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CONGRÈS INTERNATIONAUX

BÉR1GIGOI.E ET VITICOLE DE MONTPELLIER.

Après une inauguration officielle des deux congrès, qui a eu lieu le lundi malin, 26 octobre, sous la présidence de M. Halna du Frëtay, inspecteur général de l'agriculture cl délégué par le ministre, les deux congrès ont élu leurs bureaux et réglé l'ordre des séances. A une heure M. Drouyn de Lhuys ouvre le congrès viticole par un discours Uès-applaudi, et où il retrace dans les termes les plus élégants l'historique de la question du Phylloxéra en France, rappelant les divers moyens de destruction bien positivement reconnus, la submersion, l'ensablement, paraissant pencher pour une régénération de la vigne par les semis et l'emploi de la taille longue fatiguant moins la plante.

AI. G. Bazille, président de la Société d'agriculture de l'Hérault, expose l'état actuel de l'invasion phylloxérienne dans le Midi de la France. Sa marche dans les plaines près de Montpellier, a été assez lente en 1874, mais le mal a pris une extension énorme le long de la vallée du Rhône, a sauté de Lyon à Genève, et très -probablement olfre beaucoup de points d'attaque intermédiaires. Près de Montpellier mémo, les vignes sont belles, mais à 5 ou 6 kilomètres, à partir des communes de Montferrier et de Saint Clément, l'attaque est considérable et beaucoup de vignes sont détruites.

M. G. Bazille affirme énergiquement son opinion que le Phylloxéra est la cause du mal et non l'effet, opinion que partage complètement la commission de l'Académie des sciences et que M. Dumas a rendue publique dans sa lettre à M. F obères, de Libourne. 11 laut avoir soin, en mémo temps qu'on détruit l'insecte, de fortifier la vigne affaiblie par les fumures et les bonnes cultures. Les insecticides seuls sont insuffisants : il faut y associer une matière d'engrais, comme les sulfures de potassium ou de calcium. Au Mas de Sorre, vignoble qui sert aux expériences de la coin- " mission départementale de l'Hérault, les vignes traitées a la fois par l'insecticide et l'engrais, tranchent par leur verdure des autres essais, et M. G. Bazille a les mêmes ré:-ultats en grand sur plusieurs de ses vignobles.

Vient ensuite une communication de 31. Léon Mares qui contredit, eu certains points, l'opinion précédente. D'après lui les vignes sont atteintes d'une manière très-variable par la maladie, selon des conditions diverses. Danscerlains terrains toute vigne attaquée est perdue, ainsi danslaCrau au plateau de Pujaut, etc. D'autres, au contraire, résistent par le fait de terrains spéciaux, ainsi très-sablonneux ; enfin il y a beaucoup de terrains où tantôt les vignes sont perdues et tantôt restent vivaces, selon les circonstances du sol et les traitements, notamment le sulfure de potassium uni au sulfate d'ammoniaque, dans les vignobles de

son frère, M. 11. ilurès, de sorle qu'avec des idées théoriques très opposées, il arrive à la même conclusion que M. G. Bazille, l'emploi d'insecticides et d'engrais réparateurs. 11 admet que, les vignes sont prédisposées par des causes inconnues et empoisonnées par l'insecte, et qu'il faut l'antidote et la fumure fortifiante pour neutraliser continuellement son venin.

M. le docteur Azam, de Bordeaux, présente sommairement le résultat d'une enquête sur la situation du Bordelais. Le mal a dû commencer en 1 1 • *. car il est vu par ijnelques propriétaires en 18C5 et 1860. Apparu d'abord près de Floirac et de Pauilhac, il a marché de l'ouest à l'est, et a atteinll'Enlre-deux-Mers, c'est-à-dire la région comprise de Bordeaux à Lihourne, entre la Gironde et la Dordogne En 1873 le mal dépasse la Dordogne et envahit le Saint- Emilionnais, et 70 à 80 communes sont prises ; en 1874 l'invasion phyllozérienne s'étend à plus de cent communes, au sud jusqu'à Langon, au nord en face du Bec-d'Ambez, sur une longueur de 100 kilom., puis vers Saiule-Foix. et Villefranche en Dordogne. Le mal est presque en entier sur la rive droite de la Garonne, une seule petite commune est envahie au sud de Bordeaux sur la rive gauche.

M. Azam affirme que le Sauterne et le Médoc sont indemnes (j'ai de* doutes pour le Médoc), que le mal en 187 4 est très-élendu, mais encore peu grave, le mal attaquant d'abord les coteaux (j'ai constaté le même fait dans les Charcutes, dont l'infection est venue du Bordelais) .

II n'a pus affecté le chiffre de production du Bordelais ; il y a bien eu des récoltes nulles chez certains propriétaires de 1 Enlre-deux-Mers, mais cela est étouffé sous le nombre des satisfaits.

Nous passons ensuite de l'ouest à l'extrémité orientale de rinvasion, et M. Schnetzlcr, délégué du comité fédéral Suisse, donne quelques détails sur le Phylloxéra aux environs de Genève. A la suite d'une conférence publique, qui provoqua les recherches des propriétaires intéressés, trois centres d'attaque, à quelques kilomètres de Genève, fuient signalés, et existent probablement depuis plusieurs années, dans des terres fortement argileuses, sans que le climat et la bonne culture aient encore rien fait pour détruite la maladie. 11 faut remarquer qu'il y a eu Suisse des importations fréquentes de plants américains, mais ce sont les vignobles seuls de notre Yilis vinifera qui sont attaqués.

