DE REPRODUCTION DU PHYLLOXERA
Les études que je poursuis avec ardeur depuis six ans sur les mœurs du phylloxéra, viennent d'être couronnées de succès. Je sais où viennent se transformer et s'accoupler ces myriades de pucerons, qui iront dans un mois envahir nos vignobles. Ils sont à notre portée et faciles à détruire sans beaucoup de frais.
Aujourd'hui, ils essaiment tout comme les abeilles ou les fourmis. Des insectes ailés sortent de terre en nombre inouï (500,000 par hectare et par jour, d'après une grossière estimation), ils se dirigent vers les garrigues. Lu ils se posent sur le chêne kermès (QuercitS Coccifcra, la garoullle en langage languedocien), et ils y déposent des œufs de deux dimensions, gros et petits. De ces œufs sortent des petits insectes aptères, sans suçoir, mâles et femelles, qui s'accouplent immédiatement.
Il me reste à découvrir comment le produit do cet accouplement, qui est sans aucun doute la mère fondatrice des colonies de l'année prochaine, retourne au vignoble; je continue donc mes recherches.
En attendant, il est facile debrùler et détruire des milli.rds «le ce petit insecte en flambant les touffes de gurOuilles qui bordent nos vignobles. C'est un arbrisseau sans valeur aucune; anciennement, il fournissait le kermès {Lacanium vermilio). iluis cet insecte a disparu et a été remplacé par d'autres couleurs dans le commerce. Il y aurait urgence à appliquer le remède, car le phylloxéra ne se met ainsi à notre portée qu'une fois par an.
Les époques peuvent varier suivant la température et les expositions. A Luncl, les œufs éclosent déjà. A Sainte-Auuès, la ponte commence à peine. A Graveson, elle est en pleine activité.
J'appelle œuf ce que pondent les insectes sur le chêne-, mais il serait plus juste de dire chrysalide, puisqu'il en sort un insecte parfait et non une larve.
Véritable Protée, le phylloxéra vastatrix offre des métamorphoses si singulières qu'il renverse toutes les données de la science entomologique ; il commence par un œuf, il finit par un autre œuf; mais ce n'est pas ici dans une lettre, qui ne doit être que la simple indication d'une destruction facile de notre ennemi, que je puis exposer le peu que je sais encore de son histoire si compliquée. Je craindrais de fatiguer l'attention , et je me résume.
J'affirme aujourd'hui que les phylloxéras ailés se réunissent tous en septembre (dans notre région) sur les touffes de chêne kermès. Ils y subissent leur dernière métamorphose, et s'y accouplent. Il est facile de les détruire alors en brûlant ces arbrisseaux de nulle valeur au moment où ils sont couverts de pucerons. LlCHTENSTEIIV.
1 Extraîl d'une lettre adressée à JI. le ministre de l'agriculture et du commerce
LE MUSÉE DE SAIAT-GEMAIN
(Suite et fin. — Voy. p. 129.)
I L'homme n'avait plus de progrès à faire dans l'art de façonner et de polir la pierre, quand il découvrit le métal.
Quel est le premier métal découvert par l'homme? L'or sans doute, car c'est presque le seul qu'on trouve à l'état natif; mais ce métal, aujourd'hui si précieux, était alors bien inutile. C'étaient des aliments et des outils pour s'en procurer, des réalités enfin, qu'il fallait, et. non des emblèmes.
Les instruments nécessaires, c'est le bronze qui les lui procurera. Ou voit au Musée de Saint-Germain comment les hommes recueillaient cette précieuse matière première de leur industrie. Ils chauffaient le minerai de enivre de façon que les parties de métal qui s'y trouvaient à l'état natif, se séparaient de la masse sous forme de métal fondu. Tel est le seul mode d'extraction, bien grossier et bien primitif, qui fut longtemps usité.
L'homme trouva-t-il du premier coup l'airain, ou commença-t-il, comme les sauvages Américains, par se servir du cuivre rouge? Hien ne nous autorise à le croire, et l'on peut affirmer que le règne du cuivre, s'il existe, fut court. L'homme ne tarda pas à connaître cet admirable alliage (9 parties de cuivre et 1 d'étain) qui convenait si bien à ses moyens et à ses besoins : le bronze est à la fois d'une fabrication si aisée et d'un usage si commode, qu'encore aujourd'hui, on ne saurait rien trouver de meilleur. Sans doute, le fer et l'acier l'emportait sur lui, mais ils «ont d'un travail très-diflicde, et ce n'est que par un art très-raffiné qu'on peut lui donner toutes les formes et tous les degrés de consistance. Le bronze est d'ailleurs, avec l'acier, le seul métal pouvant offrir deux degrés très -diffère ut s de dureté, par une opération inverse, il est vrai. Hefroidi brusquement, il est malléable, martrlable; refroidi lentement, il devient sec et cassant, et, par suite, les angles en sont résistants et tranchants.
Le bronze, en outre, l'emporte décidément sur l'acier, par une autre qualité : il est très-lacile à fondre et à couler dans les moules. Assurément, si les hommes de l'âge de pierre taillée avaient connu le bronze, ces artistes passionnés qui sculptaient l'ivoire avec tant d'amour, nous auraient laissé des productions nombreuses de leur faune et de leur flore, des indices précieux de leur civilisation. Mais, nous l'avons dit, l'art par excellence, celui qui se propose de reproduire la vie et le mouvement, le grand art est mort ; et cette flamme, une fois éteinte, ne se ranimera plus. Les hommes de bronze ne connaissent d'autre ornement aux mille instruments qu'ils savent fabriquer, que de froides décorations géométriques : ce sont des lignes droites ou courbes, tantôt ondulées en spirale ou en zigzags, tantôt parallèles, enlacées ou quadrillées.
