TAXE
Pt.
Fr.
Notons en passant une facilité offerte aux correspondants par les agences. Lorsqu'un expéditeur est en relations habituelles avec un destinataire, un numéro de convention peut servir à designer tout à la fois le nom et l'adresse de chacune des parties ; la transmission de ce numéro ne figurant que pour un mot dans le compte, laisse au cadre de 10 mots l'élasticité suffisante.
Nous parierons maintenant de la construction des
câbles. Le lil conducteur de l'électricité, Y âme du câble est une cordelette de cuivre, formée de sept fils tordus ensemble. La plus grande attention est donnée à la soudure des bouts de lil avant la torsion, de peur -d'augmenter la résistance au passage, par suite d'une continuité imparfaite. 11 faut se représenter l'électricité comme un fluide extraordinairemeut mobile, fourni continuellement au conducteur par la source (pile électrique), et dépensant en route son énergie intérieure, pour alimenter sa vitesse. La conductibilité du conducteur est la facilité relative qu'offrent au passage du fluide les pores du métal, suivant sa nature et ses dimensions; la résistance est la propriété inverse. Dans les manifestations ap» parentes du phénomène, les deux notions se confondent, ce sont deux formes de langage équivalentes dont l.i distinction n'a qu'un intérêt théorique.
Le lil conducteur a besoin d'être isolé, l'eau dans laquelle il est plongé offrant un passage facile à.
l'électricité. Do toutes les substances connues, la <jutla-percha est la plus généralement employée pour confectionner la gaine du (il de cuivre.
Cette substance est un suc végétal, que l'on extrait par incision d'un arbre, Y Isonandra-gutta, de l'ordre des sapotaoéos, très-abondant dans les îles de l'Océanie, notamment à Java, à Sumatra et à Bornéo.
Solidifiée à la température ordinaire, elta devient consistante etsouple, et elle conserve cette propriété jusqu'à 10°. A partir de 50° ; elle devient molle et facile à mouler ; elle fond à 120°.
Le caoutchouc serait un meilleur isolant, mais il attaque le cuivre ; en outre, il s'altère vers 80°, ce qui ne permet pas de le travailler à chaud, comme on fait de la gutta-percha.
Pour former une gaine continue autour de l'âme, ou emploie un dispositif fort simple. Imaginez un gros tube ou conduit horizontal dans lequel glisse un piston : le fil enroulé sur deux tambours traverse verticalement ce conduit ; l'orifice supérieur a un diamètre déterminé suivant Pépaisseur que l'on veut donner à l'enveloppe isolante. La gutta-percha fluide est introduite dans le conduit et sous la pression du piston, s'échappe par l'orifice supérieur, en s'attachant au fil sous forme d'une gaine qui est solidifiée avant d'atteindre le haut de l'atelier.
La gutta-peieha se conserve intacte dans l'eau de mer durant un grand nombre d'années; on a retiré au bout de douze ans d'immersion des tronçons do cable eu parfait état. 11 importe que l'immersion ait lieu immédiatement après la fabrication, ou tout
au moins que lu câble soit conservé dans un Heu frais, afin que l'âme ne perde point sa position centrale .dans l'enveloppe, qui commence à se ramollir à 30°.
A des profondeurs où !e câble subit des pressions de 500 atmosphères, on pouvait douter de l'isolement. L'expérience a démontré que la couche superficielle seule absorbait une certaine quantité d'eau, ta pression même complète l'isolement.
Afin de protéger la gutta-perclia contre les détériorations qui peuvent résulter de l'opération de la pose ou du séjour au fond de la mer, on couvre la gaine d'un revêtement de (ils de 1er dont l'épaisseur varie suivant la profondeur. Cette armature prévient aussi la rupture de l'âme de cuivre que pourrait amener un excès dû traction. Une enveloppe de chanvre est interposée entre la gutta-percha et les fils de fer extérieurs.
Par l'immersion, le câble de 1865 perdit plus de la moitié de son poids, celui de 1 858 n'en avait perdu que le tiers. Pour arriver à ce résultat, on a augmenté le volume du câble en recouvrant de chanvre goudiourié les (ils de fer coinpo.su il l'armature.
Dans le voisinage des côtes, le cable est plus exposé encore que dans les fonds; il a pour ennemis les poissons, les ancres des navires, les vagues. Pour qu'il résiste à tous ces assauts, on l'arme d'une double ceinture de fils de fer.
Nous terminerons celte description par deux dessins (fig. 3 et 4), représentant le câble des fonds et le câble d'à tterrisserneuL Cu. LioMEiirs.
