DE L'ATLANTIQUE
u'APIlÈS LES RÉCENTES INVESTIGATIONS 1 .
Les immenses amas d'eau qui recouvrent les deux tiers de la surface du globe, sont sujets à une mobilité constante ; non-seulement la surface est remuée par les vents, mais il existe de grands mouvements insensibles aux regards, procédant de la différence de température des différentes couches liquides. Ce grand mécanisme de l'évolution des eaux est bien digne d'attirer l'attention, puisqu'il sert à établir le système de compensation, au moyen duquel les eaux
1 Yov. la Rature. TjLtIc des matières de la première année : Maury et son œuvre. — Table du premier semestre 1874: J.e Gui I stream, L'Exj édition du Challenger.
sont alternativement précipitées au fond de l'Océan et exposées au contact de l'atmosphère.
Les courants généraux qui sillonnent la surface des mers sont en partie connus, sans qu'on ait pu, jusque dans ces dernières années, déterminer les causes qui les régissent. Maury ouvrit à la science physique delà mer une voie nouvelle, en plaçant la différence de température au premier rang des causes de l'instabilité des couches de l'Océan. Il supposait que la chaleur équatoriale était suffisante pour produire une différence telle dans la densité de l'eau, que la zone équatoriale devait être le point de départ des courants, traversant l'Océan jusqu'aux pôles.
Le professeur W. Carpenter se basant sur les travaux exécutés pendant ses campagnes hydrographiques dans l'océan Atlantique et dans la mer du Nord, à bord du Vorcupine, démontrait expérimentalement de quelle façon se faisait la circulation générale à travers l'Océan. L'appareil consiste en une cuve oblongue en verre, ce qui permet d'observer à l'intérieur; on la remplit d'eau salée au même degré que celui de l'eau de iner et on répand à la surin™ nue solution colorée, dont la légèreté spécifique est telle, qu'elle ne se mélange pas avec les couches inférieures. À l'une de? extrémités qji place un morceau de glace, retenu par une griffe ; il représente les glaces du pôle. A l'extrémité opposée, se trouve une lamelle métallique, dont la saillie est chauffée par une lampe à alcool ; comme une partie est en contact avec le liquide à sa partie supérieure, son échaulfement produit une dilatation de la couiho superficielle, qui imprime un mouvement vers l'autre extrémité occupée par le morceau de glace; dès que celte petite nappe d'eau éprouve un refroidissement, elle est précipitée au fond. En mettant de la sciure
, de bois en suspension dans le liquide, on voit que le mouvement s'établit de l'équatetir de chaleur an pôle de froid avec retour au point de départ au moyen d'un contre-courant inférieur.
L'explication des courants généraux par cet antagonisme du froid et du chaud est exacte dans la théorie et semble concorder avec l' uniformité et les lois mécaniques qui régissent les grands mouvements de la nature. Mais les recherches faites sur une grande
! échelle par les explorateurs du Challenger dont nous avons précédemment entretenu nos lecteurs et no-
| raniment les températures observées dans le bassin méridional de l'Atlantique, jusqu'ici inexploré ther-
I mométriquement, ont bouleversé toutes les prévi-
I si on s sur la direction des courants généraux. II existait un contre-courant inférieur amenant les eaux
| froides du sud vers le nord, passant sous la zone équatoriale, sans qu'il y ait interversion en cet endroit. Nous avons déjà publié les résultats thermométriques qui ont été obtenus pendant les sondages opérés par l'expédition anglaise ; mais en raison de l'importance que présentent les conséquences qu'on en peut tirer, nous croyons devoir y insister à l'aide des nouveaux documents que nous avons pu nous procurer à ce sujet.
L'hypothèse que nous venons d'énoncer est appuyée sur les remarques suivantes : on a constaté qu'à une profondeur variable, dans la direction du sud au nord, le thermomètre accu-e des températurcs de plus en plus basses, même dans les passages de la zone intertropieale. A 180 milles du Cap-Vert, à la profondeur de 100 mètres, ou obtenait 12° C. et 26° à la surface. Près de la cote américaine, à 4,500 mètres de profondeur, on trouvait \° avec une température superficielle semblable à la précédente. 11 résulterait donc de la comparaison de ces deux observations faites à grande distance l'une de l'autre, que sous cette zone, la décroissance est constante.