Quoique le Musée de Samt-Germain contienne deux
ou trois collections d'objets en bronze provenant de tumulus, on peut dire que presque tous les débns que nous possédons de cette époque nous viennent des lacs de Suisse et de Savoie. On sait comment a été faite la découverte des précieux dépôts que ces lacs recelaient : la neige et la pluie ayant été trèsrares en Suisse dans le cours de l'année 1853, les lues de c;.s pays baissèrent bien au-dessous de ce qu'on avait vu depuis deux siècles, et mirent à découvert d'antiques pilotis presque ensevelis sous la vase et soustraits sans doute à l'action du temps par cet enduit protecteur. Dans ce limon, on trouva avec étonuement un grand nombre de débris du travail humain, dus instruments en os, en pierre polie, mais surtout en bronze ; des poteries, des os d'animaux domestiques, même des débris de vêtements et de filets. 11 était évident qu'à une époque reculée, ces lacs avaient été peuplés de villages construits sur pilotis, et habités par des hommes sachant sans doute travailler le bronze, mais ne jouissant encore que d'une civilisation très- peu avancée.
Plusieurs de ces habitations lar-ustres datent même de l'âge de la pierre polie. Dans celles-ci, on ne trouve pas de vestiges d'airain : tous les instruments sont en pierre ou en os. Les pilotis se ressenti nt de l'imperfection de l'instrument : ils sont grossièrement et péniblement taillés, non équarris, et ne s'avancent guère loin des bords du lac.
Les habitations lacustres ont été tort en usage pendant les derniers âges antéhistoriques. Depuis que l'attention a été éveillée sur elles par les découvertes des Suisses, on en a trouvé d'autres, non-seulement dans leur pays, où l'on connaît déjà deux cents villages lacustres (et l'un deux, Vurgen, s'appuyait sur 40,000 pilotis), mais encore dans tous les pays où il y a des lacs : en Savoie, en Irlande, eu Suède, en Norvège, etc.
C'est la guerre qui décida les Vcnètesà planter les premiers pilotis de Venise. Nul doute que les hommes de l'âge de bronze, en se condamnant à un habitat aussi incommode, n'aient eu également pour but de se soustrr.ire au mal quia toujours tourmenté l'humanité. Hérodote raconté que, pour se protéger contre leurs ennemis, les Pélasges Pœonicns, alliés aux Troyeus contre les Grecs, construisirent leurs maisons sur des pieux très élevés enfoncés dans un lac : <i On posait des planches jointes, et ce pont trèsétroit était le seul passage qui y conduisît. Les habitants plantaient autrefois ces pieux à frais communs ; mais dans la suite, il fut convenu qu'on en apporterait trois du mont Orebas à chaque femme qu'on épouserait ; et la polygamie est en usage dans ce pays. Chacun sur ces planches construit sa cabane. Une trape bien jointe conduit au lac. Ils attachent leurs enfants avec une corde pour qu'ils ne tombent pas à l'eau. Au lieu de foin, il nourrissent leurs animaux domestiques avec du poisson, si abondant dans ce lac, qu'en y descendant un panier, on le retire plein de poissons. » Et, d'après M. Lubbock, les pécheurs de ce lac vivent encore aujourd'hui dans des huttes
construites sur l'eau, comme du temps d'Hérodote. Telle est, chez ces peuples stationuaires, la force de la tradition que vingt siècles n'ont pu l'ébranler.
La plupart des habitations suisses ont péri par le feu.
Il était naturel, en effet, que ces constructions, faites uniquement eu bois, et très-rapprouhées les unes des autres, finissent par l'incendie. C'est à cette circonstance que nous devons d'en connaître si bien les restes, car le feu conserve merveilleusement ce qu'il ne détruit pas. Les morceaux de filet, de toile grossière, les pilotis eux-mêmes se seraient rapidement pourris dans l'eau, si le feu, en les carbonisant plus ou moins, ne leur eût permis de se conserver plusieurs milliers d'années. Les céréales (orge, millet et blé, point d'avoine ni de seigle), les fruits (pommes, noisettes, glands), les graines (framboises et mûres, destinées, pense t-on, à fabriquer une boisson fermentée), auraient germé sous l'influence de l'eau, si le feu, en les tuant, ne leur avait assuré une durée infinie.
Il est. :idmir;ihle qu'on ait pu reconstituer toute la vie de ces peuples par quelques débris, qu'un regard superficiel jugerait absolument informes. On voit, par ce qui précède, qu'ils étaient agriculteurs, puisqu'ils avaient le froment; on a retrouvé les mortiers dans lesquels ils le broyaient, les pierre; sur lesquelles ils le cuisaient ; bien plus, on a le pain qu'ils fabriquaient ainsi.
Et ces toiles, ces filets, noircis par l'incendie, que le Musée nous montre étalés avec soin entre deux verres ! nous avons les peignes avec lesquels on cardait le lin, les quenouilles et les fuseaux avec lesquels on le filait; et, si nous ne possédons pas tout le métier à filer, du moins en avons- nous quelques parties.
Nous savons, parles ossements d'animaux qu'on a trouvés dans le lac, qu'ils avaient des animaux domestiques; mais les os d'animaux sauvages sont beaucoup plus nombreux, surtout dans les stations de l'âge de la pierre. Nous voyons ainsi que la chasse leur fournissait encore une ressource importante.