— La suile prochainement- —
CimOMQUE
Le jardin des plantes- — La nouvelle ménagerie des rotules a été ouverte au public la sem.iine dernière. Mous décrirons prochainement celle magnifique installation, qui n'a pas de rivale a l 'étranger. Si nous devons savoir admirer les travaux de nos voisins, ne dénigrons pas systématiquement la science française, qui produit aus>i~de grands résultats et qui en produirait déplus grands encore si l'argent ne faisait pas défaut. La nouvelle ménagerie des reptiles attire au Jardin des l'huiles un grand nombre de visiteurs, et nous espérons que notre Muséum, où brillent d'un si bel" éclat des collections admirables et uniques, en ressentira un effet salutaire. La galerie de paléoutolo'de va s'enrichir prochainement du grand éléphant fossile que M. Cazalis de Fondouce a trouvé dans le Gard*. Le squelette de cet animal tombait littéralement en poussière; tous les os sont brisés en menus fragments, el leur reconstitution exige un travail considérable, une patience à toute épreuve, cl une science osiéologique profonde. On espère que dans uu an les os existants de ce squelette formidable, qui n'aura pas moins de quatre mètres de haut, seront complètement reconstitués. Malheureusement, il n'y :i pas une salle libre, pour exposer une telle pièce; lu collection de paléontologie étouffe dans un local trop étroit et mal disposé ; l'espace et l'argent lui manquent compléle-
1 \oy. la Nature. Deuxième nunéc 1874. Premier semestre. Table des matières.
ment! Il existe en outre au Jardin des Plantes des collections d'oiseaux empaillés, qui sont accumulés dans des tiroirs, des richesses innombrables de toute sorte, quo l'on est obligé de garder dans des caisses. Notre pays n'est pas assez pauvre, pour abandonner les trésors dus à son génie scientifique dans de méchantes masures qui menacent de tomber en ruines. S'il veut se relever , qu'il relève d'abord les monuments de sa véritable graudeur.
Les paratonnerres tle Paris- — Plusieurs journaux ont annoncé que le préfet de la Seine va nommer une commission chargée de procéder à l'inspection des paratonnerres placés sur les différents monuments publiis. Cette décision serait prise ù la requête des architectes de la ville qui auraient coi.slaté qu'un grand nombre de ces appareils sont hors de service. M. Greuet, ingénieurélectricien, à Paris, constructeur et contrôleur des paratonnerres, a imaginé de diminuer notablement la longueur des tiges qui surchargent inutilement les faîtes des édifices alin d'augmenter la zone de, protection, ce dont on n'a pas besoin quand tous les combles sont garnis de conducteurs. Il a de plus adopté le système de cordes en cuivre usité depuis longtemps en Angleterre et dans la marine. Ces précautions sont celles qui sont indiquées dans l'instruction académique pour la protection des poudrières. Le château de M. Mallet, banquier, près de Versailles, est le premier édifice public où l'on a einplové ce système.
l'.vpédliîon de « la Diana. » — Les succès de l'expédition austro-hongroise, après tant de traverses, ne doivent pas nous faire perdre de vue une entreprise intéressante, exécutée par la Diana, yacht célèbre par les précédents voyages de Smith, mais monté cette fois par un autre explorateur. M. Coiggins, marin pensionné pour les entreprises polaires, nolisa ce steamer pour un vovage à l'embouchure de l'Obi, afin de s'assurer s'il est possible d'établir des relations commerciales enirc l'Angleterre et les côtes de la mer de Kara. La saison a été exceptionnellemenl mauvaise pour les explorateurs arctiques. Cependant, le 20 juin, la Diana franchissait le détroit de \\eigutc sans rencontrer une quantité considérable du places. La côte de l'océan boréal était couverte de mousses et de fleurs. Ce n'est qu'aux îles Lutke que la Diana rencontra delà glace, et le 1 er août elle jetait l'ancre à l'embouchure de l'Obi sans avoir eu à lutter contre des difficultés exceptionnelles. A l'entrée du fleuve se trouve uns barre de sable qui parait très-dangereuse, et des courants très-violents rendent la navigation particulièrement pénible. Les îles marquées sur 1< s cartes sont à une distance considérable du lieu que leur assigne la géographie, ci d'autres îles basses dissimulées, peut-être par des bancs de glaces, ont été omises. M'ajant de provisions que pour une année, le capitaine Coiggina n'a pas trouvé prudent de pousser sa reconnaissance plus à l'orient, et retraversanl le détroit de Wcigate, il a touché à la côte occidentale do la Nouvelle-Zemble pour tacher de trouver les 1rs ces do l'expédition austro-hongroise. De là il fit voile vers le port d Ilammerfort, à peine y étail-il arrivé depuis une heure qu'on signala une voile. C'était le JSicItolas, qui avait à son bord tout l'équipage du Teghelloff.
