ET LE CHANGEMENT DE JNIVEAU DES GRANDS LACS AMÉRICAINS
Cène sont plus seulement les variationsde l'aiguille nirnantée, le nombre des aurores boréales, nés tremblements de terre et des c\ clones qui sont mis en rapport avec la variation annuelle des taches du soleil. Un géologue américain, M. G Daw.-on, après avoir officiellement constaté les variations annuelles de niveau dans les eaux du lac Erié, et en avoir tracé la courbe, a remarqué une singulière concordance entre cette courbe et celle des taches du soleil. Il en conclut après comparaison attentive que les périodes de ces deux phénomènes pourraient, bien avoir outre elles des rapports certains. Voici le résumé de ces remarques.
Le niveau des eaux est soumis dans les lacs comme dans les rivières, à différentes causes, les unes lentes, tes autres rapides. Celles-ci dépendent des saisons et des brusques phénomènes météorologiques; les premières varient lentement d'année en année. On ne s'occupe ici que des variations lentes.
1 Comptes-rendus de l'Académie des sciences du 23 avril 186û, et Annales des sciences naturelles, &• série, t. V (lhOO), p. 355 et suiv. (avec pi.).
s Mémoire en collaboration avec M. Coqucrcl, lu ù l'Académie (tes sciences, le 25 avril 18u0.
Les observations faites par le gouvernement des États-Unis, sur le niveau des lacs Ontario, Supérieur, Miehigan, Eric, s'accordent pour montrer une élévation de niveau pendant les années 1850, 1860 et 1861 et une diminution pendant les années 1866, 1867, 1868. Les premières correspondent au maximum des taches solaires et les secondes au minimum.
La hauteur moyenne de ces lacs, au-dessus d'une bnse arbitraire, est de 30 pouces pour les années maximum, et de 15 pouces pour les aimées minimum la différence est donc de 15 pouces entre les deux moyennes (plus exactement 14,64).
En remontant jusqu'aux observations de l'année 1788, l'auteur est parvenu à déterminer la hauteur moyenne des eaux du lac Erié principalement et à tracer la figure ci-dessous. Dans c?- diagramme, la ligue continue représente la courbe de Carrigton sur le
nombre des taches solaires; la ligne brisée représente les observations plus récentes et continuées jusqu'en 1868 de MM. Dclarue Stewirt et Lœwy; la courbe inférieure représente la variation de niveau du lac Érié.
On remarque un accord satisfaisant pour les quatre premiers maxima et surtout pour 1837 et 1858 ; cette dernière aimée a été la plus haute du siècle pour les lacs Erié et Ontario. Les trois dernières périodes de maxima des taches solaires, arrivées en 1848, 1859 et 1870 sont loin d'être aussi visibles sur lu courbe des eaux ; mais l'auteur paraît satisfait de l'élévation sensible marquée en 1800 eu égard au niveau général, qui est depuis 1 838 supérieur au niveau ancien. Il ajouta que la correspondance entre les périodes de maxima et de minima des taches solaires et des fluctuations des grands lacs, doit ouvrir un nouveau champ de recherches, quoiqu'elle ne soit
Courbes comparées des variations annuelles clés taches solaires et du niveau du lac lirirt.
pas absolue et montre l'extension du cycle météorologique mis en évidence par MM. Meldrum et Lockyer. Dans leurs changements de niveau moyen annuel, les grands lacs donnent probablement la moyenne exacte de la quantité de pluie tombée sur un large espaee. Les saisons dans lesquelles lévaporation et la précipitation, ont été considérables, se refléteraient pour ainsi dire dans le niveau des lacs; et si celuici est en rapport avec le nombre des taches du soleil, l'opinion de la coïncidence de celle-ci avec une plus grande activité solaire serait continuée. En examinant les chroniques de Zurich, 51. Wolf a remarqué que les années riches eu taches solaires, ont été en général plus sèches et plus fertiles que celles du caractère opposé, lesquelles sont plus tourmentées de tempêtes que les premières. Par une autre série d'observations, M. Gauthier de Genève a trouvé le contraire. M. Dawson fait remarquer, en terminant, que les deux conclusions pourraient être vraies; l'évaporation pourrait amener ici la sécheresse, et plus loin la pluie suivant les conditions orographiques du terrain et suivant les courants d'air. Dans le cas des
grands lacs, l'humidité et les vents froids amènent inévitablement la pluie.
Ces observations ne doivent pas être acceptées comme définitives mais elles sont intéressantes et appellent l'attention sur des coïncidences qui peuvent avoir leur valeur 1 .