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pompe ainsi quesonissue,à éviter le eontactdc l'air et à régulariser autant que possible- le jet liquide ainsi obtenu.

Sans nous attacher à passer en revue l'interminable liste des appareils auxquels on a eu recours, — presque chaque auteur ayant proposé le sien ou modifié ceux de ses prédécesseurs, — nous ne ferons que mentionner l'appareil de M. Roussel, celui de M. Oré, celui de M. de Bclina. Nous ne décrirons entièrement (pie celui auquel M. Béhicr a donné le nom d'appareil Mu ncoq Mathieu., cl dont il s'est.

servi dans l'heureuse opération pratiquée à l'IIôtel-Dieii, ainsi que quelques antres instruments iniréniouxet Fir . \ m Appareil tout à liut nouveaux'.

L'appareil primitif (fî^, 1) se compose essentielle- |

ment d'un cylindre en verre, jouant, selon l'expression de son inventeur, M. Mon coq, le rôle d'un ventricule artificiel, dans lequel se meut un piston plein, qui, par s.011 ascension et sa descente , forme en quelque sorte la systole et la diastole.

A l'extrémité inférieure du cylindre viennent aboutir deux tubes eu caoutchouc fermés par des valvules très -sensibles, marchant en sens inverse et dcstitiées à diriger le courant du sang. L'extrémité libre do chaque tube est terminée par une aiguille canaliciiléo.

L'une de ces aiguilles est enfoncée dans la veine, du sujet qui donne le saii2\

Moncoq-MotMn». 1 ,' autrc (!ans ,a voine

du malade, et le mouvement alternai if d'ascension et de dcscctiLe du pis-

Fil», ï. — Appareil à entonnoir latéral du D r Moncoq pour la transfusion du sang. Construit par M. CuLlin.

Fig. 3. • — Appareil à cupule inférieure du l) p Moncoq. Construit par M. Colliu.

ton, ainsi que le jeu des valvules, assure lu passage du sang d'un sujet à l'autre. 11 va de soi, qu'avant de piquer la veine du malade, l'appareil doit être

longueur de l'appareil intermédiaire entre les doivi sujets (fig. 5).

La mise en pratique de ces deux appareils est représentée par les ligures 4 et 5.

Le tube afférent est remplacé par une cupule placée à l'extrémité inférieure du corps de pompe, et s'ap-

Fig. -i. — Trans'usion mérïia'e avec l'appareil "1 entonnoir latéral de 31. le D r Moncoq.

I. L'opérateur. — 2. Aide qui maintient dans la veine du suie l'aiguille cannliculéc par laquelle arrive le sang. — •>. Aide chargé «lu liras qui donne le sang. — 4. Sujet qui fournit le sang. — 5. Malade couché horizontalement dans le décubitus dorsal, la tCti! ha.-sc et tout à l'ait au bord droit du lit.

entièrement rempli de sang, amorcé en un mot, et que celui-ci doit traverser le tube eiïérent, afin d'éviter l'introduction de l'air.

Fis. 6.

Appareil Mancoq-Mathieu à entonnoir supérieur et à pUton.

Tel était l'instrument primitivement imaginé par M. Moncoq. Il l'a très-avantageusement modifié d'abord par la suppression du tube qui amène le sang, remplacée par un entonnoir latéral (lig. 2), puis en second lieu, en diminuant do moitié la

'"i" a- — Transfusion immédiate et instantanée avec l'appareil à cupule inférieure «le M. le D< Moncoq.

1. L'opérateur. — 2- Aide. — 3. Le sujet qui fournit le sang, 4, Malade qui le reçoit.

pliquunt Hermétiquement par-dessus fa plaie veineuse pratiquée sur la personne qui fournit le sang. Celui-ci pénètre dans cette cupule, d'où il ebl dirigé dans le corps de pompe, par l'ascension du pistou. Au moment de la descente du piston, !e sang s'échappe pur un tube en caoutchouc terminé par une aiguille eu-

Fi". 7. — Appareil Mathieu à «.-ntunnoir supérieur avec ampoule de caoutchouc.

gagée dans la veine du malade. Une valvule d'entrée etune valvule de sortie règlent pareillement la marche du liquide.

C'est à cet appareil que M. Mathieu a fait subir quelques modifications qui le rendent peut-être plus

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maniable et qui en font, sans contredit, disait le professeur Béîiier dans sa première leçon sur la transfusion, l'instrument aujourd'hui le plus commode et le mieux approprié aux indications de l'opération.