L'accroissement des communications entre
les nations, — Les chemins de fer du monde entiei transportent environ 4 millions de personnes par jour el les nouvelles voies ferrées ont migmimté, depuis 6 ans, da 24,500 milles à 57,500. Le service postal transporte environ 5,500 millions de le lires par année, ce qui fait plus de 9 millions par jour.
Les figues télégraphiques, il y a six an», avaient une longueur de 50,166 milles géographiques ; elles dépassent aujourd'hui 77,000 milles. Une ligne complète part, de San Francisco, traverse le continent américain, l'Atlantique, parcourt enfin l'Europe, laSibiirie jusqu'à l'embouchure de l'Amour aux confins orientaux de l'Asie, (lutte ligne se raccorde avec l'ancienne par des embranchements avec l'Inde, le Japon et l'Australie.
ACADÉMIE DF.S SCIENCES
Séance du Y.) octobre 1871. - Présidence de M. Bertrand
Dissociation. — Ces Allemands sont décidément peu délicats. L'autre jour, M. Iiésal reprenait, pour la rendre à Moulc, la théorie du timbre dont se parait M. Ilelmholtz. Aujourd'hui, JI. Debray revendique pour la France la découverte des phénomènes de dissociation qu'un M. Widmnrm cherche à faire remonter à Milscherlich. Voici les faits: Jhlscherhcli mettant du sulfate de soude hydraté dans la chambre barométrique constate une chute de mercure, et il en conclut qu'on peut parle baromètre mesurer la force d'atfmilé d'un sel pour l*eau. Le fait est intéressant mais en définitive ce n'est qu'une autre forme de cette expérience vulgaire qui permet d'apprécier l'affinité en question en mesurant la température d'ébullition des diverses solutions salines. De là à formuler toute la doctrine de la dissociation, due très-certainement à M. Henri Sainte-Claire Devillo, il y a excessivement loin, et chercher à donner le change sur ce point est, selon l'expression même de M. Dumas, une. manœuvre des plus hlàmabl s. La théorie de la dissociation est née en France et elle n'a nul besoin d'une nouvelle démonstration pour exister.
Condensation magnétique. — Prenez, à l'exemple de de M. Lallemand, une grosse barre de fer doux et enveloppez-la dans une hélice d'induction. Le courant électrique l'aimantera, une arinuture pourra y être retenue, à laquelle on pourra même suspendre un poids plus ou moins considérable. L'auteur est parvenu a y faire tenir li>0 kilogrammes. Cela fait diminuez la charge à ôO kilogrammes et interrompez le courant : contrairement à tout ce qu'on enseigne jusqu'à ce jour cette charge encore considérable ne tombera pas. Une certaine quantité do magnétisme rémanent suffira pour la retenir à la barre. Mais si, dans ces conditions, on vient à séparer l'armature, immédiatement toute trace de magnétisme disparait ; l'armature seule ne peut mèinc plus être attirée parla barre. L'auteur s'est assuré que le phénomène qu'il signale prend naissance, même quand l'éleclro-aimant est constitué par le fer le plus pur et le plus doux ; il annonce de prochaines expériences sur cet intéressant sujet.
Spectroscopie solaire. — Trois sujets distincts quoique connexes ocupenl M. Secchi, dans un mémoire dont M. Dumas donne une rapide analyse: l'emploi du spectroscope, dans l'étude des éclipses, l'existence de l'atmosphère lunaire, la distribution et le nombre de protubérances du soleil. 11 a examiné le premier point lors de l'éclipsé que tout le inonde a pu observer le 10 de ce mois, en recherchant de quelle manière le spectroscope peut rendre les plus grands services, quant à la détermination ou inomeul précis du contact entre deux astres qui s'occultent. On peut employer le spectroscope ordinaire, mais en y ajoutant un pnsme additionnel ou facilite la recherche
du point à observer et c'est un perfectionnement qu'on ne doit pas négliger. Quand à la précision du résultat, elle est sensiblement la même dans les deux cas.
La question de l'atmosphère lunaire est comme un appendice de la précédente, car c'est devant l'éclipsé du 10 que II. Secchi l'a examiné de nouveau. La netteté des phénomènes spectraux, observés lors du contact, a été telle que l'astronome romain en a reçu une nouvelle confirmation dans l'opinion que notre satellite est bien réellement dépourvu de toute atmosphère.
