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(ic sulfate de cuivre pour un travail trcs-prolongé du briquet.
Ce môme appareil peut servir à mettre le feu aux mines pour l'usage civil ou militaire; l'expérience montre qu'avec des amorces à fil de platine assez lin ( 2 -V'e millimètre) on peut produire une inflammation à travers un fil de cuivre de 900 mètres du longueur et de 3 millimètres de diamètre.
Avec un appareil du même genre les médecins peuvent cautériser une plaie, et cette application a déjà été réalisée souvent ; un élément secondaire est en effet beaucoup plus facile à transporter dans un hôpital et surtout chez un malade que les éléments actifs qu'il peut remplacer.
Enfin les éléments secondaires peuvent être associés en tension ou en quantité, et constituer des piles capables de produire tous les effets des piles ordinaires les plus puissantes. La figure 4 représente la pile secondaire telle que l'a disposée M. Planté et
Fig. o. — Briquet de Saturne.
telle qu'elle rendra certainement de grands services dans quantité d'applications.
Suivant les cas il faudra varier le nombre et la dimension des couples afin d'obtenir la tension et la quantité voulues. Ici, nous avons vingt éléments, rangés en deux lignes ; à la partie supérieure est un commutateur très-heureusemont combiné, qui, dans une position, met les vingt éléments en quantité; dans une autre position, à angle droit de la première, les met en tension. Dans le premier cas , toutes les électrodes extérieures sont réunies à une seconde lame métallique et toutes les électrodes inférieures à une seconde lame métallique, de telle sorte que l'ensemble de l'appareil se présente comme un élément unique à grande surface ; c'est dans celte condition qu'on fait la charge; deux éléments Bunsen y suffisent et la produisent complètement en un temps plus ou moins long, suivant leur dimension et suivant l'étcn-
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Fig- 4. — nie secondaire de 20 éléments pouvant se charger en quantité avec deux couples Bunsen, et se décharger eu tension
en fournissant de la lumière.
duc des surfaces de plomb à polariser. Dans le second cas, l'électrode extérieure de chaque élément" est mise en communication avec celle intérieure de l'élément suivant et l'appareil devient une pile véritable de vingt éléments ; c'est dans celte disposition qu'on décharge la pile ; elle équivaut au début de son action à 50 éléments Bunsen de très-grande surface.
A mesure que la décharge se fait, la tension diminue comme nous l'avons expliqué à propos de l'élément secondaire unique. Si on a mis une minute à charger
la pile secondaire en quantité avec deux éléments Bunsen, on ne peut pas attendre que la décharge en tension fournisse les effets de 50 éléments Bunsen de même taille pendant plus de quatre secondes, car l'appareil ne crée pas d'électricité et ne peut que transformer celle qu'on lui a donnée. M. Planté a fait à ce sujet des expériences précises, et il a reconnu que dans cette transformation il se perd environ un dixième, ou en d'autres ternies que le rendement de cette machine est des ~ de la dépense.
Ou voit clairement que la pile secondaire ne peut
LA NAÏUltË.
donner que des effets de courle durée, niais dans un Irès-grand nombre de cas on n'a pas besoin d'autre chose.
Si on veut par exemple enflammer simultanément un grand nombre de mines, au moyen d'amorces en lil fin, on pourra y arriver en plaçant toutes ces amorces eu dérivation, chacune par rapport aux autres et en faisant passer dans toutes ces amorces à la fois le courant d'une pile secondaire. Cette manière de procéder c«t assez économique; il est certain, en effet, qu'il est bien moins laborieux et moins dispendieux de monter deux éléments Bunsen et de charger la pile secondaire que de charger les 20 ou oO éléments Bunsen dont elle tiendra la place; étant donné surtout que le service à demander à cette pile n'est que de quelques secondes et que l'opération n'est à faire que quatre ou cinq fois dans une journée. D'ailleurs la pile secondaire est facile à transporter sur les différents chantiers d'un travail étendu, comme est le percement d'un grand tunnel ou le fonçage des puits d'une exploitation minière.