L'appareil, tel que l'a employé M. Iîéhier, se compose donc (fig. 6) d'un corps de pompe renversé II, surmonté d'un entonnoir A.

À la partie inférieure, le piston, perforé dans toute sa longueur, communique avec un tube élastique E, portant à son extrémité un petit ajutage F, destiné à pénétrer dans la canule du petit trocart G, qui est préalablement passé dans la veine.

Le jeu du système entier est facile à comprendre.

Le sang fourni est reçu dans l'entonnoir, pendant qu'on fait mouvoir le piston au moyen de la clef B ; il est chassé dans le corps de pompe et passe naturellement par la tige ereu-e du piston pour arriver par la canule F dans la veine du sujet qui le reçoit.

Comme on le voit, dans l'appareil modifié par M. Mathieu, la cupule, au lieu d'être placée à la partie inférieure, est située à la partie supérieure du corps de pompe.

Le manuel opératoire est des plus simples. Les deux individus sont placés l'un près de l'autre, chacun étant prévenu du rôle qu'il doit remplir. Une ligature est placée sur le milieu du bras du malade, afin de rciirlre saillantes les veines du pli du coude.

Ou introduit alors dans la veine céphaiique ou basilique, dans la direction du coeur, une canule étroite munie d'un trocard.

On pratique ensuite la saignée du bras sur le sujet qui donne le sang, d'après les préceptes classiques qui règlent cette opération. Le sang est reçu dans l'entonnoir préalablement nettoyé, chauffé à 55° et amorcé à l'aide d'un courant d'eau tiède. Dès que le sang est arrivé en quantité suffisante dans l'entonnoir, ou fait jouer la manivelle, et le sang pur vient remplacer l'eau.

Quand on voit apparaître à l'extrémité du tube le jet de sang pur, on enlève rapidement la ligature qui serre le bras du malade. On retire le trocart de la canule et on le remplace par la canule qui termine le tube de l'instrument. On injecte alors lentement, méthodiquement, en comptant soigneusement parle nombre de tours de la manivelle (un tour de crémaillère injecte 5 grammes de sang), la quantité de sang que l'on veut transfuser. Les soins consécutifs sont ceux de la saignée ordinaire.

A la suite d'une réclamation sur une question de priorité portée devant l'Académie des sciences par M. le docteur Moncoq et dont nous regrettons de ne pouvoir nous occuper ici 1 , M. Mathieu a présenté tout récemment à la savante compagnie un nouvel

1 On trouvera tous les éléments de cette polémique dans un volume très-intéressant, que vient de publier M. le docteur Monco'i : Transfusion instantanée du sang. Solution théorique et pratique de la transfusion médiate et de la transfusion immédiate chei les animaux et ckci l'homme. 2" édition. Paris, Ddiiliaye, 1874, in-8°.

appareil à transfusion, dont nous donnons ci-contre le dessin (fig. 7).

Dans cet appareil nouveau, tout mécanisme est supprimé. 11 n'y a plus de corps de pompe, ni de piston, dont le fonctionnement parlait ne peut avoir lieu que par l'intermédiaire d'une huile avec laquelle ie sang à transfuser doit être mis nécessairement en rapport immédiat.

Cet appareil est constitué par un récipient en verre F, communiquant avec l'entonnoir A dans lequel le sang doit être versé, à l'aide d'un tube également de verre, auquel est ajusté un petit tube de caoutchouc B, faisant l'office d'une soupape à anches. Entre l'entonnoir et le récipient est disposée une ampoule de caoutchouc D, que traverse le tube de; communication de l'un à l'autre. Cette ampoule, qui est exclusivement un réservoir à air, communique par un trou avec le récipient en verre, et sa compression a pour effet de chasser de celui-ci une quantité d'air proportionnelle àla capacité de l'ampoule. Quand elle revient sur elle-même, en vertu de sou élasticité, elle aspire une partie de l'air du récipient, et y produit une diminution de pression qui est la condition pour que le sang, versé dans l'entonnoir, force la résislance de la soupape à anches, et s'introduise dans le récipient.

Que si, au moment où celui-ci est à moitié rempli, on exerce une pression sur l'ampoule en caoutchouc, l'ait' qu'elle contient, refoulé dans le récipient, presse sur la colonne liquide, à la manière d'un piston, et la chasse dans le tube G de conduite du récipient, v/hn la veine.

