Grotte Dura thy
S. Grotte du grand Pailo».
S. Grotte du petit Vst'm-
S. là.
Fig. 1. - Plan topojraptiKjnc «les environs de Sordc, dans la valide ilu ga\e d'Oloroii.
de polissage, ce qui tendrait à démontrer que la pièce été préparée par une sorte d'usure préliminaire
peaux de renne. En 1770, un ouvrage russe nous apprend qu'à cette époque les femmes Tchonktsches,
destinée à faciliter les retouches ondulées et les qui habitent la Sibérie, se servaient pour coudre les
peaux des nerfs de quadrupèdes
■dents de scie qui lui donnent un aspect si éléguiit. » MM. Laite l et Du pare sont disposés à considérer ce silex comme un poignard; il aurait -été enchâssé dans un manche en bois, comme le poignard de pierre égyptien do la collection Hay au llritish Muséum.
Les Troglodytes auxquels appartenaient ces débris semblent avoir eu une existence et des mœurs tout à fait semblables à celles des Esquimaux modernes. MM. Lartet et Duparc font un rapprochement ingénieux entre les usages récemment en vigueur chez les Lapons, les Finnois, les Samoycdes et les Esquimaux, et les oui ils de l'âge •de pierre des Pyrénées. Quelques-unes dô ces peuplades modernes vivaient encore il y a un siècle dans «des caven.es dont ils bouchaient l'ouverture ave • des
Fig. 2. — Coupe transversale du promontoire imiriinulitique de Sortie.
et d'aiguilles faites en arêtes de poisson. A la même date, les populations Kamtchadales, voisines des Tehouktsch es , n'avaient (pie des armes eu pierres pointues et en os ; elles vivaient dans de grands caveaux naturel-', contenant plusieurs foyers, et où se trouvaient deux ou trois cents habitants. Les Troglodytes des Pyrénées avaient les mêmes coutumes, les mêmes instruments de pierre; comme les Esquimaux modernes, ils reproduisaient sur les. os qu'ils employaient les figures des animaux qu'ils chassaient, le renne et le phoque. Comme eux aussi, ils avaient l'habitude de casser les os pour en extraire la moelle, et d'accumuler dans leurs tanières les restes de leurs repas. « L'analogie est frappante,
a. Depuis de transports cuillouleux.
lili.lttêS. — a. Opllitt?.
US. Mantes nmnwu-
LA NATUJtE.
disent MM. Lartet et Duparc; nous retrouvons dans mais encore les mêmes armes et les mêmes instruits traces laissées pur nos Troglodytes de la Chalosse, nients. » Les peuples des régions boréales seraient-ils non seulement l'indication, du même genre de vie, les derniers représentants sur la terre de nos ancêtres
Fig. 5. — Silex taillés récemment découverts dans la grotte Duiuthy, par MM. Larict et Uuparc.
troglodytes? Quoi qu'il en soit de ces rapprochements curieux, des découvertes préhistoriques de l'importance de celles que nous venons de passer sommai-
primitive de l'homme des faits bien digues d'attirer l'attention, et qui jettent chaque jour une nouvelle lumière sur les origines encore obscures de l'huma-
rement en revue, apportent à la science de l'histoire i nité.
G.VSTON TiSSÀNDIER.
CHRONIQUE
La guerre sous-marine. — L'amirauté anglaise s'occupe en ce moment d'expériences fuites avec des torpilles sous-mari ncs portant cent livres de dynamite et pourvues d'un moteur à air comprimé. Lu torpille sous-marine doit Liire explosion au moment où elle touche un corps dur, à cause d'une capsule qui est placée à l'avant. La force motrice est calculée de manière que la torpille puisse glisser sous l'eau pendant un mille en ligne droite. Des ingénieurs allemands voulaient mieux faire, et conduire la torpille à longues guides avec dcsills faisant passer un courant et mettant en mouvement un moteur électro-dynamique. Mais ce procédé a été repoussé comme étant évidemment trop complexe. Le seul moyen de se protéger contre de pareils engins de destruction est d'éclairer la mer dans la direction où l'ennemi peut s'approcher, en employant des lumières électriques d'une grande puissance.