Les courants de surface ne posséderaient qu'une faible épaisseur, tandis que dans les couches profondes, la croissance ou décroissance de température avait des écarts beaucoup moins rapides. L'expédition du Challenger observa dans le courant équatorial, dans un endroit où il portait à l'est, qu'à la surface de la mer il était animé d'une vitesse de trois quarts de mille à l'heure, et qu'à 100 mètres elle n'était plus que de ,* ; à loO mètres, clic devenait insensible. On serait donc porté à croire que la couche près de laquelle la rétroversion s'opère, est peu profonde.
Si les eaux provenant des parages antarctiques conservent leur fraîcheur sur une aussi grande étendue, celles du bassin septentrional seraient au moins aussi froides, si elles avaient. leur source au pôle arctique- Mais la croissance graduelle permet de supposer que le sens général des courants, ou dans un autre sens, <lu renouvellement des eaux, se fait dans une direction allant du sud au nord, et non pas del'équateur au sud d'un côté et au nord de l'autre.
Suivant le capitaine Nares, du Challenger, le point de séparation de l'affluencc des courants arctiques et antarctiques, serait situé aux île Fcroë, où les couches inférieures sont plus froides du côté ouest que du côté e.4 ; ce qui tendrait à prouver que le courant froid antarctique pénètre dans le bassin nord de l'Atlantique. 11 prendrait naissance au delà de l'île Saint-Paul, passerait le long de la côte du Brésil et se confondrait avec le courant équatorial. Il existe aussi des relations connexes entre cet afflux d'eaux et le gulf-stream ; peut-être même en seraitil la cause déterminante? Les observations montrent aussi qu'il est très-limité, car sou épaisseur au large de Landy-llook n'est pas supérieure à 200 mètres. Ceci justifierait l'opinion des savants qui soutiennent qu'il se rompt et se disperse au milieu de l'Atlantique en éventail, y perdant tout à la lois son impulsion et son excédant de chaleur.
La différence entre le climat du nord de l'Europe occidentale et celui des côtes de l'Amérique du Nord, sous les mêmes latitudes est due non-seulement à ce fait que nos côtes profitent du mouvement des couches superficielles chaudes vers le nord, mais aussi de rabaissement de la température de la côte américaine, produit parle profond courant sous-marin d'eau glacée qui la baigne.
Cette phase nouvelle sous laquelle se présente le mouvement des eaux océaniques, est due aux sondages thermométriques exécutés dans le bassin méridional de l'Atlantique, jusqu'ici à peine exploré dans ce sens. Ces sondages étaient l'un des objets les plus importants de la campagne scientifique du Challenger.
LA TELEGRAPHIE OCÉANIQUE
{Suite. — Voy. p. 295 et r>ôl.)
Pour mener à bonne fin l'entreprise de ia télégraphie océanique, il ne suffisait pas de réunir beaucoup d'argent, d'armer un grand vaisseau et de l'emplir d'une corde précieuse; il ne suffisait, pas d'appliquer au déroulement de ce cable et à sou établissement en mer profonde les règles de l'art le plus délicat. (1 fallait encore créer des méthodes pour vérifier à chaque instant la qualité électrique du conducteur, dont dépendait le succès de l'opération; il fallait imaginer les instruments de transmission pour que le rendement de cette colossale machine fût en rapport avec ses dimensions, et par suite avec la dépense d'établissement.
Ici nous constaterons un de ces retours curieux dans l'histoire du progrès; la science, après avoir éclairé la pratique, reçoit de celle-ci des théories fécondes. Ce sera l'honneur des ingénieurs électriciens d'avoir contribué à dissiper le nuage qui planait au-dessus des manifestations électriques, de l'avoir rendu tellement transparent, qu'on aperçoit déjà par des trouées sans nombre la claire lumière de la vérité.
Dans l'expédition de 18*>7 les dispositions prises pour la transmission des signaux entre la côte et le navire avaient été très-défectueuses; après quelques jours de marche, il devint impossible de s'entendre.
Dès 1858, M. W. Thomson construisit un appareil très-sensible, le galvanomètre à miroir, que nous décrivons plus loin; à partir de ce moment la voie fut ouverte à l'expérience.
L'interruption des communications régulières par le câble de 1853 eut lieu le 3 septembre t mais la conductibilité restait encore assez grande pour qu'avec le nouvel instrument on pût télégraphier encore quelques mots, jusqu'au 20 octobre; puis aucun courant ne parvint. Les causes de cette interruption ne furent pas éclaircies; ou a lieu de supposer toutefois que les piles énergiques dont on fil usage hâtèrent la destruction du cuivre dont l'isolement était devenu défectueux.
