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LES GRÊLONS DU MOIS DE JUIN

Il y avait longtemps que des orages de grêle aussi violents que ceux du mois de juin dernier, ne s'étaient offerts à l'observation des météorologistes. Le 21 juin les départements du Rhône et de l'Isère, ont eu particulièrement à souffrir de la chute de grêlons, dont les dimensions étaient vraiment extraordinaires. Ces projectiles d'eau solidifiée étaient, pour la plupart, gros comme des noisettes, il s'en trouvait dans le nombre qui atteignaient le volume d'un œuf de poule. La gravure ci-contre reproduit fidèlement la

» Salure, 7.0 avril 187 i.

grandeur et l'aspect de deux de ces formidables grêlons, formés d'un noyau central, autour duquel se superposent des enveloppes concentriques de glace. En se représentant, par la pensée, la chute d'une telle mitraille, ou conçoit l'importance des dégâts et des désastres qu'elle est susceptible de causer.

Dans la nuit du 27 au 28 du même mois, un nouvel orage de grêle non moins extraordinaire s'est abattu sur le département de l'Hérault.

Nous avons déjà parlé des observations qui ont été faites à Montpellier et à Nimes 1 . Nous les compléterons aujourd'hui en reproduisant quelques renseignements que M. J. Gay a récemment communiqués à 31. Cli. Sainte-Claire Deville 2 . « Une demi-heure après la chute des grêlons, j'en recueille un panier, dit M. Gay, et j'en pèse et mesure plusieurs. Ils sont

en général plus gros qu'une noix, leur forme est grossièrement ellipsoïdale , leur surface mamelonnée; tous possèdent le noyau opaque entouré de glace très-transparente. Leur plus grand diamètre est de 30, 40, 50 millimètres; j'en mesure un, fort irrégulier et très-diminué déjà par la fusion, qui a 62 millimètres de longueur; sept, pesés ensemble, égalent 150 grammes. Le matin... le sol est criblé de trous ellipsoïdaux presque hémisphériques, ils ont 35, 40, 50 millimètres de diamètre, j'en ai mesuré de 75 millimètres.

Sur les volets et les murailles on voit la trace des grêlons ; des tuiles et des pots de fleurs ont été brisés, le bord de l'ouverture d'un arrosoir en zinc, bien que doublé, a été déchiré.... L'orage paraît être né sur la frontière de l'Aude et de l'Hérault, auprès de

Créions tombés à Lyon, le 21 juin 1 S7-i. Grandeur nature!!'.)

Saint-Pons dans lainonlagneNoire.il s'est dirigé ensuite O.-S.-O, E.-N.-B,, passe vers 1 1 h. 30 au nord de Iiéziers, atteint Pezenas et Jlontagnac sur la vive droite, s'infléchit légèrement vers le sud au contact des hauteurs de Valhanquès, puis, à partir de Montpellier, suit à peu près exactement la ligne du chemin de fer de Montpellier à Nîmes et va mourir enfin aux environs de Mimes. La largeur du fleuve de grêle paraît avoir été de 8 à 10 kilomètres environ; mais il n'a été réellement désastreux que sur une largeur moindre. C'est sur la rive gauche que l'orage parait avoir eu sa plus grande intensité; là, la grêle est tombée très-serrée, très-grosse pendant quinze à dixhuit minutes. Les récoltes, sur cette ligne, sont entièrement perdues ; les communes d'Adissan, Tressai), Yendemian, Grabels, Caslelnau, Lunel-Viel, .sont signalées comme absolument dévastées — Sur certains points les arbres sont dénudés comme en hiver.... Des évaluations qui ne paraissent pas exa-

1 Voy. n» 59, p. 116.

1 Comptes rendus de l'Académie des sciences. Séance du C juillet 1874.

gérées, portent la perte en vin, due à l'orage, dans le département de 1 Hérault, à 2,500,000 hectolitres, soit, à 20 francs l'hectolitre, 50,000,000 de francs. »

Les orages de grêle du mois de juin ont été, comme on le voit, très-sérieusement étudiés * les observations des grêlons si considérables qui se sont précipités sur le sol confirment celles qui ont été faites précédemment dans des circonstances analogues. Les grêlons sont en effet presque toujours formés, comme ceux des 21, 27 et 28 juin, d'un premier noyau sphérique d'un blanc laiteux et opaque, autour duquel se présentent des enveloppes concentriques de glace transparente.