1,'n délégué italien, M. Targîoni-Tozzetti, professeur à l'Université de Florence, dit que l'Italie sera probablement préservée du côté des Alpes, mais peut-être attaquée du côté de la mer; jusqu'à présent il n'y a pas de Phylloxéra en Italie. Le ministre de l'agriculture avait donné l'ordre d'examiner avec soin toutes les vignes suspectes, et d'envoyer à Florence leurs racines, pour y être examinées; jusqu'au milieu de septembre dernier M.Targioni-Tozzetti n'a vu de Phylloxéra sur aucunes d'elles. Nous devons remarquer que l'Italie s'occupe beaucoup d'améliorer ses vins et nous prépare sur les marchés du monde entier une concurrence redoutable, si nous ne parvenons pas à nous débarrasser du mal. Maurice Gikard.

— La suite prochainement. —

ACADÉMIE DES SCIENCES

Sétinc ? du 9 novembre 1814. — Présidence de M. Beitthasi).

Nouvelles de M. Janssen. — Comme complément au télégramme dont nous avons l'autre jour donné la teneur,

M. Janssen adresse de Hong-Kong la relation du cyclone qu'il a éprouvé. Sa lettre très- sommaire est heureusement complétée par une note de madame Janssen, qui prend su part des périls de l'expédition. Le cvclone, dont nous avons déjà parlé, suivait à trois jours de distance une autre tempête, pareille, mais moins funeste. De l'aveu des habitants du pays, rien de pareil ne s'était vu depuis plus de quinze ans. Le lendemain, la mer était couverte d'épaves et de corps flottants. Quinze cents Chinois ont disparu. Un navire espagnol, qui était en rade, a vu périr quatre-vingt-dix passagers et tout son équipage. Un grand nombre d'autres bâtiments sont également perdus, et l'on ne peut sa\oir le nombre total des victimes. La vil.e de Hong-Kong est dévastée ; les toits so:;t enlevés ; beaucoup de maisons sont écroulées ; les rues sont jonchées de gros arbres, et devant ce malheur la population montre une résignation admirable et répare les désastres avec activité. La lettre de M. Janssen est datée du 26 septembre ; il espérait toucher à Yokohama huit à neuf jours plus tard.

Eludes relatives au lac de Genève. — Au nom d'une réunion de savants suisses, M. de Candolle annonce qu'on s'est mis avec la plus grande ardeur à continuer et à étendre les recherches si brillamment commencées par de Saussure. Le lae de Genève est soumis à de nombreuses séries d'expériences et d'observations destinées à en dévoiler toute l'histoire naturelle. M. Faure a entrepris des sondages dans la partie étroite du lac, de façon à en raccorder le fond avec les coupes géologiques voisines. Sensible à celle impulsion, l'Ëlal-Major sui-se fait exécuter des sondages pareils dans tous les lacs du pays. De son côté, M . Dufour (de Lausanne) , expérimente le pouvoir réflecteur des eaux du lac dans son rapport avec la température de l'air superposé. La transparence des mêmes eaux occupe le docteur Forci, qui reconnaît, à l'aide de papiers sensibilisés, qu'à cinquante mètres au plus en hiver, et à soixante en été, la nuit règne sans cesse. L'obscurité doit être absolue dans les profondeurs de trois cents mètres que le lac atteint au milieu, d'autant plus qu'une fine argile y existe en suspension. Le dépôt de celle-ci est d'ailleurs si lent que d'après l'auteur elle ne saurait combler le lac avant trois cent mille ans au moins. Le même physicien a étudié les crues remarquables ou seiches qui sont un des traits caractéristiques du lac de Genève : tout à coup un vrai petit raz de marée, un mur d'un mètre quelquefois de hauteur, s'avance sur le lacet pénètre jusque dans la ville. Quant aux êtres vivants que nourrit le lac, leur étude parait promettre beaucoup de faits intéressants. On retire des grandes profondeurs (de 200 à 500 mètres) de nombreuses espèces animales: ce sont des vers, des crustacés, des mollusques, etc. L'un de ces animaux, une hydaùte, constitue, d'après M. Gœppert, un genre nouveau. Quelques-uns de ces animaux sont privés d'yeux ; les autres, au contraire, en ont, comme leurs congénères des régions éclairées, et M. de Candolle voit, dans ces observations, un moyen particulièrement précieux pour résoudre la grande question de l'espèce. Le lac, à l'inverse de la mer, date d'une époque relativement récente et géologiquement connue. On peut donc espérer d'apprécier la réalité et même la vitesse des changements. Ces conditions heureuses sont d'ailleurs, comme le remarque M. Paul Gervais, réalisées aussi dans les cavernes. Par exemple, le mammouth-cave des Etats- Unis contient, dans ses profondeurs, des poissons aveugles dont chacun naît avec des yeux développés et qui s'atrophient progressivement. Un dernier fait signalé par M. de Candolle est relatif aux variations du niveau du lac de

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