LA DÉCOUVERTE DE L'AMÉRIQUE
p.m: les scakdinavfs.
Les Scandinaves qui habitent en ce moment l'Amérique- ont pris l'initiative d'une souscription en l'honneur de leur compatriote Leif Erickson, qui a découvert l'Amérique, en l'an 1000. Nous allons indiquer dans quelles circonstances et résumer quelles sont les preuves qu'on met en avant, en faveur de. ce grand navigateur si longtemps inconnu. Sa gloire ne porte aucun préjudice à celle, de Colomb, mais il ne laut pas confondre ces révélations historiques avec les légendes évidemment apocryphes, telles que les prétendues inscriptions phéniciennes trouvées an Brésil et la llilde. fabuleuse des Mormons.
On sait, par les Sagas, qu'Eric le Ilouge découvrit le Groenland en 984. Deux ans après, un navigateur Scandinave, nomme Biorn llerriiilson, se rendait au (iroëulnnd, avec un navire ayant 25 hommes d'équipage, lorsqu'il l'ut saisi par un vent d'est et jeté sur les cotes de l'Amérique du Nord, qu'il aperçut; mais il n'eut pas le courage d'y aborder, ce dont il fut très-sévèremént blâmé. Cependant quatorze années s'écoulèrent sans que personne songeât à l'imiter. Le premier qui eut cette idée fut un fils d'Eric le Bouge, Leif Erick son, qui, en l'an 1000, débarqua près de l'ail l'ii ver au Massachusetts.
Les Normands entretinrent depuis lorsdes rapports avec le nouveau continent qu'ils nommèrent Vineland, parce que la vigne y pousse spontanément. Deux ans après, Thorswald Erickson (peut-être un frère de Leif Erickson), fut tué dans un combat, par un chel indien et enterré, dans son armure, près d'un cap appelé aujourd'hui Garnet Point.
Vers 1810, ce squelette fut découvert et des échantillons de son armure furent envoyés à Iïerzclius, qui en fit l'analyse. Ce savant découvrit que la composition chimique du fer était analogue à celle des armures de la même époque, conservées dans les musées du Nord. Dès lors on admit, en Amérique, qu'on avait découvert le squelette d'un roi de la mer. Cette version fut acceptée par Longfellow, qui composa eu sou honneur nue ballade intitulée', the Man in arrnour; les notes qui précèdent la hallade
F,A NATUfiF.
(lu poète américain, nicnntent une partie (les faits pi'noi'dcnts qui ont été confirmés par les Sagas, déchiffrés, dessinés, et publiés à Copenhague, aux frais du gouvernement danois.
I.'n récit analogue se trouve dans les légendes latines d'Adam de Brème, auteur d'une Description du Danemark et des pars plus an nord, publiée à la fin du douzième siècle, d'après des renseignements recueillis de la bouche de Suenoti EsLliidson, im des successeurs de Canut le Grand, qui avait, des prétentions justifiées à l'érudition.
On sait encore que les inscriptions nmniques trouvées au célèbre Dighlon Wril.inij rock, ont été gravées en l'an 1(1117, par Tharson Karls.iguo, un de ces anciens visiteurs ou conquérants du littoral américain. Les conquêtes faites par les Normands, dans des pavs plus riches et plus civilisés, ne paraissent point avoir été la seule cause qui ait commencé par ralentir, et fini par supprime! ces rapports. Il paraît qu'ils n'ont cessé, qu'après l'invasion delà fameuse pesle noire qui enleva les neuf dixièmes ries habitants de la i\orwége, et qui lit descendre sa population, beaucoup plus nombreuse qu'aujourd'hui, au cbi l'Ire de 50(1,000 habitants. Mais comme il cA constant, d'après l'autobiographie de [Christophe, Colomb, que ce grand navigateur a visité l'Islande en 1-477, on comprend qu'il y ait appris des circonstances qui n'avaient pit être oubliées. Les renseignements qu'il a puisés à une source authentique auront entretenu sa résolution, en lui donnant la force de surmonter tous les nbstar.lesqu il renrnntra, avant de faire partager sa conviction à Isabelle la Catholique el au roi Ferdinand.