L'art du potier avait fait de grands progrès; h s pots de toute grandeur (mais de forme à peu près constante), prouvent qu'ils étaient habiles à façonner la terre, et qu'ils savaient la cuire convenablement. Comme tout ce qui nous vient de cette époque, ces vases ne présentent que des ornements géométriques, semblables à ceux dont les Australiens couvrent leurs armes. Encore ceux-ci, si peu artistes qu'ils soient, joignent parfois à ces décorations linéaires quelque tentative de dessin. Chez les habitants des lacs, on ne trouve aucune velléité de ce genre, si infructueuse qu'elle ait été. Ainsi, ces peuples, civilisés d'ailleurs, étaient, sous le rapport de l'esthétique, au-dessous des derniers des hommes
Et pourtant, les objets en bronze qu'ils nous ont laissés montrent que, si chez eux le génie artistique était peu développé, les arts utiles étaient arrivés à un certain degré de perfection. Ou a retrouvé les moules dans lesquels ils coulaient le bronze en lui
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donnant des formes variées. Parmi les instruments ainsi fabriqués, nous notons surtout des épées et des poignards remarquables par leur courte poignée, et des haches, mûmes généralement d'un talon pour en faciliter l'emmanchure. Plusieurs de ces haches, d'une époque plus récente que les autres, étaient destinées à constituer des ex voto aux divinités d'alors. Dans les premiers temps ces haches étaient
semblables aux haches de service, ___. ___.
seulement un peu moins solides et moins usées. Mais, la foi diminuant pou à peu, on voulut en quelque sorte tricher les dieux; on fit ces haches moins grosses, inoins bien travaillées , et d'un métal de qualité inférieure. Enfin, on en vint à ne leur donner plus que 5 ou 6 cenli mètres de long.
Ils fabriquaient beaucoup de parures en bronze, tant pour euxmêmes que pour leurs chevaux, à qui ils pendaient do grandes plaques de métal destinées à faire du bruit en se heurtant l'une l'autre. Pour eux-mêmes et pour leurs femmes, ils faisaient des bracelets assez semblables tantôt à ceux qu'on porte en Egypte, tantôt aux bonheurs qui sont à la mode chez nous; des broches, des épingles à ressort (épingles à nourrice d'aujourd'bui) , des pande- Joqucs, des boucles d'oreille, etc.
L'âge du fer commence à peu près avec l'histoire, et l'on peut affirmer, sans audace, qu'il ne finira qu'avec elle. Les hommes ■qui surent pour la première fois extraire du sein de la terre ce précieux métal, sont les Gaulois, et ils l'obtenaient, tel à peu pies que le connurent les P»omains. Le Musée nous montre un modèle des forges primitives, restituées d'après ce que nous savons. On voit que le procédé alors suivi pour produire le fer était celui qui est encore très-répandu en France sous le nom de méthode catalane. Le fer ainsi obtenu était livré au commerce sous forme de saumons allongés, faciles à transformer par le martelage.
Le fer se rouille, comme on sait, très-facilement, bien différent en cela du bronze, que l'oxydation n'attaque guère. Aussi les objets en fer sont-ils gâtés par leur séjour dans la terre, et faut-il des conditions très-fa\orables pour qu'ils nous parviennent en bon état. La tourbe est exceptionnellement conservatrice de tous les objets que le contact de l'air détruit.
C'est elle qui nous a conservé dans le lac de Neuchàtel des agrafes en fer, des haches, quelques épé es gauloises et leurs fourreaux; elles ont été si parfaitement garanties de toute altération, qu'elles sont encore pointues et tranchantes. Un grand nombre d'épées et de haches, fort détériorées, ont élé trouvées dans les cimetières gaulois voisins du camp deChàlons. Le bronze servait encore à faire des armes, mais dès cette époqueil était surtouteonsacré à l'usage que nous lui avons conservé, et qu'il gardera dans tous les temps, c'est à dire à l'ornementation. Ce sont des bracelets travail lés avec goût, des torques, sortes de colliers en métal, le plus soment contournés en spirale, que les Gaulois aimaient beaucoup à porter. Plusieurs de ces torques sont en or. On a trouvé aussi des fibules (épingles destinées à agrafer les vêtements) d'une façon toute particulière, le plus souvent accouplées par une chaîne de bronze d'un fort beau travail, etc.
Les vases de cette époque sont faits au tour; ils sont bien travaillés, bien cuits, mais ne portent jamais que des ornements géométriques. Leur forme, qui est toujours la même, est loin d'être gracieuse, comme elle le sera souvent après la conquête romaine.
On trouve fréquemment dans les tombeaux de celte époque des rouelles en bronze, en argent ou en plomb, qui sans doute étaient dues à la piété du temps, probablement des amulettes analogues à nos médailles de dévotion.
La religion qu'avaient les Gallois est très-imparfaitement connue. Le musée de Saint-Germain, en donnant quelques éléments du problème, montre en même temps l'ignorance où nous sommes sur ce point important de l'histoire de nos pères. i\ T ous voyons plusieurs moules d'autels (postérieurs évidemment à l'arrivée des Romains), portant des inscriptions qui pour nous sont des énigmes. Qui connaît la déesse Lahé, le dieu Sexarbor, le dieu Edelat, la déesse Epona, la déesse Divona, etc.? Tous ces dieux avaient pourtant des adorateurs fervents, car presque tous leurs autels sont pourvus de troncs, et il est vraisemblable que ces troncs ne restaient pas vides.
C'est une erreur très-répandue que de regarder le coq comme l'enseigne des Gaulois. Nos pères avaient choisi un animal beaucoup plus noble que
Poignard des centurions de l'armée romaine.
(Musée de Saint Germain.)
cet oiseau de basse-cour, et en somme aussi ulile à l'homme. C'est le sanglier qui leur servait de signe de ralliement; gracieusement façonne, il était usité comme enseigne et juché au bout d'une hampe. Le musée de Saint-Germain contient d'ailleurs un grand nombre de petites statues de bronze, représentant ce curieux sanglier gaulois. On le trouve en outre gravé sur les autels de plusieurs des divinités inconnues que nous signalions tout à l'heure. Quant au coq, que le roi Loi ils- Philippe a voulu mettre dans nos armes, son importation en Gaule n'ii pas précédé le christianisme : c'est en effet le coq de Saint-Pierre que nous voyons encore sur nos églises ; ce serai t une erreur que de regarder comme un insigne national ce. qui n'est qu'un -emblème religieux.