Quand, ce premier résultat obtenu, on lasse l'ampoule revenir sur elle-même, elleaspiie l'air du récipient, un vide relatif s'y produit, le sang y est appelé et il en est es puisé pur une nouvelle pression exercée sur l'ampoule; l'élasticité de celle-ci est donc l'unique ressort moteur de cet appareil.

L'ampoule exerce alternativement une action d'aspiration de l'air du récipient dans sa cavité intérieure et une action de répulsion de cette cavité dans celle du récipient; et c'est ce va-et-vient de la colonne d'air d'une cavité dans l'autre qui est la condition du mouvement imprimé au sang, dans un sens déterminé parla disposition des soupapes, ce liquide, aspiré pour ainsi dire dans le récipient, quand l'ampoule se dilate, eu étant refoulé ensuite quand on exprime de l'ampoule l'air qu'elle renferme.

Tel est ce mécanisme qui constitue une simplification et qui paraît un progrès. Il trouvera sans doute sou application dans d'autres appareils destinés à faire des injections dans les cavités du corps humain.

Ces appareils, comme on voit, donnent les uns et les autres la solution complète de la question de la transfusion du sang; mais le zèle des inventeurs, surexcité par les récentes discussions, s'est bientôt donné carrière, et l'on a vu surgir une foule d'instruments destinés à remplir le même but. 11 nous paraît cependant difficile de créer quelque chose de

plus simple, de plus commode et de plus précis que le dernier instrument de M. le docteur Moncoq, auquel il a apporté un nouveau perfectionnement en supprimant les valvules : l'occlusion alternative' des tubes afférent et efférent s'ob lient par la pression de l'index et du médius de lu main gauche, pendant que la droite fait manœuvrer le piston.

On voit par cet exposé rapide quel est, en somme, l'état actuel de la question de la Iransfusion du sang. L'opération faite par .M. le professeur Béltier a montré combien le manuel opératoire eu était .simple et présentait de nombreuses chances de succès. Pratiquée dans ces conditions, elle est certainement une des plus faciles de h chirurgie, plus aiséeà exécuter, par exemple, que certains cathélérismes ou que telle autre manœuvre quotidienne devant laquelle aucun médecin n'a le droit de reculer.

Elle mérite donc de passer dans la pratique médi- j cale ; il serait dès aujourd'hui à désirer que l'appa- I reil Moncoq ou un instrument analogue fît partie ! de l'arsenal chirurgical de tout établissement hospitalier, et que les étudiants en médecine fussent familiarisés davantage avec sou maniement. Plus d'un malade, dans les cas extrêmes, devra la vie à la vulgarisation de cette opération bienfaisante, et l'on ne saurait trop encourager le laborieux praticien, dont tous les efforts tendent, depuis plus de dix ans, à en démontrer les avantages : son nom restera désormais attaché à cette conquête de la médecine opératoire.

Quant au sang humain nécessaire pour réparer, chez des sujets épuisés, des pertes considérables, neutraliser des anémies aiguës par suite d'hémorrha gies, ou encore enrayer des anémies chroniques consécutives à des étals diathésiques, ou même combattre les .accident» ordinaires dans les cas de toxémie (empoisonnements par l'oxyde de carbone, l'acide cjanhydrique, etc.), dans des affections zymotiques consistant en une adultération du liquide sanguin par des germes morbides; quant au précieux liquide destiné à ranimer la vie presque éteinte et même à ramener la saute dans un organisme profondément compromis, ce n'est guère que dans la pratique civile, et surtout à la campagne, qu'on éprouvera quelque difficulté à s'en procurer.

Dans ces occasions, il faudra surtout recourir au dévouement des personnes de la famille. Dans les hôpitaux, on ne se trouvera pas arrêté par les mêmes obstacles ; il n'est pas, en effet, même en dehors de l'état-major d'un service, un étudiant en médecine assistant à une clinique et présentant les conditions de santé suffisantes, qui déclinerait l'honneur de prêter son concours actif à la pratique de cette opération. A cet égard, le corps médical français a fait ses preuves, ce n'est pas à nous de le rappeler ; l'histoire seule de nos épidémies demeure le glorieux livre d'or des martyrs du courage civil, de l'abnégation et de la science.

Charles Letort.

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