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AR LE COMMANDANT CIALDI

Nous connaissons depuis longtemps de remarquables travaux de ce savant officier et nous sommes heureux d’apprendre qu’il doit bientôt publier le grand ouvrage dont il nous présente un programme assez développé pour qu’il soit déjà intéressant par lui-même. Ses principales études ont porté sur le mouvement ondulatoire de la mer (Sul niolo ondoso del mare) et la théorie nouvelle qu’il propose à ce sujet a été jusqu’ici confirmée par l’observation ; elle sert de base au travail qu'il annonce sur la construction des ports. -

Ou doit considérer successivement les ports militaires où une rade est nécessaire, et les ports de commerce où cette rade n’est qu’utile. Dans les premiers, les dispositions relatives à la défense sont surtout importantes. En prévision des attaques par l’artillerie nouvelle, l’auteur arrive à conclure que ces ports doivent être construits à 8 kilomètres au moins de la côte et il mentionne le projet récemment discuté en France de l’établissement d’un port dans l’étang de lierre.

Pour les ports de commerce, c’est le portdeCivita- Vecchia qu’il regarde comme le meilleur type. Sa jetée (Anle murale), disposée comme notre grande digue de Cherbourg, laisse deux entrées et, scion les vents régnants, les navires peuvent choisir l’une ou l’autre. -

Le port-chenal, si commode, a un inconvénient difficile à combattre, la formation d’une barre à l’entrée. Dans la discussion qu’il ouvre à ce sujet, le commandant Cialdi se base sur la théorie mentionnée plus haut, qui l’a conduit à d’intéressantes déductions relatives à Port-Saïd, situé à l’embouchure nord du canal de Suez. Lors de la construction de ce port, il avait proposé de ne pas construire deux jetées pleines, comme on l’a fait, mais de laisser dans la plus longue, placée à l’ouest, une grande trouée, avec un

1 Les figures précédentes sont extraites et la description est résumée du tome V de mes Éludes et lectures sur l'astronomie, qui vient de paraître.

* Nozioni preliminari per un trattato sulla conslruzione dei porti nel Mcdilerraneo , di Alessandro Cialdi, capitano di vascello. — Ronia, 1874.

retour vers l’extérieur à la pointe inférieure limitant cette trouée. Il soutenait que les lames, guidées par la branche euretour, s’engouffreraient à travers l’ouverture et empêcheraient les alluvions de se déposer dans la partie correspondante du chenal. Un membre de l’Académie des sciences do Paris, M. de Tessan, avait jugé ce système rationnel et demandait qu’on en fit l’expérience. <

« Si cctle expérience, disait-il, se prononce en faveur de l’expédient du commandant Cialdi; si, comme il le pense, le mal n’est pas seulement déplacé, mais supprimé, ce savant aura rendu un immense service à la navigation et au commerce; car ce ne sont pas seulement les ports et les cours d’eau des côtes de la Méditerranée qui sont sujets aux atterrissements et aux obstructions, mais ceux des côtes delà Manche et de l’Océan ; ceux des côtes du monde entier sont dans le même cas, et jusqu’à présent l’art n’a réussi qu’à déplacer l’obstacle par des travaux incessants, sans parvenir à le faire disparaître. »

Ce conseil n’a pas été suivi et déjà les inconvénients du mode de construction des jetées actuelles se sont produits. Dans un des rapports présentés à l’assemblée générale (lajnillct 1873), le directeur parle de la nécessité de désobstruer l’entrée à l’aide d’une puissante drague. L’ingénieur hydrographe attaché à ia Compagnie avait précédemment constaté que l'exhaussement général du fond s’étendait à environ 700 mètres de la têle de la jetée nord, et il s’agissait de prolonger les jetées afin de retrouver à l’entrée la profondeur de neuf mètres d’eau. Mais dans quelques années ne se trouvera-t-on pas dans des conditions analogues à celles auxquelles on cherche à obvier? et les frais de draguage seraient alors bien plus considérables.

Le commandant Cialdi a.cherché à déterminer les principales dimensions d’un port d’après un tonnage annuel donné. Les formules permettent de calculer à peu près le développement des quais, la surface du port et celle de l’avant-port ou de la rade. Quant au mode de construction , il discute la convenance des systèmes de fondation à masses perdues et à grands blocs. Le premier a été souvent employé en France, principalement pour la digue de Cherbourg, pour les jetées de Marseille et d’Alger, où, pour lutter contre les formidables assauts de la mer, on a dû couler des blocs de trente mètres cubes. Ce système a l’inconvénient d’exiger une attente assez longue jusqu’à ce que le tassement se soit entièrement opéré. On a évité ce retard dans la construction du port de Douvres, en Angleterre, en plaçant, à l’aide du scaphandre, les blocs dans une position régulière sous l’eau. C’est un excellent procédé pour les môles, four les brise-lames exigeant de grandes surfaces et des pentes douces du côté du large, les blocs jetés pêle-mêle sont préférables. Le type proposé par le commandant Cialdi, celui de Civita-Vcccbia, combine les deux systèmes, en employant un brise-lames et deux môles.

Nous nous bornons aux points qui nous ont plus

particulièrement frappé dans cette intéressante brochure, nous réservant de faire un examen plus complet de l’ouvrage qu'elle annonce et qui est appelé à rendre de grands services aux ingénieurs et aux marias. F. Zur.cnrn.

ŒUVRES d’art

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