On remarquera sans doute au musée de Saint-Germain des moulages de diverses pierres tombales gauloises, provenant presque toutes du musée d'Autun. Ces pierres nous montrent, qu'après la conquête romaine , des corps de métiers se sont constitués parmi les artisans gaulois , et qu'on avait coutume de mettre sur les tombes des morts les insignes de leur profession. Ainsi, sur le tombeau d'un architecte on a sculpté en bas-relief un homme tenant à la main une truelle, un marteau et un ciseau, tandis que sur le bord de la pierre sont gravées une hache et une scie; sur le tombeau d'un débitant de boisson, le défunt est représenté un pot dans une main et un verre dans l'antre, et ainsi de suite. On remarquera avec intérêt combien toutes ces têtes ont déjà une physionomie française; toutes ont dans le nez, dans la bouche, dans le front, dans tout le visage, l'expression qui caractérise nos compatriotes, «t les distingue des autres hommes et particulière-
Légio.mairc romain. (Mu c ée de Saint-Germain. )
ment des Romains. On peut voir aussi, sur ces basreliefs et sur plusieurs autres, que les Gaulois avaient deux costumes, l'un flottant et ressemblant un peu à celui des Romains; l'autre plus original ; le torques au cou, une blouse ouverte par devant et croisant sur la poitrine avec une large ceinture; enfin, les Gaulois portaient notre affreux pantalon, et même ils le portaient collant. Comme les Romains, ils suspendaient l'épée à droite, sans doute à cause du bouclier.
Le musée de Saint- Germain contient de nombreux documents sur les Romains. Mais nous n'allongerons pas co travail, déjà trop éten-hi, par une description détaillée de ces antiquités, qui sont généralement, connues. Nous attirerons seulement l'attention sur une trousse très -complète de médecinoculiste; on admirera tous ces petits instruments de chirurgie, soigneusement incrustés du nacre.
On verra avec intérêt des restitutions de machines de guerre : l'onagre , sorte de fronde gigantesque; la catapulte, fondée sur le même principe que l'arc, etc. Ces modèles , construits à l'occasion de l'Histoire de César, donnent une idée satisfaisante des machines dont nous trouvons la description dans les anciens auteurs.
L'une de nos gravures représente nie des pièces les plus précieuses du musée de Saint-Germain. C'est un poignard, que portaient seuls les centurions et les tribuns militaires de l'armée romaine. On n'avait trouvé sur les monuments romains que les dessins très-imparfaits de celte arme appelée parawnium. On en possède aujourd'hui deux exemplaires. L'un., fort dégradé, a été acheté trois mille francs par un musée de Londres; l'autre, dans un parfait état de conservation, est à notre musée. La poignée et le
fourreau de cette arme, d'ornement plutôt que de combat, sont eu bronze ; la lame était eu acier.
Enfin, nous reproduisons une restitution certainement très-exacte de l'équipement du légionnaire romain. On reconnaît, dans ce vêlement léger et élégant, dont toutes les parties ont été imaginées, pour la défense, l'esprit éminemment pratique des Romains; au contraire, les Gaulois affectaient, par pure bravade, d'affronter le combat la poitrine découverte, et d'aller, pour ainsi dire, au devant des blessures. A ces vaines démonstrations d'héroïsme, les Romains préféraient la gloire de vaincre. La lète protégée par un casque de fer, le corps abrité derrière un large bouclier de cuir, l'épéo au côté droit et la lance à la main : ainsi marchaient ces hommes qui eurent le rare bonheur de mettre la force au service de la civilisation. J. Bertji.lon.
LES RKOEN'tS MODKLES
D'ARMES A FEU DE L'INFANTERIE
(Suite et fin. — Voy. p. 34, 75 et 151.) FUSIL MAUSER (I'rcwe).
Ce fusil est un dérivé du fusil Dreyse, dont il diffère cependant assez notablement (fig. i).
La noix porte un coin à rampe hélicoïdale correspondant à une échancrure de même forme taillée dans le cylindre mobile et qui vient s'y loger au départ du coup. Comme au fusil Beaumont, la rotation du cylindre a pour effet, par la pression de la surface hél.c;ïdale sur le coin de la noix de bander le ressort à boudin du percuteur. In ramenant en avant la partie mobile, la face verticale de la noix vient buter contre la gâchette. L'obstacle opposé par celle-ci permet, en laissant le ressort tendu, de tournée le cylindre jusqu'à l'instant où l'écliancrure se trouve en lace du coin, ce qui rend le départ du coup possible à la seule pression exercée sur la détente.
REJ1LNGT0N (Sukde et -Norwéoe, Danemark, Espagne) .
La fîgure 2 représente le fusil à l'armé. Le chien est maintenu dans cette position par le bec de la détente engagée dans un des deux crans taillés sur sa partie inférieure formant noix. Le tonuerie est ouvert pour permettre l'introduction de la cartouche. Cette opération terminée, on fait pivoter la culasse mobile en la saisissant par sa saillie quadrillée, jusqu'à ce que sa face antérieure vienne fermer le tonnerre. Le bec du levier G obéissant au ressort b vient s'engager dans la gorge de celle fausse culasse et par sa pression en assurer la fixité. À la fin de ce mouvement, le bec d a dépassé la saillie e du chien, dont la chute est dès lors possible. Il suffit pour amener ce résultat d'appuyer sur la détente. Le bec de celle détente élaiit dégagé du cran de l'armé, le chien sollicité parle ressort F vient s'abattre sur le percuteur. On peut également conduire le chien à l'abattu en le soutenant avec le pouce en même temps qu'on exerce une pression sur la détente. Le tnien ainsi abattu assure la fermeture du tonnerre, par l'obstacle qu'il oppose à la rotation de la fausse culasse.
