LA NATIVE
IcmcnL l'Etat couvre huit cent mille kilomètres carrés et compte six millions trois cent mille habitants.
Les Français, qui depuis les ambassades de de Chiiumont et de la Loubôre sons Louis XIV, sont restés en rapport avec Siam, ont. exploré les régions récemment conquises et encore inconnues du Laos et du Cambodge. Après M. Mouliot qui, le premier, parcourut ces régions magnifiques et mortelles et y laissa la vie, elles furent complètement étudiées par la grande expédition française commandée par de Lagrée qui y mourut également.
La science s'est trouvée à un antre point de vue eu rapport avec ce royaume. C'est dans la partie siamoise de la péninsule de Malaccn que les Français
ont observé, le 18 août 1800, la giâiule éclipse totale de soleil qui nous a révélé la vraie nature de l'atmosphère solaire; et le 6 avril prochain, M. Janssen, au retour du Japon où il va observer le passage de Vénus, étudiera à Siam une nouvelle éclipse totale.
A tous les points de vue, scientifique, géographique, politique, commercial, comme nous le disions en commençant, l'attention est donc attirée ver;» ces régions lointaines, et le moment était bien choisi pour publier un livre sur ces contrées si peu connues de l'extrême Orient. Espérons que, grâce à de nombreux contacts avec les nations européennes, ces contrées, qui offrent un si grand intérêt, nous fourniront chaque jour d". nouveaux et utiles sujets d'étude. Chari.ks Boissay.
Palais du roi de Siam à Daukok.
CHRONIQUE
Le centennlre de la. découverte de l'oxygène céléliré en Amérique. — I.cs Américains se sont réunis à Northumberland, ville de Pensylvanie, où Pricslley a rendu le dernier soupir en 1804. Un grand nombre de chimistes et de savants distingués, réprésentant les écoles scientifiques des difforénles parties de l'Union, s'étaient rendus à celte solennité où l'on ne comptait pus moins de cent cinquante délégués. La cérémonie a commencé le 31 juillet, sous la présidence du professeur Chondhr, de Columbia Collège de New-York, par un discours du colonel Raggcrt, de la nnfce de Norlhumberland. L'honorable officier a félicité énergiquement IViestley d'avoir été l'objet de violentes persécutions à cause de son amour de la vérité. Le professeur Henry Craft, de Toronto, a retracé la vie et les travaux de Priestley; le professeur Hariford, de Cambridge (Massassuchets), a donné lecture de nombreuses correspondances inédites, aussi bien que de documents relatifs à la vie prives de Priest-
lcy. Fais Cette première séance le congrès de Northumberland a envoyé un télégramme au comité de Birmingham, qui, grâce à la différence des heures, se disposait à procéder à l'inauguration de la statue. La séance a été suspendue et l'assemblée en masse s'est transportée! dans la maison modeste qu'habitait l'illustre Priestley. On y avait exposé un grand nombre d'objets appartenant au héros du jour, de manii're à y former une espèce de musée. À la reprise de la séance, lecture a été donnée d'un télégramme reçu d'Angleterre où la cérémonie de l'inauguration de la statue de Priestley avait commencé. Le meeting de Norlhuiiiberland, répondant à la réquisition qui leur était faite, a chargé par télégramme les professeurs Siniths, Jouman et Says, qui se trouvaient en Angleterre, de représenter les Américains.
L'assemblée a alors entendu un discours du professeur Lawrence Smith, de Louisvillc (Kentucky), un siècle de progrès, et s'est transportée sur la tombe de Priestley où a eu lieu le meeting du lendemain.
Le professeur Benjamin Silliman, de New- York, y a pro-
non ré un discours sur la part que les Américains ont prise aux progrès de la chimie. On a photographié tous les délégués présents. Les portraits, réunis en un album, seront offerts à tous les membres de la famile de Priestlev. Puis le meeting a volé de souscrire au monument qu'on élève à Licbig dans la ville de .Munich, et s'est ajourné à l'année 197'i, après avoir adopté quelques mesures de nature à assurer la présence d'un grand nombre de chi mistes au centenaire de la déclaration d'indépendance des Etats-Unis.