Dans les petits laboratoires, la dépense à l'aire pour monter une grande pile Bunsen arrête pour l'aire certaines expériences, soit pour la démonstration aux élèves, soit pour les recherches et les études du maître. La plupart de ces expériences deviennent possibles par l'emploi de la pile Planté. Si enfin on combine cet appareil avec la machine Gramme, au lieu de l'exeiter avec une pile ordinaire, on supprime tout maniement d'acides et toutes dépenses autres que l'achat d'appareils qui sont destinés à durer indéfiniment.
Nous avons la plus grande confiance dans l'avenir de cet emploi combiné de la pile secondaire et de la machine Gramme, et nous voulons montrer en terminant comment il fournit une solution du problème si important de l'éclairage des navires en vue d'éviter les collisions en mer.
Il n'est pas nécessaire, eu effet, d'allumer au sommet du grand mât une lumière électrique permanente ; il suffit d'un éclairage intermittent ; il suffit qu'un navire soit annoncé à tout l'horizon chaque minute pendant deux secondes pour qu'il soit garanti contre tout abordage. Or, une lumière intermittente de ce genre peut être fournie pur une pile secondaire qui alternativement se chargera pendant 58 secondes sous l'influence d'une machine Gramme et se déchargera pendant deux secondes. Sur les navires à vapeur, qu'il est surtout important d'éclairer, la machine à vapeur fera tourner la machine Gramme ; et la lumière électrique sera, enfin de compte empruntée au charbon de la fournaise. Sur les grands navires à voiles, on peut trouver utile d'avoir aussi un éclairage électrique, au moins dans les nuits de brouillard; il suffira, pourl'obtenir, d'ajouter à l'ensemble dont nous avons parlé un appareil de M. Salicis, au moyen duquel un matelot agissant alternativement sur les deuxpédales fera tourner la machine Gramme et fournira le courant excitateur de la pile secondaire.
Dans les deux cas, la manœuvre du commutateur de lu pile pourra se faire automatiquement après un certain nombre de révolutions delà machine Gramme reconnu suffisant pour la charge de la pile et une seconde fois après un nombre de révolutions correspondant à la durée de décharge utile. De telle sorte que les éclats et les extinctions se produiront d'eux mêmes, sans aucune intervention, ni surveillance.
On remarquera que ce système d'éclairage intermittent permettra certaines combinaisons utiles ; la compagnie transatlantique adoptera une durée d'éclats, deux secondes par minute par exemple ; la compagnie G un ard adoptera un autre rhythme, \uk seconde tous les quarts de minute; la compagnie péninsulaire et orientale, une autre combinaison encore, etc., etc.... Il en résultera que ceux qui passeront dans l'horizon de ees navires sauront à quelle compagnie ils appartiennent, et pourront, en cas de nécessité, fournir d'utiles renseignements. Avec un système de ce genre, on saura mieux la nuit que le jour quels bâtiments on a rencontrés. V,\\ navire en détresse se signalera par un type particulier de lu périodicité des éclats adopté par toutes les marines et intelligible pour tous; ce sera un appel plus distinct que les coups de canon et les coups de sifflet qui s;' perdent trop souvent dans la tempête. Enfin dnnsune escadre naviguant de conserve, ces éclats serviront à transmettre les ordres du commandant en. chef aux commandants des divers navires; les alphabets aujourd'hui en usage seront aisément transformés et adaptés à ce nouvel instrument de langage.
Nous ajouterons encore que la combinaison proposée est applicable à la transmission de signaux entre différents points d'une place assiégée, ou d'un grau,! camp retranché comme ceux qu'on projette d'établir pour la défense du territoire français, et qu'elle peut permettre à des assiégés de communiquer avec des points très-éloignés non occupés par l'ennemi.
A. Niacdet-Ijiu'gukt.