Le coup parti, le chien est reconduit à l'armé. Puis on ouvre le tonuerie eu appuyant sur la tète quadrillée de
la lète mobile. Pendant ce mouvement de rotation en arrière, le tire-cartouche, dont un crochet est engagé dans un évidement latéral de la fausse culasse, prend un mouvement dans le même sens, entraînant avec lui le culot de la cartouche consommée.
PEABODY (Suisse).
Manœuvre. — Le fusil étant à l'armé, appuyer sur la détente pour dégager le chien qui vient s'abattre sur le percuteur Celui-ci, libre dans son logement, obéit au choc et vient à son tour frapper sur le bord de la cartouche qui est à amorce périphérique et produire ainsi l'inflammation (fig. 3) .
Pour tirer à nouveau, faire pivoter le levier A en l'abaissant et en le poussant en avant, ce qui entraîne un mouvement de rotation en arrière des deux tètes e de ce levier logées dans deux encoches convenablement taillées du bloc 11. Le bloc est entraîné à tourner autour de son pivot b jusqu'à l'instant où l'entrée du canon soit entièrement découverte en face do l'évideuient a. A la fin du mouvement, le bloc vient heurter une des branches de l'extracteur dont la seconde branche rejette alors hors du tonnerre l'étui de la cartouche brûlée. On retire l'étui et l'on introduit une nouvelle cartouche.
Pour fermer le tonnerre, on imprime au levier de manœuvre un mouvement inverse à celui qu'on vient de décrire.
Le mouvement du bloc est limité par un frein C, sorte de levier articulé en d et portant à son autre extrémité deux entailles de farine convenable pour s'appuyer dans ses deux positions extrêmes, sur un rouleau I) dont l'axe est fixé aux parois de la boite de culasse.
FtML H; -M1Y-31AUTIM (Axgleteuke).
La ligure 4 représente l'arme dans la position de la culasse ouverte, pour permettre l'introduction d'une nouvelle cartouche. Le percuteur B vient d'être ramené par la lame D à sa position extrême, malgré l'effort exercé sur lui pnr le ressort à boudin qui se trouve comprimé entre l'épaulementi) et le bouchon à vis K. Celte laine elle-même est retenue par la tète de la détenle venue sous l'action de son ressort, et par l'intermédiaire de la gâchette, se lo^er dans un cran taillé dans sa partie inférieure formant noix.
Pour fermer le tonnerre, on rabat en arrière le levier C, dont l'extrémité vient se fixera ressort dans un logement taillé dans la crosse. Ce levier est terminé dans le haut par deux branches II presque invisibles dans le dessin, embrassant toutes les deux la culasse mobile et pénétrant dans deux entailles de celte culasse contournées convenablement pour les positions d'ouverture et de fermeture.
Pour faire feu, il suffit d'appuyer sur la dé lente pour en d 'gager le bec du cran de la noix. La lame D cesse de s'opposer à la détente du ressort à boudin, qui vient alors projeter en avant le percuteur et produire ainsi l'inflammation de la cartouche.
En ramenant en avant le levier C, les branches 11 font abaisser la culasse mobile, et le lalon du levier pousse en arrière la lame I), dont l'effet est de tendre le ressort à boudin. Avant la fin de ce mouvement, la culasse mobile elle-même en s'abaissant, vient heurter la branche G du tire-cartouche, dont l'autre branche projette hors du canon l'étui de la ca douche brûlée.
L'appareil de sûreté consiste en une petite lame non visible dans notre dessin, et qu'une petite tête placée en dessous de la sous-garde, en avant de la détente, permet
d'engager dans une cnfalllc de la gâchette, pour en arrêter le mouvement.
FUSIL WERDER (Bavière).
Le fusil étant à l'armé ainsi que l'indique la figure 5, la pression sur la détente en dégage le Lee du cran de dépari taillé à la partie inférieure du chien formant noix. ; celui-ci, sous l'action du ressort h, vient frapper le percuteur et produire ainsi l'inflammation de la cartouche.
Pour ouvrir le tonnerre, on pousse ensuite en avant la fausse détente H, dont l'éperon c, cessant de soutenir un autre éperon b de la culasse mobile, permet à celte culasse sollicitée par le ressort F, de s'abaisser en découvrant l'entrée du canon.
A la fin du mouvement, la partie inférieure de la culasse niobile est venue heurter la lame o de l'extracteur dont les branches verticales ont rejeté hors du canon l'étui de la cartouche brûlée.
Après avoir introduit une nouvelle cartouche, on ramène en arrière la tète du chien. Le galet f f.xé au chien vient relever la culasse mobile à la position do fermeture. En même temps, le téton g do ce même chien vient par son choc sur le bec de la fausse détente donner à la culisse mobile l'appui de l'éperon c.
Le chien possède uu cran de sûreté d, auquel on l'amène parles moyens ordinaires.
FUSIL WŒRNDL (Autriche).
La figure 6 représente le fusil dans la position de la culasse ouverte, après l'introduction de ht cartouche.
l'our fermer le tonnerre, on fuit tourner le barillet ; ut<>ur de son axe en le saisissant par l'oreille a. La partie pleine du cylindre vient alors fermer l'ouverture du canon ; en même temps que l'arrière du percuteur vient occuper le point où f nippera le chien à l'instant du tir.
Dans les deux mouvements d'armer ou de fermer le tonnerre, le prisme d, pressant par sa tranche le ressort e, vient à la fin de chacun de ces mouvements reposer sur ce ressort par l'une ou l'autre de ses deux faces planes.