Les formes des grêlons sont très-variables; le plus habituellement ils sonL ronds, sphériques; quelquefois ils se présentent sous la forme ovoïdale, il arrive même qu'ils offrent l'aspect d'un polyèdre géométrique, dont les faces sont très-distinctes. Quand on regarde à la loupe la section pratiquée dans la masse d'un grêlon, on aperçoit un réseau à mailles hexagonales, qui dénote la structure cristalline do sa formation.

Les grêlons du mois de juin ne sont pas les plus ' gros que l'on ait vus tomber à la surface du sol, ' quoique leur dimension soit respectable, ou en cite de plus volumineux encore. C'est ainsi qu'au mois d'octobre 1844, pendant un orage effroyable qui dévasta une glande partie du midi de la France, on recueillit des grêlons qui ne pesaient pas moins de U kilogrammes. Ces glaçons avaient la force de bon- , L-ts du canon; aussi des hommes se trouvèrent-ils lapidés par ces projectiles atmosphériques; des toitures furent effondrées et des bateaux fluviaux coulés à fond. II, Nue rapporte (pie dans la Tarlarie les grêlons atteignent parfois des dimensions plus grandes encore ; on en a vu qui pesaient G kilogrammes, et leur chute décimait en un instant des troupeaux entiers !

Enfin une chronique du temps de Charlemagne nous parle de grêlons de la taille d'un éléphant! Mais il nous paraît prudent de nous arrêter dans cette énumération, tout en nous permettant même rie mettre en doute !a véracité de ce dernier histo- | Fieû ! L. LiiininEii.

CHRONIQUE

Analyse et synthèse du Idcu égyptien. — Ce Lieu parfaitement exempt de cobalt u été trouvé ou fragments de li grosseur d'une bille d'écolier, dans les ruines d'Ànfun, et <! uis l'oppidum gaulois du inotit Beuvray (Saône-ct-Loire). I, a substance, d'après M. II doFoulenay, est rude au toucher: c'.!o s'écrase facilement sous le pilon. Examinée à la loupe, su poudre laisse voir do petits grains blancs de silice libre. L'analyse a fait voir qu'elle était formée de silice 70,20, oxyde de cuivre 1G,44, alumine et oxyde de fer 2,5(5, chaux 8,35 et soude, 2,83. l'iu faisant fondre un mélange intime de sable blanc, d'oxyde noir de cuivre, de craie et de carbonate de soude, M. de Fonlenay a ohtenu une fritte bleue tout à fait semblable à l'azur des anciens.

Anniversaire de 1» découverte de l'oxygène.

— Le 1" août aura lieu à Birmingham uni cérémonie intéressante. M. lluxbiy inaugurera, au nom d'un comité de souscription, une statue de Prieslley pour célébrer le centenaire de la découverte de l'oxygène. Il est à remarquer qu'on ne fait rien en France pour célébrer la part que Lavoisier a prise à celte découverte et les conséquences immenses qu'il a pu en dégager.

Prieslley habitait, comme on le sait, Birmingham. Son laboratoire fut incendié par des fanatiques, à cause de l'enthousiasme avec lequel ce grand homme avait salué la Révolution française.

Iffi. Pasteur. — Dans sa séance du 18 juillet 1874, l'Assemblée nationale a adopté par 552 voix contre 24 le projet de loi dont nous donnons le texte :

f Art. 1". — Il est accordé à M. Pasteur une pension annuelle et viagère de 12,000 fr. à litre de récompense nationale.

« Art. 2. — Cette pension sera inscrite au livre des pensions civiles du Trésor public, avec jouissance ù partir de la promulgation de la présente loi ; elle ne sera pas sujette aux lois particulières du cumul ; elle sera réversible par moitié sur la veuve de M. Pasteur. »

11 est à regretter qu'un des honorables ait cru devoir protester contre cet acte de justice ; mais sa voix a été étouffée. Nous avons applaudi, et nous applaudissons encore à la récompense nationale accordée à M. Pasteur; mais il ne faudra l pas oublier que nous avons en France d'autres savants illustres, dont les litres à lu reconnaissauce publique no sont pas moindres que ceux de M. Pasteur.