Pétrole». — Petrolea est située dans la province de Lamblon, au Canada ; la première découverte de gisements d'huile fut faite en 1 80 5 par M. William; aujourd'hui elle a une population de 5,000 habitants. Les puits sont situés au milieu de bois à peine défrichés ; quelquesuns seulement se trouvent au niiliru de la ville. Tes deux puits « le Déluge » et « l'Empire, •> produisent on niovenne 400 à 500 barils par jour. L n autre, celui do M. fieynolds, a donné pendant l'espace d'un an 41,000 barils. Celui de MM. Fish et Towseud, a donné, en 8 mois, 22,000 bariK Plusieurs puits creusés à 170 mètres ont été percés en 9 jours. L'huile n'est pas jaillissante ; on l'extrait avec des pompes a vapeur, qui fonctionnent quelquefois pour plusieurs puits à la lois. Le nombre des "wagons de chemin de fer employés au transport du liquide est de 2,^00- Sur ce nombre 200 font pourvus de réservoirs contenant 55 barils, ce qui offre une grande économie sur le transport. On a aussi établi des tuyaux sur terre, allant jusqu'à Loiidou.
La distance à franchir étant de 80 kilomètres, sur un terrain à peu près de niveau, ou n'a eu d'autre précaution que d'établir des pompes de rehrs tous les 20 kilomètres. Les frais d'établissement ne dépasseront pas uûO,000 francs. En 1S52, Petrolca a exporté un demi-million de barils d'huile.
Ijcs éponges. — La plus grande partie des éponges que nous voyons débiter à Paris viennent des côtes de la Syrie, où ce commerce produit annuellement de 500 à 700,000 francs. Les grands centres d'exploitation sont à Tripoli, lîuad et Batrun, villes situées sur les cèles du Liban. Pendant la saison, qui dure de juin en octobre, époque la plus favorable, uu plongeur ordinaire peut gagner mille francs. 11 porte une ceinture à laquelle il attache un filet, et ou le descend par une corde jusqu'à une profondeur qui varie de 5 à 50 brasses. Il peut rester snus l'eau de 40 à 00 secondes. Lorsqu'il veut remonter, il imprime des secousses à la corde. On s'empresse alors de Je retirer de l'eau avec son fardeau.
Le wagon à suspension perfectionnée «le
M. l'ingénieur fïîffard. — Après avoir été présenté au congrès de Lille, ce wagon a été ramené à P.u-is, où il vient d'être soumis à une expérience officielle sur la ligne du Nord. Samedi dernier, M. Caillaux, ministre des travaux publics, y a pris place dans le compartiment du milieu, avec M. Delebecque, ingénieur en chef de la compagnie du Nord, et M. Gilfard. — Le wagon, attelé jusqu'à Creil à un train de grande vitesse, a donné les résultats les plus satisfaisants; nous n'insisterons pas sur cette belle expérience, nous y reviendrons prochainement et nous donnerons un dessin du nouveau système de ressorts.
l<'cxnosilion des insectes dans l'orangerie des 'l'uilt-ricR. — C'est une très-heureuse idée qui a piéiidé à. l'organiùon de cette belle exposition, au sujet
de laquelle nous donnerons à nos lecteurs des renseignements détaillés. Ou ne saurait trop faire connaître les insectes nuisibles el les insectes utiles, afin de détruire les uns et de protéger les autres. Malheureusement, comme l'a démontré M. Ducuing dans son discours d'inauguration, les ravages dus aux premiers dépassent de beaucoup l'importance des bienfaits dus aux seconds, parmi lesquels il faut principalement citer les vers ù soie et les abeilles. L'exposition des insectes aura certainement un très-grand succès : on y admire l'innombrable variété de ce monde étrange des insectes.
Chauffage îles wagons. — On expérimente à !a
compagnie de l'Est, un système de chauffage de wagons de foutes classes, par l'air chuid à double courant. Par ce système, dit le Journal Officiel, pour chauffer un wagon de 5° classe à une température constante de 15 à 15 degrés, on dépense pour faire ,000 kilomètres, environ 15 kilos et demi de menu coke, soit une dépense de 1/2 centime par voyageur et par 100 kilomètres parcourus. En outre, l'appareil, qui consiste en un petit calorifère placé extérieurement, n'oti're aucun danger ni d'incendie, ni d'asphyxie, est léger et coûte p^u, se charge comme une boite à graisse aux grandes stations seulement et amène la chaleur dans les wagons au irioyen de bouches de chaleur ayant leurs ouvertures sous les pieds des voyageurs ou sous les banquettes.