Lorsque la culasse est ouverte, la tranche antérieure du barillet ne joint pas hermétiquement la face correspondante du canon, l'our obtenir une fermeture hermé-' tique du canon, on a fixé entre la face postérieure du barillet et le prisme d, un coin non représenté dans la figure, afin de, mieux faire voir les formes du barillet et du prisme. Les deux faces correspondantes du barillet et du coin sont taillées duns le même sens en surface hélicoïdale d'un pas très-faible. De cette sorte, le mouvement de rotation du barillet détermine à la manière d'une vis tournant dans son écrou, la progression de ce barillet vers le canon et par suite le serrage aussi parfait que possible des deux pièces l'une contre l'autre.
FUSIL ALBI.NI-ttuANDLlN' (Belgique).
Le tonnerre s'ouvre et se ferme en faisant basculer la culasse mobile autour de son axe, à l'aide d'un bouton fixé au côté droit de cette culasse et que le dessin ne pouvait par conséquent représenter. Après l'introduction de la cartouche, on rabat eu arrière la culasse mobile pour lui laire occuper la position indiquée par la figure 7 et dans laquelle elle est maintenue par le bouton 5, qu'un ressort à boudin fait pénétrer dans une encoche du crochet à bascule D.
Le chien est dépendant d'une platine construite dans le mode usuel. A sa tète est articulé un pêne d dont l'action sur te percuteur a amène l'inflammation de la cartouche. Lorsque le chien est conduit au cran de sûreté, le pènn
est engagé dans la culasse mobile dont il assure la fermeture.
FUSIL WETTEïtLl (Suisse).
L'arme venant de faire feu, la croisière II du percuteur est engagée par le haui et par le bas dans les parties les plus profondes de deux échancrures de la virole attenante au levier de manœuvre G (l%-8). Ces échancrures sont raccordées aux faces pluies de la partie postérieure de celte virole, par des rampes correspondant à deux plans inclinés taillés en sens inverse sur les deux branches de la croisière. 11 s'ensuit qu'en soulevant le levier G, ces rampes lonl reculer de toute leur profondeur la Croisière qui, dans ce mouvement rétrograde bande contre le bouton du fond, le ressort à boudin enroulé sur le cylindre de culasse mobile. La partie antérieure de la virole porte deux renforts, qui se trouvent en cet instant en face de deux rainures de même section de la boite de culasse- Il est dès lors poss-iVe de ramener en arrière à l'aide du levier lu cylindre mobile et d'ouvrir le tonnerre.
Ce mouvement en arrière produit plusieurs résultats ;
l 8 Le tir cartouche a, lié au cylindre mobile par une goupille susceptible de se déplacer longitudinalcment d'une petite quantité, n'est entraîné par le fond de la rainure qu'il occupe que lorsque ce cylindre possède déjà une vitesse acquise. Il entraîne ainsi plus facilement l'extraction de l'étui de la cartouche consommée.
En second lieu, dans le mouvement en avant du cylindre pour fermer le tonnerre, le retard dû à la même cause, qu'éprouve à nouveau le tire- cartouche, lui permet de saisir par son crochet le culot de la nouvelle cartouche avant son introduction dans le canon.
2° L'extrémité inférieure de la croisière formant noix franchit la tête de la gâchette contre laquelle elle devra, dans le retour en avant, appuyer par son cran de l'armé.
5° La tète de la branche L du levier coude LK de 1 auget vient, sur la fin de son mouvement, heurter le fond de la rainure creusée dans la partie inférieure du cylindre mobile pour son passage. Ce choc fait basculer le levier, dont l'autre branche K soulève l'auget I, mobile de haut en bas dans la coulisse qui lui est ménagée derrière l'entrée du canon. La partie supérieure de l'auget rejette au dehors l'étui de la carlouc-lic consommée, taudis que sa portion médiane amène une nouvelle cartouche en face de l'entrée du canon
La fermeture du tonnerre a lieu en poussant toujours à l'aide du levier G le cylindre mobile en avant. L'extrémité de ce cylindre appuie sur la cartouche pour l'introduire dans le canon. La fourche à pointes I, susceptible d'un faible glissement dans les deux rainures latérales du cylindre mobile, vient afdeurcr le fond du culot de la cartouche. Vers la un de ce mouvement en avant du cylindre mobile, la tète du levier L de l'auget vient heurter lo fond postérieur de sa rainure, ce qui entraîne le replacement de l'auget dans sa position primitive, où il vient recevoir du magasin une nouvelle cartouche.
Le cran de l'armé de la croisière est venu joindro la léte de gâchette qui s'oppose à son départ. On peut alors tourner le levier G à droite. Les paliers de la virole quittent les faces de la croisière, qui se trouve alors avoir ses parties inférieure et supérieure exactement en face des parties les plus profondes des entailles de la virole.
Pour faire feu, ou appuie sur la détente qui dégage la gâchette du cran da l'armé. Le cylindre du percuteur sous Faction du ressoit à boudin qui se détend vient alors frapper sur la fourche, dont les pointes agissant sur la cartouche en déterminent l'inflammation.
FUSIL WINCHESTER (États-Unis).
Le fusil étant a l'armé comme l'indique la figure 9, si l'on agit sur la détente pour la dégager du cran taillé à l'avant et à la partie inférieure du chien, celui-ci obéit
à l'action du ressort N et vient, en frappant la tête du percuteur, produire l'inflammation de la cartouche.
Pour charger et armer à nouveau, on fait basculer en le ramenant en avant le levier pontet 11. Ce mouvement incline en arrière la brandie It de ce levier, entraînant
F.ff 1. — FUSIL MAL'SEU. — M. Boite du culasse. — B, Canon. — C. Cylindre mobile. — 1). Tète mobile. — E. Percuteur. — F. Noix; m, saïampc hélicoïdale. — C. Écrou du percuteur. ■ II. Cachette et son ressort. — I, Détente. — K. ;jecleur.