Les bancs d'anchois dans la Méditerranée. -^

Le passade des anchois de l'ouest à l'est, dans la Méditerranée, est cette année d'une abondance extraordinaire; les légions de ces poissons, serrés les uns contre les autres, couvrent une superficie de plusieurs kilomètres carrés ; c'est par millions qu'il faudrait le* compter. Ces masses animées sont suivies de quelques gros poissons qui dévorent leur arriére-garde. L'abondance dits anchois dans la Méditerranée est, pour les populations riveraines et pour l'industrie des salaisons, ce que l'abondance des harengs est pour les populations riveraines des mers du Nord, c'està-dire une source de richesse. L'aucliois frais et l'anchois salé sont des aliments de premier ordre dans les contrées maritimes.

Sa réputation es! très-nneinnne. I, es Crées »>t les lioin:iins, dans le temps où ils attachaient le plus d'importance à l'art de préparer les aliments, faisaient avec les anchois une liqueur que Ton nommait garum, et qui était, sur toutes les tables, lu sauce piquante par excellence. La prédilection pour ce poisson était telle, que de riches p rliculiers emplissaient d'eau de mer de grands viviers et v conservaient des anchois pour leur table. Aulus liirtius, qui donna un grand repas à César au moment où celui-ci venait d'être nommé dictateur, fit servir un plat composé de plusieurs milliers d'anchois.

la peste. — Suivant une dépêche télégraphique, la peste aurait éclaté à Bagdad cl à Tripoli. Le mois dernier, une commission composée de quatre médecins a été envoyée par le gouvernement ottoman pour faire un. 1 enquête cl un rapport au sujet de cette maladie, et la commission» déclaré que c'était la peste. Elle existe à Hillé, Divanic':, Dagara et A lidj. Des mesures quarantenaires ont été proinpteinent appliquées tout autour du district infecté, et les derniers télégrammes de Bagdad, jusqu'au 14 courant, annoncent que l'épidémie diminue sensiblement. La nouvelle s'est récemment répandue que la peste a également éclate à Sina, dans le Kurdistan persan, à peu de distance de Bina, où elle avait fait son apparition en 1871 ; mais cette nouvelle demande confirmation. D'un autre côté, la peste s'est montrée à Merdj, ville du district de Barca, à une distance de vingt heures de Bengazi, porte de l'Afrique septentrionale. [Gazelle de médecine).

■/extraction «le l'or ù Victoria. — Un rapport de la commission des mines de Victoria, reproduit eu extrait par le Journal of Applied Science, n'évalue pas à moins de 00,595 le nombre des ouvriers qui ont été occupés à l'extraction de l'or sur h; territoire de cette colonie, pendant le dernier trimestre de l'année 1873. Le contingent des travailleurs, formé en grande partie d'Européens, a été de 55,822 individus dans les mines d'alluvion et de 16,775 dans celles de quartz, lin outre, 562 machines à vapeur, représentant une force motrice de 9,579 chevaux, ont été employées à l'exploitation des mines. La valeur approximative de tout le terrain minier de la colonie est évaluée dans le rapport à 55,280,000 fr. Quant à la production de l'or pendant le dernier trimestre de 1873, elle a été de

21)7,570 once?, sur lesquelles 267,571) onces ont été exportées. (Revue industrielle) .

I. oulîiun en 18 9-1. — La vigne a montré sa fleur dans des conditions satisfaisantes. La coulure tint redoutée ne s'est jioint produite; malgré les pessimistes, on est fondé a croire qu'elle n'est plus à craindre. Malheureusement, d'après le journal la Vigne, l'oïdium se montre presque partout, comme échantillon ; cet ennemi de la vigne n'a point disparu: les cépages tendres et à feuilles molles témoignent des nuages qu'il est prêta exercer, si l'on ne s'empresse de le combattre parles moyens les plus énergiques. 11 faut donc se lia ter. Les soufrages sont de toute opportunité: on no doit point négliger d'employer «et siéent actif, dans les rareslnlcrval les du temps calme et du soleil Le soufre, qui peut fournir les meilleurs résultats, doit «Ire trituré avec 25 p. 100 de plâtre gris. Cette dernière substance donne de la force, do la solidité et de l'adi.érence à la poudre jaune qui se maintient plus longtemps sur le Lois et sur le feuillage. On ne saurait user de trop de précautions et de soins dans la préparation des vignes soumises aux soufrages. Il est indispensable de les palisser, de relever doucement les nages, afin d'éviter que le verjus soit brusquement déplacé et que le soufre atteigne foutes les parties vertes. Le soufflet, même malgré les imperfections qu'il présente, est encore l'instrument qui offre le plus de ressources pour ces opérations.

