PAU I,E FROID
Dans sa séance du 7 février i 874, la section d'Entomologie et de sériciculture de la Société des agriculteurs de France recevait une communication fort intéressante sur l'application des températures abaissées et constantes à la conservation des graines ou œufs de vers à soie, et à leur facilité d'éclosion en temps déterminé. La section, sous la présidence du marquis deGiuestous, souhaita à l'unanimité de voir la
prompte application de celte méthode qu'elle regard? comme un progrès très-sérieux dans l'art du magninier, comme un moyen de parer à bien des inconvénients actuels : la conservation des œufs dans les caves lui semble un expédient fort incomplet.
L'application du froid à la conservation temporaire ou indéfinie de la graine de vers à soie comporte deux sortes d'installation. L'une donne la facilité de conserver de petites quantités de graines ; l'autre permet la création de magasins cantonaux ou régionaux qui peuveut conserver pour compte de tiers, jusqu'à 25,000 à 50,000 onces de graine. Dans le ■ premier cas, que l'on peut considérer comme une conservation à domicile,
appareil se compose d'une-
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Appareil pour la conservation des graines ou œufs de vers J soie par Je froid.
sorte d'armoire parfaitement isolée et dans laquelle se trouve un compartiment métallique entouré d'air froid.
Nous donnons un dessin de cette installation simple. Les parois de l'armoire sont doubles et remplies de matières isolantes. Un double fond, supérieur à la caisse métallique, permet de placer des morceaux de glace dont l'eau de fusion passe au dehors et sort par un robinet disposé à cet effet. On voit ci-dessus les cartons couverts de graines debout dans la caisse ; au milieu peut se placer un vase spécial rempli d'eau : à côté un hygromètre permet de ne pas dépasser le point voulu pour la quantité d'humidité que doit contenir l'air confiné : un thermomètre surmonte l'hygromètre et sert à vérifier constamment la température.
Cette machine, à portée de toutes les fortunes dans les pays où l'on peut se procurer de la glace, fonctionne depuis le commencement de l'année où elle a reçu 50 mille onces de graines du Chili, provenant
2* an ncc. — 2* Knieslrc.
: delà ponte de novembre et décembre 1873. Aucun accident n'est survenu depuis 9 mois et M. Cit. Tellier, l'inventeur, assure que la conservation lui semble indéfinie. De temps en temps, et aussi souvent qu'on l'a voulu, des échantillons prélevés sur les cartons conservés ont donné de parfaites éclosions dont nous avons vu les élevages à l'exposition des insectes
. qui vient de se terminer à Taris.
Si l'humidité semblait surabondante, le cylindre à jour placé au milieu du compartiment métallique recevrait du chlorure de calcium et ramènerait bientôt l'air au degré de siecîté que l'on jugerait convenable. Dans ces conditions, la glace ne touche pas la graine, l'humidité si funeste aux œufs placés dans les caves et dans les glacières est par conséquent rendue absolument impossible.
Malheureusement ces appareils nécessitent l'emploi de la glace, comme nous venons de l'expliquer, et dans de nombreuses contrées, en province, i) n'est
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pas possible de s'en procurer, sinon à des prix onéreux, quoique la vente en soit très-minime. Dans ce cas, il conviendrait de créer des magasins régionaux qui recevant la graine faite dans tout un rayon du pays, la conscr vernit un hiver au moins pour la rendre aux éducateur» au moment qui paraîtrait propice à chacun d'eux.
Un magasin contenant 25 à 30,000 onces, présentant une capacité intérieure de 100 mètres carrés, comporterait alors l'emploi d'une machine à faire le froid, dont on a donné la description précédemment. Cette machine qui coûte 10,500 francs utilise trois chevaux de force motrice.
Si un tel moteur était monté sur un cours d'eau, dans un moulin, par exemple, il ne coûterait d'autre dépense que la surveillance. L'été, la machine pourrait être crnplovée à faire de la glace, qui se vendrait très-bien la plupart du temps, le coût total de la conservation des graines s'en trouvant i>ï isi considérablement réduit. Mais ce n'est pas là peut-être le moyen le plus simple d'en tirer parti.
Supposons que dix propriétaires voisins se réunissent pour l'achat et l'installation de la machine, ils auront chacun la jouissance d'un compartiment de 10 mètres carrés, dans lequel ils peuvent conserver indéfiniment tout ce qui leur conviendra : gibier, viandes, fruits, etc., etc., outre leurs graines de vers à soie d'une année sur l'autre. Quelle commodité pour les éleveurs! Quelle sécurité ! Plus d'éelosion hâtive, c'est-à-dire intempestive, quelle que soit l'espèce que l'on élève; l'éelosionsera graduée à volonté et en raison de l'activité du végétal destiné aux vers : mûrier, chêne, ricin, etc., etc. Tout devient facile !
La Société des agriculteurs avait raison : il y a !à un grand progrès. Nous n'avons pas dit toutes les ressources qu'il offrira et qui deviendront manifestes à inusure que l'on employera davantage cette méthode si simple et si eificace. 11 y a lieu d'accorder des louanges au nouveau procédé de conservation des œufs de vers à soie, surtout quand on pense qu'une chambrée enlevée par la maladie pourra désormais être remplacée presque du jour au lendemain. II. DE L,\ BlA.NClIÈliE.