‹ La Nature 1873Chapitre 71 sur 171 · VOYAGE D'EXPLORATION EX IXDO- CHINE · texte numérisé non relu

VOYAGE D'EXPLORATION EX IXDO- CHINE

por M. Fkancis Ciunieh.

Ce. voyage ;i été entrepris, par ordre du gouvernement français, sous la direction de M. le capitaine

de frégate Doudart de Lagrée, et de M. Francis Garîiier, lieutenant, de vaisseau. Non-seulement la Société de géographie de Paris a cru devoir couronner cette belle expédition, eu partageant sa grande médaille d'or entre les deux, chefs, mais la Société géographique de Londres, en présence des admirables résultais obtenus par les voyageurs, n'a pas hésité à leur décerner sa jmlroii's metlal, ou médaille de la renie \ictoria. L'un des explorateurs, M. Francis Canner, est à la veille de repartir pour de nouvelles investigations dont nous allons entretenir nos lee-

jf 1 '* gSftte

Vo;;!;,* 1 en Indo-Chiufi. — C jCh^cIs: ih; S;ikijilie.

tours. Xous voulons auparavant rappeler son premier voyage, dont le récit vient d'être publié à la librairie Hachette 1 : les nombreux documents qu'a rapportés M. Gantier font do sou livre une. œuvre vraiment exceptionnelle.

L'expédition, après avoir quitté Saigon, s'est d'abord portée aux ruines d'Angeor, où sont, amoncelés des débris inouïs de monuments d'une richesse incomparable, qui délient certainement parleur splen-

* Deux itiïi^nifujiies volumes m-[<illi>, ridieineal Ulustn' Hachette et O, 1873.

deur toutes les merveilles de 1 Europe civilisée. F.n passant en revue les gravures du livre de M. Garnier, faites d'après des photographies par d'excellents artistes, on croirait feuilleter les illustrations d'un volume des Mille et une nuits; escaliers grandioses, gradins gigantesques, ornés de sculptures étourdissautes, conduisent à des temples, à des palais auprès desquels les apothéoses de nos féeries ne sont rien. Le monument des quarante-deux tours à Angeor- Tom et la chaussée des Géants, alLestent une civilisation et un art qui remplissent de stupéfaction l'observateur et le philosophe. — M, Garnier et ses com-

LA NATUIÎE.

pignons , après avoir' visité Cambodge , Pnom, l!achey, etc., ronlinuent li'ur voyage jusqu'à l'ile (te Khotig, ru passant ;i n pit^s clos admirables cataractes de Salaphe, qui offrent un des plus beaux panoramas rjn'il «oit possible d'admirer.

« (In voit là, dit M. Garnier, îles cliut^s d'eau de [ilus do quinze mètres de hauteur verticale,, et d'une longueur qui atteint parfois un kilomètre. (Voir la gravure ci-contre). Kn amont le fleuve se, rétrécit un instant, puis il s'épanouit de nouveau sur l'immense

Voy.ijM' ou liulo-Cliine. — l'uimlcr Oui-votus

plateau du loches, qui précède les cliutes, en se perdant au milieu d'iles sans noinlire, et en embrassant entre ses deux rives un espace de près de cinq lieues ! »

Il faut suivie partout les voyageurs, décrivant les mœurs curieuses îles populations qu'ils visitent, les recopiions dont il sont l'objet, donnant le tableau

des spectacles naturels, auprès desquels ils séjournent, l'aspect des monuments et des ruines qu'ils étudient, pour avoir une idée exacte de. celte magnifique exploration. La gravure qui représente les palmiers earvotas, et qui est faite d'après nature, par M. Delnporte, un des membres de l'expédition, ne jûprésente-t-elle pas la richesse luxuriante de ces

LA NATURI'.

beaux pays, que dnrcul lus feux d'un soleil ardent, ! inconnu dans nos climats? Qui; de peines, que de labours, ont endurés les voyageurs pendant trois années, pour rapporter l'histoire, complote! d'une importante partie de l'Indo-Chino, , mais aussi quelle jnio pour ees inl'ati cables explorateurs , d'être revenue sous le toit liospitalier de la patrie., et de décrire à leurs concitoyens les étonnantes merveilles qu'ils ont visitées!

Malheureusement, M. damier est obligé cle nous citer, de temps à. autre, des faits qui prouvent une fois de plus combien la France est lente à étendre au dehors ses relations. .Nous eu reproduirons un qui nous a paru saillant: « Muoiig-I.m, ilit M. Carnier, est un grand village, entouré, de rizières très-bien établies, où se tient tous les cinq jours un marché ussez considérable. I.a valeur relativement élevée des denrées indique des communications commerciales très-importantes. De nombreuses étoiles anglaises apparaissent dans les étalages. On ne peut s'empêcher d'ailmirer l'habileté et le sens pratique de mis voisins en l'ail d'exportations. Ils ont créé pour l 'Indo- Chine une fabrication spéciale..,. Quand aurons-nous en France, assez de prévoyance, assez de souci des intérêts à venir, pour es-saver d'implanter ausi nos produ'Is à l'étranger, au lieu de considérer l'exportation comme l'exuloire de tous les rebuts de nos fabriques ? ï\

Comme nous le disions plus haut, M. F. (ramier a pris la résolution d'entreprendre un second voyage, dans le but de rechercher dans le Tbibet l'origine des grands llcuves qui arro-a nt l'Inde et l'Indo-Chine, I.a géographie de ces contrées a donné heu à de vives discussions, à des polémiques même passionnées, qui dénotent l'importance du problème que le vaillant explorateur de l'Indo-Chino veut résoudre. Les difficultés sont considérables, mais M. Gai nier, déjà initié aux obstacles à vaincre, e'spère réussir avec le temps, la patience et le courage. Fort de l'appui du ministre de la marine et de la Société de géographie, qui lui assureront les ressources nécessaires à son exploration, il commencera par séjourner à Ilan- Kéou, au centre de la Chine. Après avoir étudié l'hvdrograpbie des admirables rapides du fleuve llleu, il s'engagera vers sa grande exploration Faisons des vroux pour ce voyageur, avec tous ceux que préoccupent les intérêts de la science et l'honneur de notre, pays ' .

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