BIBLIOGRAPHIE
Ornithologie parisienne, par N'i-néii Qc-êpat. — Taris, J.-B. Baillière et fils, 1874, 1 brochure in-18.
On n'avait pas jusqu'ici songé adresser le catalogue des oiseaux qui vivent à l'état sauvage dans l'enceinte de la ville de Paris, il. Quépat a eu l'heureuse idée de le faire. Parmi les oiseaux parisiens, ne s'étormera-t-on point de voir figurer Je faucon ï II y a quelques années un faucon avait élu domicile dans les tours Noire-Dame. Le terrible pirate aérien s'élançait sur les pigeons des Tuileries qu'il surveillait du haut de son observatoire. La liste des oiseaux parisiens comprend plus de cinquante genres différents.
La locomotion chez les animaux; on marche, natation, et vol, suivie d'une dissolution sur l'aéronautique, par J. Bell Petïïcrlw. — 1 vol. in-8% Paris, Germer- Baillière, 1874.
Ce livre qui fait partie de la Bibliothèque scientifique internationale, comprend l'élu ie des organes de locomotion, delà progression sur la ton e, de la progression dans l'eau et dans l'air; l'aile de l'oiseau est particulièrement soumise à un examen approfondi. La dernière partie de l'ouvrage est consacrée ù l'aéronautique. M. Petligrew pousse si loin l'amour du plus lourd que l'air, qu'A considère la découverte des ballons comme malheureuse et funeste. U ne nous parait pas nécessaire de protester contre un tel aveuglement. L'aérostat est lu seul instrument de la navigation aérienne. Les appareils plus lourds que l'air ne sont pas encore sortis du domaine de la théorie, leurs partisans, jusqu'ici, restent impitoyablement cloués au plancher terrestre . Il se pourrait bien qu'ils y demeurassent toujours.
Cours de géologie comparée, professé au Muséum d'Histoire naturelle, par Stanislas Meuhikk. — 1 vol. in- S" Paris, Finiiiû Didot et C', 1874.
Ce bel ouvrage est, en quelque sorte, le complément du Ciel géologique, où notre collaborateur, M. Stanislas Meunier, a jeté les bases de la belle doctrine qui lui est due sur l'origine et la formation des aôrolithes. Ce livre reproduit le cours que le savant aide-naturaliste a été chargé de faire au Muséum, et où il a su briller par l'originalité de S'.'s théories, par l'élévation des idées, et par une connaissance approfondie du sujet traité.
La lumière et les couleurs, par Amédke (juiuem.n, 1 vol. in-18, illustré. Pari^ Hachette et C", 1874,
Notre savant collaborateur, M. À. Guillemin, s'est consacré à la publication d'une petite encyclopédie populaire, où il retrace de main de maître quelques-uns des grands résultats de l'expérience ou de l'observation modernes. — La lumière, fait suite au Soleil et à fa Lune, deux volumes déjà parus récemment; ce nouvou livre, sobrement écrit, clairement rédigé, est certainement appelé à rendre de grands services à tous ceux qui sont avides de s'instruire.
Traité des paratonnerres. Leur utilité. Leur théorie. Iœur construction, par A. Callald, 1 vol. in-8% Paris, DucheretC 1 ', 1874.
On a beaucoup écrit sur les paratonnerres, mais on ne saurait trop revenir sur une question qui touche à de si grands intérêts. M. Callauda spécialement étudié les paratonnerres, il suffit pour s'en convaincre de lire son nouvel ouvrage, où les renseignements pratiques les plus précieux abondent.
Séance dit 7 : itjitfmbrc 187-4. — Présidence rfe M. Fpémt.
