PLUS IN TRAITÉ DE LA MARNE
POHT UTILE ET MÉCESSAIRE POIMI CXV.J <jU SE BÊLENT DE LACRIGlLTUnE
LE TOUT DRË5SÉ PAR DIALOGUES EtQIELS SONT INTRODUITS
LA THÉORIQUE ET LA rRACTIQLE
l'Ail M. LKRNARÏ TALISSr, I.NVE.VTEL n DES RUSTIQUES FIC UL1.VES DU ROT
BT DE LA IIOÏNK SA MÈnK.
les régions du globe? Eu jetant un simple regard sur la représentation des pétrifications les pinsrépandues et les plus vulgaires, ne sera-t-on pas slupéf it en songeant à l'aveuglement de ceux qui n'attribuaient qu'au hasard seul la cause de leur formation?
Bernard Palissy, dans ses œuvres, a choisi la forme , du dialogue. Il met en scène deux personnages imaginaires, l'un s'appelle Théorique, et représente la sehol astique; c'est un pédadogue ignorant, indocile, qui bien souvent excite la pitié par la sottise de ses réparties; l'autre, Practique, renverse sans cesse le lourd raisonnement de son interlocuteur. Avec quelle verve, quel esprit, quelle agilité, il se plaît à combattre des opinions fagotées à l'avance. Ge livre inimitable est un des grands monuments littéraires du seizième siècle. L'auteur a la passion qui subjugue, l'élan de l'innovateur, l'éloquence naturelle d'un
1 I'uiiloneil.% Histoire de f Académie
grand esprit : il s'élève souvent aussi haut que Montaigne. Qu'on en juge par ce passage, que Palissy écrit après avoir longuement démontré que les pierres ne croissent pas, comme on le croyait généralement à son époque :
« Théorique. — Et où est-ce que- tu as trouvé cela, par escript, ou bien dis-moi en quelle école as tu esté, où tu puisses avoir entendu ce que tu dis? »
«Practiqce. — Je n'ai point eu d'autre livre que le ciel et la terre, lequel est connu de tous, et est donné à tous de connaître et lire ce beau livre; or nyant lu en iceluy, j'ai considéré les matières terrestres, parce que je n'avais point estudié en l'astrologie pour contempler les astres. »
En lisant les Discours admirables, on s'étonne de
la nouveauté, àù la variété des observations de Talissy sur la constitution des montagnes et des différents sols, sur l'origine des espèces minérales, sur la formation et le mode d'accroissement des pierres, qu'il examine sous leurs divers rapports de forme, de couleur, de cohésion, de poids et de densité. Les cristallisations, les stalactites, les lois pétrifiés, les fossiles, la marne, les faluns, rien n'échappe à ses recherches, et fidèle à sa méthode habituelle d'inves-
j tigatîon, il rattache tous les faits recueillis à quelque vue générale qui, presque toujours, est la plus directe et la plus féconde.
« Quand j'ai eu de bien près regardé aux formes des pierres, dit Palissy, j'ai trouvé que nulle d'icelles
, ne peut prendre lorrne de coquilles, ni d autre ani-
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Ucstaur.itioji d'une cité lacustre, d'après le docteur Kelkr.
mal, si l'animal même n'a bâti sa forme... Le rocher qui est tout plein de diverses espèces de coquilles, a été autrefois vases marins, produisais poissons. Si aucuns ne le veulent croire, je leur montrerai la dite pierre, pour couper broche à toutes disputes *. »
Palissy nous apprend qu'il a fait des observations précieuses et des découvertes importantes, surtout dans les Ardennes et dans la Champagne. «...J'ai fait plusieurs figures des coquilles pétrifiées qui se trouvent par milliers es montagnes des Ardennes et non seulement des coquilles, ains aussi des poissons... ayant toujours cherché en mon pouvoir de plus en plus les choses pétrifiées, j'ai trouvé plus d'espèces de poissons ou coquilles pétrifiées en la terre, que non pas des genres modernes qui lubitcnt à la mer Océaue. »
1 Œuvres complètes de Vernard Pulis.y.
