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LA TRANSFUSION DU SANG

(Suite el fin. — Voy, p, 97.)

Le phénomène de la coagulation du liquide sanguin a fait l'objet de quelques expériences récemment répétées par M. le docteur Nicolas Duranty, médecin des hôpitaux de Marseille, dont les travaux sur la transfusion ont été souvent cités dans ces derniers temps. Rappelant que les expérimentateurs, pour retarder la coagulation du sang, attribuée par eux à l'abaissement de température, se sont efforcés de prévenir le refroidissement, il recourt, lui, au contraire, ;ui froid, pour maintenir la fluidité du liquide à transfuser.

De ses expériences, il conclut :

1° Que le froid (de 7 à 10* C.) retarde la coagulation du sang, même au contact de l'air.

2° Que le sang refroidi conserve ses propriétés vivifiantes.

Le sang refroidi contient Lien tous ses éléments ; ou si quelques uns .^ont modifiés, ils le sont beaucoup moins, selon lui, que dans le sang défibriné. Cette question est fort importante, et nous avons vu M. Béîiier se déclarer franchement pour l'injection du sang avec tous ses éléments.

Pour pratiquer la transfusion du sang refroidi, pouvons-nous ajouter encore, tous les appareils spéciaux deviennent inutiles. 11 sufiit de le recevoir dans un vase amené à une température de 7 à 10° G. Une seringue, tenue aussi à la même température, constitue le seul instrument nécessaire. M. le docteur Nieolas-Duranty a ainsi obtenu de nombreux succès sur des animaux.

On a surtout repoussé la transfusion du sang à cause des accidents qu'elle peut produire. De ceux-ci, les uns sont graves, les autres, au contraire, n'ont pas d'importance.

Parmi ces derniers, on pourrait citer les convulsions, les vomissements, les frissons, qui accompagnent l'opération dans certains cas, et la céphalalgie, que l'on observe fréquemment à sa suite.

La syncope, au contraire, est un accident grave, mais on pourra toujours l'éviter.

Deux précautions sont absolument indispensables.

C'est d'abord le soin qu'on doit prendre de faire l'injection du sang avec lenteur afin d'éviter la réplétiou trop brusque et trop violente du ventricule droit, qui serait forcé en quelque sorte et paralysé par un afflux trop précipité du liquide sanguin: d'où un arrêt possible de la circulation cardiaque, une asphyxie pulmonaire et la mort. Un signe de l'imminence d'un tel état, c'est la production de petites qui nies de toux qui doivent faire suspendre l'opération.

Pour le môme motif et pour éviter les mêmes accidents, il est bon de n'injecter àla fois que de petites quantités de liquide. Dans l'exemple dont nous parlons, If. Béhier n'a injecté que quatre-vingts grammes de sang, fourni avec un louable empressement par le chef de clinique de service, M. le docteur Slraus.

An moment où fut pratiquée la transfusion, la malade, comme nous l'avons dit, semblait menacée d'une mort immédiate. Le pouls était imperceptible, la faiblesse telle, que tout mouvement était impossible; la vue était presque éteinte, la parole abolie. Toute substance, ingérée en si petite proportion que ce pût être, était aussitôt rejetée par l'estomac. L'hémorrhagic continuait lentement, mais sans qu'on ' pût l'arrêter.

Dès que l'injection eut été opérée, l'écoulement sanguin cessa, pour ne plus se reproduire. A partir de ce moment, la malade ranimée et peu à peu remise en possession de ses facultés et de ses forces, entra en convalescence; elle supporta très-bien un traitement ferrugineux institué très-lentement après l'opération, et sortit bientôt de l'hôpital complètement guérie.

Un des éléments de succès les plus importants d;ins une pratique comme celle de la transfusion, c'est la perfection des appareils qu'on y emploie. Il ne nous reste qu'à parcourir rapidement la série des instruments imaginés à cet effet, en signalant les plus connus ou ceux qui ont donné jusqu'ici les résultats les plus dignes d'attention.

Nous ne parlerons qu'en passant, bien entendu, du plus simple des instruments: la seringue, soit celle qui se trouve dans toutes les trousses, soit la seringue à hydrocèle. Le sang de la saignée est alors reçu dans une cuvette, aspiré dans la seringue préalablement nettoyée et chauffée, et injecté directement dans la veine du sujet. Ce manuel opératoire, aussi élémentaire que possible, mis en usage, comme le montre la gravure reproduite dans notre précédent article, par les médecins du dix-septième siècle, a réussi entre les mains de plusieurs praticiens, entré autres Marmonier père, après Bluudell, Nélaton, etc.

Les autres appareils consistent presque tous, en définitive, en un corps de pompe dans lequel se meut un piston; font exception cependant les appareils de M. Oré, où l'aspiration et le refoulement du sang sont obtenus à l'aide d'une pelote en caoutchouc comme dans l'appareil de Richardson, et le nouvel instrument de M. Mathieu.

Le but que l'on a cherché à réaliser consistait uniquement à faciliter l'arrivée du sang dans le corps de

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