible accompagnant forcément l'eau qui se précipite à la surface de lu terre.

Exiif':ri«-ni-cs |i«»ur riirr<>s»f:e dt'W rues de I.nrtdres. — Le Tinta rapporte avec de grands détails des expériences qui sont faites eu Angleterre pour établir des drus cotés des voies principales des conduites percées de petits .rous destinés à l'airosage,

La pression île l'eau est suffisante pour que leh lieux jets aillent se re oindre. Ce mode d'arrosage est, parait-il, irès-expi dilif et le prix de la pose des conduites d'eau ne serait que peu élevé en considération des économies qu'elle permettrait de réaliser sur l'arrosage ordinaire.

Lf^aNSuraiincs de 1 usine Krupp. — Le célèbre constructeur prussien vient d'assurer ses usines d'Esscn, à douze compagnies allemandes pour la somme de 2 S millions cl demi de francs. Cette somme ne couvre que les parties de l'établissement susceptibles d'être détruites par le h j u. La fonderie à vapeur, le chemin de fe\\ les lignes télégraphiques, les bureaux spiériiiuv, et de canalisation, le stock de métal, tic sont pas compris dans ce tolal !

ACADÉMIE DKS SCIENCES

Siianr.e <Ih 2S juillet 1S73- ■ — Présidence et: M. un Qn.vrina .lia:--,

C'est, par l'annonce d'un nouveau deuil que s'ouvre la séance.

M. Gustave Rose est mort à Berlin, le l,j juillet, d'une péripneuuionie. Le nom de ce célèbre savant est lié d'une manière indissoluble à une série de grands progrès en chimie et en minéralogie. M. Rose, eu effet, s'est attaché ' à prouver que les résultats de l'analyse chimique sont toujours concordants avec ceux de la i ristallographic, et c'est comme application de ce fécond principe qu'il él iblit, dans le groupe, jusque-là si confus des feld.spaths, Icaqu.tre espèces ortbose, anorlhite, labrador, etoligolilase. 31. Gustave Rose s'est occupé aussi avec assimilé des météorites. C'est à lui que l'on doit la spécification des cinq types si net- désignés sous les noms A'eukrite, de chlarhiile, de c/(rtssio'r//è, de Ituwaytlitc, et de sltfllkile, donl nous aurons à entretenir nos lecteurs dans notre prochain article sur les pierres qui tombent itu ciel.

— ic La question de l'amélioration des relations entre lu France et l'Angleterre est plus que jamais à Tordre du jour, ii — C'est par cette phrase élégante que M. Dupuy de Lomé commence la description d'un système de communication au travers du pas de Calais. Ce travail constitue par sou étendue, par son importance et par le talent que l'auteur déploie à l'exposer, le fait saillant do la séance.

Apres avoir éliminé les projets qui consistent dans un tunnel sous-marin nu dans un pont au-dessus de l'eau,

'l'auteur montre r|u<! l'entreprise ne peut avoir do succès que par l'emploi (le grands navires. Mais, dilua ce, cas, il faut Je grands ports où, meule à marée liasse, ceux-ci puissent aborder. Sur la cote anglaise un port de ce genre existe. A Douvres, grâce à la construction d'une longue jetée, on a un débarcadère où, même à marée busse, le fond est à 40 mètres. Hais, du côté fronçais, rien de pareil n'existe. Avant tout il faut floue améliorer un port de nos eûtes. Seulement celle entreprise conterait fort cher et on doit se demander si l'opéralion serait de nature à luire récupérer ses frais. Or ou ne peut prévoir ce résultat ([ne si le nouveau mode de transport, s'applique aux marchandises dont le transit, comme oo sait, iViit vivre les compagnies de clietuin do fer. Mors une nouvelle difficulté se présente; elle est relative à l'embarquement. four faire une traversée de 1 heure et demie, il ne faut pas qu'où ait à passer 21 heures à errimer lot marchandises dans le navire.

Evidemment l'embarquement le plus rapide consiste ;'i mettre à bord le train tout, entier qui le eonlient, et c'est ainsi qu'on arrive forcément à la conception îles mirirrs poi'le-train.

Dès lors l'entreprise est de nature à couvrir ses frais et il faut voir quel port on doit chercher ;i améliorer. Celui qei par sa position est naturellement désigné, c'est (..alais. Mais à marée basse ou n'v peut entrer qu'ave ■ de trèspetites einbarc fions; aussi le service dis poufs et chaussées a-t-il construit une double jetée traversant la zone des sables du liltotal. Ce travail repris à plusieurs reprises est toujours devenu inuiile a cause de l'ensablement que le courant reproduil très-rapidement, e! on v a définitivement renoncé. 11 faut dont; s'attacher à faire un port qui ne contrarie ]ias le régime des courants, et par cela M, Dupuv construit en mer, à .Vil) mètres de la laisse de basse mer, nu ilôt en forme de i avilie présentant sa pointe au coaraol. Cet ilôt, ouvert do coté de la terre, cenferuie tin vasle lensni qui servira de port loujours à l'abri du épais temps, f'i'ot est relié à la terre ferme parmi pont à grandes arches de 1 ISO mètres de longueur et prolongeant la voie ferrée jusqu'au pnrt d'embarquement, lu train a:ri\ ant de France Iraverse. ce pont, arrive à l'îlot par une pente de h millimètres par mèlre, et, recula ut alors sur un l'autre voie, vient s'engager, grâce à des dispositions très-ingénieuses, dans l'entrepont d'un navire disposé pour le recevoir.

Ce navire «le lôô mètres de long peut recevoir soit un train de 17 wagons donl jpour les bagages, soit un train de h*) wagons de marchandises- Sa force est de jôOO chevaux. 11 f.iit 18 milles marins à l'heure et effectuera, par conséquent, sa traversée en moins tle l heure et demie par le pi us mauvais temps, bailleur entre dans une foule do détails au sujet de l'embarquement et du débarquement des trains, et expose les conditions que remplissent ses navires pour que le roulis y soit le moins sensible. Il termine en annonçant que son tiavail va être soumis à l'Assemblée nationale avec un projet de loi qui résoudrait prochainement avec l'Angleterre la «question de l'amélioration de nos relations, s

— Si l'on ajoulc à ces divers fails une communication fort intéressante sur la planète Uars, un mémoire de II. Sédillot sur l'application de l'électricité à la médecine et à la chirurgie et l'élection de nombreuses commissions chargées de juger les ouvrages adressés à différents concours, ml aura un bilan à peu près exact de la séance.

Stasislas Mecmer.

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