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POMPE À MERCURE

L'emploi du vide dans les appareils où le chimiste veut produire certaines réactions, prend de jour en jour une plus grande importance dans les laboratoires. La chimie dans le vide est une branche de la science qui se développe sans cesse, mais, si l'on veut obtenir ce vide pour l'étude de vapeurs acides cot'fOsives, il faut avoir des pompes d'épuisement eu verre, et complètement dépourvues d'organes métalliques. La machine pnenma'.ique eu cristal qui a été inventée par M. Alverguat, et qui est usitée aujourd'hui dans tous les établissements scientifiques bien organisés, remplit toutes les conditions nécessaires.

Cet appareil, représenté ci-contre, se composa d'un tube barométrique terminé à sa partie supérieure par un réservoir A, et qui aboutit à sa partie intérieure à un tube eu caoutchouc qui le met en relation avec un réservoir mobile B. — ft est un robinet à trois voies pouvant fermer complètement la chambre barométrique (position 1) ou faire communiquer soit la boule A avec la cuvette supérieure G (position 2), soit A avec l'appareil 1) dans lequel on veuf faire le vide (position 5).

On voit que pour obtenir le vide avec cette ingénieuse machine, il sullît d'abaisser le réservoir B qui, soutenu par deux supports en bois, se meut à l'aide d'une crémaillière. Il va sans dire que l'on a préalablement amené le robinet 11 dans une position telle qu'il soit en communication avec le récipient à purger d'air. Le mercure, dont les deux surfaces ne sont plus au même niveau, s'écoule vers la boule B et sera remplacé dans la boule A, par de l'air venant du récipient. Dès que la chambre barométrique

LA NÀTTHE.

A est pleine de gaz, on amène le robinet I\ à communiquer avec la cuvette C, on remonte Ut boule B vers le haut do l'appareil ; le mercure revient dans la

chambre À et refoule devant lui le gaz ou l'air qui s'échappent par le tube à entonnoir.

La pompe à mercure est très-usitée dans un grand.

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nombre de travaux de recherches. 51. Paul Bert notamment en a fuit récemment, un grand usage pour extraire les gaz du sang, dans ses belles expériences sur l'action physiologique des variations de pression. La ligure que nous reproduisons a été dessinée dans

le laboratoire du savant professeur de la Sorbonne. Le sang à étudier était placé dans le ballon D et les gaz aspirés par la pompe à mercure reeueillis dans l'éprouvette, retournée sur la cuvette C.

LE GOURAMI

Le Gourami est un poisson d'eau douce appartenant à la famille dite par les naturalistes Pharyngiens labyrinthi formes.

Les poissons qui composent ce groupe sont remarquables par une structure qui leur est propre et qui consiste dans la division en nombreux feuillets de la surface d'une partie des os du pharynx, derrière les ouïes; il en résulte un appareil spécial s'appuyant sur la partie supérieure du premier axe des bran- •chies et se composant d'une série de cavités et de petites loges plus ou moins compliquées, mais pro-

pres à retenir une certaine quantité d'eau. Les opercules se refermant, l'eau emprisonnée ainsi dans ces sortes de réservoirs peut, en s'écoulant goutte à goutte sur les branchies, les empêcher de se dessécher, et les poissons pourvus de cette disposition ont la faculté de vivre un certain temps hors de l'eau. Les lubyrinlhiforrnes sortent, en effet, souvent de l'eau et parcourent d'assez grandes distances; ils peuvent même, rapporte-t-on, à l'aide des épines des nageoires et des opercules, grimper aux arbres, dans le but d'y chasser les insectes ou d'y boire l'eau qui se trouva dans le creux des feuilles; telles feraient les habitudes de l'anabas qui habite les Iles de l'archipel indien. (Yoy. p. 193.)

Le gourami et son nid.

Voisin par sa conformation de l'espèce que nous venons de nommer, le gourami ou Osphronemus olfax s'en distingue par l'absence de dents au palais et le long rayon filiforme de la partie externe des nageoires ventrales ; de plus, les préopercules ne sont que finement dentelés. Le corps est de couleur roussàtre, presque uniforme, avec des reflets dorés sur les flancs, violacés vers le dos; le front et le ventre sont d'un brun argenté; chez les mâles, l'extrémité du museau porte une tache ronde, de couleur rosée. Les individus jeunes se distinguent des adultes par huit à neuf lignes obliques noirâtres qui sillonnent les flancs, et par la présence de- deux taches, l'une à la base des pectorales, l'autre sur chaque côté de la base de la queue. Le gourami a le corps haut et comprimé, la tête assez courte, à profil vertical, un peu rentrant et sinueux, le museau obtus, la bouche petite et protractile, à mâchoire inférieure débordant la supérieure; la partie posté-

rieure du dos est, chez l'adulte, plus élevée et suivie d'un rapide abaissement du profil vers la queue, ce qui fait paraître le poisson comme bossu vers la caudale; tout le corps, y compris la tète et les joues, est couvert de grandes écailles arrondies; suivant Commerson, les écailles du front et celles du ventre ont le disque argenté et le bord brun, ce qui produit autant de mailles rhomboïdales qu'il y a d'écaillés.

Le gourami est essentiellement herbivore; il se nourrit de préférence des plantes de la famille des Aroïdées, dont il sait habilement saisir les feuilles, même à une petite distance du rivage ; il mange parfois des vers de terre, des insectes et même des petits poissons. Sa voracité est telle, que M. Dabry de Thiersant rapporte que les créoles de Maurice ont appelé ce poisson porc de rivière.