Pour le câble de 1865, les vérifications les plus minutieuses précédèrent rembarquement. Chaque pi*id de la longueur totale fut éprouvé en vase clos, et soumis à l'action d'une presse hydraulique. L'isolement et la conductibilité furent mesurés avec précision, le cable étant plongé dans l'eau.
En 1866, on perfectionna encore les essais; renseignement du malheur avait porté ses fruits. Cu
s'attacha à formuler des règles pour deviner la nature du dérangement d'après l'apparence des indications du galvanomètre. Les accidents furent rapportés à cinq causes essentielles :
1° Une rupture du fil de cuivre ;
2° Une rupture du cuivre et de la gutta-percha, établissant une communication entre l'eau et le métal.
5° Une rupture du cuivre et de la gutta-perclia, comme précédemment, mais un imperceptible contact du cuivre avec l'eau;
4° Une communication métallique du cuivre et de l'armature en fer;
5' Une fissure dans la gutta-percha, établissant une communication entre l'eau et le cuivre.
Pendant la pose, le cible était ausculté d'une façon permanente au moyen du dispositif représenté fig. 1. L'extrémité a était en relation avec le câble entier d'Irlande, l'extrémité b avec le galvanomètre G.
La pile II sur le navire se composait de cent cléments avec sable et sciure de bois.
Sur la côte, entre le câb'e Ket le galvanomètre G, on intercala une résistance artificielle égale à celle d'une enveloppedegutta-percbade cinq milles de longueur. La résistance d'un mille de gutta-percha à la température moyenne de la mer, étant, de 500 millions d'unités, la résistance \V était donc de 100 millions d'unités. Entre W et l'extrémité du câble K se trouvait une dérivation reliée à un manipulateur T, levier mobile autour de son point milieu. Dans sa position de repos, le manipulateur est isolé de la résistance w moindre que \Y. Lorsqu'on abaisse l'extrémité T, h communication à la terre est établie par la résistance, w et la plaque E. Entre le point de contact 2 et la terre est une communication métallique ouverte 3 qu'on pouvait fermer à volonté, afin de relier directement à la terre le câble K, ci dehors du circuit du galvanomètre et de la résistance W. Tant
Fig. 1. — Système destiné à éprouver le e;U>le pondant sa pose.
que le contact reliant le manipulateur T à la résistance w n'est pas établi, un courant positif parlant du bord suit.le câble K en prenant la direction Bb K à WG' pour aboutir à la terre E, tandis que l'électricité négative se perd dans la mer par la plaque E'.
Mais, outre ce courant qui traverse l'âme de cuivre, un second courant de même sens traverse le galvanomètre G' du navire, provenant des dérivations qui s'opèrent sur toute l'étendue de la surface de l'enveloppe isolante. Ce deuxième courant est souvent plus intense que le premier.
Pour apprécier l'intensité de chacun de ces deux courants, nous remarquerons que le premier traverse la résistance W, qui est de 100 millions d'unités (on néglige les résistances relativement faibles des galvanomètres, de la pile et du fil conducteur). D'autre part, la résistance de la gutta-pereba étant de 500 millions d'unités par mille de longueur, il en résulte que pour le câble entier, que nous supposerons long de 2,000 milles, la résistance de la gutta-percha est de îVJ'ô millions = 1/4 million d'unités.
Or, les intensités sont en raison inverse des résistances ; les deux courants sont donc entre eux comme jj„; le premier courant est le seul qui arrive au gal-
vanomètre G de la cote, il n'est que de ^ ô - du cou rautdela gutta-percha. Il est vrai que les deux courants traversent le galvanomètre G', mais lu part du premier dans la déviation do l'aiguille n'est que de 1/4 pour cent, proportion négligeable. En définitive, sur le navire, la déviation de l'aiguille provient presque exclusivement de l'isolement imparfait de l'enveloppe. Le courant passant du navire à la côte, est encore sulfisant pour produire des déviations lisibles dans le galvanomètre très-sensible G.
Les déviations dans les deux instruments G et G', distinctes pour chacune, restent constantes tant que les conditions de la pile et celles du câble ne varient point. Mais si un défaut se produit dans l'isolement une partie de l'électricité se perdant par le point défectueux, le galvanomètre G reçoit un courant plus fort et le galvanomètre G' un courant plus faible que le courant normal.