Télégraphe de poche. — Le Times contient un article sur un télégraphe do poche qui paraît être employé en Amérique pour causer sans être en tendu au milieu d'une foule, en omnibus ou cri chemin de for. Cet instrument est un appareil Morse, modifié en ce sens qu'il n'y a pas de rouleau ; c'est le choc qui permet de se comprendre à distance. 11 y a deux sortes de chocs, le piano remplace les brèves et le forte tient lieu de longues.
Un rival de l'homme a la fourchette- — Nous avons signalé récemment l'histoire d'un pensionnaire d'hôpital qui, dans un accès de fièvre chaude, avait avale un thermomètre. Mais cet avaleur do thermomètre et l'homme à la fourchette, son prédécesseur, sont laissés bien loin en arrière par un aliéné anglais, dont voici l'histoire :
A l'asile des aliénés de Prestwich (Angleterre) est mort, le 18 septembre, un malheureux dont la folie consistait à repousser toute nourriture et à ne vouloir manger que des objets absolument impropres à la digestion. Après sa mort, voici ce que l'autopsie a fait découvrir dans son estomac et ses intestins : 1,059 petits clous de cordonnier, appelés vulgairement caboches, 6 grands clous de 4 pouces de long, 19 de 5 pouces, 8 de 2 pouces, 58 de 1 pouce, 39 œillets métalliques, 5 vis de cuivre, î) boutons de même métal, 20 morceaux de boucles, une épingle, 14 morceaux de verre, 10 cailloux, 5 bouts de cordon, un morceau de cuir de trois pouces de long, un fragment de plomb de 4 pouces, un poinçon portant la marque d'une fabrique américaine: en tout, 1,841 objets, pesant ensemble 11 livres (anglaises) et 10 onces. Est-il nécessaire d'ajouter que les faits précédents semblent quelque peu extraordinaires? Nous les empruntons cependant à un de nos plus sérieux journaux médicaux: la Gazetle hebdomadaire de médecine.
La plus grande agglomération humaine. —
La ville de Londres n'a pas moins de 2;i kilomètres de longueur et 15 kilomètres de largeur. Sa superficie, environ sept fois plus grande que celle de Paris dans l'intérieur des fortifications, est de 34,000 hectares. Les rues de Londres, mises bout à bout, pourraient s'étendre sur le quart du méridien terrestre ; leur longueur totale est de 10,000 kilomètres. La dépense annuelle de gaz est de 10 milliards 400 millions de pieds cubes anglais, dont 1 ,400 millions sont perdus par diverses causes. Cet énorme volume de gaz alimente 490,000 brûleurs, qui consomment 15 millions de pieds cubes en 24 heures. Le nom-
bre des églises et maisons de prière s'élève à Londres à 1,000. Le nombre des tavernes y est au moins qualre fois plus considérable ; on y compte, rn effet, 4,500 débits de boissons. La moyenne des individus morts annuellement par des causes violentes, accidents ou suicides, est de 2,608. Le nombre des ivrognes ramassés dans la rue, en 18(18, a été de plus de 9,000 dont 4,000 femmes environ. La police de Londres estime à '23,000 le nombre des voleurs qui exercent régulièrement leus fonctions dans la grande métropole britannique.