Enfin, en ce qui concerne les protubérances, l'auteur adresse un tableau résumant toutes celles observées du 20 décembre 1873 au 2 août 1874. La conclusion est que durant ces sept mois, le nombre des protubérances acte constamment en diminuant d'une manière régulière et si considérablement qu'on ne peut attribuer la diminution à des erreurs. Eu janvier ce nombre était de 140 ; eu juin, juillet et août il descend au-dessous de 100. Peutêtre ces observations conduiront-elles à la découverte des lois auxquelles obéissent ces imposants appendices de notre astre central.
Atlas météorologique. — On se rappelle que sous l'empire L'Observatoire faisait paraître chaque jour un bullelin contenant, sur une carte de la Franco ou de l'Europe» le tracé des courbes d'égale pression barométrique et divei ses variations météorologiques. Il en résultait à la fin de chaque année un Atlas dont l'utilité était universelleme.it reconnue. La guerre, coin: ne beaucoup d' autres choses, a interrompu cette entreprise, et c'est seulement aujourd'hui qu'on s'occupe de la reprendre. M. Le Verrier dépose sur le bureau do l'Académie le tome V de cette belle publication, volume qui comprend les trois années 1809, 1870 et 1871. Beaucoup de lacunes y seront remarquées, mais l'ensemble est digne du plus vif intérêt. Si on s'est pressé de le publier, c'est que les observations dont se chargeaient les commissions départementales vont être reprises de toutes parts. L'Assemblé nationale a, comme on sait, voté des fonds dans ce but et le ministre vient d'adresser des instructions aux conseils généraux. C'est à ces mêmes conseils que il. Le Verrier a tenu à adresser le nouvel Allas, afin de faire bien comprendre atout le monde l'importance de l'entreprise qui, à côté de ses avantages scientifiques, en présente d'inappréciables pour l'agriculture et la navigation. Les commissions départementales ne peuvent que recueillir ces observations sans se livrer à. aucune discussion, puisque les phénomènes leur échappaient presque immédiatement, en franchissant les limites des départements. C'est pourquoi les départements vont être groupés en bassins dans chacun desquels une coinmission régionale centralisera toutes les données fournies par les diverses commissions départementales. Jusqu'ici, I il n'y a de constitué, que deux bassins ou régions de ce . genre : le bassin de la Seine auquel M. Belgraud s'est con- | sacré, et le bassin su 1 ouest méditerranéen, dont M. Crova, ' de Montpellier, est l'âme, et qui comprend les départements I de l'Aude, de l'Hérault, du Gard, de la Lozère et des Pyrénées-Orientales. Espérons que cette organisation sera prochainement généralisée. Ses avantages ont été appréciés par l'Angleterre, de façon que nos voisins s'occupent de Subdiviser la Grande-Bretagne en régions météorologiques du même genre.
Cours d'astronomie populaire. — Puisque nous en sommes à des sujets plus ou inoins astronomiques, annonçons que la troisième année du cours public et gratuit d'astronoiiiie populaire que professe 31. Vinot, commencera le dimanche 1" novembre, à dix heures du matin,
oôG
dans le grand amphithéâtre de l'École de médecine, pour i conlinuer tous 1rs dimanches suivants à la même heure. :
Analyse de la betterave. — Déjà SI. Violette a fait, cou- I naître la composition des cendres de betterave. Aujour- '■ d'hui il recherche la distribution du sucre et des matières salines dans cette importante racine. Confirmant les éludes . de SI. Peligot, auxquelles il apporte «ne valeur nouvelle, ' l'auteur reconnaît que si on nnnlvse. successivement dus tranches de betteraves, prises à partir du collet jusqu'à la pointe, on trouve que la quantité de sucre va constamment en augmentant. A.11 contraire, la quantité de matières l salines va en diminuant, de façon que ces deux ordres de substances sont distribués d'une manière absolument inverse. Ces résultats in!éres c anls au point de vue physio- ;
logique paraissent de nature à recevoir des applications industrielles.
Phylloxéra. — Naturellement, le phylloxéra figure parmi les sujets traités dans la correspondance. Beaucoup de personnes ont prétendu que le phylloxéra n'est pas cause de la maladie, mai-; que la vigne épuisée fournit un sol favorable à son développement complet. M. Balbiani s'inscrit contre cette opinion et il la combat par une expérience qui consiste à placer des phylloxéras sur des vigne-; épuisées : jamais l'insecte ne s'y fixe et au contraire il attaque vigoureusement la plante saine. Pour lui le remède consistant dans l'emploi d'un engrais riche est tout à fait illusoire et propre au contraire à faire pi os péter le parasite. Stanislas Meunieii.
L'exulosion de pouilre «lu 3 octobre & Londres. — Vue de la maison du gardien de Hegénl's Park après le sinistre.