Pour connaître la distance du défaut, on fait deux expériences : on détermine d'abord la résistance du fil de cuivre en faisant isoler l'extrémité vers la côte;, puis, on avertit le correspondant de conduire à la terre directement l'extrémité du câble, ce qui se fait en fermant le contact 5 ; on déduit de cette seconde
ÏG5
opération une antre valeur de la résistance. Le calcul apprend ensuite à combiner ces deux déterminations pour en tirer l'inconnue, c'est- à-dire le point où s'est produit le dégât.
L'ne rupture de l'âme de cuivre, sans rupture de la gutla-percha, faisant disparaître le courant dans le galvanomètre G' de la cote, l'aiguille de celui-ci revient à zéro, mais le galvanomètre G du navire reste dévié, avec un angle moindre, car le courant de la gutta -percha subsiste pareillement.
La diminution proportionnelle du courant sert à déterminer l'endroit où est la perle.
S'il y avait rupture totale du câble dont le courant se perdrait dans la mer, le galvanomètre du navire
donnerait une déviation très-forte, celui do la cote ne serait plus influencé.
Nous indiquerons encore comment s'opère la transmission des signaux, de la côte au navire. Par la pression du manipulateur, la petite résistance w remplace dans le circuit la grande résistance W, ce qui détermine un changement dans lu déviation du galvanomètre G du navire. Au contraire, pour transmettre des signaux à la côte, le navire peut opérer soit en intervertissant les pôles de la pile, soit en modifiant le nombre des cléments ; tout un changement dans le régime qui produit les déviations normales est apte à servir de moyen de correspondance , lorsqu'on est préalablement d'accord sur un vocabulaire, c'est-à-dire sur
la corrélation du langage avec les déviations des galvanomètres.
Nous passons à la description de ces instruments qui sont employés aussi à la transmission ordinaire pour l'exploitation du câble; l'obligation de ne travailler qu'avec les courants les plus faibles, ne permet pas l'emploi des appareils fondés sur la propriété des électro-aimants.
Le principe du galvanomètre à miroir est celte règle d'optique, que si un miroir tourne autour d'un axe, le rayon réfléchi décrit un angle doublede celui du miroir.
Fig. 2. — Le galvanomètre à miroir. — Appareil dett'uâ à être placé à liord.
L'instrument représenté lig. 2 est destiné à être placé abord. Il comprend une grosse bobine de fil recouvert ÀB que traverse le courant ; au centre est suspendu par un lil de soie un petit barreau aimanté très-léger a, portant sur une de ses faces un petit miroir ; l'aimant et le miroir ensemble pèsent un décigramme.
En face du galvanomètre, et à une distance d'environ m ,60, est placée une échelle graduée PQ dont chaque division est d'environ 1/2 millimètre.
Le zéro occupe le centre de l'échelle; au-dessous se trouve une flamme fournie par une lampe dont la lumière traverse une lentille et revient, en traversant de nouveau la lentille , marquer son image sur l'échelle. — La force directrice est due à un gros aimant SN qui entoure les bobines. Lorsque aucun courant ne passe dans l'appareil, l'image de la flamme occupe le centre de l'échelle; si un courant traverse le cadre AB, il fait mouvoir l'aimant a; l'image se déplace et vient recouvrir une des divisions marquées sur l'échelle. Cet instrument, eu
raison de la faible masse de l'aimant, et à cause de l'écart produit sur l'échelle par la plus faible inclinaison du miroir , est un des plus sensibles qu'on puisse imaginer.
L'attention qu'il faut apporter pour suivre, dans une chambre obscure , les déviations rapides du ra\ on lumineux , cause une fatigue réelle aux employés, la durée du service continu ne peut pasdépasser une heure.
Nous donnons, fig. 3, la disposition de l'appareil placé à terre ; il ne diffère du précédent que par le mode de suspension de l'aimant.
H y aurait à dire beaucoup sur les dispositions adoptées dans les postes télégraphiques pour proléger le câble et les appareils contre la foudre et les courants terrestres, pour activer la transmission en facilitant la décharge entre deux émissions successives, etc. Ce sont là des détails techniques qui sortent de notre cadre. Ch. BoktEMPS.
— La suite prochainement. —
Fig. T>. — Appareil destiné* à éire placé a terre.