Corpuscules sur le soleil. — Une dépêche télégraphique datée de ce matin à l'Observatoire de Toulouse, signale le passage extraordinaire de corpuscules sur le disque du soleil les 5, 6 et 7 septembre. 11 est possible que le phénomène continue encore. Quant à sa cause, les auteurs de l'observation n'en parlent pas, mais nous rappellerons que déjà à diverses reprises des faits analogues, provoquant parfois l'obscurcissement du soleil, ont été signalés. C'est ainsi que Humboldt cite dans son Cosmos un phénomène de ce genre qui cul lieu en 1547 et dura trois jours. « Kepler, ajoute M. de Humboldt, voulut en chercher la cause d'abord dans l'interposition, d'une maleria cometica, puis dans un nuage noir que des émanations fuligineuses, sorties du corps même du soleil, auraient contribué à former. Chladni et Scbnurrer attribuaient au passage de masses météoritiques devant le soleil, les phénomènes analogues des années 1090 et 1208 qui durèrent moins longtemps, le premier pendant trois heures, le second pendant six heures seulement. » Arago rapporte que le 17 juin 1777, Meissier vit, vers midi, passer sur le soleil pendant cinq minutes un nombre prodigieux de globules noirs. Et l'on pourrait sans doute multiplier ces exemples.
L'orage du l" au 2 septembre. — ('et orage, qui a sévi si fortement sur Paris, a fait ressentir ses ravages aussi à
Versailles, où M. le docteur liengny l'a oh ervé avec le plus grand soin. I.a foudre est tombée sur quatre points de la capitale actuelle de la France, et dans l'un d'eux, après avoir fendu un arbre, elle a tué un cheval. Celui-ci présentait à la fesse une blessure analogue à un trou de balle suivie d'une rainure, se prolongeant tout le long de la jambe et du pied jusqu'au fer.
Zirr.osijp.nite de l'île de Fortavenlura. — La zyrcosyériite est une roche très-intéressante, signalée d'abord par I.éopold de Buch qui démontra le premier sa nature éruplive. En étudiant les collections géologiques rapportées des Canaries, par M. Wehb, nous venons d'y retrouver cette même roche connue jusqu'ici à peu près exclusivement dans la péninsule Scandinave et au Groenland cl qui se montre aux Canaries, en association avec les roches volcaniques. (Je fait peut avoir quelques conséquences au point de vue de h géologie générale, et 51. Élie de Beaumont a bien voulu les signaler en présentant notre note à l'Académie.
La ligne vaccinée. — Enfin, voila le remède trouvé, jusqu'à nouvel ordre, qui nous débarrassera du phylloxéra. Il consiste, à traiter la vigne comme un homme et la maladie pbylloxérique comme la petite vérole. En d'autres termes on fait une incision à la vigne et on écrase dessus un grain de raisin malade. C'est bien simple, comme on voit, mais il est plus que douteux que l'on en retire un effet quelconque, car si la maladie pbylloxérique est interne; sa cause, le phylloxéra, est externe et il n'y a pas apparence que cet insecte renonce h mordre une racine par cela seul que la vigne a été vaccinée. Un peu plus et on trouvera un vaccin qui nous mettra d'avance à l'abri des serpents à sonnettes et des chiens enragés. Voilà qui vaudrait la peine d'être cherché et surtout trouvé.
— Après moins de trois quarts d'iicures de séance l'Académie n'ayant plus rien à son ordre du jour, se forme en comité secret. Stanislas Meunier.
QUELQUES INFliSOIRES
Tandis que l'observation des infiiiiments petits estime des éludes favorites des Anglais et des Allemands, les plus vulgaires explorations microscopiques ne sont point connues en France.
Cependant, la nature nous offre partout à cet égard les plus admirables spectacles! Nous n'avons pas besoin de pousser bien loin nos excursions, nous trouverions ample moisson dans les eaux stagnantes de la mare, de l'étang, de la source au milieu des bois, dans le fleuve, dans la mer si nous en sommes voisins! La recherche des microzoaires prend alors la forme .d'une chasse, et d'une chasse des plus attrayantes. *
Mais si nos goûts, si notre sauté nous retiennent à la maison, il ne faut pas désespérer davantage, les infusions déplantes nous fournissent d'innombrables animaux microscopiques, dont le développement successif offre le plus grand intérêt. En effet, presque toujours on marche du plus simple au composé, en ce sens que le dernier venu ou les derniers venus, car ils apparaissent souvent plusieurs à la fois, mangent en général tous ceux qui les ont précédés.