BIDLIOGRAPHIE "

Les 'mouvements de i 'atmosphère et des mers, considérés au point de vue de la prévision du temps, par M. Marié Davv, avec 2i cartes tirées en couleur et de nombreuses ligures dans le texte. G. Màssok, éditeur.

Aucune é, oque n'a été aussi favorable pour recommander le bel ouvrage du savant directeur de l'Observatoire de Sloutsouris; la météorologie rationnelle basée sur l'observation dis faits préoccupe plus que jamais le publie éclairé; elle a, en effet, déjà fourni ses preuves de prévision, et M. Marié Davv est certainement un des observateurs qui ont le plu» contribué à la création de ces méthodes nouvelles dont l'avenir est assuré. Non-seulement le bel ouvi âge de M. Marié D.ivy, nous ouvre le grand tableau des mouvements aériens et océaniques, mais il nous révèle les conséquences de cette grande étude, et nous indique les services que les hommes sont en drodd'cn attendre parla possibilité de prévoir les phénomènes atmosphériques.

ACADÉMIE DES SCIENCES

Séance du 2i) juillet 1S71. — Présidence de M. I!eutiusl>.

C'est sans doute dans l'effroyable température que nous subissons que se trouve la cause de l'apathie de l'Académie. Les membres extrêmement peu nombreux murmurent avec peine les quelques mots qu'ils ont à dire, et avant quatre heures un quart, moins d'une heure après l'ouverture de la séance, le président annonce qu'il n'y a plus rien à l'ordre du jour, et qu'en désespoir de cause la docte compagnie va se former en comité secret.

Récompense nationale à M. Pasteur. — La pièce saillante delà correspondance est une lettre de M. Paul liert dans laquelle ce député annonce qu'il vient de présenter à l'Assemblée nationale un rapport tondant à faire accepter

le principe des récompenses nationales au* auteurs de travaux scientifiques utiles, et la première application de celte mesure à M. Pasteur. Le rapporteur met à la disposition de l'Académie le nombre d'exemplaires du rapport qu'elle jugera utile afin que tout le monde en ait.

Conductibilité des corps ligneux. — M. Du Moncel a reconnu que les corps ligneux sont d'autant plus conducteurs de l'électricité qu'ils sont plus riches en humidité. Si, par la pression, on enchâsse toute l'eau, leur conductibilité diminue d'une manière très-sensible.

Pansement des plaies. — Par le canal de M. Gossclin, un praticien de bordeaux, M. le docteur lluzam soumet un nouveau système de pansement des plaies d'amputation. Ce procède, qui consiste dans remploi d'une suture profonde et d'une suture superficielle, offre quelques points d'analogie avec le pansement par occlusion que M. Alphonse Guérin a récemment décrit. Cependant il en diffère profondément par le drain que l'auteur conserve, et rpii, permettant l'écoulement constant du pus, laisse Pair pénétrer en même temps dans Pappareil.

Chimie organique. — Une intéressante expérience est réalisée par M. ûppelhcùn. lilleconsisl e à traiter l'étber acétique iode par le chloroforme. Dansées conditions il se fait une réaction quelque peu complexe, dont Pun des produits est un acide de la série benzoïque. Le passage est donc réalisé delà série grasse à la série aromatique.

Thermo-chimie • — Lorsque le sulfate de soude est placé dans l'eau à une température telle qu'aucun hydrate n'est possible et que le sel anhydre se dépose seul, il se développe cependant une grande quantité de chaleur. Tel est 1: fait étudié par M. de Kobcll, et qui parait présenter à M. Dertbelot un intérêt tout spécial.

Action réciproque des courants. — Dans fous les traités de physique on enseigne que deux éléments de courant s'attirent lorsqu'ils sont de même sens et se repoussent dans le cas contraire. D'après M. Bertrand, celte proposition est fausse et diamétralement contraire à ce qui résulte de la loi d'Ampère. Stanislas Meunilr.

LES DÉAlYELUïlCm SÉCULAIRES

1,'ecorce terrestre n'est pas seulement soumise à des secousses violentes, comme les tremblements de terre, elle éprouve aussi des mouvements très-lents, tellement inappréciables, qu'ils ne peuvent être constatés que par plusieurs générations successives d'observateurs. Ces constatations n'ont un caractère de vraisemblance que sur le bord de la mer, parce que l'on possède à côté un repère unique pour sa régularité : le niveau de la nier. Il serait impossible de rattacher une observation, faite dans l'intérieur des terres, à un plan de nivellement., qui fût. en rapport avec la dépression ou l'élévation de la surface de la terre. La base chronologique manque.