:cc
CHRONIQUE
In phénomène végétal. — On n pu admirer ces jours derniers, chez Chevet, au Palais-Royal, un potiron aux dimensions prodigieuses qui attirait un grand nombre de curieux. Ce potiron ne pèse pas moins de 90 kilogrammes. II mesure 2 mètres 80 centimètres de circonférence. On nous a affirmé, quand nous l'avons examiné, que nous avions devant les yeux le plus gros «les polirons connus jusqu'à ce jour.
Nouvelles découvertes de silex taillés. — Un
j.'éolo.ue italien a récemment entrepris des explorations du plus haut intérêt dans les monts d'Àlho. Ce savant, dont i ous regrettons de ne pas trouver le nom dans le Bulletino del Vulcanismo italiano, qui nous apprend les résultats obtenus, a dévoilé des traces irrécusa! îles de l'homme primitif, dans un ancien cratère, près de Monte-Cavo. Il a recueilli un grand nombre de haches de pierres et de couteaux en silex, d'un travail très-élégant et très-fini. Ce cratère a élu autrefois lacustre, et il est à présumer que l'on pourra y dévoiler les vestiges de constructions sur pilotis. Dans une localité voisine on a déterré plusieurs vases étrusques, no'aminent près de Castel Sandolfo, enfouis sous une épaisse couche de pierre que l'on appelle dans le ywspeperino, parce qu'elle contient des grains analogues d'aspect à ceux du poivre. Une autre découverte très-intéressante d'armes de pierre a été faite récemment aux Etats-Unis par un collée tionneur distingué, M. L.-G- 01mstead, de Fort Edward, New-York.
51. Olmstcad a recueilli près de l'île de Peorïa, un échantillon unique dans son genre que représente la gravure ci-contre. C'est une pointe rie flèche en silex, qui offre celte foune ul> [lèche rie lige Particularité très-remarquable de dn pierre taillée en présenter des bords en biseaux biseaux. cannelés. Ces cannelures avaient
sans doute pour effet d'imprimer au projectile lancé dans l'air, un mouvement de rotation qui lui donnait plus de force et plus de précision. 81. 01mstead croit qu'il n'existe, dans aucune collection, une semblable pointe de flèche de l'âge de pierre.
Université croate. — Le 19 octobre a eu lieu, à Agra, capitale de la Croatie, une cérémonie du plus haut intérêt el qui a excité un enthousiasme incroyable. Le Ban de Croatie MazurawLh a ouvert au nom de l'empereur François-Joseph une université croate qui est fondée par un décret récent. Le discours de ce haut fonctionnaire a * té prononcé en latin et terminé comme au moyen âge par les trois exclamations : Vivat, Crescal, Florent. Le nouveau redeur Dominus Mesichs a répondu dans la même langue par un discours qui n'a pas duré moins de deux heures, et dans lequel il s'est attaché à résumer tous les progrès qui ont permis au gouvernement d'établir à Agra une université nationale.
L'université de I'esth, l'université de Prague, l'université de Cracovie, l'Académie des sciences de Hongrie, l'Ecole des hautes éludes do Servie, la Société scientifique de Servie, etc., elc, s'étaient l'ait représenter à celte céré-
monie, presque spéciale aux peuples de race slave et qui témoignait du réveil de l'esprit national dans les parties les plus reculées de l'empire austro-hongrois. P.rmi les universités étrangères on ne cite que l'université de Bologne, qui prétend à l'honneur d'être la plus ancienne du monde.
Cuir artificiel. — C'est en France que l'on a commencé à utiliser les déchets de peau pour en faire du cuir artificiel; cette industrie trouve maintenant de nombreux imitateurs en Allemagne. La fabrication est excessivement simple. Les déchels, additionnés de collé, sont façonnés dans des cadres, sous forme de plaques carrées que l'on superpose et auxquelles on donne de la consistance à l'aide de la presse hydraulique. Les tourteaux que l'on obtient sont ensuite sèches et laminés'. Il est bien entendu que ce cuir ne peut servir que pour des travaux légers et qu'il ne peut être employé dans l'eau. A l'exposition de Vienne, dit la Revue industrielle, la fabrique de Copenhague avait une série d'arliclesmontranl les différentes applications du cuir artificiel. Bans celte usine, les déihels sont broyés dans de puissantes machines exigeant jusqu'à huit et dix chevaux de force motrice, el réduits à l'état de pulpe ayant l'apparence de la laine. Ce produit est mélangé ensuite avec du caoutchouc, soumis à l'action de malaxeurs et réduit ainsi en une masse épaisse et liquideque l'on coule dans des moules en métal. Les tourteaux séchés sont pressés progressivement jusqu'à 700 kilogr. par centimètre carré ; les feuilles ainsi laminées sont enduites d'une couleur claire qui leur donne définitivement l'aspect du cuir. Les articles que l'on fabrique avec ce cuir sont environ 00 p. 1 00 meilleur marché que s'ils étaient en cuir naturel, et leur solidité ne laisse cependant rien à désirer.