Gomme le Macropode qui appartient au même groupe zoologique, le gourami se construit un nid;

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mais tandis que la demeure protectrice des jeunes consiste pour !e maeropode en un plafond d'écurne, , Je gourami fait mi nid véritable, analogue à celui dus cpiuoclies. On trouve ces nids tantôt dans un roïn du vivier, tantôt sur les [liantes de la rive, tantôt, an milieu des herbes qui couvrent lu surface de l'eau. '

L'on sait une îe mâle chez le niacropode construit sou! le nid; pour le gourami, il n'en est pas ainsi; ! le mâle et. la femelle se partagent le soin d'édifier le nid qui est fait de boue et de plantes fluviatilesct iixé, o\\ général, à des bambous au moyen de brindilles. La forme du nul est spliérique, comme le montre le destin ci-contre, fait d'après un exemplaire que M. Garbonnier a bien voulu nous autoriser à reproduire.

Suivant M. Jiabry de Thiorsaut, « le nid achevé, les femelles y déposent de 800 à 1000 œufs; pendant l'éclosion, les parents veillent attentivement sur l'objet de leur amour. Les alevins, une fois nés, restent dans le nid où ils trouvent un refuge contre les mille dangers qui menacent les premiers jours do leur existence, et une nourriture qui convient à leur délicate constitution et que leur procurent les herbus macérées du nid. Ils essayent ensuite leurs forces sous la protection de leur mère, eu utilisant deux appendices qui sont à la partie antérieure du ventre et qui, faisant fonction de balanciers, leur permettent de conserver l'équilibre. Les gouramis sont doués d'une prodigieuse fécondité, qu'ils acquièrent à l'âge de trois ans. C'est à celte époque que leur chair est préférable et possède un goût vraiment exquis. »

Le gourami est en effet un des meilleurs poissons des Indes, et Commerson déclare « n'avoir jamais rien mangé déplus savoureux ni parmi les poissons du mer, ni parmi les poissons d'eau douce. » D'après le docteur Yinson, la chair de ce poisson est ferme, de couleur un peu jaunâtre, d'un goût fin rappelant celui de la carpe; son prix est assez élevé et varie, à Saint-Denis de la Réunion, de 15 à 20 francs. Ce poisson peut atteindre des dimensions considérables; Dupelit-Thouars en a vu qui mesuraient plus de d.wx mètres de long et pesaient plus de vingt livres. Plusieurs naturalistes, frappés des précieuses qualités alimentaires du gourami, en ont tenté l'aceliination dans divers pays. Commerson croit celle espèce originaire des provinces méridionales de la Chine, d'où elle aurait été introduite, au commencement du dernier siècle, dans les îles indiennes, et surtout à Java; de cette station elle se serait répandue dans les régions voisines, Madura, Bornéo, Sumatra, Malacca, Punang. Suivant d'autres témoignages, tout aussi sérieux, le gourami serait, au contraire, originaire des îles indiennes; d'après M. Dabry deï'hicrsant, qui a étudié tout spécialement la question, la véritable patrie d'origine du gourami est la Cochineliine ; ce poisson y habite les fleuves, les lacs et les étangs, fréquentant aussi bien les eaux limpides que les eaux un peu fangeuses.

De sa patrie d'origine, le gourami fut, en 17IH, introduit à l'île de France par les soins de trois officiers de la marine royale, MM. Surville, Magnin et Joannis. Coudée au commandant des troupes de cette île, M, de Céré, cette espèce a été d'abord élevée dans des viviers, d'où un certain nombre d'individus s'échappèrent et gagnèrent les rivières ; le goura mi est à présent au nombre des poissons qui vivent en liberté dans l'île.

Peu de temps après, en 1795, Desmasures introduisait l'espèce à Bourbon. Le gourami a parfaitement réussi dans cette dernière station, et les fleuves de Sainte-Suzanne, de Saint-Jean et de Saint-Benoît en contiennent aujourd'hui un grand nombre; de sorte que ce poisson est devenu une véritable source de richesse pour le pays.

Sur la proposition de Moreau de Jonuès, eu 1818, le ministre de la marine chargea M. Mackau do naturaliser le gourami dans nos possessions américaines; l'espèce ne prospéra ni à la Martinique, ni à la Cujdeloupe; c'est à peine si quelques individus se propagèrent, ii Cayeime. 11 y a lieu, ce semble, do tenter à nouveau l'entreprise, qui réussirait sans doute.

La zone dans laquelle peut vivre le gourami fait, en effet, partie d'une zone inlerlropicale où la température moyenne annuelle varie de '24 à 20° centigrades, où la température moyenne d'hiver ne dépasse pas !0° au-dessus de zéro, et où la température la plus Lasse ne descend pas au-dessous de 14 ou 15°. Il sera dès lors peut-être difficile d'acclimater ce précieux poisson en France; toutes les tentatives faites dans ce sens ont, en rflet, échoué jusqu'à présent; espérons (pie par les soins intelligents de notre si habile pisciculteur, M. Carbontuer, nos provinces méridionales, ou du moins l'Algérie» pourront être enfin douées de cette ressource alimentaire.

Rappelons, en terminant, que le gourami a été récemment importé et acclimaté au cap de Bonne- Espérance, et que, grâce à l'énergie et à la persévérance des gouverneurs de l'Australie, cette colonie est parvenue à acclimater un certain nombre de gouramis, que le capitaine Bcatie put y introduire en 1804. ' K. Sauvage.

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