Fis. 2. — FUSIL KEVINfiTO.N. - A, Catiun. — B. Fausse culasse. -- C. Chien.
— II. Sous-garde. — E. Déleiilc-gnchclte. — F. tiessoil du chien. — C. Levier de gâchette. — a. Percuteur. — b. IScssort du levier de. g.-ieliclle. — c. I.çvjcr tic détente. — d. Bec inférieur de la fausse culasse.
— t- faillie antérieure du chien.
Fig. 3. FUSIL PfcABODY. - A- Levier de manœuvre. — B. Bloc fermant le tonnerre. — C. Frein. — D. Rouleau d'appui du frein. — E. Extracteur de la cartouche. — F. l'oreu'.eur, — a. Évidcnient pour llutroiluction de la cartouche. — b. Pivot du bloc. — d. P.vot du frein. — e, Tùte du levier.
tig. S.— FUSIL WEIiDEIi. — A. Canon. — B. Boite df. culasse. — C. Culasse irwhiîc. — '"■ Chien. — E. Pont reliant les platines latérales. — F. Ressort de la cuksîo mob.le. G. nétonlc. —H. Fausse détente. — K. Extracteur. — o. Percuteur. — 6. Éperon de la culasse mobile. — c Kperon de de la fausse détente. — d. Cran de sûreté. — e. Cran de-départ. —/'.Galet du chien. — j. Téilon du chien pour maintenir b fausse délente. — ft. Ressort du eliiin. — t. Articulation de la culasse mohile. — 0. Heurtoir.
Fig. t. - FUSIL HENRY" MARTINI. - AA. Culasse mobile. — B. Percuteur. — C. Levier de manœuvre. — D. Lame de tension du ressort du percuteur. — E. Gâchette. — F. Détente. — G. Extracteur. — U. Branche du levier pour le relèvement de la culasse mohile. — I, I. Boite de culasse.
Fig. 6. - FUSIL WEUNDL- - A. Canon, -, B. Barillet, -C. Chien. - D. Emplacement du coin serrant le barillet. — a. Oreille du barillet. — b. Axe du barillet. - c. Percuteur, — d. Prisme extérieur de l'axe du barillet. — e. Ressort. — f, j. Logements pour le tir, cartouche.
en même temps par l'intermédiaire de la pièce k deux autres leviers I situés de part et d'autre d'une lame inférieure de la culasse mobile et articulés avec elle. Par suite, la culasse mobile et le percuteur mobile qu'elle enferme sont aussi entraînés en arrière, en même temps que l'étui de la cartouche consommée dont le culot est
saisi par le crochet a de l'extracteur. Vers la fin de ce même mouvement de bascule du levier pontet, le levier li de l'auge t, ayant même articulation que lui, reçoit sur son talon l'effort d'un talon correspondant du levier pontet, qui le lait pivoter et lui l'ait relever son extrémité antérieure. I/auuct obéit à es mouvement et monte ver-
ticalement dans l;t coulisse qui lui est ménagée pour amener une nouvelle cartouche au-devant de l'ouverture du canon, en même temps qu'il vient fermer à l'aide de sa cloison intérieure l'entrée du magasin, et retenir la cartouche suivante.
Ce mouvement achevé, on fait basculer le levier pontet en sens inverse. La culasse mobile ramenée en avant, pousse par sa tranche antérieure la cartouche dans le canon et vient engager le crochet «le l'extracteur en avant du
culot de cette cartouche. Le percuteur glissant librement dans la culasse mobile est maintenu à la distance convenable pour que ses deux pointes percutantes latérales ne puissent qu'effleurer le culot du la cartouche. Le levier pontet, par un talon convenablement taillé, agit sur un talon correspondant du levier, et fait redescendre l'augct L qui reçoit une nouvelle cartouche aussitôt que l'entrée du magasin est dégagée. Eugèhe Guillemm.
Fi g. 7. — FUSIL ALBlNl BliA.Mll.lN. — A. Canon. — B. Boîte île eub5St\ — . C. Fausse culasse. — II. Ciochel à ias 1 ulo. — I'. Culasse mobile. — I'- Bague de charnière. — G- Ciden. — o. f'ei cul<-ur. — //. Boulon Je fermeture. — c. l'ivot de cul.issc rr.oi ilc. — d. Pino du chien. — e Articulation du |'êuj
F-K. 8. — l'L'SU. WfcnTCKU (A répélitioiO. — Boite de culasse. — B. Virole. — C. Manchon — D. Bauclian. — E. Cyhndre. — F. Percuteur. — G. Bouton du levier de \irole. — H. Cr lis: ère du percuteur. — I, I. Auge t. — h, I., Levier a deux bronches de l'augct. — M. Extrémité de. la croisière formant noix. — a. Tire-cartouche. — b. Clavette d'arrêt du tire-cartouche. — C. Crampons de la hoile de culasse. — d. Iienfurls de la virole. — t. Tourelle ù ï jointes.
Fi?. 9 —FUSIL HENRY-WIXCUESTER (A répétition). — A, A, A. Boîte de culasse. — B. Canon. — C. Culasse mobile.— D, Percuteur. — E. Chien — H. D(Hente-g:iChGile — G. Auget. — H. Levier pontet; h, sa brancha intérieuie. — I. Béni leviers symétriques articulés à la culasse mobile.— K Deux leviers intermédiaires entre le levier pontet et la culasse mobile. — L. Levier de l'aujjot. — M. lîessort portière pou" fermer l'entrée du magasin après l'introduction de la cartouelie. - — N. Uc-ssurt du chien. — . a. Extracteur. — £t. Tampon du ressort du magasin. — i- Hossoft de détente-gâchette. — n- Talon du levier pontet.
