LES PEAUX-ROUGES CIVILISÉS
L'Ausland vient de publier de très-curieux documents sur la situation nouvelle de quelques tribus Peaux-Uouges, aux États-Unis, et qui sembleraient démontrer que ces peuplades sauvages sont parfaitement susceptibles de se civiliser, contrairement à ce que l'on croit généralement. On sait qu'en 18159, après des conflits terribles avec les Indiens, le Congrès a établi une commission pour régler les affaires de ces Peaux- Rouges et pour leur trouver dans le Par-West, un vaste emplacement qui leur serait abandonné et où ils pourraient vivre à leur gré, en s'eiwarreant toutefois à ne plus venir troubler de leurs pillages, les pays occupés par les blancs. On mettait à leur disposition des machines agricoles et des métiers, ou leur fournissait tout ce qui pouvait leur donner le goût d'une existence agricole et d'une vie sédentaire.
Les Cherokees, célèbre tribu indienne, résident aujourd'hui sur ce territoire, au nombre de 18,000. Les Cherokees conservent leur indépendance, administrent leurs affaires eux-mêmes et seront comptés au nombre des citoyens des États-Unis, le jour seulement où il leur conviendra de s'unir volontairement à la grande famille américaine.
Un grand nombre d'autres tribus indiennes ont suivi ce bel exemple, les Choclaws et les Clrickasaivs, se sont portés vers le nouveau territoire qui leur était offert, au nombre de 24,000. Les Patawotoonies sont devenus citoyens des États-Unis, il y a quelques années.
Ces faits démontrent que la modération, l'entente cordiale sont capables de conduire à de grands résultats, et que les luttes acharnées, ou dévastatrices, ne résultent souvent que de regrettables malentendus, ou de questions de rivalités personnelles entre les représentants de nations assez égarées pour abandonner leur destinée à un chef absolu. D'autres tribus indiennes aux États-Unis, se sont refusées à toute entente ; elles errent dans le Texas et le Nouveau- Mexique où elles se signalent par des forfaits. Mais la civilisation les considère à juste titre connue des bêtes fauves et les écrase sans merci.
Il est bon d'ajouter que ce que nous venons de dire se rapporte surtout à des races de Peaux-Rouge» qui sont mélangées, dans lesquelles le sang indien ne coule plus aussi pur. Le Peau-lîonge pur sang, et c'est précisément celui-là qui habite encore certaines régions du Texas et du Nouveau-Mexique, suit irrésistiblement son instinct, qui le pousse à la vie nomade, à la chasse, à la guerre, et 1. en traîne dans un combat acharné contre les blancs et les pionniers de la civilisation. La lutte est inégale, et le Peau-Rouge pur saug disparaît devant la marche des Visages-Pâles.