L'aquarium de Southport. — Le succès de l'aquarium de Brighton a déterminé les Anglaisa construire plusieurs établissements du même genre sur leurs côtes. Le nouvel aquarium de Southport est digne de rivaliser aujourd'hui avec celui de Brighton Parfaitement disposé pour l'étude il est en outre riche parla variété de ses collections. Celles des anémones et de.; zoophytes sont surtout remarquables; elles comprennent un grand nombre de ces singuliers organismes qui ne vivent que dans les grandes profondeurs. On remarque, en outre, à l'aquarium de Southport beaucoup de crustacés, quatre ou cinq phoques, et quelques crocodiles. Le nombre des viviers est de vingtsept ; ils sont tous fermés par des devantures en glace de grande dimension. L'eau y arrive au moyen d'une pompe mue par deux machines à vapeur.
Lancement du « Dcutscliland. » — La marine allemande, qui était presque nulle il y a vingt ans, se forme peu à peu une flotte qui prend déjà de l'importance ; mais elle manque encore d'arsenaux et de chantiers de construction, base de toute puissance maritime. Elle vient d'avoir encore recours aux constructeurs anglais pour le Deutschland ; ce navire, lancé le mois dernier dans les chantiers renommés de SamuJa Brothers, dePoplar, est de même que le Kaiser, terminé tout récemment. Construite d'après les dessins de M. Ileed, ancien directeur des constructions navales, celle frégate cuirassée mesure 95 mètres de long, sur 20 mètres de large, et jauge ô,0G3 tonneaux ; elle comporte une batterie blindée, armée de 8 pièces d'acier se chargeant par la culasse, pesant chacune 22 tonneaux et de plusieurs autres de 18 tonneaux destinés à la chasse. Les plaques de revêtement ont 50 centimètres d'épaisseur dans la partie centrale de la batterie
et 24 centimètres seulement aux extrémités pour moins surcharger le navire. Les machines sorties des ateliers de MM. J. Pennand Sous, de Greonwich, sont de la force de 1,150 chevaux ; elles consolent en deux machines horizontales pourvues de condenseurs et de surchaulieurs. Le diamètre des cylindres est de trois mètres ; on espère atteindre une vitesse de 14 nœuds à l'heure. Au moment du lancement, la marraine, madame la baronne Von Schroetter, représentant le gouvernement germanique, n'a eu qu'à couper un petit cordage, pour provoquer, par cette simple opération, le glissement dans les flots de l'énorme masse, au milieu des applaudissements qui ont lieu en pareille circonstance.
lue nouvelle initie «l'or. — Lui", lettre deCayenne (Guyane française), nous apprend la découverte, faite ces temps derniers, de nouveaux gisements d'or, dont l'exploitation est facile et surtout peu coûteuse. Quelques-uns de ces placer S, récemment concédés par le colonel Loubère, gouverneur de notre colonie, ont rapporté jusqu'à 4,000 grammes d'or par mois, soit plus de 100,000 IV.; ce qui donnerait, en une année, un produit dépassant 1 ,200,000 fr. Ces derniers succès aidant, une sorte de fièvre s'est emparéede nos colons, et l'on cite même tethautfonctiormaire qui vient d'envoyer sa démission afin de s'adonner entièrement à la recherche du précieux métal. Il y a là pour notre colonie une véritable source de prospérité et de richesses, dont on pourrait peut-être tirer encore un meilleur parti, car là-bas les travailleurs sérieux font défaut.
