DES ANCIENS TROGLODYTES DES PYRKKEE
Dans le voisinage du pays basque et du Béarn, entre le gave de Pau et le gave d'Olorou, MM. Louis La'let et Chaplam-Duparc ont récemment découvert de nouvelles et précieuses reliques des temps préhistoriques qui apportent à la science des documents d'un haut intérêt. Déjà M. Raymond Poltier a dévoile dans les régions environnantes l'existence d'anciens camps romains, un peu plus tard cet explorateur a retiré d'une cavité de la Sordc des silex, des ossements brisés, et quelques objets en os travaillés, actuellement exposés au Musée de Saint-Germain. Une autre grotte, située dans la métairie du petit Pastou, appartenant à M. Duruthy, présentait la trace de cinq loyers superposés, remontant à l'époque des anciens Troglodytes. Une nouvelle caverne, contenant une abondance extraordinaire de silex taillés, gisant pêle-mêle avec des ossements brisés de bœuf, de cheval, de cerf, de renne, des poinçons, etc., allait bientôt augmenter la liste de ces remarquables trouvailles.
Mais celte contrée si riche en vestiges de la civilisation primitive n'avait pas encore été épuisée par ces recherches. Au moment où M. Poltier venait de quitter le théâtre de ses travaux, les ouvriers découvrirent au-dessous du camp principal de Laroque (fi g. 1) un nouvel abri qu'ils fouillèrent, et où ils mirent à nu d'innombrables ossements humains. Au
1 Une brochure irï-8° illustrée, — G. "M asson, éditeur, 1874.
commencement de celte année, MM. Lartct et Duparc, procédèrent à une investigation méthodique do cette sépulture. Grâce au concours de M. Duruthy, propriétaire du sol, où la grotte a été rencontrée, et à l'aide de M. Pottier, les touilles s'exécutèrent avec activité. Quelques jours de travail avaient suffi, pour mettre entre les mains des chercheurs, un magnifique poignard, des amulettes, des débris humains, pour dévoiler la base d'un épais foyer sous-jacent à la sépulture, auprès duquel se rencontrèrent un crâne humain écr.isé, des flèches barbelées, des outils en os semblables à ceux du Périgord, un collier de dents d'ours et de lion, où des gravures ornementales se distinguent nettement, des flèches, des dessins de poissons, et d'un phoque parfaitement reconnaissable. Deux étages de débris humains, appartenant à deux âges différents, se présentèrent aussi comme une double source de découverte.
La grotte Duruthy (c'est le nom que lui ont donné MM. Lartet et Du parc) s'étend sur 8 à 9 mètres de long et n'a guère Ljue 2 mètres de profondeur, mais il paraît évident, d'après la disposition des couches du foyer et le nombre des blocs éboulés, que l'abri a été jadis beaucoup plus profond qu'il ne Test aujourd'hui. La plupart des objets qu'on en a extraits offrent un intérêt de premier ordre, tne vingtaine de dents d'ours sont ornées de figures diverses, gravées au silex, dont quelques-unes indiquent une parenté avec les primitifs chasseurs d'ours des Pyrénées, et les chasseurs de renne. En effet, l'une de ces gravures repiéscnte une paire de mains ou peut-être de gantelets, comparables à ceux que l'on a découverts sur des os de la Madeleine. Trois autres pièces offrent des sculptures d'animaux, figurant notamment un poisson et un \ boque.
Les restes d'un squelette humain ont été soumis à l'examen de M. ilamy. Le zélé collaborateur de M. de Quatrefages, dans une des plus importantes publications anthropologiques de notre temps (Crama ethnica), y a reconnu un des caractères constants de la race de Cro-Magnon. Celle première conclusion devait être confirmée par la découverte de trentetrois squelettes faite dans une autre partie de la grotte. Les crânes ont été minutieusement étudiés par MM. de Quatrefages et Hamy, et les observations de ces savants ne laissent plus de doute sur les caractères de la race à laquelle ces débris humains doivent être rapportés.
Les silex taillés, retirés de la grotte de Duruthy, forment une collection abondante : les uns sont grossiers et appartiennent aux foyers inférieurs; les autres, trouvés dans la partie supérieure, sont tail- ' lés en longs éclats et finement retouchés sur les bords. Ils dénotent une industrie très-avancée. La figure 5 représente les plus remarquables silex de la grotte de Duruthy. On y voit d'abord un couteau complet de silex rose, dont la taille, la matière et la longueur font une pièce exceptionnelle (n° 1). La ! mince lame de silex brun représenté par Je n° 2 est remarquable par le travail compliqué et délicat de
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sa taille. Le n° 3 est certainement lu plus belle arme j retouchées et entaillées régulièrement. « Ce qu'il y de pierre de la sépulture. Le silex qui la constitue a de particulièrement remarquable dans celte pièce,
est gris brunâtre, il a été taillé à section triangulaire; une face est polie, et les deux autres faces sont
c'est que certaines petites facettes a, a, a,* que les retouches ont laissé subsister, montrent îles traces
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SI. Motte ou lumuliis «le iaroque
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