Si la mer a envahi les terres, on peut retrouver des traces d'enfoncement ; si le contraire s'est produit, on retrouve dans les terres ou sur les roches des coquillages marins, témoignages écrits de l'ancien niveau de la mer. Les travaux dus à la main de l'homme, tels que les ports, les constructions anciennes, sont aussi des repères que le hasard donne pour la révélation des changements de niveau.

LA NATUDE.

Les premières études sur cette question remontent ■■ à 1750 ; l'abaissement du plan d'eau de la mer Baltique fut constaté par Celsius. Ayant (ait un repère à ! l'île Loëff grand, il vit avec Linné, treize ans plus tard une différence de 18 centimètres. Playfair, en 184)2, et Buch, en 1807, émirent l'opinion de changements de niveau dans le sol, et non pas dans la mer. Ces travaux furent continués par sir Hoderick Mu rebison en 1845 ; comparant l'affaissement des côtes de ! Suède et l'élévation de celles de Norsvége, il avança :pie la péninsule Scandinave était soumise à un mouvement de bascule. Depuis, de nombreux observateurs se sont mis en quête de renseignements, et ils en ont rencontré sur presque toutes les côtes.

Les oscillations sont plutôt locales que générales ; on retrouve dans un même endroit de certaine étendue, des preuves de variation de niveau semblables

à un plissement du sol. 11 est hors de doute que ces mouvements se sont manifestés dans presque tous les âges, et qu'ils se continuent encore en vertu d'une loi générale mal déterminée. Deux causes sont probablement en action, et l'une pourrait être la conséquence de l'autre. Plusieurs géologues les regardent comme des tremblements de terre avortés, d'autres comme le résultat de modifications successives de la nature du sol, L'action de la mer et de l'atmosphère étant très-iucgales, l'équilibre des côles est constamment modifié, ce qui peut produire dos glissements ; ils sont comparables à ceux qu'on rencontre dans les tram hécs de chemin de fer, seulement ils sont réglés par les progrès de l'érosion, en sorte qu'ils ont lieu avec une lenteur séculaire.

Nous ajouterons aux nombreux exemples déjà constatés sur le littoral français de l'Océan, quelques

r races do dénivellations des côtes à Roscof (Finistère).

observations sur les côtes du Xorcl, où les dénivellations fournissent de fréquents témoignages. On trouve à la pointe Sainte-Harbe, près lloscof, à plusdu cinq mètres au-dessus du niveau des hautes mers, un terrain meuble rempli de galets, où l'on cultive ces légumes qui font la réputation du pays. Cette terre argilo-siliceusc, mise à découvert par érosion des pluies et du vent de mer, offre une épaisseur d'au moins deux mètres. Si l'on accepte ce témoignage comme preuve du séjour de la nier, on peut y voir un ancien rivage, où les vagues ont roulé des galets et accumulé des sables. Ce n'est pas le fond d'une mer ancienne, où les restes organiques se seraient développés, dans le calme propre aux grandes profondeurs; les galets et les quelques tests coquilhors qui les accompagnent, indiquent le travail et l'assaut répété des vagues à un endroit duquel elles sont éloignées maintenant.

Ce fait local, rapproché des observations faites sur plusieurs points dos côtes du Nord, indiquerait une élévation générale. Mais d'autre part, l'ensemble du bassin formé par le golfe de Saint-.Malo parait s'alfaisscr

graduellement. L'ingénieur anglais Pcakock signale un abaissement des îles de Jersey et de Cuernescv. M- Qucsuault a publié d'anciens documents qui portent à croire qu'autrefois le Colentin se trouvait réuni aux iles de Jersey et d'Aurigny, ainsi qu'aux îles Chausscy et aux écueils de la baie de Granville. Une carte de Deschamps Vadeville représente même l'état de cette région au temps de Jules César. Kllca été dressée en 1714, d'après une carte en lambeaux de 1400, qui se trouvait au monastère du mont Saint-Michel. Ce document semble établir que le Cotentin subit un affaissement lent et que la mer a déjà détruit par érosion de larges zones de ces côtes.

Peut-être ces perturbations lentes sont-elles une des conditions d'harmonie de l'écorce terrestre et un moyen pondérateur dans la mécanique du globe.

J. Girard.

Le Propriétaire-Gérant : G. Iissamusr,

CuimuiL. — mi'nniBiuR de Crktb.

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