Ile l'origine •!« guano. — Le docteur llabel, qui, depuis de longues années, a exploré les iles où le guano abonde et qui a soumis le précieux engrais à une étude minutieuse tant au point de vue chimique que microscopique, prétend que cette substance n'est nullement formée, comme on l'affirme partout, des déjections d'oiseaux marins. « En traitant le guano chimiquement, lit-on, à ce sujet, dans le Bulletin de la Société d'acclimatation, il a obtenu un résidu insoluble, composé d'épongés fossiles, d'animaux marins et déplantes marines. D'un autre côté, on sait que dans le voisinage des Chiuchas et autres îles à guano, les ancres des navires ramènent quelquefois du guano du fond do l'Océan. Do ces faits et d'autres encore, le docleur américain conclut que les dépôts du guano sont le résultat de l'accumulation de plantes cl d'animaux fossiles dont la matière organique a été transformée eu une substance azotée, la partie minérale restant intacte. »
Emploi de la tourbe pour la fabrication du papier et du carton. — M. Yevl-Meyer a présenté tout récemment, à l'Association polytechnique de Berlin, des échantillons de papier et de carton fabriqués avec la tourbe d'une carrière près de Kœuigsberg, et a fait à ce sujet une intéressante communication sur l'emploi de cette matière au point de vue de la fabrication du papier. Les échantillons présentés provenaient d'une usine de Vollprechtsweyer où ils avaient été ohlenus par le directeur, M. Stenimle. Le papier et le carton étaient très-solides, ce dernier était assez épais pour qu'on pût le raboter et le polir. Le papier fait avec de la tourbe pure est de même nature que celui que l'on fabrique avec le bois ou la paille; il suffit cependant de l'addition de la p. 100 de chiffons pour lui donner de la consistance. On \a monter en Allemagne une grande usine pour l'exploitation decette découverte
BIBLIOGRAPHIE
Les ascensions célèbres aux plus hautes monlatpies du (jlobe, par Zurcher et Maroollé, 1 vol. in-18 illustré — Hachette et C io . Nouvelle édition revue et augmentée, 1874.
La Roumanie contempoi aine, nouvelle revue mensuelle, publiée sous la direction de M. Frédéric Damé, 1" livraison, octobre 1874. — Paris, Germer-Bailliere.
Aventures de M. et M a ' Duruof, racontées par M. W. de FonViellE, 1 vol. in-18, avec portraits, gravure et autographes. — Paris, A. Ghio, 1875.
Les îles Philippines, par Gabriel Marcel, 1 broch, iu-8* Paris, imprimerie Jules Le Clerc et G 1 *, 1874.
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 1G octobre "1874. — Présidence de M. DEtiriiisu.
Occlusion des (jaz par le fil de fer. — Lorsque dans les opérations de la tréfilerie, on esl arrive a certains numéros fiscs, on est dans la nécossilé pour pouvoir continuer l'usage de la filière, de recuire le fil de fer. Le recuit se fait dans une chaudière de fonte, fermée hcrméliquement afin d'éviter autant que faire se peut l'oxydai ion du métal. Malgré toutes les précautions, celui-ci est cependant reçu u vert d'une petite couche ncracée dont il importe de le débarrasser. On y parvient sans peine par un décapage à froid dans de l'eau faiblement acidulée par l'acide sullu— ri que. Or, et c'est ici que commence le fait nouveau signalé à l'Académie, il arrive souvent qu'après ce décapage le métal est devenu tellement cassant qu'il est impossible de l'é'irer. M. Sevoz, ingénieur de la Société des forges de la Franche-Comté, avant constaté ce résultat curieux et voulant s'en rendre compte, s'est aperçu que le métal contient alors un gaz condensé. En brisant le fil de fer dans l'eau et sous une éprouvetle, il recueillit des bulles inflammables et détonant avec l'air. C'est évidemment de l'hydrogène ou de l'oxyde de carbone, mais l'auiour ne dispose pas des moyens compatibles avec une étude complète de celte substance. 11 offre de mettre les membres de l'Académie à même de continuer l'élude qu'il n'a pu que commencer.
Le phylloxéra à Genève. — Déjà nous avons dit que le phylloxéra vient d'être reconnu aux environs de Genève. M. Marignne annonce que le fléau y couvait cependant depuis trois ans déjà. Celte nouvelle inspire de justes réflexions à M. Dumas. Puisque, pense-t-il, dans un pays aussi éclairé que Genève, les cultivateurs ont pu rester aussi longtemps sans connaître un fait qui les intéresse si fort, combien doit-il y avoir de cantons ignorants de la Fiance, où le phylloxéra exerce ses ravages à 1 insu de tout le monde. SI. Marignac fait remarquer que depuis trois ans, l'insecte, sous sa forme ailée, a dû su répandre sur une vaste surface, et qu'on doit s'attendre à recevoir bientôt de tristes nouvelles des différents vignobles de la Suisse.