Nous nous bornerons à ces quelques citations, car il faudrait rapporter en entier l'œuvre du grand artiste; non-seulement il se révèle partout comme savant, mais il apparaît aussi comme un profond penseur, quand il écrit par exemple : « La science se manifeste à qui la cherche! )> et plus loin : « On ne doit pas abuser des dons de Dieu, et cacher ses talents en terre, car il est écrit que le fou cachant sa folie, vaut mieux que le sage celant son savoir. »
Malgré les révélations d'un tel génie, la science des fossiles n'est pas encore fondée après Palissy. Les œuvres de cet esprit incomparable furent à peine connues de son vivant, et les paroles énergiques, vibrantes, convaincues du « potier de terre » ne devaient être entendues qu'un siècle après sa mort!
Gaston TissAJmiER.
CHRONIQUE
Changements périodiques du niveau du tranil Lac salé (Etats-I'nis). — Le Grand-Lac salé, donl les rives ont été occupées en premier lieu par les Mormons, est sujet à des variations dont on s'explique encore mal le motif. On vient de placer un rep'jre gradué destiné à fournir des éléments de constatation régulière. Celte nappe d'eau intérieure est une sorte de réservoir où se déversent les eaux des montagnes environnantes. Depuis une dizaine d'années, on a constaté une élévation constante. Plusieurs repères naturels le témoignent d'une façon irrécusable. Avant 1801, il existait une route reliant Black- Rock, petite éminence isolée, qui était de plus de 0,G0cent. au-dessus de l'eau ; elle servait au transport des produits de salines établies sur ce point. Aujourd'hui, cette route, dont on distingue l'empierrement avec des scories do charbon, est recouverte de quatre mètres d'eau.
Les jardins militaires. ■— Le Journal de l'Agriculture a plusieurs fois appelé l'attention sur l'importance que pouvaient avoir les jardins militaires dans les villes do garnisuii, où se trouvent tant de terrains laissés infertiles, particulièrement dans les fossés des fortifications. I.a Société d'agriculture de Yalenciennes suit l' couvre des jardins militaires avec sollicitude, et elle vient de décerner des médailles aux officiers, sous- officiers et soldats qui se sont le plus distingués pour l'entretien des jardins de la garnison. Malgré la grande sécheresse qui a sévi cette année, grâce aux soins constants apportés à la culture des légumes de ces jardins, qui sont d'ailleurs tenus avec une propreté remarquable, ces légumes, quoique plantés sur un sol rapporté, pierreux, et par conséquent se desséchant très-vite, paraissaient ne pas avoir souffert des circonstances défavorables qui se sont présentées. Ils étaient de la plus belle venue et continuaient à donner des produits non-seulement très-considérables, mais surtout très -remarquables. Grâce à ce résultat, l'ordinaire du soldat a pu être considérablement amélioré, puisque chaque jour on peut y faire entrer une quantité véritablement énorme d'excellents légumes frais qui ne coûtent à l'Élut qu'une dépense tout à fait insignifiante. L'exemple donné par la garnison de Yalenciennes devrait être suivi dans les autres villes militaires et notamment à Paris, où se trouvent de vastes terrrains qu'on pourrait facilement transformer en jardins militaires.
Passage de Vénus. — Nous avons reçu d'Amérique des nouvelles qui nous mettent à même de donner, d'une manière complète l'organisation des expéditions américaines. Elles sont au nombre de huit. Cinq sont parties par la frégate Swatara pour se rendre à llobait Town, à Pile de Kerguelen, à la Nouvelle-Zélande, à Pile Crozet et à Pile Chatam. La sixième et la septième ont quitté San Francisco pour Nangasakî à bord de la frégate Alaska. Une d'elles commandée par le professeur James Watson était destinée à Pékin et l'autre sous le commandement du professeur Asaph Hall se rendait à Wladivostock en Sibérie. Elle comprenait un mécanicien chargé de réparer les instruments dans le cas où ils se seraient dérangés. Une huitième, commandée par le professeur George Davidson, du service hydrographique, a quitté également San Francisco pour se rendre au Japon, mais son lieu de séjour et d'opérations n'était pas désigné. On laissait au professeur George Davidson le soin de le désigner.
La pièce principale de chaque expédition est un grand télescope pour les observations photographiques dont les astronomes américains s'occupent presque exclusivement. Le télescope qui sert à prendre les images est beaucoup plus long que celui qui sert aux observations optiques. C'est le contraire du système adopté par les autres nations. Aussi l'image du soleil, obtenue par les astronomes américains, auia-t-elle des dimensions exceptionnelles. La distance focale de ces lunettes a été calculée de telle sorte que le diamètre de l'impression n'aura pas moins de quatre pour es.