A LA TELLE
A ans
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8 mois G
206/205 fois 57 millions de lieues. L'espace qui environne le système planétaire, dans toutes les directions, est dépourvu d'étoiles jusqu'à cette distance au moins.
L'étoile la plus rapprochée de nous, Alpha du Centaure, offre une parallaxe de 0",9f . Sa distance à la terre est de 226,400 fois le rayon de l'orbite terrestre, c'est-à-dire de 8,57(5,800 millions de lieues. C'est notre voisine, et telle est probablement la dis-
tance minimum qui sépare les étoiles les unes des autres; huit tril lions de lieues. Gomme on le sait, chaque étoile brille par sa propre lumière, est un soleil analogue au nôtre, entouré sans doute d'un système de planètes habitées.
La deuxième étoile, dans l ordre des distances, est la 61 e du Cygne. Sa parallaxe est de 0",51 et son éloignement est de 15 trîllions de lieues.
On est arrivé à déterminer ainsi la distance de vingt
étoiles seulement sur les milliers qu'on a étudiées dons ce but. Parmi les plus remarquables signa' ons surtout Sirius, soleil 2,tj88 fois plus volumineux que le nôtre, entoure d'un système de corps célestes dont on connaît déjà plusieurs membres, et éloigné de nous à la distance de 55 tril lions de lieues; citons l'étoile polaire, étoile double, dont la distance égale 117 tri liions de lieues ; citons Capella, qui plane à 170 trillions de lieues d'ici, distance que la lumière, qui vole en raison de 77,000 lieues par seconde, n'emploie pas inoins de 71 ans et 8 mois à traverser, de telle sorte que le rayon lumineux que nous recevons actuellement, en 1874, de celte belle étoile, est parti de son sein en 1803. Elle pourrait être éteinte depuis 1804, et nous la verrions encore. Elle pourrait s'éteindre aujourd'hui et les habitants de la terre l'admireraient encore dans leur ciel jusqu'en l'année 1940. llcdproqnemenl s'il y avait, sur les planètes qui gravitent autour de Capella, des esprits dont la vue transcendante fût assez parfaite pour découvrir de là-haut notre petite terre perdue dans les rayons de notre soleil, ils verraient actuellement, de cette distance, la terre de l'année 1805, et seraient en retard de 71 ans et 8 mois sur notre histoire.
Ce sont là les étoiles tes plus proches de nous. Toutes les autres sont incomparablement plus éloignées.
Il y a des étoiles dont la lumière ne peut nous arriver qu'après cent ans, mille ans, dix mille ans de marche incessante de 77,000 lieues par seconde. Que l'on essaye de suivre par la pensée le trajet d'une pareille flèche !
Pour traverser l'univers sidéral dont nous faisons partie (la voie lactée), la lumière n'emploie pas moins de 15,000 ans.
Pour venir de certaines nébuleuses, elle doit marcher pendant plus dû trois cents fois ce temps; pendant cinq millions d'années
Que l'imagination qui n'est pas effrayée par de telles grandeurs essaye de les concevoir. Si elle n'a pas ressenti encore le vertige de l'infini, qu'elle contemple froidement ces profondeurs, et qu'elle sente la position de la terre et de l'homme devant, ces abîmes. Elle commencera ainsi à apprécier les spectacles découverts par l'astronomie sidérale.
Le tableau ci-contre renferme toutes les dislances mesurées jusqu'à ce jour dans l'Univers sidéral ; nous avons fait précéder les lointaines distances des étoiles par les mesures relatives à notre propre système planétaire. Les chiffres que nous avons réunis, permettent d'apprécier l'extrême petitesse de la Terre au sein de l'immensité; ils nous montrent encore que toutes les planètes de notre système solaire ne forment qu'un groupe infime dans l'espace.
Telles sont les dimensions actuellement mesurées dans la construction générale de l'Univers. Nous ne sommes encore — et nous ne serons jamais — qu'au vestibule de l'édifice, au bord de l'abîme de Finfini,
Camille Flasijiajuos.