Le goudron de houille contre le phylloxéra. — Dans une des dernières séances, M. Balbiani a fait connaître qu'après avoir vu les vignes traitées à Nîmes par le goudron, suivant la méthode de M. Petit, il avait appliqué le même procédé et avec le même succès à des vignes des environs de Montpellier. M. Petit exposant ses résultats à la commission du phylloxéra, insista sur ce fait que de tous les goudrons essayés, un seul déterminait un effet constant. C'est celui que donne la distillation des houilles delksséges (Gard). M. Dumas demande à quoi ce goudron doit son efficacité exceptionnelle. Il le soumit en conséquence à une distillation fractionnée pour étudier successivement les diverses substances ainsi isolées. Celles-ci se rangent en trois catégories, abstraction faite du résidu fixé ou brai sec qui n'offre aucun intérêt: !es alcalis, les acides et les hydrocarbures. Les premiers ont déjà été essayés à Cognac, et on ne leur a reconnu qu'une puissance toxique peu considérable. Les acides, bien que parmi eux ligure l'acide phonique, ne comptent pas non plus parmi les principes les plus énergiques du goudron. Les vrais agents anti-pli ylloxétiques figurent dans la série des carbures d'hydrogène, mais, tandis qu'à première vue, il semblait naturel d'attribuer
le plus d'action aux principes les plus volatils, tels que la benzine, M.Dumas arrive, au contraire, à reconnaître que le goudron de Bessèges doit surtout sa vertu à ce qu'il est très— pauvre en benzine et très-riche, au contraire, en carbures peu volatils, en huiles lourdes, pour employer le terme industriel. Il en résulte d'abord que l'agriculture peut trouvera bas prix et en abondance, dans les usines à gaz, des produits précieux pour le traitement des vignes malades ; et d'un autre côté que les usines à gaz trouveront dans ce nouveau débouché le moyen de se défaire de résidus sans usages importants et qui embarrassent beau- <uiip.
Ration alimentaire moyenne des populations rurales, — M. Hervé Mangon s'est livré, sur cet important sujet, à de très-instructifs calculs dont il est dii'ficile, après une simple audition, de donner le résultat précis, mais dont nous croyons cependant pouvoir présenter le sens généra!. La population française représenterait 1,771,000,000 de kilogrammes vivants, contenant 2,112,000 d'azote et 2,394,000 kilogrammes de carbone. D'un autre côté, d'après les statistiques les plus récentes la totalité des aliments consommés en une année contient 4,434,000 kilogrammes de carbone et 215,000 kilogrammes d'azote. Partant de ces données que la consommation quotidienne, par kilogramme vivant, est de 5 gr. 79 de carbone et Ogr. 28 d'azote, pour Paris seul, sur lequel la statistique s'est exercée tout spécialement, cette consommation est de 5 gr. 67 pour le carbone et gr. 55 pour l'azote. En admettant qu'il eu soit ainsi pour les six villes de France dont la population dépasse 100,000 âmes, on trouve pour les campagnes 5 gr. 812 de carbone et Ogr. 273 d'azote.
Ceci une fois admis, M. Mangon estime que cette ration est suffisante à l'exercice d'un travail assez modéré, mais qu'elle ne peut compenser la dépense nécessitée par un travail considérable, car le travail moyen, dans les campagnes, est lié de la manière la plus intime à la valeur de celte ration-, et, d'après l'auteur, ou trouvera toujours avantagea augmenter la ration des ouvriers qu'on emploie, la quantité de travail effectué croissant beaucoup plus vite que la quantité d'aliments consommés. Ces conséquences sont grosses certainement d'applications futures dont bénéficiera largement le progrès général.
Stanislas Miîusiee.
l 'occultât ion