CHRONIQUE
Descente aérostatique de M. Sivel, au milieu du détroit du Sund. — M. cl madame Duruof, les deux intrépides aéronautes maintenant célèbres, ont été le jouet des vagues pendant environ deux heures et il est incontestable que, si le vent avait été plus fort ou le capitaine du Grand-Charge moins hardi et moins diligent, ils auraient trouvé la mort dans les flots. 11 est donc nécessaire de dimimiuuer le danger des descentes en mer, et pour cela il faut se mettre à la recherche <fe moyens efficaces. Nous pouvons eu présenter un très-simple qui a reçu la sanction de l'expérience. 11 est de M. Sivel, qui a opéré une trentaine de descentes heureuses en mer, tant dons la Méditerranée que dans la Baltique. M. Sivel laisse tomber à la mer un cône en toile dont la base ouverte est formée par un cercle en bois, où se trouvent fixées des cordes qui se réunissent à l'extrémité du yuide-rope. Ce cône se remplit d'eau quo le ballon ne peut soulever. Si lo délestage produit par la perte de poids dans l'eau du cône
et du guide-rope n'est pas suffisant il jette du lest et l'aérostat remontant, reste au-dessusde la niera l'état de captif. Les voyageurs peuvent alors attendre tranquillement qu'un navire vienne les recueillir ou que la dérive les porte vers une terre. — M. Sivel veut-il remonter dans l'espace, il lire une cordelette attachée au fond du cône, et le renversant comme un filet à papillons il force l'eau à s'en échapper.
Le passage suivant, d'une lettre adressée par M. Sivel à M. J. Grocé Spinelli, montrera de quelle façon un sauvetage s'exécute en mer, à l'aide du système dont nous venons de parler : tt Le 19 du mois dernier je cherchais encore à traverser le Sund. J'étais parti de Copenhague avec un vent de nord-ouest, et j'espérais atterrir en Suède, mais vers le milieu du détroit il varia au nord. Ayant trois passagers, je ne crus pas devoir tenter la traversée de la Baltique. Aussi, ouvrant la soupape, nous descendîmes si rapidement que la nacelle s'enfonça d'unpk'd et demi dans l'eau, pour remonter de nouveau. Mais grâce au cône-ancre le ballon resta captif, et nous pûmes attendre, sans dériver beau
coup, l'arrivée dos bateaux. Une heure après la descente deux bateaux-pi'ots et {rois bateaux de pèche avaient pris nos amarres, mais le ballon pous-é par le vent entraînait avec lui toute celte flotille. C'est alors que faisant approcher un bateau bord à bord avec la nacelle, j'y fis liansborder les passagers; après quoi, grâce à la carde de sûreté, j'ouvris le ballon qui se dégonfla instantanément et s'abîma dans la mer au moment où je sautais moi-même dans une barque.»
montre kilométrique ou podomètre. — Le podomètre est destiné à mesurer le chemin parcouru par un piéton. Il se porte habituellement soitdans la poche du gilet, dans le gousset du haut de préférence, soit dans la ceinture ou après une boutonnière; le crochet attaché a l'anneau doit prendre l'omcrture de la poche, ou être fixé de façon que l'instrument occupe toujours la position verticae. Quoique ne se remontant jamais, le podomètre fonctionne dès que le piéton qui le p rte fait un pas, et il accélère, ralentit, arrête ou reprend sa marche en même temps (jue lui. Pour avoir des divisions plus claires, le cadran a été gradué seulement en 12 kilomètres, mais l'aiguille peut recommencer indéfiniment le tour du cadran. Si l'on désire s'assurer si l'instrument est réglé, dit le journal les Mondes, il faut parcourir une distante déterminée, un kilomètre par exemple, et voir si l'aiguille a bien marqué une division; si elle fait moins, il faut donner de l'avance au podomètre en tournant la vis de réglage à gauche; si, au contraire, elle a fait plus, il faut tourner la vis à droite, soit la serrer, afin de donner du retard. La vis de réglage est celle qui se trouve eu bas, presque entièrement en vue, et dont la tête est. firmes par un carré, afin de pouvoir la manier avec une clef de montre. Pour ne pas avoir à se souvenir où était l'aiguille au départ, on peut sans inconvénient la tourner à la main, à droite nu à gauche, pour la ramener à zéro. Pour marcher sans que le podomètre fonctionne, il suTil de le porter de telle façon que l'anneau cesse d'être en haut.
Photographie ma t'oiwl de la mer. — Le docteur Ncumajcr vient de présenter à la Société de géographie de Berlin ùn appareil photographique destiné à déterminer lu température et les courants à de grandes profondeurs de 1 Océan.
L'invention se compos 1 dune boite en cuivre fermée hermétiquement, et munie extérieurement d'un appendice icssemblant à un gouvernail. A l'intérieur se trouvent un thermomètre et une hou. sole vide, mais avec, un comnos, enfermés chacun dans une case en verre renfermant des traces de gaz azote. L'appareil est complété par une petite batterie électrique. Quand on fait descendre l'appareil attaché à une corde de sondage, l'action du courant sur le "ouvcniail lui fait prendre, une direction parallèle, et la direction du courant est ainsi indiquée par la position relative de la boussole, de l'aiguille et du gouvernail. Le thermomètre indique la température avoisinante.
Afin de fixer ces indications, on dispose convenablement une feuille de papier photographique près des cases en verre contenant les instruments. Alors, au moment voulu, on fuit passer un courant électrique à. travers le gaz azote contenu dans les cases, ce qui produit une lumière violette très-intense et capable d'agir chimiquement sur le papier photographique, pendant un temps assez long pour reproduire sur le papier les ombres de l'aiguille et de la colonne de mercure. Au bout de trois minutes, paraît-il, l'opération est terminée, oo n'a qu'à remonter l'appareil et à en retirer le papier. (Les Mondes.)