La récente éruption de l'Etna. — Le professeur Orazio Silvestri a noté, lors de la dernière éruption de l'Etna, que des bruits souterrains semblables aux décharges d'une artillene formidable se succédaient de deux en deux ou trois minutes, et étaient précédés de lueurs et de flammes à l'orifice du cratère. Ces bruits et ces lumières, d'après M. Silvestri, sont toujours accompagnés de mouvements du sol. Les détonations suivent un crescendo qui finit par une éruption de lave traversée par des fumées épaisses de vapeurs acides, qui ont une tension suffisante pour causer des explosions de matière enflammée sous forme de scories, de bombes et de grenaille, que le vent emporte au loin. L'intervalle du son à l'éclat de lumière donne lieu de croire que la matière en fusion peut se trouver à une profondeur de 6*00 mètres. A chaque explosion, il y avait une perturbation dans la pression atmosphérique. Tout fait supposer que actuellement le volcan est dans une grande activité intérieure.
BIBLIOGRAPHIE
La théorie des atomes, dans la conception générale du monde, par A. Wurtz, de l'Institut. — 1 vol. in-18, Paris, G. Masson, 187D.
Cet ouvrage comprend le discours d'inauguration, de la troisième session de l'Association française pour l'avancement des sciences, où l'auteur a si brillamment exposé l'histoire de la théorie des atomes. M. Wurtz termine son ouvrage par les éloges de Laurent etdeGerhardt etde E, Soubeiran, prononcés à la Société des Amis des sciences, et à la Faculté de médecine de Paris.
Lettres médicales sur l'Angleterre., par le docteur G. Delvaiixe. — l'avis, Germer-Baiilière, 1874.
Les mines dans la guerre de campagne, par le capitaine Picardat. — 1 vol. in-18. Paris, Gauthier- Villars, 187 i.
Ce livre est un véritable traité de l'inflammation des mines et des torpilles. 11 donne l'emploi des préparations pyrotechniques, des capsules de dynamite, les moyens d'enflammer les amorces à distance à l'aide de l'électricité ; il étudie tous les usages des mines de campagne pendant la guerre.
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 2 novembre 187 i. — Présidence de. M. Rkutcuxd.
Extinction d'un grand nom. — Le nom de Laplace s'est éteint cette semaine. Le fils unique de l'illustre auteur do l'hypothèse cosmique, le général Laplace, vient d-; mourir à l'âge de 85 ans, et quoique celui-ci n'ait point embrassé la carrière scientifique, les amis des sciences ne peuvent accueillir cette nouvelle avec indifférence. Un sait que, grâce à une pieuse fondation, le nom de Laplace est prononcé dans toutes les séances annuelles de l'Académie : le premier élève sortant de 1 Ecole polytechnique, reçoit comme prix ses œuvres complètes. Cette fondation, comme le remarque M. bertrand, a déjà eu deux conséquences heureuses. Le premier titulaire fut en effet M. Delaimav, et c'est en recevant la mécanique céleste qu'il eut l'idée de suivre la voie qui fut si fructueuse pour lui et pour l'astronomie. En second lieu, c'est pour pouvoir remplir les conditions imposées par madame Laplace . qu'Arago publia, au grand bénéfice des savants, une nouvelle édition très-complétée de l'oeuvre, de l'immortel astronome.
Une communication du ministre de l'Instruction publique conduit plusieurs membres à signaler toute une série de savants illustres, dont les mémoires sont, à l'heure qu'il est, disséminés dans d'innombrables recueils, et qu'il serait cependant de l'intérêt de la science de trouver quelque part réunis. Elle est relative à la collection de documents iné.lits sur l'histoire de France, que publie le ministère. Presque toutes les pièces concernent les sciences purement historiques ; mais on trouve à la fin du volume un rapport de M. Blanchard, sur l'état des publications intéressant spécialement les sciences proprement dites. On verra avec satisfaction, dans ce rapport, que l'État a l'ait déjà paraître à ses frais les travaux de Lavoisier, de Lagrange et de Fresnet. La bonne volonté, ajoute M. Dumas, dont l'administration a fait preuve à l'occasion de ces diverses publications a été si complète qu'il serait à désirer que l'Académie témoignât son intérêt pour l'œuvre commencée. Parmi les travaux dont la publication parait le plus désirable, M. Blanchard signale les mémoires de Olivier, spécialement ses anatomies de mollusques qui n'ont point été réunies. M. Dumas rappelle qu'à diverses occasions déjà on a demandé qu'une pareille coordination fût faite à l'égard de Cauchy. Pour M. Beithelot, le plus pressé serait de s'occuper de Berlhollet et de Gay Lussac ; mais, suivant 31. Chevreul, c'est par Proust qu'il laudrait commencer. Aussi, le président propose-t-il de nommer lundi prochain, une comiuisssion qui verra à mettre un peu d'ordre dans ces desiderata de la science.