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DK LA TËLÉliUAPHIE ÉLECTRIQUE
ES AXCLETEKRE.
Le post-master général vient de présenter à la Chambre des communes un rapport très-long et très-détaillé, qui permet d'apprécier l'importance des développements dont, la télégraphie est susceptible.
Le nombre des bureaux télégraphiques est de 5,400. 11 paraît suffisant pour les besoins d'un pavs dont la surface ne dépasse pas le quart de la France, et. dont la population n'excède pas 20 millions d'habitants. Mais si le nombre des stations parait avoir à peu près atteint son maximum, il n'en est pas de même des services que les appareils sont appelés à rendre au public. Ainsi le nombre des télégrammes ordinaires, c'csL-à-dire transmis par la poste, s'élève à -15 millions, tandis que l'an dernier il n'était que de 12 millions. Actuellement le public consomme S télégrammes par A habitants, y compris les femmes et, les enfants. Ou voit que chaque bureau transmet, en
moyenne 2,700 messages, soit par jour de travail, non compris les dimanches et jours fériés.
Le réseau anglais aune longueur de 800,000 kilomètres, ce. qui donne une ligne, égale à vingt fois le tour de la terre et deux l'ois plus grande que la distance de la terre à la lune. Le. trajet moyen est de 120 kilomètres par. station, chiffre qui lient à fi multiplicité des lils employés. Le nombre moyeu est d'un peu plus de vingt messages transmis par chaque kilomètre de fil. Il y a, comme on le voit, environ un kilomètre de fil par 25 habitants.
Mais ces nombres ne donneraient qu'une faible idée de l'extension du service télégrapbique de, l'autre cùlé du détroit. En effet, la presse politique jouit du bénéfice d'un tarif réduit, et les télégrammes ne sont point compris dans le relevé précédent.
Fii 1872, on a transmis pour elle 28,000,000 de mots, c'est-à-dire six fois plus de matière que le Times \\,'i\ a publié. L'année précédente, on n'en avait transmis que 21,000,000. Certains dédiais parlementaires donnent lieu à une. correspondance dont l'activité est bien faite pour nous surprendre, car dans une seule nuit on a transmis 200,000 mots aux différents journaux de province.
Certains journaux et certains particuliers louent des iîls à l'aimée, lies fils sont utilisés quelquefois pondant la journée pour la télégraphie privée. Le périmètre du réseau en location est de 8,000 kilomètres, donnant lieu à un revenu d'un million. Parmi les fils encore loués nous citerons ceux qui relient la Chambre des communes à l'office du limes, et ceux qui sont loués au Matwhext.er Examiner. On ignore naturellement le nombre des mots ainsi transmis.
iVnus citerons encore comme étant ure institution tout à fait caractéristique, l'institution d'un bureau télégraphique roulant, qui rend de très-grands services et est quelquefois très-lucratif pour l'administration. L'an dernier, on l'a employé aux manoeuvres (l'automne, aux régates des universités d'CKford et de Cambridge, au jeu de. cricket, à l'exposition de la Sociéléd'agrieullure (cluhde Smitlis-lield),etc, etc. Quelquefois même des ligues provisoires sont établies. C'est ce qui a eu lieu pendant la durée d'un congrès d'échecs au Palais de cristal. L'office de cet établissement a été mis en communication provisoire avec liirmingbam, Glasgow, IIull et Bristol.
C'est ainsi que le goût de la télégraphie électrique se généralise et pénètre dans toutes les sphères de la société.
Dans le relevé précédent nous n'avons point compris les messages de la télégraphie internationale qui, à cause de la position insulaire de l'Angleterre, sont expédiés par voie sous-marine. Les télégrammes d'Ecosse et d'Irlande, qui ont un service à part, ne figurent pas non plus dans ce tableau.
\\. 1.1 R FûiWIFUH.
L'APLS 1
On sait que les graines oui la propriété de conserver, pendant 1.1 n temps très-long, leurs propriétés germinatives, assurant ainsi à des périodes trcs-éloignées, la reproduction de l'espèce: le blé, Forge, l'avoine, et presque toutes les céréales, possèdent cette l'acuité à un très-haut degré.