Non pas qu'il faille croire que ce sont des transformations successives d'une même matière vivante : à nos yeux, ce serait une erreur. Seulement nous trouvons aussi merveilleuse la précautionde la nature qui sait mettre parfont ensemble les genres divers dont l'évolution se succédera do manière à ne jamais laisser inoccupé et désert un point de la matière ni île l'espace .
Quel est le point de départ de ia population que nous allons voir naître, vivre et mourir? Une feuille quelconque plongée dans de l'eau. Voilà tout.
Mais, sous l'influence de l'eau, cette vie de l'univers terrestre, voilà que des germes — je n'ose dire des œufs ! — éclosent, qui emplissent le liquide. Ce sont évidemment les plus petits et les plus simples: si petits qu'on ne les a jamais vus; si simples qu'ils donnent naissance à la monade, le terme infiniment petit, do ce que nous pouvons voir.
Puis les heures s'écoulent , — car ici les heures sont de longue s périodes pour de semblables êtres — d'autres organismes éclosent, pins grands, plus compliqués , mais non moins voraces qui dévorent non-sou ement les premiers venus , mais les tissus de la plante. Et, ainsi, à mesure que ces tissus se désorganisent, à mesure que les nucrozoaires meurent et
que leurs carapaces ou leurs déjections s'accumulent, nous voyons un dépôt, désormais inorganique, se produire au fond du vase; toute vie s'est éteinte ; peu à peu l'eau est morte, vide, nous n'avons plus affaire à la vie... elle a passé!
Que ne pouvons-nous faire défiler devant nos lecteurs la curieuse suite de cette danse macabre qui se déroulera sous leurs yeux aussi souvent qu'ils le voudront ! iSous allons en détacher quelques-uns de ces êtres, un peu au hasard. Pour ceux de nos lecteurs qui les ont déjà vus, ce sera une occasion d'en reconnaître la silhouette bizarre : pour ceux qui n'ont pas encore fait de semblables observations, ce sera peut-être une motif de les décider à y consacrer leurs loisirs.
Dans lu demi-douzaine d'organismes que nous avons L'énnis ici, quelques-uns sont surtout intéres-
sants par leurs formes, d'autres par leur nombre. Les Kolpodes (n° 3) et les Paramécies (n° o) sont tellement nombreux, en général, à certains âges des infusions qu'ils emplissent le liquide de leurs tourbillons animés. C'est alors une curés dont rien ne peut donner l'idée ; non-seulement les tissus végétaux, à demi décomposés par la macération, sont déchirés, mais les animalcules eux-mêmes, qui se trouvent broyés dans cette mêlée, servent immédiatement de pâture à leurs voisins ! C'est horrible et splendide tout à la fois!
Les n os 1 et 2 sont des microzoaires à forme de cygne: ils sont gracieux; on dirait que comme l'oiseau, ils se mirent dans leurs mouvements omluleux. Est-ce donc la forme qui fait cela? L'amphileptus
surtout (n°2) est extrêmement curieux; son corps est presque immobile, mais il a des mouvements de trompe avec son grand are cilié. Son corps est rempli de granules, verts le plus souvent et de vacuoles dont le but n'est pas encore défini.
Notre graveur a eu tort d'omettre les poils qui couvrent son cou et ceux, assez longs , qui terminent son corps comme une graeieuse queue de poisson.
l,'euplotus(n°4) est rempli de granulations fines; ses tentacules lui servent de pattes, tout comme ceux du a GjlcSlylonycliia. Ici on le voit sur le dos, mai s il sait fort bien se retourner et marcher, la partie la plus bombée de sa carapace en avant. Le n° 6 court comme un lièvre ; par ses multitudes de pattes, il .rappelle un Myriapode. Ces animaux, toujours en mouvement, scrutent les moindres coins des dépôts, les plus petits interstices des matières solides de l'eau, semblent les nettoyeurs patentés du monde des infiniment petits. Peut-être, — car il faut se délier de tout ! — sont-ils tout bonnement carnassiers et à la recherche d'un gibier plus petit qu'eux-mêmes. Ce n'est pas seulement chez les grands — et quels grands ! — que la force prime le droit.... de vivre !