Chemin de fer transasiatique. — C'est avec intérêt qu'on apprendra le retour de MM. Victor de Lesseps et Stuart, chargés, comme on sait, d'étudier le projet de chemin de 1er qui doit relier les ligues russes au réseau anglo-indien. Trois tracés ont été examinés, mais deux d'entre eux doivent être abandonnés à cause du fanatisme des populations
dont il faudrait traverser les territoires, et aussi parce que le cabinet anglais redouterait des difficultés avec l'Afganislan. Le troisième projet, celui qui parait praticable, consiste à traverser le Kachmir et le Turkeslan oriental. Suivant M. Ferdinand de Lesscps, qui transmet ces détails à l'Académie, c'est précisément par cette route qu'Alexandre serait entré dans l'Inde. D'après Strabon, on effet, lorsqu'il quitta Samarcand, il avait l'Inde h sa droite lundis qu'il l'avait ù sa gauche au moment où it y pénétra; et M. de Lesseps en conclut que le conquérant commença par remonter ï'Oxus pour faire en quelque sorle volte-face après l'avoir traversé.
Pour ce qui est des difficultés de l'entreprise actuelle, il paraît qu'elles sont Lien moins grandes qu'on pourrait le supposer. Les habitants du Kachcmir et du Tuikeslati oriental sont loin d'être aussi barbares qu'on pouvait le craindre- Le souverain de celle dernière contrée, Yagorleya pour conseiller un oncle, <pij a séjourné longtemps en Europe, que M. de Les.-eps a connu à l'onstantinople, el qui ett animé des meilleurs sentiments pour les Occidentaux. A un autre joint de vue, et conformément aux prévisions d'Elic de Deaumonl, la traversée do l'Himalaya ne nécessitera pas des travaux comparables à ceux qu'il a fallu mener à bonne fin lors du percement des Alpes. Du reste, il faudra nécessairement plusieurs années d'étude avant de commencer rétablissement définitif de la voie; et à cette occasion, M. de Lesseps, insistant sur In pé- »£.■...
riode d'incubation des grandes entreprises, annonce une histoire du percement de l'isthme de Suez qu'il va publier, et qu'il se propose de dédici à l'Académie.
Un nouveau défaut du phylloxéra. — C'est M. Balbiani quile révèle. On n'a pas oublié qu'après avoir étudié le phylloxéra de chêne, l'auteur a reconnu que celui de la vigne présente les mêmes particularités. On lui connaît trois espèces distinctes d'œufs : les premiers, ou Œufs d'été, donnent naissance exclusivement à des femelles, mais à dss femelles qui sont fécondes sans le secours du mule; les Beconds, d'où sortent des individus secucs et capables de s'accoupler; d autres, eniin, pondus à l'arrière saison, et qu'on regardait comme destinés a passer l'hiver pour donner lieu au printemps à de nouvelles générations. Jusqu'ici on avait pensé que les œufs provenant de femelles naturellement fécondes servaient seulement à perpétuer la race sur les racines, et que les phylloxéras ailés avaient pour mission spéciale d'aller fonder [dus ou moins loin des colonies nouvelles. On pensait que ces insectes aériens jouissaient seuls de celte faculté, et que les autres, ayant épuisé la ratine qui les supportait, devaient fatalement périr avec elle. Aussi en détruisant les insectes ailés capables de répandre le mal, devait-on penser qu'une fois localisé, il se détruirait de lui-même. Or, d'après .M. Balbiani, ces belles espérances sont complètement illusoires ; les phylloxéras aptères peuvent donner naissance, dans cer-
•~<ij*'
Arc-on ciel double observé le 11 septembre 1S74.
taincs conditions, à des insectes privée d'ailes comme eux, mais sexués, et capables par conséquent de retremper l'espèce, et de lui donner une vigueur nouvelle. Il est donc malheureusement cerlain, qu'on ne peut espérer de voir jamais le fléau s'épuiser sur place ; et de plus, l'existence de cette régénéra tion souterraine est une circonstance des plus fâcheuses pour la pratique agricole. On voit par cet exemple combien il est radicalement impossible de rien découvrir d'utile pour lu destruction du phylloxéra, tant que l'étude scientifique de celui-ci n'aura pas été complétée. Aussi faul-il applaudir à la création de la serre chaude de Montpellier, daus laquelle la vigne et son parasite sont observes sans cesse de la manière la plus minutieuse. Stanislas Meunier.