(le fait bien connu pour les plantes est assez rare pour les espèces animales ; cependant il existe dans les genres inférieurs.
Les expériences de Spallanzani oui. montré déjà depuis bien longtemps que les ïufusoires privés d'eau cessent eu apparence de vivre, de même qu'ils ont la propriété de. reprendre leur existence interrompue lorsqu'on les place (huis un milieu favorable à leur initiation.
Dans ces derniers temps , les inondations de la Seine qui ont recouvert par trois lois les campagnes riveraines, ont mis en évidence des laits du même genre. — M. l'ar-
bonnier, pisciculteur dislingué, eu faisant chercher dans la plaine de (ienuevilliers les insectes et les vers qui servent à la nourriture des poissons de ses aquarium^, Fol tout étonné d'apercevoir, nageant au milieu du liquide, un |ietit animal de forme particulière, le corps muni d'une carapace, appartenant à la famille des Crustacés : cet animal était YAinuf.
L'A pus est un crustacé de longueur totale de ,"i à (3 centimètres, bien caractérisé par sa carapace eu forme de bouclier, et par ses pattes en nombre considérable ( 00 paires environ) qui lui servent d'appareil respiratoire. Il habite ordinairement les eaux stagnantes et même croupies ; lorsque, l'eau où il se trouve s'évapore, il meurt; mais ses «mis coriaces et durs résistent à l'action de la chaleur et des grands froids, et se développent lorsque les circonstances extérieures leur ramènent l'eau et la température nécessaires à leur développement. La conservation de ces œufs, pouvant durer cinq ou six ans et même plus, explique, la réapparition de l'Apus ans environs île Paris, d'où il était disparu depuis les dernières crues de la Seine.
Au contact île l'eau, les oeufs, de couleur rouge,
1 Ci'iisLucû apparu aux enwi'oiis Je l'diis lors dea ileniièic» inonda lions.
se transforment, et l'Apus apparaît ; il ne subit rien moins que vingt mues différentes qui changent totalement sa couleur et son aspect dans l'espace des trois mois suffisants pour assurer sou développement.
L'Apus se nourrit d'insectes, de chair morte, et surtout de bnmehipes, petits crustacés très-voisins de lui par leur organisation.
Les branchipes possèdent les mêmes propriétés reproductrices que les apus, de telle, sorte qu'ils apparaissent en mémo temps que ces derniers ; c'est là une prévoyance singulière de la nature, qui place à côté' de l'apus l'animal qui doit le nourrir.
Lutin, à coté de ces deux espèces, s'en place une
troisième, l'espèce Limnadie étahlie par M. brongiiiarl, et observée dans les mares de. Fontainebleau ; c'est là que les liumadics apparaissent dans les grandes pluies, alors que le sol, suffisamment détrempé par l'eau, se trouve dans les conditions propres au développement des œufs.
La carapace de la Limnadie est beaucoup plus développée, que celle de l'Apus; elle recouvre, en effet, tout le corps, et a la forme d'une coquille bivalve.
Tels sont les caractères essentiels de ce groupe de crustacés si remarquables par leur mode de reproduction. Les dessins que nous eu donnons et que nous avons reproduits d'après le beau livre de M. Milne Ldwards sur les crustacés (Suites à Ihiffon), achèveront de donner au lecteur une niée exacte de la conformation singulière de ces petits animaux.
K. L-A3DRFN.
CHRONIQUE
Prïv d'un million clr fr.incs. — M. de DoullCl vieil! de proposer récemment à l'Assemblée nationale de fonder deux prix d'encouragement, l'un de 1 million de francs, accordé à l'inventeur qui fixerait l'azote atmosphérique il l'état (l'ammoniaque, l'autre rie 1 million oOfflHK) francs, donné à celui qui trouverait une nouvelle force motrice économique et n'utilisant pas de charbon. — Il est évident que. ces deux déeouvertrs ne seraient pas Irrqi pavées, car elles pourrai; nt être considérées connue une intarissable source de richesses: mais cette proposition scra-t-tdlfl adoptée par la commission d'initiative parlementaire'; C'est ce dont nous duutons. ?\e se dira-t-ou pas,
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