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Carte tles îles Viti ou Fi«ljî.
palmiers entremêlés de bananiers, et d’autres arbres intertropicaux se dressent, non sans grâce et sans majesté.
L’île de Taviouni, située au nord est de la capitale (voy. la carte) est une des plus remarquables sous le rapport delà végétation. Elle a plus de 50 kilomètres de longueur.
Les pluies extraordinairement abondantes dans ces régions y entretiennent une végétation luxuriante.
Les Anglaisont déjà créé des établissements importants dans les îles Yiti, principalement dans les plus petites de l’archipel. On y trouve de vastes plantations presque toutes dues à un infatigable colon qui a des stations disséminées dans tout l’archipel. Nous appellerons également l’attention sur les plantations
* y a y. ta iïature , 2* semestre 187i, table des matières : Iles filt.
de l’ile de Mago, qui sont la propriété de M. Ryder. Ce district a été colonisé pour la premièrefoiseu 1862. Trois cent cinquante travailleurs, naturels du pays, sont actuellement occupés à cultiver une étendue de 6 à 700 acres de terrains, qui produisent, dit le Sea Island, un coton de première qualité, du sucre, du café et d’autres produits.
Le Tintes a publié, sur le dernier acte de la cession des Fidji, de longs détails, dont nous lui emprunterons quelques-uns, relativement au roi polynésien Cakobau. « C’est à Levuka que sir Hercules Robinson débarque le 25 septembre 1874, pour traiter avec le roi au nom de la reine d’Angleterre.
« Au milieu de la place de Levuka, une compagnie de soldats fidjiens, sous les ordres d’un officier blanc, s’exerce à présenter les armes ; l’uniforme des soldats est une sorte de vareuse bleue, semblable à
celle que portent les Chinois, et un mètre de coton- | nade blanche appelée sulu qui entoure les reins. . L'exercice leur est familier, et ils le font avec une j précision convenable. De loin en loin, des groupes j d’hommes et de femmes, dont le costume se rapproche beaucoup de celui de nos premiers parents dans l’Eden, passent rapidement, portant des noixde cocos dépouillées, des corbeilles en feuilles, pleines de vakololo, le pudding indigène, et d’autres délicatesses de la cuisine fidjienne. Tout cela a été, suivant la mode du pays, réquisitionné par le roi, et va être déposé dans sa maison. I
«t Cakobau, pendant son entrevue avec sir Robinson, se comporta avec une grande dignité et resta parfaitement maître de lui-même, bien qu'il fût évident qu’il était heureux et fier de cette visite d'un ambassadeur de la reine. Il était en habit du matin, portant un gilet blanc sur lequel brillait une chaîne de montre en or. 11 avait certainement très-bon air, mais un Polynésien en habit européen a toujoursquelque chose de burlesque. Dans sou costume indigène il n’y a pas de chef rauvage ayant plus grande apparence, mieux fait que Cakobau, pour servir detypeet d’image au guéri ier des romans. En costume fasliio-
nable il ressemble à un vieux nègre habillé à la hâte avec un costume de seconde main, un véritable «roi de pièceset de morceaux» (king of shreds and patches) .
Il portait des bottes à talon très-élevé et un chapeau blanc de haute forme. Pendant qu’il marchait sur la jetée avec sir Hercules, ses bottes montraient les luttes désespérées qu’il avait dû soutenir pour y glisser ses pieds, inaccoutumés à une telle prison. Ses hauts talons le forçaient à marcher sur ses orteils, ces orteils préhensibles avec lesquels, aux jours de sa jeunesse, j il grimpait aux troncs cylindriques des cocotiers, et franchit maintenant les pierres glissantes des torrents, ou escalade les rochers inaccessibles des montagnes les plus escarpées de l’intérieur. Sa contenance lourde et embarrassée détruisait toute la grandeur véritable do sa démarche habituelle. — Ratu-Savanakn,
le dernier frère du roi, portait le costume indigène et brillait parmi lesautres chefs fidjiens. L’éducation européenne du prince Joe lui permet de porter à l’aisenos habits. — N’était-ce pas un étrange spectacle que celui de cet homme, qui, il y a dix-huit ans à peine, était le plus terrible cannibale qui ait jamais dégradé l’humanité, conversant familièrement avec le représentant immédiat de la reine Victoria? Ce qui semble dans la cérémonie avoir le plus frappé Cakobau, c’est que les blancs reçoivent debout un grand chef. 11 dit d’un air significatif, faisant allusion à la coutume fidjienne de ne se présenter devant le roi que prosterné la face contre terre : a J’aimerais à voir quelqu’un.assez hardi pour rester debout devant moi. » Le grand chef blanc a trompé l'attente du populaire.Les natifs s’attendaient à toute la pompe, à tout l'écUt.
possible, et au lieu de cela ils n’ont vu qu’un gentleman anglais en habit de ville, avec une suite insignifiante.
— La suit*; prochainement. —